Exonération TVA selon l’article 41 CGI: cadre, conditions et preuves dans les transactions intracommunautaires et la transmission d’entreprise

L’exonération de TVA prévue à l’article 41 du code général des impôts (CGI) peut s’appliquer notamment lors de la transmission à titre gratuit d’une entreprise individuelle et, sous certaines conditions, à la transmission d’éléments d’actifs ou de branches d’activité. Le régime repose sur des principes précis de report d’imposition des plus-values et s’accompagne de règles complémentaires liées à la poursuite de l’exploitation et à la transmission des stocks, des actifs et des moyens d’exploitation.

I. Modalités d’application de l’exonération et rôle de l’article 41 CGI

Le régime défini au I § 10 s’applique sur option exercée par le ou les exploitants et, si tel est le cas, par les autres bénéficiaires lors de l’acceptation de la transmission par ces derniers (CGI, art. 41, IV-a).

Le ou les bénéficiaires ayant opté pour le régime défini au I § 10 communiquent à l’administration un état faisant apparaître le montant des plus-values réalisées lors de la transmission et dont l’imposition est reportée conformément aux a, c et d du I de l’article 41 du CGI (CGI, art. 41, IV-b).

Le ou les bénéficiaires mentionnés au II § 70 doivent joindre à la déclaration prévue à l’article 170 du CGI, au titre de l’année en cours à la date de la transmission et des années suivantes, un état faisant apparaître les renseignements nécessaires au suivi des plus-values dont l’imposition est reportée conformément aux a, c et d du I de l’article 41 du CGI (CGI, art. 41, IV-c). Le ou les exploitants mentionnés au II § 70 joignent à leur déclaration de résultat un état faisant apparaître, pour chaque nature d’élément, les renseignements nécessaires au calcul des plus-values imposables (CGI, art. 41, IV-d).

Remarque : Conformément aux dispositions de l’article 10 H-0 bis de l’annexe III au CGI, les états produits dans le cadre du IV de l’article 41 du CGI suivent les modèles fixés par l’administration et comportent, notamment, les noms et adresses des bénéficiaires concernés, la dénomination et l’adresse de l’entreprise transmise, et détaillent les informations nécessaires pour le suivi des plus-values en report d’imposition.

Lire aussi: Exonération de TVA : Analyse de l'Article 298 Sexies

II. Distinctions entre transmission et location-gérance; effets sur le report

La mise en location-gérance de tout ou partie de l’entreprise est assimilée à une cessation totale ou partielle (CGI, art. 41, I-e). En conséquence, le report d’imposition en vigueur peut être maintenu ou interrompu selon les cas et les conditions respectées lors de la transmission.

En revanche, si l’activité est poursuivie pendant au moins cinq ans, les plus-values demeurant en report à l’achèvement de ce délai peuvent être définitivement exonérées.

L’article 41 ne prévoit pas que le donateur doive exercer directement son activité au sein de l’entreprise transmise; la transmission peut concerner une branche complète d’activité ou des éléments d’actifs attachés à l’exploitation, sous réserve que les conditions du dispositif soient remplies et que l’activité soit poursuivie par les bénéficiaires.

III. Transmission d’éléments de passif et notion de branche complète d’activité

La transmission d’éléments de passif ne fait pas obstacle au dispositif de report d’imposition dès lors que ces éléments sont attachés à l’activité transférée et que les conditions prévues par le CGI sont respectées. La notion de branche complète d’activité est définie comme l’ensemble des éléments d’actif et de passif d’une division de l’entreprise qui peut fonctionner de manière autonome et exploiter l’activité transférée.

La transmission d’une branche complète peut bénéficier du régime prévu à l’article 41 CGI et ne pas faire obstacle au report, à condition que les éléments soient transmis dans le cadre de l’ensemble nécessaire à l’exploitation et que les bénéficiaires poursuivent l’activité pendant au moins 5 ans.

Lire aussi: Conditions et applications de l'exonération TVA (Art. 262 Ter I CGI)

IV. Stocks et évaluation des stocks lors de la transmission

Les profits afférents aux stocks constatés à l’occasion de la transmission à titre gratuit d’une entreprise individuelle ne sont pas imposés si les stocks sont inscrits à leur valeur comptable dans le bilan du repreneur, telle qu’elle figurait dans le bilan de l’ancien exploitant (CGI, art. 41, III).

V. Délais, obligations et conditions d’option

Le régime prévu au I § 10 s’applique sur option exercée lors de la transmission et, le cas échéant, par les autres bénéficiaires lors de l’acceptation de la transmission par ces derniers (CGI, art. 41, IV-a).

Les bénéficiaires ayant opté pour le régime doivent joindre annuellement à leur déclaration de résultats les états de suivi des plus-values en report et les informations nécessaires au calcul des plus-values imposables (CGI, art. 41, IV-d).

VI. Nota bene: cas particuliers et référence BOFiP

Actualité liée et interprétations détaillées se retrouvent dans les documents officiels du BOFiP (BOFiP-BIC-PVMV-40-20-10) avec des sections dédiées aux modalités d’application, aux reprises en cas de cession, et aux conditions de poursuite de l’activité par les bénéficiaires.

La démonstration pratique du régime d’exonération peut aussi s’appliquer à des situations d’acquisition intracommunautaire et de déclenchement de l’autoliquidation par l’acquéreur lorsque la transaction est soumise à TVA intracommunautaire, avec les règles spécifiques de DEB et d’identification TVA.

Lire aussi: Article 262 I du CGI : Comprendre l'exonération TVA

VII. Acquisition intracommunautaire et TVA: lien avec l’exonération et les preuves

Une acquisition intracommunautaire est un achat effectué par une entreprise établie en France auprès d’un assujetti établi dans un autre État membre. La TVA française est exigible lorsque le lieu de livraison est réputé en France et doit être acquittée par l’acquéreur du bien.

La TVA est déduite sous réserve du respect des règles de facturation (mention du prix hors taxe et des numéros de TVA du fournisseur et de l’acquéreur). L’acquéreur doit autoliquider la TVA et déclarer les montants correspondants dans la DEB (déclaration européenne des échanges de biens). Le respect des exigences documentaires est essentiel pour bénéficier de l’exonération et/ou de la déduction.

VIII. Preuves et documents nécessaires pour l’exonération et l’autoliquidation

Le fournisseur doit s’assurer de l’existence et de la validité du numéro d’identification à la TVA communiqué par l’acquéreur et l’enregistrer sur les factures. Il doit disposer de preuves de la livraison intracommunautaire (document de transport principal ou attestation du transporteur du client en cohérence avec la facture de vente). Si l’une des conditions n’est pas remplie, l’exonération de TVA ne peut pas être appliquée. Toutefois, si l’acquéreur peut fournir son numéro de TVA postérieurement à la vente, l’administration prévoit la possibilité d’émettre une facture rectificative.

Le système de preuve documentaire prévoit 2 listes de preuves selon que le transport est assuré par le fournisseur ou par l’acquéreur. Document officiel délivré par une autorité publique (ex. déclare­tions écrites de l’acquéreur attestant que les biens ont été expédiés ou transportés par lui, ou par un tiers pour son compte, et précisant l’État membre de destination).

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IX. Déclarations et aspects pratiques de DEB et PBRD

Une DEB est nécessaire pour les échanges intracommunautaires et peut être mensuelle, sous réserve des seuils, et doit être déposée auprès du service des douanes. Le régime PBRD (Personnes Bénéficiant d’un Régime Dérogatoire) permet à certaines personnes de ne pas soumettre leurs acquisitions intracommunautaires à la TVA, sous conditions, et d’être exonérées lorsque le régime s’applique.

  • Seuils et dispenses selon les seuils annuels et le type d’activité.
  • Conditions liées à l’exonération et à l’obligation d’information lorsque les conditions ne sont plus réunies.
  • Option et durée de l’application du régime dérogatoire dans le cadre des acquisitions intracommunautaires.

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