Créer une Entreprise au Japon : Guide Complet
Le Japon, troisième puissance économique mondiale, attire de nombreux entrepreneurs étrangers. Créer une entreprise au Japon peut être une aventure enrichissante, mais nécessite une bonne préparation et une connaissance approfondie des spécificités locales. Ce guide vous fournira les informations essentielles pour réussir votre projet entrepreneurial au pays du Soleil-Levant.
Les Différents Statuts Juridiques
Pour créer une entreprise au Japon, il est essentiel de choisir le type d’entreprise adapté à vos besoins. Chaque structure juridique présente des avantages et des inconvénients. Il est important de considérer la responsabilité financière, le capital initial et les objectifs de l’entreprise avant de prendre une décision.
Kojin Jigyo (Entreprise Individuelle)
Le statut kojin jigyo d'entrepreneur individuel au Japon offre certaines facilités : simplicité des déclarations fiscales, pas d'impôts sur les sociétés mais un impôt unique sur le revenu, et pas d'enregistrement administratif nécessaire. A contrario, ce statut ne permet pas d'ouvrir un compte bancaire professionnel et expose à une responsabilité illimitée. De plus, au-delà d'un certain niveau de bénéfices (10 millions de yens environ), la fiscalité s'avère moins avantageuse que celle appliquée aux sociétés.
Simple dans sa déclaration de création, simple dans le suivi de ses comptes, démarrer une activité d’auto-entrepreneur ou freelance au Japon est une démarche administrative très simple. Cette démarche est gratuite et ne dépend pas de vos revenus. A noter : cette démarche n’a pas de lien avec votre statut et votre visa. Le suivi comptable d’un KOJIN JIGYO est basé sur la liste des revenus et la liste des dépenses. Ce statut ne convient que si vous travaillez seul.
Kabushiki Kaisha (KK) et Godo Kaisha (GK)
Les 2 principaux statuts de sociétés japonaises sont le Kabushiki Kaisha (KK), proche de la Société Anonyme française, et le Godo Kaisha (GK), équivalent de nos Sociétés en Nom Collectif. Tous deux sont accessibles avec un visa Investor :
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- Kabushiki Kaisha : Son coût de création est d'environ 370 000 yens, sa gérance n'est pas obligatoirement assurée par un investisseur.
- Godo Kaisha : Moins coûteuse à créer (200 000 yens approximativement) et plus facile à gérer, elle offre toutefois un peu moins de crédibilité auprès des clients et des financeurs.
Comment choisir le MEILLEUR statut juridique pour ton entreprise en 2025 ?
Les Kabushiki Kaisha et les Godo Kaisha sont similaires dans la mesure où la responsabilité de Léo sera limitée à ses apports. Mais la grande différence entre les deux formes réside dans la séparation de la propriété et de la gestion. Dans une Kabushiki Kaisha, les rôles des actionnaires et des administrateurs sont séparés, bien que la même personne puisse occuper les deux fonctions.
Bien que la Kabushiki Kaisha soit une forme plus répandue quand on gère une entreprise au Japon, au vu des explications qui lui ont été données par ses avocats, Léo choisit de commencer avec la Godo Kaisha dans une logique à court terme. En effet, le principal avantage d’une Godo Kaisha est que les coûts de création sont inférieurs à ceux d’une Kabushiki Kaisha.
| Type de Société | Coût de Création (environ) | Caractéristiques | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|---|
| Kabushiki Kaisha (KK) | 370 000 yens | Proche de la Société Anonyme, gérance non obligatoirement assurée par un investisseur | Crédibilité auprès des clients et financeurs | Coût de création élevé |
| Godo Kaisha (GK) | 200 000 yens | Équivalent d'une Société en Nom Collectif, gestion plus facile | Moins coûteuse à créer et plus facile à gérer | Moins de crédibilité que KK |
Les Visas Nécessaires
À proprement parler, il n’existe pas de visa dédié aux personnes en freelance. Néanmoins, il existe un secret bien gardé des expats sur place puisqu’il y a la possibilité d’auto-sponsoriser son visa de travail en cumulant plusieurs emplois à temps partiel (et/ou freelance). Sachez que ce cumul permettant l’auto-sponsor est impossible lors du premier visa de travail. Vous ne pouvez y accéder qu’au moment de renouveler votre visa de travail. Il faudra montrer tous les contrats de travail que vous avez (avec des entreprises qui ont leur siège au Japon), ainsi que les revenus que vous en tirez (qui doivent être d’au moins 200 000 ¥ par mois).
Afin de monter une société au Japon, vous devez soit être résident permanent ou assimilé (marié ou enfant d'un japonais ou d'un résident permanent) soit obtenir un visa investisseur, appelé "Visa Investor / Business manager", dédié à la création ou au transfert d'entreprise sur le territoire nippon. Le statut d'entrepreneur individuel, appelé "kojin jigyo", peut vous être ouvert grâce à d'autres types de visas, mais son intérêt est plus limité : taux d'imposition plus élevé, responsabilité complète en cas de difficultés...
Pour créer une vraie société, vous devez donc obtenir le visa "Investor / Business manager" ; un sésame indispensable mais qui suppose de réunir plusieurs conditions, y compris financières, notamment :
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- Justifier d'une adresse professionnelle physique (bureau, local ou entrepôt) située au Japon ;
- Prévoir un investissement minimal d'origine étrangère de 5 millions de yens soit plus de 37 700 €, ou avoir 2 salariés (japonais ou résidents permanents au Japon).
Les Démarches Administratives
Les démarches administratives pour créer une entreprise au Japon nécessitent une attention particulière. Suivre ces étapes permet de s’assurer que toutes les obligations légales sont respectées.
- Identifier le type de société que vous voulez créer.
- Choisir un nom pour votre société et déposer celui-ci auprès du registre du commerce japonais.
- Ouvrir un compte bancaire et constituer un conseil d’administration.
- Remplir des documents juridiques : formulaire d’enregistrement de la société, formulaire d’inscription au registre du commerce, etc.
- Obtenir l’approbation finale des autorités compétentes.
Lors de la création d’une Godo Kaisha, il est d’abord nécessaire de déterminer des informations de base telles que la dénomination sociale, le siège social et le capital social. Ensuite, les statuts doivent être rédigés et le capital social doit être déposé sur le compte personnel d’un fondateur (Léo). Il est également nécessaire de créer un sceau officiel pour la société (Jitsuin). Le Jitsuin est utilisé dans des moments importants pour la prise de décision de la société, notamment lors de la demande d’enregistrement à la création de la société ou lors de la signature de contrats.
L’enregistrement nécessite le paiement d’une taxe d’enregistrement. Cette taxe s’élève à 0,7 % du capital social, mais si ce montant est inférieur à 60 000 yens (373,55 euros au 28 septembre 2024), le montant minimum de 60 000 yens (373,55 euros au 28 septembre 2024) est applicable. Après la création, une déclaration de création de société (Hôjin Setsuritsu Todoke) doit être soumise au bureau des impôts compétent, à la préfecture et à la municipalité où le siège est situé. En plus, Léo est tenu de s’inscrire à la sécurité sociale (l’assurance maladie, l’assurance dépendance et l’assurance pension). Une ouverture d’un compte bancaire au nom de la société sera également effectuée.
Le cabinet Komon souligne qu’après la création de la société, Léo n’est plus sous le statut de Kojin Jigyo Nushi, ce qui signifie que Léo doit effectuer les démarches de cessation d’activité. Ainsi, la déclaration de cessation d’activité doit être soumise au bureau des impôts dans un délai d’un mois après la cessation et la déclaration de renonciation à l’Aoiro Shinkoku doit être aussi régularisée.
Fiscalité des Entreprises au Japon
🌸 Le Hôjin Zei est le principal impôt auquel doit faire face la société. Pour appliquer les taux d’imposition, le régime fiscal japonais distingue les grandes entreprises des petites et moyennes entreprises, qui correspondent aux entreprises dont le capital social est inférieur à 100 millions de yens (622 583,64 euros au 28 septembre 2024). Ces dernières bénéficient notamment de taux réduits pour le Hôjin Zei (sur les premiers 8 millions de yens de bénéfice, soit 49 806,69 euros au 28 septembre 2024).
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🌸 La Hôjin Juumin Zei est composée de deux éléments, la partie basée sur le Hôjin Zei et la partie forfaitaire. Chaque municipalité peut établir des taux d’imposition différents.
🌸 S’agissant de la Hôjin Jigyô Zei, le taux d’imposition varie en fonction de la nature d’activité, du type de société, du montant du capital social et du montant du revenu, et l’un des trois taux suivants peut être appliqué : taux réduit, taux standard ou taux majoré. De plus, ce taux diffère selon les préfectures.
Culture d'Entreprise au Japon
La culture d’entreprise au Japon valorise le respect et la collaboration. Les entrepreneurs doivent comprendre l’importance des relations interpersonnelles. La culture japonaise valorise le respect et l’harmonie dans les relations professionnelles. Il est essentiel de comprendre l’importance du travail d’équipe et de la communication indirecte.
Établir des relations professionnelles au Japon nécessite une approche respectueuse et patiente. Les Japonais privilégient la confiance et la loyauté. Il est essentiel de participer à des événements de réseautage et d’échanger des cartes de visite avec soin. Écouter attentivement et comprendre les nuances culturelles renforce les liens.
Ressources et Conseils Utiles
Pour créer une entreprise au Japon, plusieurs sites web et organisations d’aide sont disponibles. Le site de la JETRO (Japan External Trade Organization) offre des ressources utiles. Des plateformes comme Meetup facilitent les connexions avec d’autres entrepreneurs.
- JETRO (Japan External Trade Organization) : Offre des ressources utiles et des informations précieuses sur le marché.
- Chambres de commerce : Facilitent les démarches.
- Meetup : Facilite les connexions avec d’autres entrepreneurs.
Si, comme Léo, vous souhaitez vous renseigner sur les formalités pour vous établir au Japon ou créer votre entreprise, n’hésitez pas à faire appel au cabinet Komon avocats pour vous aider dans vos démarches !
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