Comparaison entre l'Entreprise Individuelle et la Micro-Entreprise en France
Si vous envisagez de créer une entreprise seul, vous avez le choix entre plusieurs statuts, dont celui de la micro-entreprise et de l’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL). La micro-entreprise présente des avantages mais comporte tout de même quelques inconvénients. Et c’est la même chose pour l’EURL. Les faiblesses d’un statut constituent généralement les forces de l’autre. Il est donc essentiel de bien comprendre les différences entre ces deux options pour faire le choix le plus adapté à votre situation.
Auto-entrepreneur ou EURL : quel statut choisir ?
Définitions : Entreprise Individuelle et Micro-Entreprise
Il est important de noter que l'entreprise individuelle est un statut juridique, alors que la micro-entreprise est un régime particulier de l’entreprise individuelle. Si vous décidez de créer une entreprise individuelle, vous avez donc le choix entre :
- Une entreprise individuelle sous le régime simplifié de la micro-entreprise, aussi appelé « régime micro-fiscal et social », si vous respectez les plafonds de chiffre d’affaires imposés.
- Une entreprise individuelle classique, sous le régime réel ou de la déclaration contrôlée.
Quel que soit votre choix, vous êtes un entrepreneur individuel. Cela signifie que vous n’avez pas d’associé.
Forme juridique et responsabilité
Il n’y a pas de différence au niveau de la forme juridique, dans les deux cas il s’agit d’une entreprise individuelle. L'entreprise individuelle se caractérise par le fait que le dirigeant et la structure ne forment qu'une seule et même personne. Cela entraîne plusieurs conséquences parmi lesquelles :
- Des modalités de constitution et de fonctionnement plus simples que dans le cas d'une société (comme l'EURL ou la SASU) ;
- Une responsabilité limitée, les patrimoines personnel et professionnel de l'entrepreneur sont automatiquement séparés.
A noter que quel que soit le régime : L'entrepreneur individuel peut renoncer à cette séparation de patrimoine, sur demande écrite de l’un de ses créanciers professionnels, pour un engagement spécifique.
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Activités autorisées
Toutes les activités peuvent être exercées en entreprise individuelle classique (industrielles, commerciales, artisanales, libérales, agricoles). Cependant, le micro-entrepreneur ne peut pas exercer certaines activités :
- Celles qui ne sont pas compatibles avec le régime fiscal de la micro-entreprise :
- activités relevant des bénéfices agricoles (elles peuvent toutefois, sous conditions, bénéficier d’un régime micro particulier : le « micro-BA ») ;
- activités relevant de la TVA immobilière : marchands de biens, agents immobiliers, etc.
- Celles qui ne sont pas compatibles avec le régime micro-social :
- activités rattachées au régime social de la MSA ;
- activités libérales réglementées qui relèvent d'une caisse de retraite autre que la Cipav : professionnels du droit, de la santé, agents généraux d'assurances, experts-comptables, etc.
Immatriculation
L'entrepreneur doit s'immatriculer au Registre national des entreprises (RNE).
Régime d'imposition des revenus
Entreprise Individuelle Classique
Par principe, les bénéfices de l'entreprise sont soumis à l'impôt sur le revenu des personnes physiques (IR). La nature de l'activité permet de déterminer la catégorie des revenus :
- activité commerciale, industrielle ou artisanale : bénéfices industriels et commerciaux (BIC)
- professionnel libéral et agent commercial : bénéfices non commerciaux (BNC)
Pour mémoire : le revenu global d'un foyer fiscal peut être constitué de différentes catégories de revenus : traitements et salaires, revenus fonciers, plus-values, BIC, BNC, bénéfices agricoles, etc.
Quel régime fiscal ?
Un régime réel d'imposition. Le résultat (bénéfice ou perte) est déterminé en fonction des charges réellement réglées (ou engagées) par l'entreprise. A noter : pour déterminer le résultat réellement réalisé par l'entreprise, il est nécessaire de tenir une comptabilité complète et donc de respecter un certain nombre d'obligations comptables et déclaratives.
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Option possible pour l'impôt sur les sociétés (IS). En cas d’option à l’IS : Le résultat imposable est soumis au taux réduit de l’IS de 15 % sur les 42 500 premiers euros de résultat (pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur ou égal à 10 M€) puis au taux de 25 % au-delà.
Comment est calculé l'impôt sur le revenu ?
Le résultat est intégré dans la déclaration d'ensemble des revenus, avec les autres revenus du foyer fiscal. Pour calculer le montant de l'IR, ce revenu global du foyer est ensuite soumis au barème progressif par tranches de l'impôt sur le revenu.
Si le résultat est déficitaire, l'assiette d'imposition personnelle peut ainsi être réduite.
Micro-Entreprise
Le régime de la micro-entreprise. Le bénéfice imposable est calculé de façon forfaitaire sur la base du chiffre d'affaires.
Pour calculer ce bénéfice forfaitaire, l'administration applique un abattement représentatif de l'ensemble des charges de :
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- 71 % du CA s'il s'agit d'entreprises dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fournir le logement, à l'exclusion de la location directe ou indirecte de locaux d'habitation meublés ou destinés à être loués meublés ;
- 50 % du CA pour les autres activités relevant des BIC ;
- 34 % du CA pour les activités de prestations de services BNC et les activités libérales ;
- 30 % du CA pour les activités de location de meublés de tourisme autres que les locaux classés et les chambres d’hôtes.
Le bénéfice forfaitaire est intégré dans la déclaration d'ensemble de revenus, avec les autres revenus du foyer fiscal. Pour calculer le montant de l'IR, ce revenu global du foyer est ensuite soumis au barème progressif par tranches de l'impôt sur le revenu.
Il est possible d'opter pour un calcul simplifié de l'impôt sur le revenu, sur la base du chiffre d'affaires : le versement libératoire (aussi appelé « versement forfaitaire libératoire » )
Dans ce cas, le montant de l'impôt sur le revenu est calculé, en appliquant au CA un pourcentage de :
- 1 % pour les activités de vente de marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fourniture de logement, à l'exclusion de la location directe ou indirecte de locaux d'habitation meublés ou destinés à être loués meublés.
- 1,7 % pour les autres activités relevant des BIC.
- 2,2 % pour les activités libérales.
TVA
L'entreprise est-elle redevable de la TVA ? Oui.
Oui, si le CA annuel se situe en dessous des seuils mentionnés plus haut, il est alors possible de se placer sous le régime fiscal de la micro-entreprise.
Régime social
Entreprise Individuelle Classique
Travailleur non salarié (TNS), affilié à la Caisse primaire d'assurance maladie.
Quelle couverture sociale ?
- Les taux de remboursement des dépenses de soins sont identiques à ceux du régime général des salariés ;
- Le versement d'indemnités journalières est soumis à des conditions de revenus et de durée d’affiliation ;
- Pas d'assurance accident du travail ;
- En matière de prestations familiales versées par les Caisses d'allocations familiales (Caf), les TNS bénéficient des mêmes droits que les salariés ;
- Un régime de retraite complémentaire est obligatoire ;
- Pas d'assurance chômage.
Concernant la retraite de base : quel que soit le montant du revenu, le paiement des cotisations minimales permet de valider 3 trimestres de retraite par année civile d'activité.
Un chiffre d'affaires minimum doit être réalisé pour valider un trimestre de retraite. En cas d'option pour le paiement de cotisations minimales, 3 trimestres de retraite sont automatiquement validés par année civile d'activité.
Quel est le montant des cotisations sociales ?
Elles représentent environ 45 % du revenu imposable. En l'absence de revenus ou en cas de revenus de faible importance, des cotisations minimales sont dues. Pour en savoir plus sur le montant des cotisations sociales
Micro-Entreprise
Elles sont calculées en proportion du chiffre d'affaires encaissé. Un taux global est appliqué au CA :
- 12,3 % pour les activités de vente de marchandises, de denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fourniture de logement ;
- 21,2 % pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC) ;
- 23,1 % pour les autres prestation de services (BNC).
Précision importante : ce taux va évoluer dans les années à venir.
Plafonds de chiffre d’affaires en micro-entreprise
Pour bénéficier du régime micro-social simplifié de l’auto-entreprise, le chiffre d’affaires de votre entreprise doit impérativement respecter des plafonds précis. Leur montant dépend de la nature de l’activité exercée.
| Nature de l'activité en auto-entreprise | Plafond de chiffre d’affaires |
|---|---|
| Ventes de marchandises, restauration, hébergement | 188 700 euros |
| Prestation de services artisanales et commerciales | 77 700 euros |
| Professions libérales | 77 700 euros |
En cas de dépassement de ces plafonds, vous risquez de passer au régime réel d'imposition en tant qu’entreprise individuelle classique. Vous perdez alors tous les avantages liés à l’auto-entreprise !
Obligations comptables
Les obligations comptables d’une entreprise individuelle classique sont identiques à celles d’une société (SASU, EURL, SARL, SAS, etc.). Vous devez en effet établir vos comptes annuels comprenant un bilan comptable, un compte de résultat et des annexes.
À l’opposé de ces formalités potentiellement lourdes et techniques, la micro-entreprise réduit la gestion comptable à l’essentiel. Il vous suffit de :
- Tenir un livre de recettes ;
- Tenir un registre des achats en cas d’activité de vente, restauration ou de fourniture de logement ;
- Émettre et conserver des factures conformes à la loi.
Création d’une micro-entreprise
La micro-entreprise se créé, se gère et se ferme facilement. Elle occasionne, à ces trois occasions, très peu de frais. La création d’une micro-entreprise est gratuite, sauf pour les agents commerciaux qui doivent demander leur immatriculation sur un registre spécial. Elle ne nécessite pas de rédaction de statuts ni de publication d’annonce légale. L’intervention d’un professionnel (expert-comptable, avocat) n’est donc pas nécessaire. Et le fonctionnement s’avère aussi peu coûteux.
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