Se faire soigner en Thaïlande : Guide pour les Français et la CFE
La Thaïlande est une destination prisée pour l'expatriation, mais il est crucial de bien comprendre le système de santé local et les options de couverture médicale disponibles. Voici un guide complet pour vous aider à naviguer dans le système de santé thaïlandais en tant que Français, en mettant l'accent sur le rôle de la Caisse des Français de l'Étranger (CFE) et les hôpitaux conventionnés.
Le système de santé en Thaïlande
Le système de santé thaïlandais jouit d’une bonne réputation, qu’il s’agisse du public ou du privé. Son organisation est différente de celle que l’on connaît en France. Si vous avez besoin de consulter un dentiste, un allergologue, un médecin généraliste, à chaque fois, vous devrez vous rendre à l'hôpital. Cette organisation présente des avantages, mais également des inconvénients. Tout est centralisé et prendre un rendez-vous médical est très simple. En revanche, dans le système de santé public, il faut s’armer de beaucoup de patience pour obtenir une consultation ou passer un IRM.
Secteur public
Si vous avez le statut de résident, vous êtes affilié au système obligatoire d’assurance maladie en Thaïlande, au même titre que les Thaïlandais. Les soins de santé sont gratuits à condition de consulter dans le réseau médical de la zone où vous habitez et sur présentation de votre carte de couverture médicale universelle (la carte d’or). Toutefois, le point faible de ce système de santé est son sous-dimensionnement par rapport aux besoins du pays. Cela se traduit par des délais de plusieurs semaines pour obtenir un rendez-vous médical.
Si vous ne bénéficiez pas du régime de protection sociale thaïlandais, ou si vous souhaitez vous faire soigner dans l’établissement de votre choix, les soins dans le secteur public sont payants. Il faudra payer les prestations à la caisse de l’hôpital ; ces dépenses feront ensuite l’objet d’un remboursement par votre assurance santé, si vous en disposez d’une.
Les soins dans le secteur public en Thaïlande sont de bon niveau et cela se reflète dans la santé de la population : la Thaïlande est l’un des pays émergents avec l’espérance de vie la plus élevée au monde. Il existe toutefois des disparités entre établissements, selon qu’ils sont situés en ville ou à la campagne. Cela peut s’avérer problématique : en cas d’accident, vous êtes transporté vers l’hôpital le plus proche mais si celui-ci ne peut pas vous soigner, c’est à vous de faire le nécessaire pour rejoindre un autre établissement et ce, à vos frais. Une assurance santé incluant une assistance évacuation est donc fortement recommandée.
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Les soins en Thaïlande sont très hospitalo-centrés. Que ce soit dans le privé ou dans le public, les consultations avec les médecins généralistes et spécialistes se déroulent à l’hôpital. Rares sont les médecins disposant d’un cabinet, comme en France. De nombreux hôpitaux disposent même de cliniques dentaires. De ce fait, les hôpitaux publics sont traditionnellement plus engorgés que les établissements privés.
Secteur privé
La population expatriée a majoritairement tendance à se tourner vers le système privé qui offre un bon rapport qualité-prix, permet un libre choix de l’établissement où se faire soigner et parce que de nombreux établissements privés disposent d’un personnel soignant international parlant au moins l’anglais. De nombreux hôpitaux privés sont cotés en bourse et sont reconnus internationalement.
Les hôpitaux privés en Thaïlande sont de très haut niveau et disposent des dernières technologies médicales. Le personnel soignant est compétent et les temps d’attente pour un rendez-vous, un traitement ou une opération sont courts.
Une particularité qui étonne souvent l’expatrié est la modernité de certains établissements, qui s’apparentent plus à des hôtels de luxe qu’à des hôpitaux classiques. Dans le même temps, les prix pratiqués sont en moyenne moins élevés que dans hôpitaux privés européens, ce qui fait de la Thaïlande une destination prisée pour le tourisme médical. Pour autant, « moins élevé » ne signifie pas que les tarifs de santé sont bon marchés et se soigner peut s’avérer extrêmement couteux, notamment en cas d’hospitalisation.
La Caisse des Français de l'Étranger (CFE)
La Caisse des Français de l’Étranger (CFE) est un organisme de sécurité sociale créé en 1978 pour offrir aux expatriés une protection à l’étranger. Ainsi, elle propose à tous les Français installés à l’étranger une protection sociale de base par la souscription d’assurances volontaires. La CFE est ouverte à tout le monde et peut donc être souscrite aussi bien par les salariés expatriés, les non-salariés, les personnes sans activité professionnelle, les retraités ou encore les étudiants.
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La CFE est un organisme de sécurité sociale, de droit privé et chargé d’une mission de service public. C’est une assurance qui permet à toute personne résidant à l’étranger de conserver l’équivalent des prestations de la Sécurité sociale française. En souscrivant à la CFE, vous pourrez donc bénéficier des remboursements des frais de santé qu’ils soient liés à une maladie ou un accident ; du remboursement des frais liés à une maternité ; le versement d’une indemnité ou d’une pension en cas d’arrêt de travail temporaire ou permanent et le versement d’une pension de retraite. Pour faire simple, la CFE est l’équivalent du site Ameli quand vous résidez à l’étranger.
Le fonctionnement de la Caisse des Français de l’Étranger est similaire à celui de la Sécurité sociale - c’est-à-dire que la CFE fonctionne sur une première base de remboursement. Elle constitue donc une base de protection sociale, mais attention ! Tout comme vous complétez en France la sécurité sociale avec une mutuelle, il est fort probable que vous deviez aussi compléter votre couverture CFE avec une assurance complémentaire.
La Caisse des Français de l’Étranger est ouverte à tous les Français qui résident à l’étranger et à tous les ressortissants de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de la Suisse. Si vous pouvez adhérer après votre départ à l’étranger, nous vous recommandons de vous y prendre le plus tôt possible. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’adhésion ne commence que le premier jour du mois qui suit la demande.
Pour adhérer et cotiser à la CFE, vous devrez vous inscrire en ligne, remplir le formulaire d’adhésion et transmettre les documents demandés. Une fois inscrit, au début de chaque trimestre civil, vous recevrez un appel de cotisation pour le trimestre en cours. Le règlement peut se faire en France ou de l’étranger, en euros, par chèque bancaire ou postal, par carte bancaire directement sur le site internet ou bien par virement.
Si vous êtes salarié expatrié, vos droits à la sécurité sociale française s’interrompent dès l’installation à l’étranger. Vous relevez désormais du régime social de votre pays d’accueil et, par conséquent, vous avez les mêmes droits que les locaux. Au départ comme au retour en France, la Caisse des Français de l’Étranger assure la coordination avec le régime général de protection sociale.
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La CFE ne rembourse que selon son barème de garanties, elle ne tient pas compte du coût des dépenses engagées à l’étranger. Pour couvrir le différentiel, la souscription à une assurance expatrié complémentaire est nécessaire. De plus, la CFE ne fait pas d’avance de frais d’hospitalisation en dehors des hôpitaux conventionnés - c’est-à-dire des hôpitaux à l’étranger ayant conclu un accord avec la CFE. Pour finir, la CFE ne couvre pas les garanties liées au rapatriement sanitaire, le transport du corps en cas de décès et la responsabilité civile.
Il est important de noter que la CFE a une mission de service public qui lui impose non seulement d’accepter toute personne française ou européenne, quels que soient son âge et ses pathologies, mais elle doit également assumer une grande part du financement de la catégorie aidée.
Exemple de remboursement CFE :
- Pour une visite chez un médecin généraliste, vous serez remboursé selon un forfait limitatif de la dépense réelle engagée avec application d’un taux de prise en charge de 70%.
- Pour un accouchement par voie basse, vous pouvez bénéficier d’une prise en charge à hauteur de 2 650,50 € et pour un accouchement par césarienne, une prise en charge de 2 991,22 €.
En Thaïlande, par exemple, un accouchement par voie basse coûte en moyenne entre 2769.15 € et 3021.38 €, le montant atteint facilement les 5036.18 € pour un accouchement par césarienne.
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Hôpitaux conventionnés CFE en Thaïlande
La CFE a mis en place un service de tiers payant hospitalier en Thaïlande, réservé aux assurés individuels non couverts par une complémentaire partenaire. Ce service est géré par VYV International Assistance.
Il est essentiel de noter que la CFE ne fait pas d'avance de frais d'hospitalisation en dehors des hôpitaux conventionnés. Il est donc crucial de connaître la liste des établissements ayant un accord avec la CFE. L’accès au tiers payant est désormais possible dans une vingtaine d’hôpitaux situés à Bangkok, Pattaya, Chiang Maï, Phuket, Udon Thani et Koh Samui (l’IMA ne communique pas la liste de ses établissements, qui peut évoluer).
Toutefois, des litiges financiers peuvent survenir, entraînant la suspension de conventions avec certains hôpitaux. Par exemple, un litige entre la CFE et le Bangkok Hospital avait conduit à la suspension de la convention du tiers payant en mai.
Il est donc recommandé de vérifier régulièrement la liste des hôpitaux conventionnés auprès de la CFE et de se tenir informé des éventuels changements.
Assurance santé expatrié complémentaire
La CFE ne couvre pas l’intégralité des frais de santé engagés à l’étranger. Il est donc fortement recommandé de souscrire une assurance santé expatrié complémentaire pour couvrir le différentiel. Cette assurance peut prendre en charge les frais d’hospitalisation, le rapatriement sanitaire, le transport du corps en cas de décès, la responsabilité civile, et d’autres garanties non couvertes par la CFE.
Types d'assurances complémentaires :
- Complémentaire CFE : Remboursement partiel des frais médicaux et soins de santé hors de France, avec un reste à charge couvert par une garantie complémentaire.
- Assurance santé internationale au 1er euro : Remboursement dès le 1er euro dépensé pour votre santé, avec un seul interlocuteur.
Une bonne couverture santé, ce sont d’abord des garanties qui répondent à votre besoin. Optique, maternité, vous sélectionnez les garanties qui vous intéressent, ainsi que le barème de remboursement désiré (frais réels, 100%, 90%, etc).
Visas et assurance santé
Avoir une bonne couverture santé est une condition imposée par les autorités thaïlandaises pour prétendre obtenir un visa O-A par exemple. Le pays a été durement touché pendant la pandémie mondiale de coronavirus. C’est ce qui poussent les autorités à imposer aux expatriés la souscription à une couverture santé avec garantie Covid avant leur arrivée.
Il existe plusieurs types de visas pour la Thaïlande, notamment :
- visa non-immigrant O-A : Permet de vivre et de travailler en Thaïlande, renouvelable annuellement.
- visa non-immigrant O-X : Visa long séjour d’une validité de 5 ans.
- visa LTR (Long Term Resident) : Permet de résider dans le pays pendant 10 ans.
Conseils supplémentaires
- Vaccinations : Suivre les recommandations de l’Institut Pasteur concernant les vaccinations (encéphalite japonaise, fièvre typhoïde, paludisme, etc.).
- Médicaments : Être vigilant quant à la contrefaçon de médicaments et privilégier l’achat auprès des hôpitaux.
- Pharmacies : Le prix des médicaments est bien plus cher : les prix peuvent être multipliés par 3 d’une officine à une autre. Chaque pharmacie ou centre médical fixe ses propres tarifs.
- Barrière de la langue : Dans les hôpitaux privés, tous les professionnels de santé parlent anglais. C’est moins évident dans les hôpitaux publics.
