Comment créer une entreprise à 16 ans en France

Créer son entreprise à 16 ans est un projet ambitieux et enrichissant. De plus en plus de jeunes souhaitent se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Quand on est jeune et que l’on bouillonne d’idées, il est parfois difficile d’attendre sa majorité pour avoir le droit de les réaliser ! Mais est-ce vraiment nécessaire ?

Peut-on créer une entreprise à 16 ans ?

Un mineur peut créer une entreprise à partir de 16 ans. Selon l’art. 388 à 388-2 du code civil, la création d’une micro-entreprise est légalement possible en France dès vos 16 ans, mais les conditions pour devenir auto-entrepreneur seront différentes selon que vous êtes émancipé ou non. Il est possible de créer une entreprise dès 16 ans révolus, que le jeune soit émancipé ou non. Pour pouvoir devenir micro-entrepreneur, un jeune de moins de 18 ans doit être avant tout émancipé.

Mineur émancipé vs mineur non émancipé : quelles différences ?

Les droits et les libertés d’un mineur non émancipé sont plus restreints que ceux d’un mineur émancipé. Dès lors, les possibilités sont cependant plus importantes pour un mineur émancipé que pour un mineur non émancipé. Un mineur émancipé est juridiquement considéré comme responsable de ses actes et réputé capable d’assumer tout acte de la vie civile. Cela inclus de travailler comme salarié ou indépendant, de vous marier… Ainsi, vous n’avez pas besoin d’autorisation parentale pour devenir auto-entrepreneur.

Un mineur non émancipé ne peut pas devenir auto-entrepreneur, ni créer d’entreprise individuelle (EI). Il vous faudra donc l’accord de vos parents ou de vos représentants légaux pour devenir micro-entrepreneur et à condition que l’entreprise créée soit à responsabilité limitée ou sous la forme d’une société unipersonnelle. Un mineur non émancipé devra obtenir une autorisation parentale pour exercer son activité. L’autorisation des administrateurs légaux précise que certains actes ne peuvent être accomplis que par le tuteur ou les parents du mineur non émancipé. Les actes de disposition (par exemple souscrire un emprunt bancaire) devront être effectués par vos parents ou votre représentant légal.

Comment obtenir l’émancipation ?

L’émancipation d'un mineur s’obtient de manière automatique par le mariage ou par décision du juge des tutelles : soit à la demande de son ou de ses parents, soit à la demande du tuteur ou du conseil de famille. Pour obtenir l’émancipation, les parents ou le tuteur (ou le conseil de famille) remplissent une demande d’émancipation et l’adresse au juge des tutelles du tribunal judiciaire. Le mineur doit avoir 16 ans passés (c'est-à-dire 16 ans et 1 jour) pour que la demande puisse être faite. Bon à savoir : le conseil de famille se chargera du dépôt de la demande d’émancipation en cas de décès des parents.

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Quels statuts juridiques sont possibles selon le statut du mineur ?

Pour un mineur émancipé, il peut créer une entreprise individuelle (EI). Le mineur émancipé peut être entrepreneur individuel, y compris micro-entrepreneur; contrairement à un mineur non émancipé. Il peut exercer en tant qu'artisan ou libéral s'il remplit les conditions spécifiques de diplôme ou de qualification professionnelle. En revanche, pour être commerçant, il doit avoir obtenu l'autorisation d'exercer une activité commerciale.

Pour un mineur non émancipé, le champ des formes juridiques est restreint. Le mineur non émancipé ne peut pas avoir le statut de commerçant. Ainsi, vous ne pouvez créer votre entreprise que sous une des formes suivantes : Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) ou Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU). Il s'agit des 2 seules formes de sociétés autorisées. Un mineur ne peut donc pas créer d'entreprise individuelle (EI), y compris de micro-entreprise.

Le statut d’auto-entrepreneur (micro-entreprise) et le mineur

Le statut d’auto-entrepreneur mineur est accessible sous certaines conditions strictes. Un auto-entrepreneur est un entrepreneur individuel soumis au régime fiscal et social de la micro-entreprise. Il s’agit d’un statut plus simple à créer et à gérer que celui d’une société. L’âge minimum légal pour être auto-entrepreneur est 16 ans. Les formalités de création d’une micro-entreprise d’un auto-entrepreneur mineur de 16 ans sont les mêmes que pour une personne majeure.

Un mineur non émancipé ne peut pas être auto-entrepreneur: pour pouvoir devenir micro-entrepreneur, un jeune de moins de 18 ans doit être avant tout émancipé. Oui, un mineur émancipé a la possibilité de devenir auto-entrepreneur et de réaliser lui‑même les démarches de création de son entreprise. Un mineur émancipé qui souhaite devenir auto-entrepreneur a la possibilité d’exercer une activité libérale, commerciale et/ou artisanale.

Quelles activités peuvent être exercées ?

Le mineur non émancipé peut créer votre micro-entreprise dans l’artisanat avec des bénéfices de type industriel et commercial (BIC) ou une activité de prestations de services, en profession libérale, qui générera des bénéfices non commerciaux (BNC). Il peut toutefois pratiquer une activité comme le ménage ou le dépannage informatique, par exemple. Le mineur non émancipé devra choisir une profession libérale non réglementée comme du dépannage informatique, de la livraison à domicile ou de la photographie, par exemple.

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Mineur émancipé, vous pouvez exercer comme indépendant dans tous types d’activités artisanale et libérale. Mais attention, pour demander un KBIS de micro-entreprise commerciale vous devrez obtenir l’accord du juge des tutelles ou du tribunal judiciaire (art.413-1 à 413-8 du code civil). Évidemment, l’obtention des diplômes ou qualifications correspondant à l’activité sera nécessaire pour exercer. En pratique : certains métiers ne sont pas accessibles aux mineurs émancipés, car ils imposent l’obtention d’une certification ou un diplôme accessibles uniquement après la majorité. C’est le cas de la profession de chauffeur VTC, qui nécessite l’obtention du permis de conduire.

Les démarches pour créer sa micro-entreprise

Pour créer votre micro-entreprise vous devrez procéder à la déclaration de début d’activité qui consiste à remplir et signer le formulaire P0 micro-entrepreneur. Il s’agit : du cerfa 15253 pour une activité commerciale ou artisanale ou du cerfa 13821 pour une activité libérale. Si vous êtes mineur émancipé, vous pouvez créer votre micro-entreprise directement en ligne via le site autoentrepreneur.urssaf.fr. Si vous êtes mineur non émancipé, vous devrez vous rendre en personne au Centre de formalités des entreprises (CFE) relevant de votre activité c’est-à-dire l’Urssaf ou la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA), avec l’autorisation parentale dûment signée.

La déclaration de votre activité s’effectue sur le site du Guichet unique des formalités des entreprises. Une fiche de renseignement est à compléter, et une liste de documents est à fournir. La procédure est gratuite. Pour créer une auto-entreprise en étant mineur émancipé, certaines formalités sont incontournables, comme la demande d’immatriculation. Celle-ci doit être réalisée en ligne via le guichet unique de l’INPI si vous choisissez de gérer vos démarches seul. En tant que mineur émancipé, vous pouvez accomplir vous-même ces procédures.

Obligations comptables et administratives

Votre statut d’auto-entrepreneur vous exige de tenir un livre de recettes. En outre, si vous exercez une activité commerciale, il convient de tenir aussi un registre des achats. Il comptabilise l’ensemble des paiements menés dans le cadre de votre activité professionnelle. Il s’agit notamment de déclarer chaque mois ou chaque trimestre votre chiffre d’affaire même si ce dernier est nul, établir des factures micro-entreprise avec toutes les mentions légales, respecter les seuils de chiffres d’affaires du régime auto-entrepreneur, déclarer et payer vos charges sociales, ou encore être en règle avec les impôts micro-entreprise.

Il n’existe pas de sanctions prévues en cas de non tenue de ces registres. Toutefois, tout faux et usage de faux est passible de 45.000 € d’amende et de 3 ans d’emprisonnement.

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Fiscalité et protection sociale

En matière de déclaration fiscale, le micro-entrepreneur est soumis à l’impôt sur le revenu. Il peut dépendre du régime classique ou bien opter pour le versement libératoire, s’il respecte les conditions requises. Si le mineur reste rattaché au foyer fiscal de ses parents, ses revenus d’activité s’ajoutent aux leurs. Il est possible d’opter pour une déclaration fiscale séparée, mais cela entraîne la perte d’une part du quotient familial pour les parents.

Assurances et protection

Vous avez la possibilité de souscrire des assurances afin de protéger votre activité et votre personne. Même si elles ne sont pas forcément obligatoires, elles vous couvrent en cas de sinistre. En pratique : la responsabilité civile professionnelle (RC pro) couvre les dommages matériels, immatériels et physiques. De son côté, l’assurance multirisque protège vos biens, comme vos marchandises et votre mobilier. Assurer votre structure, le cas échéant, est une précaution essentielle.

Cas pratique : étapes récapitulatives

  1. Avoir au moins 16 ans révolus.
  2. Vérifier si vous êtes émancipé ; sinon obtenir l’autorisation parentale écrite précisant les actes d’administration autorisés.
  3. Choisir la forme juridique adaptée : micro-entreprise (si émancipé), EURL/SASU (si non émancipé) ou entreprise individuelle en cas d’émancipation.
  4. Remplir et signer le formulaire P0 micro-entrepreneur (cerfa adapté à l’activité).
  5. Déclarer votre activité sur le Guichet unique des formalités des entreprises ou via autoentrepreneur.urssaf.fr si vous êtes émancipé.
  6. Tenir un livre de recettes et, pour les activités commerciales, un registre des achats.
  7. Souscrire les assurances nécessaires (RC pro, multirisque) et respecter les obligations fiscales et sociales.

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Activités interdites ou réglementées

Un mineur ne peut pas exercer une profession libérale dite « réglementée » qui requiert un minimum de diplômes et d’âge comme avocat, notaire ou médecin. De même, certains métiers ne sont pas accessibles car ils imposent des certifications ou diplômes obtenus après la majorité. Exemple : le mineur ne peut pas exercer l'activité d’expert-comptable car il faut être titulaire d’un diplôme d’expertise comptable (DEC).

Il est interdit au mineur non émancipé de se lancer dans l’auto-entrepreneuriat commercial sans l’autorisation d’être commerçant et l’inscription au registre du commerce et des sociétés (RCS). Pour être commerçant, le mineur émancipé doit obtenir une autorisation judiciaire d’exercer le commerce soit du juge des tutelles au moment de la décision d'émancipation soit du président du tribunal judiciaire s'il a déjà été émancipé.

Conseils pratiques avant de se lancer

  • Bien connaître ses propres atouts et faiblesses, trouver un co‑fondateur sérieux si besoin.
  • Soigner la rédaction de son business plan, surtout si le budget est faible.
  • Penser aux aides publiques, prêts à taux zéro ou au financement participatif.
  • Tester votre activité avant de vous engager (preuve de concept), déléguer et construire un réseau.
  • Se tenir informé des évolutions du régime de la micro-entreprise et des obligations légales.

Peut-on être étudiant et auto-entrepreneur ?

Oui, un étudiant peut tout à fait devenir auto-entrepreneur, à condition d’être majeur (ou mineur émancipé) et de respecter les conditions du régime. Ce statut peut lui permettre de tester un projet, d’exercer une activité parallèle ou de générer un revenu complémentaire, tout en poursuivant ses études.

Situation Formes autorisées Autorisation nécessaire
Mineur émancipé (≥16 ans) EI, micro‑entreprise, sociétés Parfois autorisation judiciaire pour être commerçant
Mineur non émancipé (≥16 ans) EURL, SASU (sociétés unipersonnelles) Autorisation parentale écrite pour actes d’administration

Points juridiques et limites

La création d’une entreprise par un mineur non émancipé est strictement encadrée par la loi. L’objectif est avant tout de vous protéger en vous obligeant à adopter un statut qui limitera votre responsabilité. La loi considère comme mineure une personne âgée de moins de 18 ans. Même si elle est un sujet de droit, elle ne possède pas encore la pleine capacité juridique. Aussi, il sera assez difficile pour elle de gérer une entreprise sans accompagnement. Un mineur non émancipé reste soumis à l’autorité parentale ou à celle de son administrateur légal et a besoin de l’autorisation de ces derniers pour les actes de disposition.

En cas de décès d’un ou des deux parents, c’est l’administrateur légal ou le juge des tutelles qui donne l’autorisation. Celle-ci doit préciser les actes de gestion autorisés. Mais il ne peut pas réaliser d’actes de disposition (ex. acheter un fonds de commerce, souscrire un emprunt bancaire).

FAQ rapide

  • Quel âge pour être auto‑entrepreneur ? L’âge minimum légal est 16 ans.
  • Un mineur non émancipé peut‑il être auto‑entrepreneur ? Non, il doit être émancipé pour le statut de micro‑entreprise.
  • Quelles formes juridiques pour un mineur non émancipé ? EURL ou SASU uniquement.
  • Dois‑je tenir une comptabilité ? Tenir un livre de recettes est obligatoire ; registre des achats pour activité commerciale.
  • Faut‑il des assurances ? Il est recommandé de souscrire une RC pro et assurances multirisques.

Créer son entreprise dès l’âge de 16 ans est un défi excitant et enrichissant ! Même si bon nombre de personnes ont réussi en empruntant cette voie à cet âge, cela reste tout de même assez rare. Néanmoins, le droit français n’empêche pas les mineurs de se lancer dans un pareil projet. En effet, le Code civil règlemente le statut de mineur entrepreneur et le mineur doit se soumettre à quelques conditions pour pouvoir exercer son activité.

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