Martin Michel Charles Gaudin, Duc de Gaète : Biographie d'un Ministre des Finances

Martin Michel Charles Gaudin, connu sous le titre de Duc de Gaète, fut une figure marquante de l'administration financière française sous le Consulat et l'Empire de Napoléon. Né le 16 janvier 1756 à Saint-Denis, près de Paris, il a servi comme ministre des Finances du 11 novembre 1799 au 1er avril 1814, puis de nouveau du 20 mars au 22 juin 1815.

Martin Michel Charles Gaudin

Martin Michel Charles Gaudin, Duc de Gaète

Les Débuts de Carrière

Gaudin était le fils de Charles Gaudin, avocat au Parlement de Paris, et de Louise-Suzanne Ragot. Après des études brillantes au collège Louis-le-Grand et un peu de droit, il entra en 1773 dans l'administration des finances. En 1777, à l'âge de 21 ans, il fut nommé « premier commis » à la tête du département des impôts directs.

En 1791, Louis XVI le nomma à la Trésorerie Nationale en qualité de commissaire, où il exerça ses fonctions avec talent et courage. Il s'opposa au paiement de traites frauduleuses émises par le général Dumouriez et, avec l'aide de Cambon, sauva la vie des 48 receveurs-généraux des Finances que la Convention voulait envoyer à l'échafaud.

Démissionnaire de son poste de commissaire en juin 1795, Gaudin se retira dans sa propriété à Vic-sur-Aisne, près de Soissons. En novembre, le Directoire le nomma ministre des Finances, mais il refusa, estimant que le pouvoir était trop faible et les esprits pas prêts.

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Ministre des Finances sous Napoléon

Le 18 Brumaire et le Consulat orientèrent sa destinée. Dès le soir du 19 Brumaire an VIII (10 novembre 1799), Sieyès, consul provisoire, le convoqua au Palais du Luxembourg et lui proposa le poste de ministre des Finances, qu'il accepta.

Gaudin introduisit de grandes réformes dans l'administration financière, supprima les marchés et les délégations, rétablit les contributions directes, fit confectionner les rôles et exigea les paiements par douzièmes et à l'avance des impôts de l'année courante. Il emprunta l'idée du cadastre à la Constitution de 1791.

En l'an VIII, Gaudin cumulait le Budget (Recettes) et la Trésorerie (Dépenses). Cependant, dès le début de l'an X, le Premier consul décida de scinder le ministère, confiant les dépenses à un ministre du Trésor Public.

Lors de sa prise de fonction, Gaudin avait 44 ans. Il était un parfait « commis » des Finances, compétent, travailleur, intègre, ponctuel, pratique et ordonné. Napoléon appréciait sa compétence technique et son aptitude à faire la synthèse entre les systèmes de l'Ancien Régime et de la Révolution. Il le soutenait et l'encourageait.

En effet dès sa nomination, Gaudin s'était attelé à sa tâche. En ce qui concerne les contributions directes, il place, en moins de six semaines, dans chaque département, un directeur et un inspecteur des impôts, dans chaque arrondissement, un contrôleur et, désormais, les collecteurs d'impôts sont remplacés par des percepteurs. Progressivement étendu au Grand Empire, le système assurera le rentrée régulière de 400 millions par an.

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D'autre part, après de laborieuses discussions entre experts, la loi du 17 germinal an XI (7 avril 1803) avait défini l'unité monétaire, le franc (couramment appelé « franc de germinal » ou, en abrégé, « franc germinal »). La loi définit le franc par un poids d'argent, mais établissait un rapport fixe entre l'or et l'argent, système préconisé par Gaudin.

Outre son traitement, Gaudin reçut de Napoléon une gratification annuelle de 100 000 francs. Il fut fait comte d el'Empire (26 avril 1808), puis duc de Gaëte (15 août 1809), avec des dotations en Wesphalie et Hanovre, au royaume de Naples et en Illyrie.

En 1814, le duc de Gaëte demeura fidèle à l'Empire jusqu'au dernier moment et fit partie du groupe restreint qui accompagna l'Impératrice Marie-Louise à Blois. Lors du retour de l'Ile d'Elbe, Napoléon lui rendit le ministère dees Finances et le nomma à la Chambre des pairs (3 juin 1815).

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Après Waterloo, il quitta définitivement son ministère le 7 juillet 1815. À Sainte-Hélène, Napoléon lui rendit hommage : « Tout ce qu'il est possible de faire en peu de jours pour détruire les abus d'un régime vicieux et remettre en honneur les principes du crédit et de la modération, le ministre Gaudin le fit. »

Sous la Restauration

Sous la Seconde Restauration, le département de l'Aisne l'envoya, en août 1815, à la Chambre des députés, où il resta jusqu'en 1819. Siègeant dans les rangs de l'opposition libérale, il répondit aux attaques dont il fit l'objet et défendit sa gestion et les réformes réalisées sous son ministère.

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En avril 1820, il accepta le poste de directeur de la Banque de France et l'occupa jusqu'en 1834. En 1826, il publia les Mémoires, souvenirs, opinions et écrits du duc de Gaëte, essentiellement d'ordre technique, et, en 1834, un Supplément à ces Mémoires.

Longtemps célibataire, en dépit de l'insistance de Napoléon qui aurait voulu le marier, le duc de Gaëte épousa en 1822, Anna Summaripa, née à Naxos (Grèce). Gaudin adopta la fille de son épouse, Athénaïs-Laure Gaudin de Feurs.

Martin-Michel-Charles Gaudin, duc de Gaëte, est mort à Gennevilliers, près de Paris, le 5 novembre 1841, à l'âge de 85 ans. Il est inhumé au cimetière de l'Est, dit du Père-Lachaise, 27e division.

Tombe de Martin Michel Charles Gaudin au Père Lachaise

Tombe de Martin Michel Charles Gaudin au Père Lachaise

Tableau des Fonctions et Titres de Gaudin

Fonction/TitrePériode
Commissaire à la Trésorerie Nationale1791 - An III
Ministre des Finances11 novembre 1799 - 1er avril 1814
Ministre des Finances20 mars - 22 juin 1815
Député à la Chambre1815 - 1819
Directeur de la Banque de France1820 - 1834

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