Créer une SARL sans apport : Comment faire ?
En principe, il est possible et légal de créer une société sans effectuer d’apport personnel. Plus précisément, la loi n’instaure pas de montant minimal à consacrer au capital social pour certains statuts juridiques. Ainsi, elle permet aux associés fondateurs de constituer une structure au capital d’un euro (1 €).
Cette faculté n’est ouverte qu’à certains statuts juridiques seulement :
- SAS/SASU
- EURL/SARL
- SNC
- SCI, SCP, SCM, SELARL
Dans cette hypothèse, le capital social peut se limiter à l’euro symbolique (1 €). Voyons donc comment créer une SARL sans apport, les alternatives possibles et les risques à prendre en compte.
Statuts juridiques compatibles avec une création sans apport
La Loi autorise les porteurs de projet à créer des entreprises sans effectuer d’apport. Les sociétés à responsabilité limitée (SARL ou EURL), certaines sociétés par actions (SAS ou SASU), les sociétés civiles (immobilière, de moyen, professionnelle…), ainsi que les sociétés en nom collectif (SNC) sont concernées par cette disposition. La société anonyme n’est, en revanche, pas concernée par cette disposition. Pour leur part, le capital minimal s’élève à 37 000 €.
Enfin, pour ce qui est de l’entreprise individuelle (y compris de la micro-entreprise), on ne parle pas de capital social mais d’apports de l’exploitant. Si la loi n’impose pas de montant minimum à consacrer au capital social, seul l’apport permet d’acquérir la qualité d’associé. Par conséquent, pour devenir associé d’une société, il faut apporter quelque chose : de l’argent, un bien, un savoir-faire, des connaissances ou un carnet d’adresses.
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En pratique, le capital d’une société est divisé en titres. Il s’agit d’actions pour les sociétés par actions ou de parts sociales pour les sociétés civiles, à responsabilité limitée et SNC. Chaque titre confère des droits à son porteur (droit à l’information, aux bénéfices, etc.).
L'importance de l'apport dans une société
L’apport n’a pas seulement vocation à acquérir la qualité d’associé. Il représente aussi - et surtout - un important outil de financement. En effet, les fonds que vont apporter les fondateur lors de la création d’une entreprise vont lui permettre d’investir : stocks de marchandises, matières premières, fournitures, matériel de production, outils, agencements, mobiliers, etc.
De même, l’apport personnel joue un rôle décisif en matière d’accès aux financements externes. Il permet, par exemple, d’obtenir un crédit bancaire ou de lever des fonds. Les banques exigent, en général, un apport compris entre 15% et 30% (selon les projets) du besoin de financement global.
Dans les sociétés, les apports intégrés au capital social ont de l’importance aux yeux des futurs partenaires. En effet, on dit souvent que le capital social est le « gage des créanciers ». Il paraît également difficile d’acquérir de la crédibilité avec peu d’apports et donc un capital social faible… La négociation de partenariats peut s’avérer, dans ce cas, très délicate. C’est le dernier inconvénient d’un manque d’apport ou d’un apport insuffisant.
Le législateur a prévu plusieurs mécanismes pour protéger les intérêts des créanciers d’une société. Ainsi, lorsqu’elle réalise d’importantes pertes, elle doit effectuer des formalités juridiques et diffuser une publicité. On considère qu’une société se trouve en difficulté lorsque ses capitaux propres représentent moins de la moitié du capital social.
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Alternatives à la SARL pour une création sans apport
Vous pouvez vous tourner vers l’entreprise individuelle (EI). Les formalités de création et de gestion sont plus simples, car vous exercez en votre nom propre. Il n’y a pas de capital social à constituer. En EI, vous pouvez opter pour le régime de la micro-entreprise et profiter ainsi d’un allègement de vos obligations comptables. Ce choix n’est pas adapté si vous avez beaucoup de frais professionnels ou que vous envisagez une forte croissance. Le chiffre d’affaires d’un micro-entrepreneur est plafonné et il ne peut pas déduire ses frais professionnels de son revenu imposable.
Si vous avez envie de simplicité mais sans vous sentir bridé dans votre croissance, mieux vaut opter pour l’EI au régime classique (réel). Si vous souhaitez vous associer ou que vous avez un besoin immédiat de financement, la création d’une société reste la meilleure option. Si vous ne voulez pas créer de SARL, vous pouvez ouvrir une SAS. Ce régime juridique s’adresse aux entrepreneurs recherchant davantage de souplesse dans l’organisation et le fonctionnement de leur société. La SAS (ou SASU si vous êtes seul) offre une plus grande liberté statutaire, notamment en matière de répartition du pouvoir et de cession des actions. Son capital minimum est aussi fixé à 1 €.
La SAS séduit particulièrement les porteurs de projets innovants ou à fort potentiel de développement. Il est aussi privilégié en cas d’entrée d’investisseurs. En revanche, la gestion administrative d’une SAS est plus complexe et son régime social (assimilé salarié) engendre des charges plus élevées pour le dirigeant.
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Quelques idées de création d'entreprise sans apport
Les activités suivantes s'appuient sur des modèles économiques ne nécessitant pas de fonds propres au démarrage :
- Activités de prestations de services : conseil, rédaction web, graphisme, traduction ou coaching ;
- Vente en ligne en dropshipping : cette activité limite les investissements car vous vendez des produits sans gérer de stock ;
- Agent commercial indépendant : ce modèle ne demande ni stock ni investissement initial, mais repose sur vos compétences en négociation et votre réseau professionnel ;
- Les services à la personne : assistance administrative, garde d’enfants, ménage ou aide aux personnes âgées.
Comment créer une entreprise sans apport personnel ?
La création d'une entreprise sans apport personnel est possible, mais reste complexe. Quelle que soit votre activité, vous aurez sûrement des dépenses initiales (frais administratifs, frais de communication, achat de matériel, etc.). Voici plusieurs solutions pour récolter de l'argent et augmenter vos fonds propres.
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Trouver des associés
Il n’est pas possible de s’associer en micro-entreprise ou en EI classique. Cette option vous concerne donc uniquement si vous créez une société. Les associés peuvent faire des apports en numéraire ou en nature au capital social. Cette collaboration permet aussi de mutualiser vos compétences et vos réseaux respectifs pour accélérer votre projet de création et le développement de votre activité.
Il est recommandé de formaliser cette relation à travers un pacte d’associés. Dans les statuts, il faut aussi définir les rôles et responsabilités de chacun ainsi que la répartition des titres (parts sociales ou actions). Évidemment, il est indispensable de bien s’entendre et de partager une vision commune.
Les prêts d'honneur
Le prêt d'honneur est un prêt à taux zéro. Ce financement est accordé sans aucune garantie ni caution personnelle, ce qui en fait une solution idéale pour les créateurs d’entreprise ne disposant pas d’apport personnel. L'engagement se fait sur l'honneur, sans demander de nantissement sur les biens personnels ou les titres sociaux de l'entreprise. Ce prêt est attribué à l'entrepreneur, et non à l'entreprise en elle-même. Son montant varie entre 1 000 € et 90 000 €, en fonction de la taille du projet et de la solidité du business plan. La durée de remboursement s’étale de 1 à 7 ans.
Obtenir un prêt d’honneur permet de crédibiliser votre projet et facilite l’obtention d’un prêt bancaire.
Le micro-crédit
Le micro-crédit est une solution particulièrement adaptée aux entrepreneurs ne disposant pas d'apport personnel. Ce type de prêt est accordé par des organismes spécialisés comme l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Économique). Il permet de financer les premières dépenses liées à votre activité (achat de matériel, frais administratifs, etc.). Le micro-crédit s’adresse principalement aux porteurs de projets qui rencontrent des difficultés à obtenir un financement auprès des banques traditionnelles. Le taux d’intérêt du micro-crédit débute souvent à 8 %. Depuis le décret du 4 décembre 2024, le plafond du prêt a été relevé à 17 000 euros. Vous avez 5 ans maximum pour rembourser ce crédit, avec la possibilité de différer la première mensualité jusqu’à trois mois.
Les aides financières à la création d'entreprise
L’Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise (ACRE) permet aux créateurs et repreneurs d'entreprise de bénéficier d'une exonération de 50 % sur leurs cotisations sociales durant leur première année d'activité. Elle est soumise à conditions. L’Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise (ARCE) est une aide versée par France Travail. Elle est réservée aux demandeurs d’emploi qui perçoivent l’ARE. Celui-ci peut toucher 60 % de ses droits restants à l’ARE sous forme de capital. Sous conditions, un demandeur d’emploi indemnisé peut cumuler ses allocations chômage (ARE) et les revenus de son activité. De nombreuses régions proposent aussi des subventions, des prêts à taux zéro ou des accompagnements pour les créateurs d'entreprise. Ces aides sont souvent destinées à soutenir des projets de création spécifiques, comme ceux visant à créer des emplois locaux ou à favoriser l'innovation.
Le financement participatif
Le financement participatif, ou crowdfunding, permet à des entrepreneurs de lever des fonds en sollicitant un grand nombre de personnes via des plateformes en ligne. Ces plateformes, comme Kickstarter ou Ulule, mettent en relation les créateurs de projets et les investisseurs ou contributeurs. Ce mode de financement est une alternative aux banques et permet de créer une communauté autour du projet. Il est particulièrement adapté aux projets innovants ou communautaires.
La love money
La love money désigne l'argent apporté par les proches (famille, amis, etc.) pour financer un projet entrepreneurial. Ce type de financement est souvent utilisé au début d'une activité, lorsque l'entrepreneur ne dispose pas de fonds suffisants ou de garanties pour obtenir un prêt bancaire.
Les Business Angel
Les Business Angels sont des investisseurs privés qui apportent des fonds, souvent en échange de parts dans l’entreprise, pour soutenir des projets à fort potentiel de croissance. En plus du financement, ils offrent souvent leur expertise et leur réseau pour aider les entrepreneurs à développer leur activité. Il est impératif de présenter une bonne étude de marché et un business plan pour appuyer vos négociations face aux potentiels investisseurs.
L’affacturage
L'affacturage consiste à vendre vos créances (factures) à une société spécialisée afin d'obtenir immédiatement de l'argent. Vous n’avez pas besoin d’attendre que vos clients règlent leurs factures. Concrètement, vous recevez une avance (généralement entre 70 et 90 % du montant de la facture) puis vous récupérez le solde dès que votre client paie. La société d'affacturage vous facture des frais. Cette solution est avantageuse en cas d'absence d'apport personnel, car elle permet d’obtenir rapidement des fonds pour couvrir les dépenses courantes de l'entreprise. Vous pouvez aussi demander un acompte à vos clients avant de commencer une prestation ou de livrer un produit. Cela vous permet de recevoir une partie du paiement à l’avance, ce qui peut être utile pour financer vos premières dépenses.
Pourquoi créer une entreprise avec des apports est préférable ?
Pour couvrir les potentielles pertes, les jeunes entreprises font souvent face à des difficultés financières dans leurs premières années. Pour assurer la viabilité de votre activité, il est nécessaire d’avoir des fonds de côté pour parer à toutes les éventualités. La règle communément admise est que les capitaux propres d’une société doivent représenter au minimum la moitié de son capital social.
L'apport de la part du fondateur permet de financer les premiers investissements nécessaires à l'entreprise :
- L’ouverture d’un compte bancaire professionnel ;
- Un logiciel de comptabilité ;
- L’achat des matières premières, du matériel de production et du stock nécessaire à votre activité ;
- Vos campagnes de communication et marketing pour vous faire connaître ;
- Vos frais administratifs : frais d’immatriculation, frais de dépôt de votre marque (à partir de 190 €), etc. ;
- La création d’un site internet professionnel.
La loi n'impose pas de montant minimum à la création d'une société. Néanmoins, avoir du capital social pour une entreprise est un gage de crédibilité, particulièrement quand elle est jeune. Le fait que son fondateur y ait investi certaines de ses économies montre que celui-ci croit en la viabilité de son projet. Si l’entreprise déclare faillite, les apports permettront de rembourser l’argent des investisseurs extérieurs en premier. Avoir des apports permet de prouver que l’entreprise bénéficie d’une bonne gestion de trésorerie.
Les étapes pour créer une entreprise sans argent
Tout projet de création d'entreprise ou de reprise d'activité sans argent nécessite pour l'entrepreneur de faire les bons choix structurels et de demander toutes les aides à disposition. Voici les étapes clés :
- Choisir une activité : Privilégiez une activité peu gourmande en investissements, idéalement dans votre domaine d'expertise.
- Faire un business plan : Un business plan bien ficelé est gage de crédibilité et vous aide à déterminer la viabilité de votre projet.
- Déterminer le statut juridique adapté : Le plus simple est de devenir auto-entrepreneur en créant une micro-entreprise.
- Ouvrir un compte bancaire professionnel : Pour une micro-entreprise, un compte dédié est nécessaire si vous dépassez 10 000 € de chiffre d'affaires durant deux années consécutives.
- Immatriculer votre entreprise : Enregistrez votre entreprise auprès du Guichet unique.
Activités d'entreprise que l'on peut créer sans argent
Voici quelques exemples :
- Créer un site de e-commerce.
- Proposer des activités de service à la personne (garde d’enfants, soin aux personnes âgées, prestations de ménage).
- Devenir agent commercial indépendant (agent immobilier, vendeur à domicile indépendant).
- Proposer des prestations de service en ligne (marketing, programmation, création de site internet).
- Devenir consultant indépendant et proposer des activités de conseil.
- Proposer des offres de formation à distance ou en présentiel.
- Exercer une activité libérale indépendante (architecte, expert-comptable, avocat, diététicien).
Créer une entreprise sans argent : nos conseils
Vous souhaitez créer une entreprise sans argent ? Voici nos conseils :
- Choisir un métier dans votre domaine d’expertise ;
- Bien étudier le lieu d’implantation de votre entreprise ;
- Être capable de convaincre les investisseurs potentiels ;
- Connaître les aides disponibles ;
- Monter des dossiers de demande de subvention ;
- Participer à des concours d’entrepreneurs (projets innovants) ;
- Créer une entreprise en ligne et utiliser les réseaux sociaux ;
- Faire le bon choix de forme juridique ;
- Choisir un compte pro moins cher.
Tableau récapitulatif des aides et financements
| Type de financement | Description | Montant | Conditions |
|---|---|---|---|
| Prêt d'honneur | Prêt à taux zéro sans garantie personnelle | 1 000 € à 90 000 € | Solide business plan |
| Micro-crédit | Prêt accordé par des organismes spécialisés | Jusqu'à 17 000 € | Difficulté à obtenir un prêt bancaire |
| ACRE | Exonération de cotisations sociales | 50 % la première année | Être créateur ou repreneur d'entreprise |
| ARCE | Versement de 60 % des droits ARE restants | Variable | Être demandeur d'emploi percevant l'ARE |
| Crowdfunding | Collecte de fonds auprès du public | Variable | Projet innovant ou communautaire |
| Love money | Fonds apportés par les proches | Variable | Relations personnelles |
| Business Angels | Investisseurs privés | Variable | Projet à fort potentiel de croissance |
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