Liste des entreprises de production de lavande en France

Longtemps premier producteur mondial de lavande la France s’est vue détrônée de sa position par la Bulgarie. Nous restons cependant à la première place en lavandin. La France a été longtemps le premier producteur mondial de lavande, elle dispute désormais cette place avec la Bulgarie.

Chiffres de production et surfaces

En 2023, 8 082 hectares de lavande et 22 144 hectares de lavandin ont été cultivés en France et 1550 tonnes d'huile essentielle de lavandin et 90 tonnes pour la lavande ont été produites (*). La culture de lavande et de lavandins couvre 28 000 hectares. La lavande est cultivée sur approximativement 4 000 ha dans les mêmes départements que le lavandin.

Principaux bassins et départements producteurs

Les champs de lavande sont principalement situés dans les Alpes-de-Haute-Provence, la Drôme et le Vaucluse. Le Sud-Est de la France (Alpes de Haute-Provence, Vaucluse, Drôme) détient 95 % des 15 000 ha de lavandins. Le principal bassin de production est le Plateau de Valensole : il représente plus du tiers des superficies, mais aussi plus de la moitié des volumes produits. Le fonctionnement des exploitations de ce bassin est basé sur l’association de la culture du blé dur et du lavandin. Les superficies recensées dans la vallée du Rhône représentent quant à elles 20 % du total des superficies en lavandin.

Entreprises et acteurs de la filière

Des entreprises industrielles provençales valorisent pour la commercialisation de leurs produits l'image de la lavande symbole de la Provence. Plusieurs entreprises très dynamiques comme l'Occitane utilisent la lavande comme image de marque. Chez Terre Ugo nous contribuons à notre échelle à la culture biologique du lavandin en Provence. L’APAL regroupe plus de cinquante producteurs cultivant la lavande fine. 70 lavandiculteurs de Haute-Provence se sont regroupés pour former cette association. Les productions de lavande et de lavandin contribuent au maintien sur une grande partie du territoire provençal de 2 000 exploitants agricoles.

De grands espaces balayés de bleu intense, une symphonie d'odeurs et de chants de cigales : bienvenue au pays des lavandes ! Tout au long de l'année, les agriculteurs, en préparant leur récolte, entretiennent en artistes un paysage qui révèle sa splendeur sous le soleil d'été. Les lavandiculteurs, conscients de cette richesse, multiplient les initiatives pour valoriser leur environnement du point de vue touristique avec la création de sentiers de découvertes, des visites de distilleries, l'ouverture de magasins de producteurs in situ, et l'organisation de fêtes.

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Qualités, AOP et valorisation

Pour se distinguer de la concurrence, notamment bulgare, et valoriser sa très haute qualité, une AOP a été décernée à l'Huile essentielle de lavande de Haute-Provence. La lavande de Haute-Provence bénéficie d'un signe officiel de qualité, l'AOC, créé en 1981 et devenu AOP (Appellation d'Origine Protégée). Le cahier des charges de production identifie une zone et un mode de production déterminés. Des objectifs qualitatifs précis sont définis et contrôlés pour l'huile essentielle.

Variétés, botanique et rendement

Avant de comprendre la filiation existante entre lavande et lavandin, il faut préciser qu’il existe plusieurs variétés de lavandes dont certains cultivars. Mais arrêtons-nous sur les deux principales : la lavande fine (ou lavande vraie - Lavandula angustifolia) qui fleurit dès la mi-juin en plaine. Deux types de cultures existent en lavande fine : des populations c’est-à-dire que chaque plant est issu d’une graine, donc différent génétiquement des autres plants celle de clones : à partir de plantation de boutures, où chaque plant du champ est identique génétiquement à ses voisins. La lavande aspic (Lavandula latifolia) d’une autre espèce botanique dont la floraison peut se situer à moindre altitude mais de façon plus tardive au mois d’août.

Le croisement entre ces deux types de lavandes produit comme hybride naturel le lavandin (Lavandula intermedia) beaucoup plus prolifique en huiles essentielles, mais stérile. II faut environ 100kg de fleurs pour fabriquer 1L d'huile essentielle de lavande alors que pour le lavandin, il suffit de 40kg pour 1L d'huile essentielle. La lavande produit donc une huile de meilleure qualité mais le lavandin est l'espèce qui permet un meilleur rendement. À la différence de la lavande, le lavandin est stérile et se multiplie uniquement par bouturage. Ses épis sont fournis et réguliers. Le lavandin est très cultivé car il donne de bons rendements et pousse à plus basse altitude.

Usages et débouchés

Parmi les multiples débouchés de la lavande et / ou du lavandin on trouve : l'aromathérapie (huiles essentielles et hydrolats), la parfumerie fine, l'usage pour des produits industriels : lessives, produits d’entretien, les cosmétiques : savons, gel douche, crèmes de soin, bouquets secs, les fleurs mondées, plus généralement commercialisées en sachets pour parfumer les armoires ou utilisées comme pots-pourris. La lavande est principalement utilisée dans la fabrication de parfums et d'huile essentielle. La lavande est souvent confondue avec le lavandin. La lavande est l’image de la Provence et plus particulièrement le produit d'appel de son tourisme.

Distillation : méthodes et matériel

Une majorité des parcelles est distillée pour produire hydrolat (ou eau florale) et huile essentielle. Deux méthodes sont alors utilisées : la distillation en vase, la distillation en caisson. Pour la distillation en vase, les fleurs de lavandes sont placées dans une cuve en inox (le vase) -autrefois celui-ci était en cuivre- dans laquelle de la vapeur d’eau est injectée. Celle-ci, traverse le végétal et une fois chargée des molécules de lavande, elle remonte vers le haut et redevient liquide grâce à un circuit de refroidissement à l’eau froide constitué d’un serpentin tubulaire. La vapeur ainsi refroidie laisse suinter le précieux liquide que l’on recueille dans un essencier.

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Le caisson quant à lui s’apparente à une benne parfois tractée, que l’on remplit de lavandin broyé. On obture la benne par un couvercle que l’on nomme chapeau, le haut du pourtour de la benne étant parcouru par un joint d’eau qui garantit l’étanchéité de la benne. Une chaudière productrice de vapeur instille de la vapeur d’eau dans le fond de la benne. Le haut du couvercle est percé d’un tuyau où cette vapeur chargée de molécules s’échappe.

Mécanisation et récolte

Dans les années 60, les premières machines à couper sont mises au point et remplacent les faucilles. Elles permettent de faire des gerbes de fleurs, mises à sécher contre les plantes, quelques jours avant d’être amenées à la distillerie. Aujourd’hui, la production d’huile essentielle de lavande et de lavandin est mécanisée. Plusieurs matériels permettent de récolter la lavande et le lavandin. Certains sont aujourd’hui équipés de chasse abeilles. Le lavandin, destiné principalement à des usages dans l’industrie des détergents, est récolté et coupé en vert, et directement introduit dans des remorques qui serviront d’alambic une fois arrivées à la distillerie. En effet, la vapeur produite par une chaudière séparée est injectée par le bas de la remorque et un chapeau posé sur la remorque permet la collecte des vapeurs chargées d’huile essentielle.

Histoire et développement de la filière

À l’époque romaine, la lavande était utilisée pour parfumer les bains et laver le linge. Au Moyen Age, on la trouvait dans les jardins des monastères aux côtés d'autres plantes médicinales, elle aidait à combattre les maladies infectieuses. La distillation de la lavande est attestée dès le XVIe ; la distillation de pleins champs exécutée par les bergers de Provence et du Languedoc est décrite à la fin du XVIIIe. La fin du XVIIIe est l’époque de prospérité pour les herboristes et marchands droguistes ayant récolté les plantes, dont la lavande, dans les montagnes arides de Haute Provence. Les montagnes de Lure et du Mont Ventoux sont alors le centre de ces activités.

Une vague de créations nouvelles : Au début du XXe siècle, des essais sont faits pour améliorer la distillation, et les premières mises en culture sont testées. La forte demande en huile essentielle et les besoins en produits de qualité poussent les parfumeurs à s’investir dans la production et à encourager les mises en culture. Des usines modernes de distillation sont implantées au cœur des zones de production. Dès les années 1925, certains industriels commencent aussi à s’intéresser au lavandin, l’hybride naturel entre la lavande vraie et la lavande aspic, conduisant à quelques essais de mise en culture, et en 1935, le professeur Abrial trouve un nouveau cultivar qui portera son nom et sera le moteur du développement du lavandin après la deuxième guerre mondiale.

Enjeux sanitaires et lutte

Outre les incidents climatiques dus aux sécheresses ou au contraire aux excès d’eau, lavande et lavandin subissent des attaques assez fortes. Une bactérie (que l’on nomme phytoplasme du stolbur) transmise par un insecte provoque à terme un dépérissement des plants. La lavande et le lavandin sont aujourd’hui des cultures qui malgré les problèmes climatiques et sanitaires continuent à se développer. Depuis de nombreuses années, la lavande et le lavandin font face à une maladie appelée le dépérissement. C’est une maladie à phytoplasme (bactérie sans paroi), transmise par une minuscule cigale (cicadelle), dénommée Hyalesthes obsoletus, qui, lors de ses piqûres nutritionnelles, contamine les plantes.

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La lutte directe contre cette maladie bactérienne n’est pas envisageable. Le recours à des insecticides est impossible car cela provoquerait une mortalité très importante des abeilles. La lutte directe contre la cicadelle, est également compromise. En effet, celle-ci vit sur un grand nombre d'espèces de plantes sauvages et affectionne particulièrement la lavande, où elle fait son cycle complet. La lutte directe avec des insecticides ne fonctionne pas. Les structures techniques travaillent donc sur des itinéraires de lutte indirecte contre cette cicadelle : par la pulvérisation d’argile blanche au moment où les adultes vont piquer les lavandes et par la création d’écrans végétaux l’année de plantation (année la plus sensible aux attaques) en semant dans les interlignes une céréale qui aura comme effet de masquer les plants de lavande et de perturber la cicadelle lors de ses déplacements aériens. Ces expérimentations donnent des résultats encourageants et commencent à être adoptées sur des surfaces conséquentes.

Ravageurs et événements récents

La chenille de noctuelle (Helicoverpa armigera) provoque d’importants ravages. En 2023, de nombreux hectares de lavande et lavandins ont ainsi été dévastés par cette chenille, ce qui a eu pour conséquences des pertes considérables. En 2023 la profession estime que la production de lavande connaissait ainsi une baisse de 30 % par rapport à 2022, plus de 60 % par rapport à 2021. Malgré l'attaque de chenilles de noctuelle, cela reste des chiffres élevés car il y avait encore peu d'arrachages. Ces derniers se sont néanmoins accélérés en 2024, comme le contexte ne s’améliore toujours pas.

Soutiens, aides et fonds

Pour lutter contre la surproduction, le Parlement avait voté en 2022 une aide à hauteur de 10 millions d’euros pour soutenir la filière lavandicole. Heureusement, grâce au soutien des sénateurs des départements producteurs historiques et à la mobilisation de toute la filière, il a été possible de convertir cette aide à l’arrachage en aide exceptionnelle à la trésorerie pour les exploitations lavandicoles spécialisées et les plus en difficulté. Une partie de cette enveloppe (6 millions d’euros) a ainsi pu être versée aux lavandiculteurs en 2023. Depuis cette année, les surfaces arrachées sont significatives, mais il y a encore 2 ans de stock estimé... Un dispositif d’aide aux lavandiculteurs avait été mis en place dès 2022 par le ministère de l’agriculture.

Recherche, sélection et avenir

Une recherche active qui travaille sur tous les fronts : Depuis une vingtaine d’années, les organismes techniques de la filière ont contribué à résoudre des problèmes majeurs. Outre le travail sur la modernisation des chantiers de récolte et distillation qui se poursuivent aujourd’hui dans le but d’économiser de l’énergie lors de ces opérations, les principaux enjeux sont d’ordres sanitaires. Pour toutes les cultures, lorsque les surfaces sont fortement concentrées dans des zones géographiques restreintes, des problèmes de maladies, ravageurs apparaissent et peuvent devenir préjudiciables, voire remettre en cause la production.

Des programmes de sélection : Sur le lavandin, les programmes de sélection sont plus complexes, du fait que c’est un hybride stérile. Les améliorations génétiques réalisées ont permis de mettre au point des cultivars plus productifs, mais l’augmentation de la tolérance au dépérissement semble difficile à obtenir. Parallèlement à ces travaux, une filière de plants sains certifiés a été mise en place. Aujourd’hui, plus de 60 % de la production de plants est ainsi certifiée et garantie indemne de phytoplasme. La création d’un fonds de sauvegarde a été créée pour aider la recherche à financer d’avantages de programmes techniques.

Gard : la récolte de lavande perturbée par la météo

Compétition internationale

La lavande française est de plus en plus concurrencée par les pays à faible coût de main d’œuvre comme la Bulgarie (premier producteur mondial) et la Chine. La Bulgarie est passée premier producteur mondial de lavande (plusieurs espèces) depuis 2014 dépassant la France qui était leader. Selon le journal «le Figaro», le pays récolte jusqu’à 300 kg par jour. La Chine cultive la lavande depuis 1960. La vallée de la rivière Ili, en région du Xinjiang, est le lieu où fleurit la grande majorité de la lavande chinoise. Les Chinois exploitent plus de 8000 hectares de lavande, leur production et leur 12 % de parts du marché mondial placent leur pays en 3ème position derrière la France.

À côté de ces principaux producteurs de lavande, on retrouve également des pays comme le Maroc (1000 ha), le Royaume-Uni (200 ha), l’Italie (150 ha) ou encore la Nouvelle-Zélande qui produisent de la lavande de façon moins importante. L’Espagne est le premier producteur de lavande Aspic au monde, avec une production (en 2013) qui était de moins de 10 tonnes. Le pays est également le deuxième producteur de lavandin derrière la France avec 80 tonnes par an. Les Ukrainiens exploitent plus de 1500 hectares de champs de lavande.

Entreprises françaises citées et exemples de producteurs

FLORIXIR est spécialisée dans la culture et la transformation de plantes... Située à Ham, dans la Somme (Hauts-de-France), FLORIXIR est spécialisée dans la culture et la transformation de plantes. La Miellerie CHAILAN, située dans les Alpes de Haute Provence, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, récolte et conditionne le miel depuis 3 générations. Notre miel de Lavande est récolté en France, dans les Alpes de Haute Provence, sur les plateaux de Valensole. CHARRIER PARFUMS entreprise Française de Parfumerie créée en 1888, située à Vallauris, tout près de Grasse, la Capitale Mondiale de la Parfumerie. Dina Cosmetics France est une entreprise spécialisée dans la création, la production et la commercialisation de parfums.

Pistes de valorisation locale

Après avoir été récoltées, séchées et pré-fanées, les fleurs de lavande sont envoyées à la distillerie pour en extraire l'huile. La lavande est naturellement en accord avec son environnement, bénéfique pour l'homme et recherchée pour ses vertus. On vient de très loin pour s’enivrer de bleu. Les lavandiculteurs, conscients de cette richesse, multiplient les initiatives pour valoriser leur environnement du point de vue touristique avec la création de sentiers de découvertes, des visites de distilleries, l’ouverture de magasins de producteurs in situ, et l’organisation de fêtes.

Rubrique Données clés / éléments
Surfaces (2023) 8 082 ha lavande, 22 144 ha lavandin
Production (2023) 1550 t huile lavandin, 90 t huile lavande
Principaux départements Alpes-de-Haute-Provence, Vaucluse, Drôme
Aides 10 M€ votés en 2022; conversion partielle en aide trésorerie; 6 M€ versés en 2023
Label AOP huile essentielle de lavande de Haute-Provence

Mes parents étaient lavandiculteurs. A l’époque, on coupait la lavande à la faucille. Nous, les enfants, on suivait. L’odeur de la lavande a baigné mon enfance. Heureusement pour moi, je l’ai aimée. Maintenant, la récolte est mécanisée. C’est à la fois plus facile et plus angoissant, la période de coupe est très courte, on est à la merci d’une panne mécanique. Mon mari et moi avons vécu ailleurs, puis nous sommes revenus, nous nous sommes installés et avons choisi de faire du bio. C’était en 75, on nous prenait pour des illuminés. Nous la distillons nous-mêmes, et nous valorisons aussi des sous-produits comme l’hydrolat. Notre fils, qui a repris l’exploitation, a ajouté aux cultures de plantes aromatiques et de petit épeautre celle des pois chiches, il y a un marché qui s'ouvre en alimentation bio.

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