Créer une Petite Entreprise : Guide Étape par Étape
La création d'une petite entreprise est un projet passionnant, marqué par le désir d'indépendance, le goût du challenge et le besoin d'accomplissement personnel. En 2022, la France a enregistré un record d'un million d'entreprises créées, témoignant d'un terreau fertile pour l'entrepreneuriat. Toutefois, pour transformer votre ambition en succès, il est crucial de respecter certaines étapes clés.
1. L'Idée de Départ et l'Analyse de Votre Situation Personnelle
Le point de départ consiste à trouver une idée de projet de création d’entreprise.
Lorsque l’on a une idée précise de projet de création d’entreprise et que l’on ambitionne de se lancer, il est temps de faire le point sur sa situation personnelle. Votre situation est-elle compatible avec un projet de création d’entreprise? Réfléchir à votre changement de situation. Par exemple, si vous êtes salarié, comment quitter votre poste actuel ? êtes-vous bloqué par des clauses (non-concurrence ou exclusivité par exemple)? Prendre conscience de votre changement de revenu. En quittant votre emploi, vous risquez de perdre votre revenu principal. Et mesurer l’impact de ce choix sur votre vie de famille. Se lancer dans un projet de création aura des conséquences au niveau de votre famille, vous risquez de passer d’avantage de temps au travail, d’avoir des périodes de stress plus intenses qu’actuellement et d’avoir moins de moyens financiers pendant le début d’activité.
Comment trouver une idée d'entreprise en 5 étapes
Comment trouver une idée d'entreprise en 5 étapes
2. Étude de Marché : Valider Votre Concept
Une fois que vous avez défini votre idée et pris le temps nécessaire à sa réflexion, la première étape consiste à réaliser une étude de marché. Cette dernière vous permet de vérifier qu’il existe un véritable marché pour le bien ou le service que vous souhaitez proposer. Quelle est votre offre ? Quel est votre environnement ? Répondre à ces questions va vous permettre de préciser votre offre, de définir vos premières actions commerciales et de fixer votre chiffre d’affaires prévisionnel.
Avant de devenir auto-entrepreneur, il est également important de valider son concept. Cette étape commence par l’observation du marché cible. En anticipant les coûts, le fondateur de la petite entreprise ne risque pas d’avoir de mauvaises surprises, ni pendant ni après la création de la structure.
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Particulièrement importante, cette étape de la création de la petite entreprise permet d’identifier et de cerner sa cible. Dans le cadre de la démarche, il est conseillé de réaliser un sondage auprès du public cible uniquement. Bon à savoir : la réalisation du sondage permet d’exclure certains consommateurs, dont le profil ne correspond pas à celui de la cible. Il est facile de les reconnaître à partir des réponses aux questions posées.
3. Business Plan : Le Pilier de Votre Projet
Pour cela, le business plan est un document indispensable pour vérifier la viabilité de votre projet et connaître les capitaux nécessaires pour vous lancer. Ce document détaille les points clés de votre projet : ses objectifs, son étude de marché, son offre, son plan de développement, ses projections financières, etc.
L’entrepreneur doit accorder une importance particulière à la création d’un plan d’affaires, appelé couramment business plan, avant de monter une entreprise, quelle qu’en soit la taille. C’est pour lui un document de référence qui permet d’augmenter les chances de succès du projet.
4. Recherche de Financement et d'Aides
Après avoir établi votre business plan, vous allez avoir une visibilité sur vos éventuels besoins d’aides financières, l’objectif étant de choisir la solution la plus adaptée à vos attentes. Pour se financer, il est possible de demander un soutien financier auprès de divers investisseurs.
Enfin, vous pouvez également solliciter des aides en fonction de la nature de votre activité. Parallèlement à ces réflexions, vous devez continuer à avancer sur le montage du financement du projet.
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5. Choix du Statut Juridique
Lors de la création de votre entreprise, vous allez devoir choisir sa forme juridique correspondant au cadre légal dans lequel vous allez exercer votre activité. Ce choix se définit en fonction de plusieurs critères : la volonté de vous associer ou non, le choix de séparer votre patrimoine personnel de votre patrimoine professionnel, la définition du montant des apports, l’imposition des bénéfices, etc.
Ce choix a un impact direct sur vos démarches administratives : selon votre statut, la création et la cession de votre entreprise se feront selon des modalités différentes.
Si vous créez seul, vous devrez opter entre l'entreprise individuelle, c'est à dire en nom propre (régime micro-entrepreneur ou entreprise individuelle "classique") ou une société (EURL, SASU). Si vous montez votre projet avec un ou plusieurs associés, plusieurs types de sociétés s’offriront à vous (SAS, SARL, etc.) Dans tous les cas, ne négligez pas cette étape et choisissez votre structure avec l'aide d'un professionnel du droit, ou un conseiller spécialisé, qui pourra également vous accompagner tout au long du processus de la création d'entreprise.
Le choix de la forme juridique d’une entreprise a des conséquences sur le statut social de son dirigeant. Il est donc important pour un entrepreneur de faire le bon choix et maîtriser les conséquences financières (fiscal et social) ainsi que sur la couverture sociale de chacun des statuts. Ce choix peut également engager l'avenir de l'entreprise.
6. Domiciliation de l'Entreprise et Choix du Nom
Tout d’abord, le choix de domiciliation de votre entreprise (correspondant à son siège social) : si votre activité ne nécessite pas l’utilisation d’un local, il est possible de domicilier votre activité dans votre propre logement, à condition que votre bail ou règlement de copropriété ne s’y oppose pas.
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En revanche, si un local commercial est indispensable, c’est un peu plus compliqué et cela peut prendre du temps. Si cela n’est toujours pas fait, c’est le moment de choisir le nom de votre entreprise.
7. Rédaction des Statuts (si nécessaire)
Si vous choisissez de procéder à la création de société, il va falloir rédiger votre projet de statuts. Là-encore, il est recommandé de vous faire accompagner par un professionnel. L’expert-comptable peut intervenir sur la rédaction de vos statuts uniquement si vous vous engagez à travailler avec lui sur une mission comptable.
La rédaction des statuts est obligatoire lors de la création d'une société et ce, quelle que soit la forme juridique envisagée (EURL, SARL, SASU, SAS, etc.). C’est un document écrit qui prévoit l’organisation et le fonctionnement de la société, établi par les associés.
Compte tenu de l’importance du document, il est préférable de télécharger un modèle disponible sur Internet lors de son élaboration.
8. Dépôt des Apports et Préparation du Dossier de Création
Si vous constituez une société, vous devez procéder au dépôt des apports en numéraire immédiatement libérés lors de la constitution. Lorsque des apports en nature sont prévus, vous devrez procéder à leur évaluation.
Pour les créations de sociétés, lorsque le projet de statut est terminé et validé par tous les associés, il est temps de commencer à préparer le dossier de création.
9. Immatriculation de l'Entreprise via le Guichet Unique
Dernière étape : l'immatriculation de votre société auprès du Service de formalités des entreprises. Votre entreprise est créée ! Après avoir transmis votre dossier de demande d’immatriculation au guichet unique, votre entreprise est en cours d’immatriculation.
Lorsque le dossier est complet, l’immatriculation de l’entreprise intervient rapidement et vous recevrez votre extrait d’immatriculation. Une fois que l’entreprise est immatriculée, vous pouvez démarrer votre activité. N’oubliez pas de souscrire une assurance pour couvrir votre activité.
Pour immatriculer sa micro-entreprise, il faut se rendre sur le site du guichet unique. Cette plateforme est devenue l'unique guichet unique électronique et se substitue aux autres services. Elle permet de demander l'inscription d'une entreprise au Registre National des Entreprises (RNE). Découvrez étape par étape comment procéder à l'immatriculation de votre micro-entreprise.
Il faut déclarer l'existence de la société. Cette déclaration est aussi appelée immatriculation.
Une fois l'immatriculation effectuée, les éléments d'identification suivants sont délivrés : 2 numéros uniques d'identification : Le Siren identifie la société.
10. Déclarations et Formalités Post-Création
Il faut maintenant vous faire connaître des différentes administrations : services fiscaux, caisses de retraite, caisses d’assurance maladie, etc. En tant que micro-entrepreneur, vous devez déclarer votre chiffre d’affaires tous les mois ou tous les 3 mois.
Lors du dépôt de votre dossier de création d’entreprise, vous avez choisi le régime d’imposition des bénéfices ainsi que celui de la TVA (franchise en base, régime simplifié d’imposition ou régime réel normal).
Si vous êtes un entrepreneur individuel ou une micro-entreprise, vous bénéficiez de démarches administratives simplifiées et la création d’un bilan comptable n’est pas une obligation légale.
11. Conseils Supplémentaires
- Intégrer un réseau de porteurs de projet: Enfin, il peut être opportun d’intégrer un ou plusieurs réseaux de porteurs de projet, ce qui vous permettra d’être en contact avec d’autres personnes dans la même situation que vous, ou de trouver une personne sur laquelle vous pourrez vous appuyer en cas de besoin (un ancien chef d’entreprise, un ami qui connait bien la création d’entreprise…).
- Évaluer vos compétences: Avez-vous toutes les compétences nécessaires au lancement du projet ?
- Rechercher des fournisseurs et prestataires: A ce stade, vous pouvez également commencer à rechercher vos futurs fournisseurs et vos futurs prestataires (assureur, expert-comptable, avocat, publicité, téléphonie…).
- Se faire accompagner par un professionnel: Il est fortement recommandé, dans cette étape essentielle, de se faire accompagner par un professionnel (idéalement un expert-comptable pour ses compétences multidisciplinaires).
Tableau - Formes juridiques d'une société
| Forme juridique | Caractéristiques | Qui peut l'utiliser ? |
|---|---|---|
| Société en nom collectif (SNC) | Les associés (minimum 2) sont commerçants et responsables solidairement des dettes de la société. Aucun capital minimum. | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (mais pas les professions juridiques, judiciaires ou de santé, à l'exception des pharmaciens). |
| Société anonyme (SA) | Forme de société généralement réservée à de grandes entreprises. Elle doit être composée de 2 associés au minimum. Les actions détenues par les actionnaires dépendent du montant de leur apport dans la société. | Artisan, commerçant, industriel |
| Société à responsabilité limitée (SARL) | Société permettant à chacun des associés (entre 2 et 100) de n'être responsable des dettes de la société qu'à hauteur de ses apports personnels. Aucun capital minimum. | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (mais pas les professions juridiques, judiciaires ou de santé, à l'exception des pharmaciens) |
| Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) | Société à responsabilité limitée composée d'un associé unique. Il n'est responsable des dettes de la société qu'à hauteur de ses apports personnels. Aucun capital minimum. | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (mais pas les professions juridiques, judiciaires ou de santé, à l'exception des pharmaciens) |
| Société d'exercice libéral (SEL) | Société permettant d'exercer une profession libérale réglementée. | Profession libérale réglementée |
| Société par actions simplifiée (SAS) | Société d'une grande souplesse. Les associés (au moins 2) sont libres de déterminer dans les statuts les modalités de son fonctionnement. Sans capital minimum. | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (mais pas les professions juridiques, judiciaires ou de santé) |
| Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) | Société par actions simplifiée composé d'un associé unique. Il peut déterminer librement les modalités de fonctionnement de la société dans les statuts. Sans capital minimum | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (mais pas les professions juridiques, judiciaires ou de santé) |
| Société civile professionnelle (SCP) | Société permettant à plusieurs membres exerçant une profession libérale réglementée d'exercer en commun leur activité. Chaque associé est personnellement imposé sur sa part de bénéfices. | Profession libérale réglementée (sauf orthophonistes, orthoptistes, pédicures podologues, pharmaciens, sages-femmes, agents généraux d’assurances, experts comptables, diététiciens, psychologues) |
| Société coopérative de production (SCOP) | Société pouvant prendre la forme d'une SA, SARL ou d'une SAS. Les salariés associés sont obligatoirement majoritaires. Ils doivent posséder au moins 51 % du capital social. | Artisan, commerçant, industriel, profession libérale (architectes, géomètres-experts par exemple) |
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