Fonctionnement de la trésorerie en SASU : gestion et règles

La SASU est un statut juridique prisé des créateurs d’entreprise pour sa grande souplesse. Pour rappel, une société par action simplifiée unipersonnelle, ou SASU, est une forme sociale spécifique, qui permet d’entreprendre seul. La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est une forme juridique pratique pour les entrepreneurs seuls, offrant une structure légale flexible et une limitation de responsabilité.

La gestion comptable de la SASU ne dépend pas de son mode d’imposition (IS ou IR). Peu importe le régime d’imposition choisi, elle doit être régulière, authentique et suivie. En effet, la gestion comptable rythme l’activité de la société et doit lui permettre de prévoir et d’orienter ses projets, ses dépenses, ses sorties et rentrées d’argent.

Trésorerie vs résultat : comprendre la différence

Savoir tenir sa trésorerie met l’entreprise à l’abri d’une cessation des paiements. Quelle différence entre la trésorerie et le résultat ? La vie financière d’une société est constituée de plusieurs étapes, dont la plus importante : la déclaration d’impôts sur le revenu des sociétés, qui donne lieu au paiement de l’impôt dû. Le résultat fiscal de la SASU est obtenu à partir du résultat comptable égal à la différence entre les produits réalisés et les charges constatées. Le résultat fiscal, qui correspond au bénéfice imposable, est donc différent du résultat comptable.

Une entreprise en cessation des paiements est une entreprise dans l’incapacité de régler ses dettes à court terme. Bien gérer votre trésorerie d’entreprise vous permet de mieux anticiper les décalages de trésorerie qui pourraient porter préjudice à vos finances. Voilà pourquoi il est fortement recommandé de mettre en place un plan de trésorerie.

Plan de trésorerie et suivi : outils indispensables

Ce plan de trésorerie, ou tableau de trésorerie vous permet de : Gérer et anticiper les difficultés de trésorerie mais aussi les passages créditeurs ; Savoir combien de temps votre solde restera débiteur ou créditeur et de quelle somme ; Indiquer si votre entreprise peut se permettre un placement de son excédent de trésorerie ou un financement, et pour quelle durée.

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Le plan de trésorerie est un outil d’aide au pilotage de la trésorerie qui permet d’anticiper les difficultés de trésorerie d’une entreprise. Le plan de trésorerie prévoit et mesure, sur le court et moyen terme, les différents flux de trésorerie à venir. Il permet de mettre en évidence les échéances financières délicates afin de mieux les affronter.

Le suivi de trésorerie vous permet de connaître le montant de vos liquidités au jour le jour. Il est essentiel pour répondre à un certain nombre de questions au quotidien : Quel est mon niveau actuel de trésorerie ? Comment va-t-elle évoluer dans les prochains jours ? Ai-je assez de trésorerie pour assurer le paiement en retard de mon client ? Dois-je retarder le règlement de mon fournisseur ? Est-ce le bon moment pour investir ?

Le suivi de trésorerie de votre entreprise vous permet de : Connaître le solde de votre trésorerie ; Quantifier le total des factures émises et non encore réglées par vos clients ; Évaluer le montant des dettes fournisseurs qu’il reste à payer.

Calculer et suivre le besoin en fonds de roulement (BFR)

Le besoin en fonds de roulement (BFR) représente le montant d’argent dont votre entreprise a besoin afin de couvrir ses décalages de trésorerie entre encaissements et décaissements. Le BFR permet ainsi de financer le cycle d’exploitation de votre entreprise. Suivre cet indicateur régulièrement est donc nécessaire pour savoir comment évolue le besoin en trésorerie de votre entreprise.

Si le fonds de roulement est supérieur au BFR : votre entreprise n’a pas besoin d’emprunter pour fonctionner car elle dispose d’une trésorerie positive. Si le fonds de roulement est inférieur au BFR : vous devez rechercher des financements car votre entreprise ne dispose pas de la trésorerie nécessaire à son fonctionnement.

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Placements de l’excédent de trésorerie

Une mauvaise gestion de la trésorerie de votre entreprise engendre des coûts, qui peuvent vite devenir élevés : agios, commissions d’intervention, etc. À l’inverse, une gestion rigoureuse et optimale de la trésorerie permet à votre entreprise de maintenir une balance nulle. Et si en plus, vous avez de l’excédent de trésorerie, vous pouvez alors envisager des placements intéressants à plus ou moins long terme.

Les placements diffèrent selon vos objectifs, il s’agira donc de bien définir en amont si vous souhaitez faire des placements pour : Percevoir des produits financiers sur le moyen terme ; Financer un nouveau projet ; Épargner par mesure préventive. Il est pour cela préférable de se faire accompagner par un expert, qui saura étudier votre situation et vous conseiller sur les placements adaptés à vos résultats et à vos objectifs.

Règles pratiques pour piloter et optimiser la trésorerie

La gestion de la trésorerie de votre entreprise vous permet d’assurer la solvabilité de votre société et de veiller à ce que l’ensemble des échéances de votre projet puisse être assuré.

  1. Tenir un plan de trésorerie prévisionnel : Le plan de trésorerie prévisionnel vous permet de vous assurer que votre entreprise sera solvable, d’évaluer vos possibilités de développement et de recourir à une demande de financement le cas échéant.
  2. Mettre en place un suivi de trésorerie : Le suivi de trésorerie vous permet de connaître le montant de vos liquidités au jour le jour.
  3. Encourager les paiements rapides : Quand un client paie rapidement, il peut être utile de lui accorder un escompte pour l’encourager à continuer.
  4. Optimiser le paiement de vos achats : Principe de base : ne pas anticiper un paiement ! La négociation des délais ne doit pas être prise à la légère.
  5. Réduire les charges intelligemment : Réduire le gaspillage doit être une préoccupation constante, sans pour autant sacrifier la qualité du service.
  6. Diversifier et augmenter les sources de revenus : Accroître le volume des ventes est donc une priorité absolue, soit par l’augmentation des volumes soit par l’augmentation des prix selon le contexte.
  7. Privilégier la trésorerie à l’optimisation de la rentabilité : Un arbitrage peut être fait entre rentabilité et encaissement du prix de la vente selon l’analyse du portefeuille client.

Obligations comptables liées à la trésorerie en SASU

La comptabilité est essentielle pour la SASU car elle permet de respecter les obligations légales, de gérer les finances de la société, de s’acquitter des obligations fiscales et de fournir des informations transparentes sur la situation financière de la SASU. Tous ces éléments constituent les documents comptables servant de support pour établir les comptes annuels lors de la clôture de l’exercice.

Le bilan comptable est la représentation figée du patrimoine de la SASU à la clôture de l’exercice. Un livre journal contient tous les mouvements de trésorerie affectant le patrimoine de la SASU. La tenue à jour des journaux comptables est une obligation légale pour toute SASU.

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  • Ouvrir un compte bancaire professionnel : obligatoire pour toute SASU.
  • Facturer et conserver les documents : garder les pièces justificatives pendant 10 ans minimum.
  • Enregistrer les écritures dans le livre-journal et le grand livre : enregistrement chronologique et respect du plan comptable général.
  • Établir les comptes annuels : bilan, compte de résultat et annexe légale à déposer au greffe.
  • Réaliser un inventaire annuel : contrôle de l’actif et du passif au moins une fois par an.
  • Nommer un commissaire aux comptes : obligatoire seulement si la SASU dépasse certains seuils.

Comptabilité de trésorerie ou d’engagement : quel choix ?

La comptabilité de trésorerie est une méthode de tenue de comptes qui consiste à enregistrer les opérations comptables seulement lorsqu’elles se traduisent par un mouvement effectif d’argent. En clair, seules les entrées (encaissements) et les sorties (décaissements) sur le compte bancaire professionnel sont pris en compte. Contrairement à la comptabilité d’engagement, il n’y a pas de constatation de dettes ou de créances lors de l’émission ou la réception d’une facture.

La condition principale pour tenir une comptabilité de trésorerie en SASU est d’être au régime réel simplifié d’imposition. En-dessous de ces seuils, une SASU peut conserver le régime simplifié et donc adopter la comptabilité de trésorerie. Mais il faut noter que SASU n’est jamais éligible au régime de la micro-entreprise.

Si votre SASU dépasse les seuils précités ou opte pour le régime réel normal, elle devra tenir une comptabilité d’engagement, sans exception. Même si vous optez pour la comptabilité de trésorerie tout au long de l’année, la loi impose un passage temporaire à la comptabilité d’engagement à la date de clôture.

Tenue quotidienne et bonne pratique comptable

La régularité est primordiale en comptabilité SASU. Elle implique l'enregistrement chronologique de toutes les opérations affectant le patrimoine de l'entreprise. Les mouvements de trésorerie, les achats, les ventes, les recettes et les dépenses doivent tous être consignés jour par jour.

La sincérité est un principe fondamental en comptabilité, notamment pour une SASU. Ce principe implique que tous les documents comptables doivent refléter la réalité économique et financière de l'entreprise. La fidélité en comptabilité requiert que tous les enregistrements comptables soient réalisés de manière précise et complète.

L'expert-comptable joue un rôle crucial dans la garantie de la sincérité de la comptabilité d'une SASU. Bien que son recours ne soit pas obligatoire, il offre une valeur ajoutée indéniable. Parmi ses missions, l'expert-comptable est chargé de : Veiller à l'enregistrement correct et complet des transactions ; Contrôler la cohérence et la vraisemblance des informations comptables ; Établir et valider les documents comptables de fin d'exercice ; Conseiller le dirigeant dans ses décisions financières.

Conventions de trésorerie entre SASU et SCI : attention aux règles

Une convention de trésorerie est un contrat écrit entre deux sociétés d'un même groupe qui organise la gestion centralisée de leur trésorerie. Concrètement dans un montage SASU + SCI : la SCI perçoit les loyers. Une partie de ces loyers remonte vers la SASU (dividendes, intérêts sur avances, remboursement de prêt). La SASU peut aussi avancer des fonds à la SCI (pour financer des travaux, par exemple).

Sans ce document, chaque virement entre les deux entités constitue potentiellement une opération de banque illégale (art. L511-5 CMF), un abus de confiance (côté SCI) ou un abus de biens sociaux (côté SASU), et un acte anormal de gestion requalifiable par l'administration fiscale.

L'exception intragroupe (art. L511-7 3° CMF) exige un « pouvoir de contrôle effectif ». Le piège : dans le montage classique « créer une SCI seul », on recommande souvent une répartition 90 % personne physique / 10 % SASU. Mais avec seulement 10 % du capital, la SASU n'a pas le contrôle effectif de la SCI et ne peut pas valablement conclure une convention de trésorerie au sens de l'art. L511-7. Solution : la SASU doit détenir au moins 51 % des parts de la SCI, ou à défaut 40 %+ avec une clause de vote prépondérant dans les statuts.

Les avances de trésorerie entre la SASU et la SCI doivent être rémunérées. En pratique : fixez le taux par référence à ce plafond ou à un indice de marché (Euribor 3 mois + marge). Le taux doit être ni trop bas (acte anormal de gestion → réintégration dans le résultat) ni trop haut (distribution occulte). La clause d'indépendance des entités est indispensable depuis la jurisprudence récente.

Comptabilisation et archivage

Rédiger la convention : incluez les clauses listées en section adéquate. Mettre en place la comptabilisation : ouvrez les comptes 451 dans les deux comptabilités. Archiver : conservez la convention signée, les PV de décision, et tous les relevés de flux. Chaque écriture doit référencer la convention.

Coût et recours à l’expert

Comptez 500 à 1 500 € pour une rédaction par un avocat ou un expert-comptable. Oui, si la convention le prévoit et que le contrôle effectif est établi, la convention peut être conclue entre la SASU et la SCI. Dans la pratique, se faire accompagner permet d’éviter des erreurs coûteuses et des risques fiscaux ou pénaux.

Budget de trésorerie Exercice commenté

Récapitulatif pratique

Action Pourquoi Fréquence
Tenir un plan de trésorerie Anticiper les découverts et besoins de financement Prévisionnel mensuel/hebdomadaire
Suivi du compte bancaire professionnel Vérifier les encaissements et décaissements Journier / hebdomadaire
Calculer le BFR Mesurer le besoin de financement du cycle d’exploitation Mensuel / trimestriel
Réaliser l’inventaire annuel Vérifier l’actif et le passif pour les comptes annuels Annuel
Consulter un expert-comptable Garantir la sincérité et la conformité Selon besoin / annuel

La gestion comptable et l’imposition de la SASU ne sont pas toujours liées. En ce qui concerne la gestion comptable, celle-ci doit être tenue tout au long de l’année, de manière transparente et régulière. Concernant l’imposition de la SASU, celle-ci dépend du régime d’imposition choisi. En effet, si la SASU est généralement soumise ou au régime de l’impôt sur les sociétés, il est possible d’opter pour l’imposition sur le revenu, sous certaines conditions. Néanmoins, ce choix de régime fiscal n’est pas définitif. Si vous faites le choix d’opter pour l’impôt sur le revenu, ce choix ne sera valide que pour 5 ans.

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