Impôt sur le Traitement et le Salaire : Fonctionnement et Déclaration

L'impôt sur le revenu est un prélèvement obligatoire destiné à couvrir les charges publiques. En France, tous les salariés, y compris les internes et les médecins salariés, sont soumis à cet impôt. Il est calculé sur la base du salaire net imposable annuel.

Depuis le 1er janvier 2019, le prélèvement à la source (PAS) a été mis en place pour éviter le décalage d'un an entre la perception du revenu et son imposition. L’impôt est directement prélevé par l’employeur chaque mois, selon un taux défini par l’administration fiscale.

La déclaration annuelle des revenus se fait généralement entre avril et juin, selon le département de résidence fiscale.

Comment DÉCLARER ses revenus sur le site des IMPÔTS en 2025 ?

Déclaration des Traitements et Salaires

En principe, le montant des traitements et salaires imposables est pré-rempli sur la déclaration d'impôt sur le revenu n° 2042. Cependant, il est important de vérifier l'exactitude de ces montants et de corriger les erreurs éventuelles dans les cases 1AJ et 1BJ.

La déclaration des traitements et salaires s’effectue en ligne sur le site impots.gouv.fr. Certains contribuables peuvent encore utiliser le formulaire papier n° 2042.

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Les cases 1AJ et 1BJ de la déclaration 2042 comprennent les salaires proprement dits, les avantages en nature imposables, et les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale (indemnités maladie, congé de maternité, paternité, adoption, accident du travail, etc.).

Il est crucial de distinguer les revenus imposables des revenus exonérés pour éviter une taxation incorrecte.

En tant que salarié, vous bénéficiez d’une réduction d’impôts censée correspondre à vos frais et dépenses liés à votre activité salariée (déplacements, frais de formation, frais de bouche…).

Si vous estimez que vos charges ont été supérieurs à l'abattement forfaitaire de 10%, vous avez intérêt à faire une déclaration au réel.

Revenus d’activité

Les rémunérations que vous avez reçues en tant que salarié sont imposables en tant que revenus d’activité.

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En principe, ces rémunérations sont déjà connues de l’administration fiscale (car déclarées par votre employeur) et figurent dans votre déclaration préremplie pour vous et votre conjoint ou partenaire de Pacs.

Déclaration impôt

Salaires et revenus spécifiques

Certaines rémunérations spécifiques bénéficient de régimes d'imposition particuliers :

Les étudiants

Il existe une exonération des rémunérations perçues par les personnes âgées de 25 ans au plus au 1er janvier de l’année d’imposition, à raison d’une activité exercée pendant leurs études secondaires ou supérieures ou durant leurs congés scolaires ou universitaires.

Exonération à hauteur de 3 salaires minimum de croissance (SMIC) mensuels soit 5 318 € au titre des revenus perçus en 2024.

Pour bénéficier de l’exonération, les personnes concernées doivent poursuivre des études secondaires ou universitaires dans les conditions prévues à l’article 199 quater F du CGI qui détermine par ailleurs le droit à la réduction d’impôt au titre des enfants poursuivants leurs études.

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Les bourses d’études accordées par l’État ou les collectivités locales selon les critères sociaux en vue seulement de permettre aux bénéficiaires de poursuivre leurs études dans un établissement d’enseignement ne sont pas à déclarer.

Les apprentis

Les apprentis bénéficient d'exonération sur sur leurs salaires à hauteur du salaire minimum de croissance (SMIC) annuel (21 273 € au titre des revenus perçus en 2024).

Pour ce faire, les apprentis doivent disposer d’un contrat de travail intitulé « contrat d’apprentissage » régulier régi par les articles L. 117-1 et suivants du Code du travail, à ne pas confondre avec un contrat de professionnalisation ou de qualification, ou avec tout autre contrat de formation en alternance rémunérée.

Seul le montant des salaires d’apprenti perçus dans l'année qui excède éventuellement le seuil d’exonération doit être déclaré.

Les stagiaires

Ne sont pas à déclarer les gratifications versées aux stagiaires lors d’un stage ou d’une période de formation en milieu professionnel, en application de l’article L 124-6 du code de l’éducation, dans la limite du montant annuel du SMIC (21 273 € en 2024).

Les assistantes maternelles

Vous pouvez choisir de déclarer toutes les sommes perçues dans l'année ou uniquement votre salaire.

Si vous déclarez toutes les sommes perçues, le montant imposable à déclarer est alors égal à la différence entre :

  • les rémunérations et indemnités perçues pour l’entretien et l’hébergement des enfants (la fourniture des repas de l'enfant par les parents est imposable et peut être évaluée à 5,35 € par jour en 2024 ;
  • et une somme forfaitaire représentative des frais engagés dans l’intérêt de l’enfant, égale à trois fois le montant horaire du salaire minimum de croissance (SMIC) par jour et par enfant.

En cas de garde d'enfants présentant des handicaps, maladies ou inadaptations (garde donnant droit à une majoration de salaire), la somme forfaitaire est portée à quatre fois le montant horaire du SMIC par jour et par enfant.

Assistante maternelle

Prestations à caractère familial ou social non imposables

Certaines prestations et aides à caractère familial ou social ne sont pas à déclarer, notamment :

  • Les prestations familiales légales (allocations familiales, complément familial, aides au logement, etc.)
  • La prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE).
  • La prestation de compensation du handicap (PCH).
  • L’allocation aux adultes handicapés (AAH), le complément de ressources et la majoration pour la vie autonome.
  • La participation de l’employeur à l’acquisition de titres-restaurant, dans la limite de 7,18 € par titre.
  • La participation annuelle de l’employeur complétée, le cas échéant, par le comité d’entreprise à l’acquisition de chèques-vacances, dans la limite globale du montant mensuel du SMIC (1 802 € pour 2024).
  • La prise en charge obligatoire par l’employeur des titres d’abonnement de transports publics ou de services publics de location de vélos pour les trajets domicile-lieu de travail.
  • La prime transport correspondant à la prise en charge facultative par l'employeur des frais de carburant ou des frais d’alimentation de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hydrogène engagés par les salariés dans les conditions prévues par l'article (L.3261-3 du code du travail) et le forfait mobilités durables (art. L. 3261-3-1 du code du travail), dans la limite globale de 700 € par an, dont 400 € au maximum pour les frais de carburant.
  • Le revenu de solidarité active (RSA).
  • L’aide exceptionnelle de fin d’année versée aux titulaires de certains minima sociaux ("prime de Noël").
  • La prime d'activité.
  • L’aide financière mentionnée aux articles L. 7233-4 et L. 7233-5 du code du travail et versée par l’employeur (privé ou public) ou le comité d’entreprise, soit directement, soit au moyen du chèque emploi service universel (CESU) préfinancé au titre des services à la personne et aux familles mentionnés à l'article D. 7231-1 du Code du travail, dans la limite annuelle de 2 301 € par bénéficiaire.

De même, certaines indemnités ne sont pas à déclarer :

  • Les indemnités journalières versées par la sécurité sociale et la mutualité sociale agricole pour maladie comportant un traitement prolongé, accident du travail ou maladie professionnelle (à hauteur de 50 % de leur montant).
  • L’indemnité temporaire d’inaptitude à hauteur de 50 % de son montant.
  • Les prestations perçues en exécution d’un contrat d’assurance souscrit au titre d’un régime complémentaire de prévoyance facultatif.
  • Les indemnités versées aux victimes de l’amiante ou à leurs ayants droit.
  • Les indemnités versées aux personnes souffrant de maladies radio-induites ou à leurs ayant droits et les indemnités des victimes des essais nucléaires français.

Les salariés dépendant de régimes spéciaux qui assurent le maintien du salaire en cas de maladie ou maternité (fonctionnaires par exemple) sont intégralement imposables à raison des sommes versées durant cette période.

Heures supplémentaires ou complémentaires exonérées

Les rémunérations perçues au titre des heures supplémentaires et des heures complémentaires effectuées en 2024 sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite annuelle de 7 500 € net pour chaque salarié.

Ce plafond d'exonération de 7 500 € est commun avec celui des jours de repos ou de RTT monétisé en application de l'article 5 de la LFR 2022.

Heures supplémentaires

Sont éligibles à l'exonération :

  • Pour les salariés à temps plein, les heures supplémentaires, c'est-à-dire les heures de travail accomplies au-delà de la durée légale.
  • Pour les salariés à temps partiel, les heures complémentaires, c'est-à-dire celles effectuées en plus de celles inscrites au contrat de travail.
  • Les heures supplémentaires effectuées dans le cadre d’un dispositif d’aménagement du temps de travail au sens de l’article L 3121-41 du Code du travail.
  • Les heures supplémentaires effectuées dans le cadre d’une convention de forfait en heures.
  • Pour les salariés au forfait en jours sur l'année, la rémunération liée à la renonciation à des jours de repos au-delà de 218 jours de travail par an.

L’exonération s’applique à la rémunération des heures supplémentaires ou complémentaires et aux majorations de salaires dans la limite des taux prévus par la convention ou l’accord collectif applicable. À défaut, la majoration de salaire exonérée est retenue dans la limite prévue par la loi :

  • Pour les heures supplémentaires, taux de 25 % pour les 8 premières heures et 50 % pour les suivantes.
  • Pour les heures complémentaires, taux de 10 % pour les heures n’excédant pas 1/10 des heures prévues au contrat et 25 % pour les autres.

Monétisation des jours de repos

Les rémunérations perçues au titre de la monétisation des jours de repos ou de RTT sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite annuelle de 7 500 € pour chaque salarié.

Ce plafond d’exonération de 7 500 € est commun avec celui des heures supplémentaires ou complémentaires exonérées en application de l’article 81 quater du CGI.

Pourboires exonérés

Les sommes remises volontairement par les clients à titre de pourboires entre le 1.1.2022 et le 31.12.2024 sont exonérées d'impôt sur le revenu pour les salariés, en contact avec la clientèle, dont la rémunération ne dépasse pas 1,6 SMIC, au titre des mois concernés, heures supplémentaires comprises.

Cette exonération concerne les sommes remises volontairement :

  • Soit directement aux salariés.
  • Soit à l'employeur et reversées par ce dernier au personnel en contact avec la clientèle en application de l'.

Rémunération du dirigeant

La rémunération perçue par le dirigeant au titre de son mandat social est soumise à l'impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie des traitements et salaires.

Comment déclarer sa rémunération ?

Le dirigeant doit déclarer la rémunération de son mandat social perçue au titre de l'année 2024 au moment de sa déclaration annuelle des revenus de l'année 2024, faite en mai/juin 2025.

Le montant de cette rémunération doit être indiqué à l'une des lignes suivantes en fonction du statut du dirigeant :

  • Dirigeant majoritaire SARL, gérant associé SCA : ligne « Revenus des associés et gérants » (1GB à 1JB) de la partie « traitements, salaires, pensions, rentes » du formulaire cerfa n°2042
  • Autres dirigeants : ligne « traitements et salaires » (1AJ à 1DJ) de la partie « traitements, salaires, pensions, rentes » du formulaire cerfa n°2042

Il doit faire sa déclaration en ligne sur impôts.gouv.fr via son espace Particulier.

La période au cours de laquelle le dirigeant doit déclarer ses impôts varie en fonction du département dans lequel il réside.

Comment est imposée la rémunération du mandat social ?

La rémunération du mandat social du dirigeant est intégrée aux revenus imposables au barème progressif du dirigeant. S'il dispose d'autres revenus imposables au barème progressif de l'impôt sur le revenu (rémunération d'un contrat de travail par exemple), tous ces revenus sont additionnés pour être imposés ensemble au barème progressif.

Un abattement de 10 % est appliqué sur ces revenus avant imposition pour prendre en compte les frais professionnels courants du dirigeant.

Le dirigeant peut opter pour que ses frais professionnels soient déduits pour leur montant réel à la place de l'abattement de 10 %.

Barème progressif applicable aux revenus de 2024

Tranches de revenus Taux d'imposition de la tranche de revenu
Jusqu'à 11 497 € 0 %
De 11 498 € à 29 315 € 11 %
De 29 316 € à 83 823 € 30 %
De 83 824 € à 180 294 € 41 %
Plus de 180 294 € 45 %

Une fois que les différents taux sont appliqués sur les chacune des tranches couvertes par les revenus du dirigeant, un taux unique est déterminé et appliqué chaque mois. Les impôts sont ensuite prélevés à la source par l'administration fiscale.

Intérêts d'un compte courant d'associé

Les intérêts d'un compte courant d'associé perçus par le dirigeant constituent une forme de rémunération pour le dirigeant. Ils sont soumis à l'impôt sur le revenu (IR) dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

Comment sont imposés les intérêts ?

La rémunération du compte courant d'associé perçue par le dirigeant est automatiquement soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU). En revanche, le dirigeant peut opter pour que cette rémunération soit soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu (IR).

Peu importe l'option choisie, un prélèvement forfaitaire non libératoire (PFNL) de 12,8 % est appliqué automatiquement sur la rémunération au moment de son versement. Il constitue un acompte d'impôt sur le revenu.

Le dirigeant peut demander à être dispensé du prélèvement forfaitaire non libératoire (PFNL) s'il remplit certaines conditions de revenus.

L'imposition définitive de la rémunération intervient ensuite au moment de la déclaration de revenus de l'année au cours de laquelle la rémunération a été perçue.

Le régime fiscal applicable à la rémunération est soit celui du prélèvement forfaitaire unique, soit celui du barème de l'impôt sur le revenu sur option :

  • Prélèvement forfaitaire unique (PFU) : Le prélèvement forfaitaire unique est égal à 30 %, il est composé d'un taux à 12,8 % correspondant à l'impôt sur le revenu et d'un taux à 17,2 % correspondant aux charges sociales.
  • Barème progressif de l'IR : Le dirigeant doit opter pour que sa rémunération soit soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu.

Comment déclarer les intérêts d'un compte courant d'associé ?

La déclaration d'impôts du dirigeant varie en fonction de la manière dont sa rémunération est imposée : soit au PFU, soit au barème de l'impôt sur le revenu.

Prélèvement forfaitaire unique (PFU) : Le dirigeant doit déclarer la rémunération qu'il perçoit au titre de l'année 2024 au moment de sa déclaration annuelle des revenus de l'année 2024, faite en mai/juin 2025. Le montant de cette rémunération doit être indiqué à la ligne «Autres revenus distribués et assimilés » (2TS) de la partie « Revenus de capitaux mobiliers » du formulaire cerfa n° 2042.

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