Comment débloquer des fonds pour un autoentrepreneur

Vos rêves d’entrepreneur sont en passe de devenir réalité, mais vous avez besoin de fonds pour démarrer votre projet ? Pour les entrepreneurs individuels, micro-entrepreneurs et auto-entrepreneurs, il existe diverses modalités permettant de financer un projet professionnel.

Préparer son projet : l’indispensable business plan

La première étape avant même votre recherche de financement est de préparer votre business plan. Vous devez construire votre offre, analyser votre clientèle et définir vos prix afin d’être en mesure de lister les besoins de financement de votre entreprise et définir une stratégie afin de convaincre les établissements financiers et les potentiels investisseurs qui recevront votre demande.

Votre business plan doit faire la synthèse des ressources et des besoins nécessaires (1) pour lancer votre projet professionnel. Les ressources comprennent les capitaux propres que vous possédez déjà et les capitaux à emprunter. Une fois que votre plan de financement est prêt, vous pouvez passer à l’étape des recherches et demandes de financement professionnel.

Les solutions bancaires et garanties demandées

Lorsque l’on cherche un soutien financier pour son entreprise la première idée est de se tourner vers les banques. Chaque établissement bancaire se réserve le droit d’octroyer ou non un crédit pour financer un projet professionnel.

Pour obtenir un prêt professionnel, votre projet d’entreprise doit être crédible et viable. On vous demandera parfois un certain équilibre entre les capitaux propres et les capitaux empruntés. En effet, comme dans toute demande de prêt, l’apport personnel peut être l’élément déclencheur ou le frein à son acceptation, s’il n’est pas assez conséquent.

Lire aussi: Une prière efficace pour vos finances

Les banques sont donc aptes à financer les investissements nécessaires à l’activité des auto-entrepreneurs. Vos chances sont donc plus grandes d’y accéder. Mais comme pour tout financement et toujours comme le prêt immobilier, les banques vous demanderont de justifier des revenus stables (si vous êtes en couple et que l’autre travaille, c’est encore mieux).

À la banque, si les conditions d’accès au prêt personnel sont plus souples que pour un crédit immobilier, il n’en reste pas moins que les auto entrepreneurs, quelle que soit leur branche d’activité, doivent apporter à l’établissement financier certaines garanties. Ces fameuses garanties sont destinées à couvrir vos crédits auto entrepreneur en cas de défaillance de votre part. Pour les garanties à apporter pour les banques, elles peuvent prendre la forme :

  • D’une assurance emprunteur, ou assurance-crédit ;
  • D’une caution (une personne que vous connaissez ou une société spécialisée se porte garante pour vous) ;
  • D’un nantissement (garantie via un bien immatériel, comme une assurance-vie notamment) ;
  • D’une mise en gage (garantie via un bien matériel, telle une voiture ou un bien immobilier).

Comme n’importe quel autre consommateur, l’emprunteur doit notamment justifier de ses revenus et de sa solvabilité. C’est à lui d’assurer la gestion de son dossier. Comme il ne peut fournir de bulletin de salaire, l’établissement financier exigera, en plus de ses derniers relevés bancaires, son ou ses derniers avis d’imposition.

Apport personnel et montage du dossier

Un apport financier est également le bienvenu et apprécié de votre banque ! Cet apport pourrait être bénéfique pour votre projet sur une longue durée. D’autant que l’emprunteur sera gagnant au niveau du taux, puisqu’il aura à emprunter un montant moins important. Cela augmente aussi son pouvoir d’achat. Idéalement, cet apport représentera au moins 20 % du montant nécessaire pour son projet.

Pour convaincre la banque de lui accorder un prêt, l’auto-entrepreneur doit ainsi redoubler d’efforts et préparer un dossier prouvant sa capacité à rembourser cet emprunt. Pour ce faire, il doit soigner la présentation de son projet de création ou de développement de sa micro-entreprise.

Lire aussi: Auto-entrepreneur : comment débloquer votre PEE ?

Faites appel à un courtier. Un courtier est très utile si vous voulez faire un crédit. En tant qu’auto-entrepreneur, vous avez besoin d’être certain de pouvoir obtenir le crédit dont vous avez besoin. Le courtier est là pour négocier les termes du contrat et faire en sorte que vous en sortirez gagnant.

Alternatives au prêt bancaire classique

Il existe de multiples solutions de financement pour votre projet de création d’entreprise. Vous pouvez étudier plusieurs solutions de financement professionnel en concomitance et constituer ainsi vos fonds de démarrage.

Le prêt d’honneur

Un prêt d’honneur est un prêt à taux zéro aidé par l’État (7) pour la création ou la reprise d’entreprise. Le montant accordé varie selon le projet. Néanmoins, il faut s’y prendre à l’avance : le délai d’instruction d’un dossier de prêt d’honneur peut prendre jusqu’à 8 mois.

Le prêt d’honneur s’assimile aux prêts personnels, à la différence qu’il n’exige ni garantie ni caution personnelle et qu’il est à taux zéro, c’est-à-dire sans intérêts. Ce crédit, destiné à financer la création et le développement d’entreprise, fait partie des aides financières crédibilisant votre projet professionnel. Il peut ainsi faciliter l’accès aux prêts bancaires traditionnels.

Le microcrédit professionnel

Le microcrédit professionnel, comme le prêt d’honneur, est pensé pour les entrepreneurs en phase de création ou de développement d’activité et ne pouvant accéder au crédit bancaire classique. Cette solution peut être bénéfique pour financer le lancement de votre auto-entreprise. Le microcrédit peut être remboursé par anticipation.

Lire aussi: PEE et impôts : Ce qu'il faut retenir

Le microcrédit professionnel s'adresse aux créateurs ou repreneurs d'entreprises, quel que soit le secteur d'activité ou leur statut, qui ne peuvent pas accéder au financement bancaire classique. Il s'agit d'un prêt de 17 000 € maximum, le plus souvent assorti d'un taux d'intérêt au moins égal à 5 %. Sa durée de remboursement est de 5 ans maximum.

Love money, dons et prêts entre proches

Il n’est pas rare que les proches, amis et membres de la famille demandent spontanément à contribuer à un projet d’entreprise. Vous pouvez recevoir des dons pour financer votre projet d’entreprise. (5)

La love money (financement par les proches) constitue également une alternative accessible sans condition de solvabilité. L’apport financier octroyé peut prendre la forme d’une donation ou d’un prêt en particulier. La contribution financière peut varier d’une centaine à quelques milliers d’euros.

Prêt d'argent : lorsqu'il dépasse 1 500 €, le prêt doit faire l'objet d'un écrit. Il est possible de rédiger un contrat de prêt signé par les 2 parties, ou une reconnaissance de dette signée de la seule main de l’emprunteur. Lorsque le prêt dépasse 5 000 €, vous devez le déclarer à votre service des impôts des entreprises (SIE) au moyen du formulaire n° 2062, en même temps que votre déclaration annuelle de résultat.

Crowdfunding / financement participatif

Le terme crowdfunding signifie « financement participatif ». (2) Depuis plus de 20 ans, le financement participatif permet à des entrepreneurs, des particuliers et des associations de financer leurs projets, qu’ils soient professionnels ou non.

Le principe est simple et répandu : vous vous inscrivez sur une plateforme dédiée au crowdfunding et y détaillez votre projet, ses raisons, ce qui fait sens pour vous et vos futurs clients. Ensuite, les internautes convaincus vous aident à le financer par des montants libres.

Le financement participatif constitue une bonne alternative pour les entrepreneurs qui rencontrent des difficultés à mobiliser des fonds de manière traditionnelle (ex : prêt bancaire). Il permet de donner vie à tout type de projet innovant : créatif, culturel, numérique, environnemental, social, etc.

Le crowdfunding peut prendre 3 formes différentes :

  • Don (reward crowdfunding) : les contributeurs vous font des dons d'argent sans retour sur investissement.
  • Prêt (crowdlending) : les contributeurs vous accordent un prêt que vous devrez rembourser, avec ou sans intérêts.
  • Investissement : les contributeurs peuvent financer le projet en achetant des titres sociaux de votre société.

Business angels, fonds d’investissement et incubateurs

Un business angel traduit par « investisseur providentiel » (3) est une personne qui intervient auprès d’un entrepreneur ou d’une société pour couvrir ses besoins de développement et de financement. Le business angel peut vous apporter un apport financier direct, un carnet d'adresses et une expérience professionnelle.

Le capital risque est une prise de participation par un ou plusieurs investisseurs professionnels, généralement minoritaire, au capital de votre société. L'apport peut aller de quelques dizaines de milliers à plusieurs millions d'euros.

Les incubateurs (4) sont des structures, publiques ou privées, vouées à la création et à l’accompagnement d’entreprises à caractère innovant. Fonds d’investissement, hébergement, conseils et bien d’autres : les incubateurs accompagnent les entreprises depuis leur création jusqu’à trois ans d’activité.

Aides publiques et dispositifs sociaux

Certaines aides financières sont mobilisables pour les auto-entrepreneurs sachant que l’accès à ces soutiens reste soumis à conditions.

En créant votre micro-entreprise, vous pouvez continuer à percevoir vos allocations d’aide à l’emploi (ARE). L'aide à la reprise et à la création d'entreprise (ARCE) est une aide financière versée par France Travail (anciennement Pôle emploi) aux créateurs ou repreneurs d'entreprise. Elle consiste à recevoir une partie de ses allocations chômage sous la forme d'un capital et sous conditions.

La prime d’activité est une prestation sociale versée par la caisse d’allocations familiales (CAF) aux travailleurs percevant de modestes revenus. L’objectif de ce dispositif est de favoriser l’exercice d’une activité salariée ou indépendante.

L'Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion des personnes handicapées) propose une aide financière pour les personnes en situation de handicap dans leur projet de création ou de reprise d’activité. Les personnes éligibles bénéficient d’une aide financière de 5 000 euros, qu’elles doivent compléter d’un apport personnel d’au moins 1 500 euros.

L’ACRE (aide à la création ou à la reprise d’entreprise) permet une exonération partielle des cotisations sociales. À partir du 1er juillet 2026, le taux d'exonération ACRE passera de 50% à 25%.

Le prêt garanti par l’État (PGE) a été déployé en mars 2020 pour apporter un soutien financier aux entreprises en difficulté suite à la crise sanitaire. Il est donc essentiel que votre entreprise existe déjà pour pouvoir y prétendre. En clair, le prêt garanti par l’État ne s’adresse pas aux auto entrepreneurs en phase de création.

Aides spécifiques et primes

  • Le RSA activité (remplacé par la prime d'activité) peut être cumulé avec l’activité d’auto-entrepreneur selon conditions.
  • La garantie ÉGALITÉ femmes aide les femmes demandeuses d’emploi ou en situation de précarité à obtenir un crédit bancaire en couvrant jusqu’à 80% du montant du prêt, dans la limite de 50 000 euros.
  • La prime de 3 000 € de l'Adie est accessible aux jeunes entrepreneurs de moins de 30 ans qui souscrivent un micro-crédit Adie d'au moins 1 000 €.

Autres pistes pratiques

Si vous avez la possibilité de lancer votre entreprise en travaillant sur d’autres projets à côté, vous pouvez utiliser ces revenus pour vous constituer une épargne personnelle, un capital à investir dans votre affaire. En vous impliquant financièrement par vos propres moyens, vous allez pouvoir solliciter beaucoup plus facilement d’autres aides et financements complémentaires.

Repérez les concours récompensés par le financement d’un projet ! Ces concours existent au niveau régional, national et international. Pour participer, il vous faudra apprendre à « pitcher » votre projet ! En quelques minutes, le but de cette présentation est de résumer efficacement les enjeux et le potentiel du projet, votre parcours et vos valeurs, afin de convaincre votre auditoire.

Il est possible de demander un prêt à une autre entreprise en justifiant un lien économique. Par exemple, si vous développez des logiciels de gestion spécialisés, vous pourriez solliciter un prêt auprès d’une entreprise qui voudrait aussi pouvoir bénéficier de vos solutions.

6 SOLUTIONS CONCRÈTES pour financer son projet d'entreprise 🚀

Conseils pour maximiser vos chances d’obtenir des fonds

  • Constituez un dossier solide : business plan, prévisionnel financier et plan de financement.
  • Démontrez la viabilité de votre projet : étude de marché, expérience dans le secteur, premiers clients potentiels.
  • Soignez votre apport personnel et diversifiez vos sources de financement (banque, prêt d’honneur, microcrédit, crowdfunding, love money).
  • Consultez un courtier ou un expert pour négocier les meilleures conditions.
  • Renseignez-vous auprès de votre conseil régional et des acteurs locaux pour les aides et subventions adaptées à votre territoire.

Obtenir un financement pour son projet professionnel en étant micro-entrepreneur ou auto-entrepreneur est tout à fait possible. Vous pouvez étudier plusieurs solutions de financement professionnel en concomitance et constituer ainsi vos fonds de démarrage.

balises: #Entrepreneur

Articles populaires: