Freelance et Auto-entrepreneur : Quelles sont les Différences ?
Naviguer dans le monde du travail indépendant peut parfois sembler un labyrinthe de termes et de statuts. Deux appellations reviennent souvent : Freelance et Auto-entrepreneur. Tous deux désignent des travailleurs indépendants, mais avec des nuances importantes. Alors, comment faire la différence ?
Définitions et Nuances Clés
Freelance : Une Approche Professionnelle
Être freelance signifie ne dépendre d’aucun contrat de travail avec une tierce personne : être son propre patron. Il exerce son activité selon ses compétences et son savoir-faire sans contrainte horaire. En somme, le freelancing est un moyen d’être libre et indépendant. Ce statut permet une grande flexibilité tant dans le secteur d’activité que dans les horaires et l’organisation du travail.
La différence notable est que le freelance est un statut qui ne confère aucune valeur juridique ou fiscale, c’est simplement un terme permettant de désigner un individu qui se lance dans une activité seule.
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Le terme freelance est un anglicisme pouvant se traduire par « travailleur indépendant ». Un freelance est donc un professionnel travaillant à son compte. Il propose ses services à des entreprises ou à des particuliers. Vous décidez seul des clients pour lesquels vous travaillez. Ces derniers ne peuvent pas vous imposer d’horaires de travail. Vous n’êtes pas non plus lié à eux par un contrat de travail (CDD, CDI).
À noter que le freelance peut aussi intervenir auprès de particuliers ayant besoin de services nécessitant l’intervention d’un professionnel. On peut devenir freelance et valoriser ses compétences dans des secteurs d’activités très divers. Que vous souhaitiez exercer une profession commerciale, artisanale ou libérale, vous pouvez ainsi lancer votre activité et devenir freelance !
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Les missions principales concernées par le freelancing sont :
- Les métiers informatiques et du digital (développeur web, data scientist, web designer...)
- Les métiers créatifs (graphiste, illustrateur...)
- Les métiers de l’immobilier (agent commercial en immobilier...)
- Les métiers de la communication (community manager...)
- Les métiers du conseil (consultant, consultant en ressources humaines...)
Auto-entrepreneur : Un Statut Juridique Spécifique
Un auto-entrepreneur est une personne physique à la tête d’une EI (Entreprise individuelle). L’auto-entrepreneur a donc une activité commerciale, une existence juridique et fiscale. C’est un statut juridique et fiscal. En effet, l’auto-entrepreneur à une entreprise et exerce une activité commerciale. En raison de sa personnalité juridique, des obligations naissent.
L’auto-entrepreneur est le statut d’une personne physique d’un point de vue commercial. Un auto-entrepreneur (également appelé micro-entrepreneur) est un « freelance », c’est-à-dire un travailleur indépendant, ayant choisi de créer une Entreprise Individuelle (EI) sous le régime simplifié de l'auto-entreprise (ou micro-entreprise). Contrairement au terme de freelance, il correspond donc à une réalité juridique particulière.
Si l’on résume : un auto-entrepreneur est un freelance. En revanche, un freelance n’est pas forcément un auto-entrepreneur. Un freelance peut en effet choisir un autre statut juridique pour se mettre à son compte, comme une SASU ou une EURL par exemple.
Sous le statut d’auto-entrepreneur, il est possible de monter son auto-entreprise pour exercer un large panel de métiers en tant qu’auto-entrepreneur (activité commerciale, artisanale ou libérale). Il existe cependant des activités interdites sous le régime de l’auto-entreprise :
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- Les activités agricoles
- Les activités relevant de la TVA immobilière
- Les activités artistiques rémunérées par des droits d’auteur
- Les professions de santé (en revanche, la médecine dite « douce » ou « alternative » peut se pratiquer en auto-entreprise dans la plupart des cas).
Le régime de l’auto-entreprise est dit simplifié. Un auto-entrepreneur est en effet soumis à moins d’obligations administratives qu’un créateur de société. Néanmoins, ce régime reste encadré ! Ainsi, un auto-entrepreneur ne peut pas dépasser les plafonds de chiffre d'affaires suivants :
- 188 700 € pour une activité de vente de marchandises, de denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fourniture de logement tel que tourisme classé et chambre d’hôtes (sauf meublé qui relève du seuil de 77 700 €)
- 77 700 € pour les prestations de services relevant de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC) et les professions libérales non réglementées ou relevant de la Cipav pour leur assurance retraite.
Structures Juridiques Possibles pour un Freelance
Pour exercer légalement son activité, le freelance doit choisir entre plusieurs formes juridiques adaptées à un travail indépendant.
- Créer une entreprise individuelle, avec une option possible pour le régime de la micro-entreprise ou pour le nouveau statut unique d'entrepreneur individuel (anciennement EIRL)
- Vous tourner vers la création d’une société comme une EURL ou une SASU
- Opter pour le portage salarial.
Les travailleurs indépendants ont le choix entre deux types de structure individuelle : la micro-entreprise et l'entreprise individuelle. Ils choisissent celle qui est la mieux adaptée à leur activité, leur chiffre d’affaires, leur projet de développement dans le futur… Ces deux structures ont le point commun d’être constituées par un seul travailleur indépendant. Elles ne sont pas dotées de la personnalité morale et n’ont pas d’existence juridique distincte de celle de l’entrepreneur.
Les deux appellations micro-entreprise et auto-entreprise ont fusionné en 2016. S’il est plus fréquent d’entendre parler d’auto-entreprise, c’est le terme micro-entreprise qui est juridiquement reconnu. Ce qu’il faut retenir est que la micro-entreprise est en réalité une forme simplifiée de l’entreprise individuelle. En effet, la différence réelle entre une micro-entreprise et une entreprise individuelle réside dans le régime social et fiscal.
L’auto-entrepreneur bénéficie automatiquement du régime micro-entreprise ou micro-social avec des obligations comptables et déclaratives très allégées et pas de cotisations sociales à payer si son chiffre d’affaires est égal à zéro. L’entrepreneur individuel est assujetti de plein droit à un régime réel d’imposition (simplifié ou normal suivant son chiffre d’affaires) et donc soumis à des cotisations sociales minimales, même en cas de déficit.
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Bon à savoir : si le chiffre d’affaires annuel de la micro-entreprise dépasse les plafonds autorisés (188 700 € HT pour le commerce et la fourniture de logements et 77 700 € HT pour les prestations de service et les professions libérales) sur deux années consécutives, l’auto-entrepreneur bascule automatiquement dans le statut de l’entreprise individuelle.
Si la micro-entreprise ne nécessite que l’enregistrement chronologique non modifiable des recettes et des achats, il n’en est pas de même pour l’entreprise individuelle. En effet, l’entrepreneur doit tenir à jour un grand livre, un livre journal, dresser un inventaire et déclarer ses comptes annuels à l’administration fiscale. C’est pourquoi il a souvent besoin de se faire aider par un comptable.
Soumis de plein droit au réel d’imposition, l’entrepreneur individuel peut toutefois opter pour le régime de la micro-entreprise en fonction du montant de son chiffre d’affaires, ce qui allège ainsi ses obligations comptables.
Avantages et Inconvénients des Statuts
Les statuts de freelance et de micro-entrepreneurs partagent plusieurs avantages :
- Aucun apport initial (capital social) n’est demandé pour créer une activité.
- Cotisations sociales simplifiées et réduites et fiscalité plus légère.
Ils présentent aussi certains inconvénients :
- Une couverture sociale moins protectrice que celle d’un salarié, avec notamment une absence de cotisations chômage.
- La nécessité de trouver soi-même constamment de nouvelles missions et clients.
- Une absence de contrat de travail et des revenus irréguliers qui peuvent générer un sentiment d’insécurité.
- Une charge de travail parfois importante et une plus grande difficulté à trouver un équilibre entre sa vie personnelle et professionnelle.
Voici un tableau récapitulatif pour mieux comparer les différentes structures :
| Statut | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|
| Micro-entrepreneur |
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| Entreprise individuelle |
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| EURL |
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| SASU |
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Conseils Pratiques pour Choisir le Bon Statut
Même en étant conscient des distinctions entre les statuts, choisir le bon requiert un temps de réflexion nécessaire et une aide professionnelle adéquate.
Se poser les bonnes questions :
- Quel statut est adapté à la nature de l’activité ? Y aura-t-il plusieurs activités différentes (commerce, libéral, artisanat…) ?
- Quelle rémunération percevoir (dividendes, salaire…) ?
- Est-il prévu de s’associer ultérieurement ?
- Quels sont les objectifs à long terme de l’entreprise en termes de croissance, de profit ou de rentabilité ?
- Gérer une comptabilité allégée ou respecter des obligations comptables contraignantes ?
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