Franchise Sportive Américaine : Définition et Enjeux

Fondés sur une histoire et des valeurs différentes, deux modèles d’organisation du sport professionnel existent. En Amérique du Nord, un club intègre une ligue fermée sur critères économiques, tandis qu'en Europe, une équipe accède à une ligue ouverte sur critères sportifs.

Cet article s'interroge sur les logiques de localisation et de performance des clubs professionnels de part et d'autre de l'Atlantique. Il s’agit de mettre en relief un phénomène singulier : bien que différents, les deux modèles aboutissent à une géographie du sport professionnel similaire caractérisée par une métropolisation, c’est-à-dire une concentration fonctionnelle de l’activité de spectacle sportif de haut niveau dans les plus grandes villes. L’aire de chalandise d’un club revêt alors une importance capitale. Dans le cadre d’une démarche comparative, il s’agit alors d’établir comment et dans quelle mesure les hiérarchies urbaines structurent l’organisation des grandes compétitions à l’échelle continentale.

La comparaison entre l’Europe et l’Amérique du Nord peut sembler audacieuse. Aux quatre sports dominants de l’autre côté de l’Atlantique, la seule analyse du football sera opposée ; l’espace européen étudié englobe 52 pays alors que l’espace nord-américain ne comprend que les États-Unis et le Canada. Enfin, tout un faisceau d’indicateurs socio-économiques (richesse, propension à consommer, place du sport professionnel, etc.) montre qu’existent des différences évidentes entre les deux zones. L’article se structure alors en deux grandes parties. Nous analyserons les modèles de régulation et ses conséquences géographiques en Amérique du Nord puis en Europe.

Le Modèle Nord-Américain : Ligues Fermées et Maximisation des Profits

Quatre ligues structurent l’offre de sport professionnel aux États-Unis :

  • Major League Baseball (MLB)
  • National Football League (NFL)
  • National Basketball Association (NBA)
  • National Hockey League (NHL)

Elles disposent du statut de ligue majeure de par leur niveau technique, leur popularité, leur couverture médiatique, le budget des clubs et la population des villes qui les constituent. Ces ligues sont dites « fermées » : on y accède sur critère économique en payant un droit d’entrée aux équipes déjà en place. Une fois le réseau de clubs intégré, une mauvaise performance sportive n’est pas sanctionnée d’une relégation. Sans risquer de se faire exclure sur critère sportif, les propriétaires de franchise peuvent poursuivre un objectif de maximisation du profit.

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Dans le modèle nord-américain, les membres d’une ligue recherchent la maximisation des profits par une politique coopérative née du constat que leur réussite dépend de la demande du public. Or, l’intérêt du public est présumé augmenter lorsque le championnat oppose des équipes de forces égales. C’est pourquoi les ligues s’appliquent à mettre en place une politique de solidarité afin de promouvoir une incertitude mobilisatrice, ce que les économistes du sport appellent l’équilibre compétitif.

Si chaque équipe adhère à l’idée de partage, c’est que les ligues mettent en place les conditions d’une cohésion rendant possible la solidarité. Cette homogénéité se construit sur la base d’un critère géographique. En 2006, les quatre ligues majeures comptaient 122 franchises réparties dans 41 villes états-uniennes et 6 villes canadiennes. Plus un marché est vaste, plus il a d’opportunités d’accueillir un club (la relation entre le nombre d’équipes implantées dans une ville et sa population locale est r2 = 0,79). Les trente plus gros marchés possèdent au moins une équipe de ligue majeure.

Toutes les villes de plus de quatre millions d’habitants, à l’exception de Los Angeles, Houston et Toronto, ont au moins une équipe par sport. Les franchises ne sont pas seulement localisées essentiellement dans les marchés de plus d’un million d’habitants pour satisfaire la demande la plus importante, mais aussi pour rendre plus tolérable une politique de solidarité. Le partage des ressources est alors facilité par l’homogénéité des membres de la ligue.

L’implantation de nouvelles équipes, conformément aux objectifs de maximisation des profits, s’est faite rationnellement vers les localisations permettant d’augmenter les revenus des ligues. La carte 2 représente la première apparition en ligue majeure des 72 villes ayant eu une équipe. On y distingue un processus de diffusion en quatre temps. Avant 1900, le sport professionnel s’implante au Nord-Est par l’intermédiaire du développement du baseball. Dans une seconde phase, cette zone se renforce par l’émergence du hockey et du football américain dans de petites villes qui disparaîtront par la suite. Après la seconde guerre mondiale, les ligues entrent dans une logique d’expansion vers le Sud et l’Ouest à la recherche de nouveaux marchés.

La rationalité de ce système de localisation est favorisée par un ensemble de techniques nécessitant une prise en compte stratégique du critère géographique. C’est ainsi qu’une franchise bénéficie d’une exclusivité territoriale, la préservant de la concurrence d’une autre équipe de la ligue dans le marché qui lui est accordé. En termes économiques, les consommateurs potentiels d’une aire de chalandise déterminée n’ont pas de produit de substitution dans le sport concerné. Cette mesure protectrice confère aux franchises un véritable monopole dans leur sport. La concurrence annihilée, les propriétaires sont en position de force pour optimiser leurs profits.

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Par exemple, en NFL, chaque équipe bénéficie d’un secteur protégé de 120 km autour du stade. L’implantation d’une nouvelle franchise dans cette zone détruirait de fait la position de monopole de l’équipe existante. Il y aurait concurrence entre les deux franchises pour fidéliser un public, négocier un contrat télévisuel local ou encore accéder à un stade.

Toutefois, quelques villes de plus de quatre millions d’habitants accueillent plusieurs équipes dans un même sport. Deux explications peuvent être avancées. La première est d’ordre arithmétique. Certaines villes sont assez vastes et riches pour supporter plusieurs équipes sans qu’elles se concurrencent réellement : une équipe ne constitue pas pour l’autre un véritable bien de substitution. Ainsi, le pouvoir de marché recherché par les propriétaires n’implique pas une stricte position de monopole. La seconde explication est d’ordre administratif. Les Metropolitan Statistical Area ne sont pas des entités homogènes et abritent des identités territoriales diverses.

L’organisation des ligues en un système fermé peut laisser croire à tort qu’elles sont figées et peu renouvelées. Les ligues évoluent en fait selon une double logique : d’une part elles grandissent en implantant de nouvelles équipes susceptibles de satisfaire une demande (expansion) ; d’autre part, elles se confrontent à l’évolution de la demande en déménageant des équipes vers des marchés plus porteurs (délocalisation).

Dans la concurrence entre villes pour obtenir une équipe, la possibilité de délocaliser constitue un puissant levier de négociation avec les pouvoirs publics locaux. La délocalisation est brandie comme une véritable menace pour imposer la construction d’un nouvel équipement. Cette situation est rendue possible par la stratégie d’allocation limitée des équipes. La ligue distribue moins d’équipes que ne pourrait en supporter le marché.

En termes de réussite sportive, on observe une relation robuste entre la taille du marché et le nombre de titres acquis (r2 = 0,63). Les 13 marchés de plus de 4 millions d’habitants concentrent à eux seuls 65% des titres. L’ancienneté de ces villes sur le circuit professionnel associée à leur présence dans de multiples sports explique cette réussite.

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Autour des quatre ligues majeures, gravitent des ligues mineures jouissant d’une moindre reconnaissance. La taille du marché fait alors l’objet d’un management stratégique. Une ville n’a pas la franchise qu’elle mérite (sur critère sportif), mais celle qu’elle peut se payer (critère économique).

L’analyse des implications géographiques du modèle sportif nord-américain a montré un phénomène de métropolisation de l’activité qui est la conséquence d’une appréhension stratégique et volontariste de l’espace.

Tableau 1: Caractéristiques des Ligues Majeures Nord-Américaines

Ligue Nombre d'équipes Critère d'accès Sanction de mauvaise performance Objectif principal
MLB 30 Économique (droit d'entrée) Aucune (pas de relégation) Maximisation du profit
NFL 32 Économique (droit d'entrée) Aucune (pas de relégation) Maximisation du profit
NBA 30 Économique (droit d'entrée) Aucune (pas de relégation) Maximisation du profit
NHL 32 Économique (droit d'entrée) Aucune (pas de relégation) Maximisation du profit

L’analyse à venir du modèle européen a pour vocation de mettre en relief un phénomène de concentration similaire mais, à l’inverse des États-Unis, celui-ci est subi.

RÉUSSIR AU FOOTBALL EN AFRIQUE VS EN EUROPE : Les vrais différences !

Le Modèle Européen : Ligues Ouvertes et Mérite Sportif

Le modèle d’organisation du sport professionnel européen a été mis en place en Angleterre à la fin du XIXe siècle. En 1863 est créée la Football Association (FA), organisation gérant le football. Devant l’avancée de la rémunération des joueurs, la FA se résout à accepter le professionnalisme en 1885. En 1888 est instauré le premier championnat professionnel, la Football League (FL) composée de 12 équipes. Le modèle anglais montre alors les caractéristiques principales de ce qui deviendra le modèle européen du sport.

On y voit le souci des organes fédéraux de faire cohabiter le monde amateur et le monde professionnel. On peut dès lors envisager le modèle sportif européen comme une structure pyramidale. Celle-ci est déclinable selon deux axes : organisationnel et sportif. Du point de vue de l’organisation, des instances distinctes interviennent à plusieurs échelles géographiques. Au niveau sportif, les équipes évoluent au travers des différentes strates de la pyramide selon leur mérite par le jeu des promotions et relégations.

Toutefois, la nature même du système pyramidal est susceptible de créer les conditions d’un déséquilibre compétitif récurrent. Les meilleurs clubs sont régulièrement engagés à deux niveaux de compétition. Ils participent bien entendu à leur championnat domestique et, sous réserve d’une bonne prestation, accèdent aux Coupes d’Europe. Les revenus alloués pour la participation aux compétitions continentales sont réinvestis dans les joueurs.

Le renforcement de la position dominante d’une minorité de grands clubs historiques est favorisé par une conception libérale du football. En effet, au regard de la dimension commerciale de l’activité, l’Union européenne envisage le football professionnel comme relevant du droit commun. Il n’existe pas, comme aux États-Unis, d’outils de régulation contraignants afin de favoriser une parité. L’arrêt Bosman de 1995 qui a libéralisé le marché des joueurs et augmenté leur mobilité vers les employeurs les plus riches s’inscrit dans cette doctrine libérale.

L’apparition d’une équipe au niveau continental est soumise à sa performance sportive à l’échelon national. La présence récurrente ainsi que la réussite de quelques clubs contribuent à façonner une mémoire des Coupes d’Europe où ne figureraient qu’une minorité d’équipes. C’est ainsi qu’à l’évocation de l’histoire des compétitions continentales, quelques clubs (et leurs confrontations parfois mythiques) viennent immédiatement à l’esprit : Liverpool, la Juventus, le FC Barcelone, le Real Madrid, l’AC Milan, le FC Porto, l’Ajax, le Bayern Munich, Manchester United, etc. Ce sont ces clubs qui présentent les plus beaux palmarès.

Pourtant, si ces équipes ont indiscutablement contribué à nourrir l’histoire des Coupes d’Europe, elles sont loin d’être les seules à avoir participé aux joutes continentales. Ainsi, dans les 52 fédérations de l’UEFA, 744 clubs de 525 villes ont participé au moins une fois à l’une des trois Coupes d’Europe entre 1975 et 2005 (carte 4).

La structure hiérarchique semble logique : plus on monte dans la hiérarchie urbaine, moins il y a de grandes villes, mais plus ces dernières participent régulièrement aux compétitions continentales. En ouvrant ainsi ses compétitions à de petites villes de petites fédérations (Andorre, Chypre, Saint Marin, les îles Féroé, le Kazakhstan, etc.), l’UEFA veille à promouvoir les principes d’unité et de solidarité. Mais, si des villes de toutes tailles participent aux Coupes continentales, seules les plus grandes semblent en mesure de les remporter.

Lors de l’édition de 1992/1993, la Ligue des champions succède à la Coupe des clubs champions. Ce changement d’appellation traduit une refonte du format assurant une certaine stabilité aux plus grands clubs et ainsi la possibilité de dégager de meilleurs profits. À l’automne 1998, en réponse à un projet de mise en place d’une ligue fermée, l’UEFA modifie une seconde fois sa compétition. Les plus grands clubs tentent, sans succès, d’imposer le principe d’une invitation afin qu’une mauvaise performance à l’échelle nationale n’empêche pas la participation à la Ligue des champions. Si la proposition est rejetée, l’aléa sportif, synonyme de risque de pertes financières, est limité.

La prise en compte du classement des nations à l’indice UEFA qualifie directement les champions et vice-champions de 6 grands championnats (italien, espagnol, allemand, anglais, français, néerlandais). Les équipes classées 3e ou 4e dans ces mêmes championnats ont de bonnes chances d’intégrer la compétition. La refonte de la Ligue des champions a entraîné le déclin de la Coupe des Coupes. Les plus grands clubs de chaque pays parvenant à se qualifier pour la C1, la Coupe des Coupes souffre de l’absence d’équipes prestigieuses. Cette baisse de notoriété, aussi bien auprès du public que des clubs, entraîne l’UEFA à la supprimer.

Clubs vs Franchises : Deux Approches Distinctes

L’Europe parle de club lorsque l’Amérique du Nord évoque des franchises. De prime abord, on pourrait penser que ces termes ne sont que deux synonymes, employés pour désigner une même structure. Dans les grands championnats européens, le concept de club prédomine. À leur création durant la fin du XIXe siècle, les premiers clubs étaient tous amateurs. Encadrer la pratique sportive était l’unique facteur de motivation de leurs fondateurs. Guidés par le plus pur esprit de compétition, ces clubs amateurs ont souhaité se confronter entre eux. Les premiers tournois et championnats ont ainsi vu le jour. Le principe n’a depuis guère changé.

Basé sur un critère purement sportif, les clubs les plus performants sont promus en ligue supérieure au dépend des équipes les moins fortes, reléguées à l’échelon inférieur. Malgré la professionnalisation du sport et la venue d’enjeux économiques considérables, les clubs continuent d’évoluer au sein de ligues ouvertes dont leur place n’est assurée que par leurs bons résultats. Qu’importe les centaines de millions d’euros qu’ils sont capables de poser sur la table, le Paris Saint-Germain sera automatiquement relégué en Ligue 2 s’il venait à terminer bon dernier du championnat de France. Pour les clubs, le critère sportif prévaut sur le reste. C’est là toute la différence entre ces deux systèmes.

Les franchises, elles, sont dès leur création des marques cherchant à générer des profits. L’enjeu sportif passe en second lieu. Du côté des dirigeants, il est même presque inexistant puisque les franchises évoluent dans des ligues fermées, sans système de promotion ni de relégation. Lorsqu’un club gagne son championnat, il empoche le plus gros chèque lui permettant de se construire financièrement et assurer sa pérennité sur le long terme. Quand une franchise l’emporte, elle ajoute simplement un trophée à sa collection.

Au dépend du principe méritocratique des championnats européens, les ligues fermées au sein desquelles évoluent les franchises prônent l’égalité des chances. Afin de relancer chaque année l’intérêt sportif et le spectacle, toutes les franchises perçoivent à la fin de la saison les mêmes revenus liés aux droits TV. Pour espérer gagner plus que ses concurrentes et obtenir de nouvelles parts de marché, une franchise peut tout de même compter sur la signature de contrats de sponsoring ou faire grandir sa cote de popularité auprès du public.

Mais, à la différence des clubs, il n’est pas rare que des franchises déménagent pour un intérêt financier. Que ce soit pour rejoindre une région plus prospère, se relancer économiquement ou après avoir signé un contrat très alléchant avec une ville ou un stade, de nombreuses franchises de NBA ont, au cours de leur histoire, migré vers de nouveaux horizons. Les Lakers étaient auparavant implantés à Minneapolis, les Utah Jazz à la Nouvelle-Orléans et les Memphis Grizzlies à Vancouver. Dans ces trois cas, le déménagement était l’unique option pour assurer leur survie.

En résumé, les clubs et le principe méritocratique des ligues ouvertes font de la performance sportive un enjeu capital, quand les franchises sont avant tout des marques galvanisées par un intérêt purement business. Pour leurs dirigeants, le sport est surtout un spectacle. De manière générale, le système des clubs est omniprésent en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud, tandis que le principe des franchises dicte les ligues majeures nord-américaines.

En NFL par exemple, les Packers de Green Bay possèdent le statut de franchise mais fonctionne à la manière d’un club. Contrairement à ses rivales, l’équipe n’est pas détenue par un dirigeant mais appartient à une communauté regroupant plus de 360 000 supporters.

Côté européen, certains championnats professionnels ont quant à eux adopté le principe de ligue fermée ou semi-fermée propre aux franchises. L’un des exemples les plus probants reste l’Euroligue de basket. Ce championnat européen de basket-ball compte à l’heure actuelle dix-huit équipes, dont douze d’entre-elles possèdent une licence longue durée, garantissant leur participation à cette compétition qu’importe leurs résultats.

La dernière annonce d’une ligue franchisée sur Call Of Duty et les nombreuses péripéties qui l’accompagnent ont relancé le débat sur les franchises dans l’esport. Ce modèle économique, hérité du sport professionnel en Amérique du Nord, s’est implanté dans le secteur de l’esport dès 2017 avec l’annonce des franchises en Overwatch League et en LPL, la ligue chinoise de League of Legends.

Pour faire simple, le système des franchises consiste à récompenser dans une compétition les équipes les plus performantes et à sanctionner celles dont les résultats sont jugés insatisfaisants. A la fin du championnat, les meilleures équipes de chaque ligue (hors ligue 1) s’élèvent dans la hiérarchie et grimpent d’un échelon.

Dans ce système, pas de promotions, ni de relégations. Les clubs paient leur droit d’entrée dans la ligue pour pouvoir y participer et y rester sur le long terme. Le paiement leur assure une place « définitive » dans la ligue.

La Major League Baseball (MLB) est la plus ancienne des ligues fermées nord-américaines (créée en 1870). Pour prendre l’exemple de la NBA, le ticket d’entrée dans la ligue franchisée en 1946 s’élevait à 150 000 dollars. En 2014, l’ajout d’une autre équipe pouvait coûter plus de 600 millions de dollars.

Chaque équipe de l’Overwatch League représentera une ville, et l’un des objectifs sera d’augmenter au fil des années le nombre d’équipes et donc de villes représentées. Les équipes auront une place garantie dans l’Overwatch League et les joueurs bénéficieront de contrats. Lors de la première année de compétition, les différents clubs ont dû payer 20 millions de dollars pour faire partie de la ligue franchisée.

Car être relégué, c’était perdre une partie des investissements placés sur les joueurs, voir des investisseurs et sponsors quitter le bateau, perdre en visibilité et voir échouer toutes les tentatives de storyline autour des joueurs et de l’équipe.

Activision est le dernier éditeur en date à avoir annoncé un passage au système de franchises dans l’esport, sur son jeu Call Of Duty. Mais les espérances des fans et des grands clubs esportifs n’ont pas suivi la hype de l’Overwatch League ou du LEC. Le prix d’entrée dans la ligue franchisée, estimé à 25 millions de dollars, a fait fuir la plupart des équipes de renom de la scène de Call Of Duty.

Les joueurs, centre névralgique de l’esport, sont les grands gagnants du système de franchising. Les joueurs sont désormais sous contrat d’un an, reconductible et gagnent désormais un salaire fixe minimum (50 000 $ par an selon les premiers chiffres de l’Overwatch League en 2017), qui peut être revu à la hausse selon les recettes de la ligue et/ou les ventes d’items numériques. Ils disposent désormais de protections sociales (assurances maladie, plan d’épargne retraite) et d’accompagnements dans leur carrière. C’est notamment pour cette raison qu’a été créée en 2018 l’Association des Joueurs en LCS (la NALCS Players Association).

Un remodelage des ligues compétitives sur League of Legends était une demande des structures. Mais les structures doivent avant tout payer leur entrée en franchise. Une entrée qui coûte entre 10 et 60 millions de dollars selon les jeux et les scènes compétitives.

Les équipes gagnent de l’argent en grande majorité grâce au merch et au sponsoring. Le salaire moyen des joueurs est de 250 000 euros par an (soit un peu plus 20 000€ par mois). En ajoutant les cotisations patronales, une équipe du LEC coûte en moyenne à l’année 1 715 000 € (hors coaching staff) et 2 015 000 € (coaching staff inclus).

Mais s’il y a bien une chose sur lesquelles les structures sont assurées d’être gagnantes, c’est en cas de revente de leur place dans la ligue. Si la première année en franchise a coûté énormément d’argent, les places coûtent plus cher d’année en année. Pour l’Overwatch League, les coûts d’entrée ont été multipliés par 3 en seulement deux ans d’existence.

Les slots sont achetés par des grands groupes avec des investisseurs et des sponsors sérieux/non endémiques.

La ligue franchisée peut avoir des impacts négatifs sur les ligues inférieures non franchisées, qui peuvent être délaissées par l’éditeur.

L’investissement sur les joueurs sur le long terme, le fait de tenter des paris, de ne plus avoir peur d’investir et de tenter des choses, le tout lié au fait de ne plus risquer la relégation, sont des éléments positifs de la franchise pour Chips.

Selon lui, les jeux même esports sont destinés à périr sur le court terme. Des investissements aussi importants que ceux demandés par les éditeurs pour rentrer dans les ligues franchisées n’auraient alors aucun sens pour les équipes et clubs esportifs.

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