Définition des PME selon ANADE et ANSEJ en Algérie : un aperçu détaillé

En Algérie, le soutien à la création et au financement des Petites et Moyennes Entreprises (PME) est principalement orchestré par des dispositifs publics tels que l’ANADE (Agence Nationale de Développement de l'Investissement) et l’ANSEJ (Agence Nationale de Soutien à l’Emploi des Jeunes). Ces organismes jouent un rôle central dans le développement économique en finançant des milliers de projets entrepreneuriaux, en particulier ceux portés par les jeunes, et favorisent ainsi la dynamique des PME dans différents secteurs d’activité.

Le dispositif ANSEJ : cadre réglementaire et évolution

Depuis sa création en 1996, le dispositif ANSEJ, dédié à l’aide à la création d’entreprises pour les jeunes, a connu plusieurs révisions, la dernière datant de 2018. Cette évolution a notamment concerné le mécanisme de bonification des taux d’intérêt, qui vise à alléger le coût du crédit pour les entrepreneurs. Ainsi, la bonification est passée de 50 % à des taux pouvant atteindre 100 % selon le secteur d'activité depuis 2013, ce qui constitue un levier fort pour encourager les investissements des jeunes promoteurs.

En 2015, l’apport personnel exigé aux entrepreneurs a été significativement réduit, passant de 5-10 % à 1-2 % en fonction du montant de l’investissement, et une aide au titre du loyer a été introduite pour soutenir davantage les jeunes porteurs de projets.

Ce dispositif bénéficie d’un financement triangulaire associant l’apport personnel de l’entrepreneur, les banques et l’ANADE. Ainsi, 96 % des entrepreneurs optent pour ce mode de financement, avec 371 528 entreprises lancées jusqu’au 30 juin 2020.

Seuils d’investissement et secteurs majoritaires

Les investissements financés via l’ANADE et l’ANSEJ couvrent principalement des projets dont le montant se situe entre 1 et 3 millions de dinars algériens (DA). Précisément, 26 % des entreprises ont bénéficié d’un financement entre 1 et 2 millions DA, tandis que 24 % ont obtenu un soutien allant de 2 à 3 millions DA. Cette répartition des aides montre une préférence pour les projets de taille modérée favorisant l’émergence de PME solides et pérennes.

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Au 31 décembre 2017, quatre secteurs concentraient 70 % des projets financés, à savoir :

  • Les Services
  • L’Agriculture
  • L’Artisanat
  • Le Transport de marchandises

Ces secteurs restent les plus grands pourvoyeurs d’emplois, la corrélation entre le nombre de projets financés et les emplois créés étant globalement proportionnelle.

Orientation sectorielle et genre

Avec le temps, certains secteurs saturés comme le transport de voyageurs ou la location de voitures ont vu leurs financements réduits au profit de domaines jugés plus productifs, tels que l’agriculture. Cette réorientation permet non seulement une diversification des activités économiques soutenues mais aussi une meilleure insertion professionnelle des jeunes.

L’analyse par genre révèle que les femmes bénéficient majoritairement des financements dans les professions libérales (avocats, médecins, etc.) et les services, représentant plus de 50 % des aides dans ces secteurs. En revanche, d’autres secteurs, notamment le transport de marchandises, restent largement dominés par les hommes, ce qui explique un taux de féminité global assez faible (environ 10 %).

Selon une étude exploratoire sur l’accès des femmes au marché du travail en Algérie, plusieurs facteurs freinent l’insertion professionnelle féminine, tels que le manque de mobilité, un environnement socio-culturel restrictif ou un déficit d’information sur leurs droits face à la discrimination.

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L’impact socio-économique des PME financées par ANSEJ

Depuis sa création, le dispositif ANSEJ a permis le financement de plus de 370 000 projets, générant ainsi plus de 890 000 emplois. Cette dynamique a contribué à améliorer la densité des PME par rapport à la population active, bien que l’Algérie reste en deçà de certains pays voisins en nombre d’entreprises formelles et donc en densité entrepreneuriale.

La pérennité des entreprises créées est un indicateur clé de l’efficacité des dispositifs publics. La Directrice Générale de l’ANSEJ a indiqué un taux de mortalité des micro-entreprises d’environ 10 % en janvier 2020, un chiffre encourageant qui suggère une relative stabilité du tissu entrepreneurial issu de ces aides.

Par ailleurs, le secteur privé hors hydrocarbures représente environ 85 % du PIB algérien, mais la contribution spécifique des PME reste modérée selon diverses études économiques. La forte implication des banques publiques dans le financement des PME peut poser des risques, notamment en ce qui concerne la qualité des portefeuilles de crédits et les délais de recours aux fonds de garantie (au-delà de 18 mois d’impayés).

Ainsi, bien que les dispositifs actuels soient largement soutenus par des fonds publics, leur modèle de financement pourrait ne pas être soutenable à long terme, surtout dans le contexte économique algérien marqué par la baisse des prix du pétrole et les répercussions de la pandémie de COVID-19.

Mécanismes de garanties et soutien bancaire

Pour encourager les banques à financer ces projets, un Fonds de Caution Mutuelle de Garantie a été établi par décret exécutif en 1998. Ce fonds couvre à hauteur de 70 % les créances impayées en principal et intérêts, limitant ainsi les risques supportés par les établissements financiers. Les banques et établissements financiers qui participent à ce fonds bénéficient donc d’une protection en cas de défaut de paiement des jeunes promoteurs.

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Tableau récapitulatif des conditions de financement ANSEJ

CritèreCondition
Apport personnel1 % à 2 % selon investissement
Bonification taux d’intérêt60 %, 75 %, 80 %, jusqu’à 100 % selon secteur
Seuils d’investissement1 à 3 millions DA principalement
GarantiesFonds couvrant 70 % des créances impayées
Nombre de projets financés371 528 (jusqu’en juin 2020)
Emplois créésPlus de 890 000

Le financement des entreprises expliqué | Banque de France

L’ensemble de ces dispositifs révèle un engagement fort de l'État algérien pour soutenir l’émergence d’un tissu entrepreneurial dynamique, en particulier chez les jeunes. Les investissements ciblés par le biais de l’ANSEJ et de l’ANADE contribuent durablement à la création d’emplois dans divers secteurs stratégiques.

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