Différence entre l'ACRE et l'exonération de charges sociales professionnel
L'Aide à la création ou à la reprise d'une entreprise (ACRE) est un dispositif visant à encourager les entrepreneurs à créer ou reprendre une entreprise. L'ACRE (aide aux créateurs et repreneurs d’entreprises) consiste en une exonération partielle de cotisations sociales pendant un an, sous conditions, pour certains créateurs et repreneurs d’entreprises. L'ACRE permet une exonération partielle des cotisations sociales pendant la première année d'activité.
Qu'est‑ce que l'ACRE ?
L'ACRE (Aide à la création ou à la reprise d'entreprise) est un dispositif pour les entrepreneurs souhaitant lancer ou reprendre une activité en micro-entreprise. C’est quoi l’ACRE ? L'ACRE est une aide destinée aux créateurs et repreneurs d’entreprises qui vise à réduire les charges sociales au démarrage de son activité. Elle représente une économie non négligeable pour les créateurs et repreneurs, permettant de réduire le montant des charges à payer.
L'Acre ne doit pas être confondue avec les 2 dispositifs suivants : Aide à la reprise et à la création d'entreprise (ARCE) : une aide financière versée par France Travail (anciennement Pôle emploi) qui consiste à recevoir 60 % de ses allocations chômage sous la forme d'un capital. Accompagnement à la création d’entreprise en région (ex-Nacre) : chaque région propose un dispositif d'accompagnement à la création d'entreprise (remplaçant le Nacre depuis 2017).
Qui peut bénéficier de l'ACRE ?
L'ACRE est ouverte aux personnes qui créent ou reprennent une activité professionnelle ou qui entreprennent l'exercice d'une autre profession non salariée :
- Vous êtes demandeur d'emploi indemnisé.
- Vous êtes demandeur d'emploi non indemnisé inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi depuis plus de6 mois ces 18 derniers mois.
- Vous touchez le RSA ou l'allocation de solidarité spécifique (ASS) versée en cas d'épuisement des droits au chômage.
- Vous avez entre 18 et 25 ans (ou 29 ans si vous êtes reconnu handicapé).
- Vous avez moins de 30 ans et vous ne bénéficiez pas de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE).
- Vous êtes salarié ou licencié d'une entreprise en procédure collective et reprenant une entreprise.
- Vous êtes sans emploi et avez signé un contrat d'appui au projet d'entreprise (CAPE).
- Vous créez ou reprenez une entreprise dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) ou dans une zone France ruralités revitalisation (ZFRR ou ZFRR+).
- Vous touchez la prestation partagée d'éducation de l'enfant (PreParE).
La condition principale est de créer ou reprendre une activité économique. Lorsque l’entreprise est une société, le créateur ou le repreneur doit exercer le contrôle effectif de l’entreprise. Le contrôle effectif est admis si vous respectez l'une des conditions de détention et de direction du capital. La condition du contrôle effectif doit être remplie pendant au moins 2 ans à compter de la création/reprise de l'entreprise.
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Durée et montant de l'exonération ACRE
Pour la plupart des créateurs et repreneurs relevant du régime des travailleurs indépendants, à l’exception des micro-entrepreneurs, l’exonération s'applique pendant un an à compter de la date de création de l'entreprise. Pour les entrepreneurs individuels qui optent pour le régime de la micro-entreprise, l'exonération s'applique jusqu'à la fin du troisième trimestre civil suivant celui du début d'activité déclarée.
Le montant de l’exonération dépend du revenu annuel du bénéficiaire :
- Si le revenu professionnel est inférieur ou égal à 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), le montant de l’exonération est fixé à 25 % de ces cotisations.
- Si le revenu professionnel est compris entre 75 % et 100 % du PASS, l’exonération est dégressive.
- Si le revenu professionnel atteint ou dépasse le PASS, l'exonération n’est pas applicable.
À noter : pendant cette période d'exonération, le chef d'entreprise acquiert des trimestres pour la retraite auprès du régime de sa nouvelle activité, en fonction de son revenu. Pour la retraite complémentaire des travailleurs indépendants, les droits sont validés en fonction des cotisations versées (pas d'exonération).
Micro‑entrepreneurs : particularités
Le micro-entrepreneur quant à lui bénéficie d’un taux de cotisation minoré. Depuis le 1er juillet 2026, il correspond à 75 % du taux de droit commun (soit une exonération de 25 %), sauf exceptions. L'ACRE s’applique jusqu'à la fin du troisième trimestre civil suivant l'immatriculation pour les micro-entrepreneurs et conduit à l’application d’un taux réduit de cotisations.
| Secteur | Taux appliqué (depuis 01/07/2026) |
|---|---|
| Achat/revente de marchandises (BIC) | 9,3 % |
| Autres prestations de services commerciales et artisanales (BIC) | 15,9 % |
| Autres prestations de services (BNC) | 19,2 % |
| Activités libérales réglementées relevant de la Cipav (BNC) | 17,4 % |
Quelles cotisations sont concernées par l'exonération ?
Sont exonérées les cotisations correspondant : à l'assurance maladie, maternité, invalidité, décès, aux prestations familiales, à l'assurance vieillesse de base. Restent dues les autres cotisations, notamment celles relatives à la CSG‑CRDS, à la retraite complémentaire et à la formation professionnelle.
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Procédure : comment déposer une demande d'ACRE ?
Depuis le 1er janvier 2026, l’attribution de l’ACRE ne se fait plus automatiquement. Les travailleurs indépendants, les praticiens et auxiliaires médicaux, ainsi que les gérants relevant du régime assimilé salarié, doivent obligatoirement déposer une demande auprès de l'Urssaf afin de prétendre à l'aide. En l'absence de dépôt conforme ou hors délai, l'ACRE n'est pas accordée.
En pratique, il faut :
- Finaliser les formalités de création sur le site du guichet des formalités des entreprises et télécharger le justificatif de création d'activité.
- Préparer les copies des pièces justificatives correspondant aux critères d'éligibilité (notification d'ouverture de droits, dernier titre de paiement, etc.).
- Télécharger et compléter le formulaire de demande d'ACRE correspondant à votre situation (travailleur indépendant, créateur assimilé-salarié ou auto-entrepreneur) sur le site de l'Urssaf.
- Transmettre le formulaire rempli, le justificatif de création d'activité et l'ensemble des pièces justificatives via la messagerie du site autoentrepreneur.urssaf.fr ou du site urssaf.fr.
La demande d'Acre doit être effectuée dans les 60 jours qui suivent la date d'ouverture de l'activité mentionnée par le justificatif de création d'activité. En principe, la demande d'Acre est traitée sous 30 jours. Une attestation est délivrée par l'Urssaf, disponible dans l'espace en ligne de l’entrepreneur.
Évolutions récentes et limites du dispositif
Depuis le 1er janvier 2026, l'ACRE n’est plus attribuée automatiquement et est réservée à certains porteurs de projets répondant à des conditions spécifiques définies par la loi. La LFSS 2026 revoit également le niveau de l’avantage accordé au titre de l’ACRE : dès le 1er janvier 2026, l’aide prend la forme d’une réduction de cotisations sociales plafonnée, et non plus d’une exonération calculée en fonction du revenu. Le montant de cette réduction ne pourra pas dépasser 25 % des cotisations sociales dues. Cette évolution entraîne une diminution notable de l’intérêt financier du dispositif, y compris pour les revenus modestes.
Attention : pour bénéficier de l'ACRE, vous ne devez pas avoir bénéficié du dispositif au cours des 3 années précédentes (au titre d'une activité antérieure).
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Différence essentielle entre ACRE et exonération « classique » de charges sociales
Le terme « exonération de charges sociales professionnel » peut renvoyer à différents dispositifs ou exonérations spécifiques liées à la situation (zones, embauche, statut, etc.). L'ACRE est une aide spécifique et encadrée, destinée au démarrage d'une activité, avec des conditions d'éligibilité, une durée limitée et des règles de calcul propres (plafond lié au PASS, règles dégressives). En résumé :
- L'ACRE est un dispositif ciblé d'aide au démarrage (réduction ou exonération partielle durant la première année ou période définie pour les micro‑entrepreneurs) ;
- Une exonération de charges sociales professionnelle peut être plus large et concerner d'autres exonérations (contrat aidé, exonération territoriale, exonérations spécifiques à l'embauche) avec des règles, durées et bénéficiaires différents ;
- L'ACRE nécessite depuis 2026 une demande auprès de l'Urssaf et est plafonnée (réduction maximale 25 % des cotisations depuis la LFSS 2026) ;
- Les cotisations non concernées par l'ACRE (CSG‑CRDS, retraite complémentaire, formation) restent dues et certaines exonérations « classiques » peuvent couvrir d'autres bases que celles de l'ACRE.
ACRE et cumul avec d'autres aides
L'ACRE est cumulable avec d'autres dispositifs sous réserve qu'il n'y ait pas de cumul sur les mêmes assiettes de cotisations : elle peut être cumulée avec le maintien des allocations chômage (ARE), l'ARCE (versement en capital de 60% des droits restants), le NACRE (accompagnement et prêt à taux zéro), et les aides régionales à la création. L'ACRE n'est pas cumulable avec d'autres exonérations de cotisations sur les mêmes bases.
Différence entre ARE : ARCE : ACRE
Points pratiques et conseils
- Vérifiez votre éligibilité avant de démarrer le projet : la liste des bénéficiaires a été resserrée depuis 2026.
- Respectez les délais de dépôt (60 jours après la création pour la plupart des statuts) et fournissez les justificatifs demandés.
- Pour les sociétés, assurez-vous de pouvoir justifier du contrôle effectif pendant au moins 2 ans.
- Anticipez que certaines cotisations restent dues (CSG‑CRDS, retraite complémentaire) et que l’impact réel sur la trésorerie peut varier selon votre activité et vos revenus.
- N'hésitez pas à solliciter un conseiller (CMA, chambre de commerce, Urssaf) pour vous accompagner dans le montage du dossier.
En définitive, l'ACRE reste un levier utile pour alléger les charges au démarrage, mais son périmètre et son avantage financier ont été réduits et encadrés depuis 2026. Il convient donc d'étudier précisément son impact selon votre statut (micro‑entrepreneur ou autre), vos revenus prévisionnels et votre secteur d'activité.
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