Impôts et Enfant Majeur Vivant Chez Ses Parents : Conditions et Options Fiscales
Votre enfant est majeur et vous vous interrogez sur sa situation fiscale ? Doit-il faire sa propre déclaration de revenus ? Pouvez-vous le rattacher à votre foyer fiscal et, dans ce cas, que devez-vous déclarer le concernant ? Dès sa majorité, un enfant est en principe imposable personnellement et doit faire sa propre déclaration (même s'il n'a perçu aucun revenu). Mais s'il reste à votre charge, la fiscalité en tient compte.
À l'impôt sur le revenu, plusieurs possibilités s'offrent à vous. En effet, si votre enfant reste à votre charge, vous avez le choix entre le rattachement de votre enfant à votre foyer fiscal et la déduction d'une pension alimentaire. C'est à vous de déterminer la solution la plus favorable en fonction de votre situation de famille et de vos revenus.
Enfant majeur : faut-il opter pour le rattachement au foyer fiscal ?
Rattachement de l'Enfant Majeur au Foyer Fiscal
Mais s'il reste à votre charge, vous pouvez le rattacher à votre foyer fiscal, ce qui vous permet de bénéficier d'avantages qui varient en fonction de la situation :
- Lorsque votre enfant majeur est célibataire : augmentation du nombre de parts pour le calcul de votre impôt sur le revenu.
- Lorsque votre enfant est marié, pacsé ou chargé de famille : abattement sur votre revenu de 6 794 € par personne rattachée (votre enfant, son conjoint s'il est marié ou pacsé et chacun de ses/leurs enfants).
- Lorsque votre enfant est scolarisé : réduction d'impôt (lycée : 153 € ; enseignement supérieur : 183 €).
Pour la déclaration de revenus déposée durant l'année 2025, peuvent demander à être rattachés les enfants :
- Âgés de moins de 21 ans au 1er janvier 2024.
- Âgés de moins de 25 ans au 1er janvier 2024 et poursuivant leurs études au 1er janvier 2024 ou au 31 décembre 2024.
Peuvent également demander leur rattachement à votre foyer fiscal :
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- Vos enfants non mariés chargés de famille et vos enfants mariés ou liés par un PACS si l'un des deux conjoints remplit l'une des deux conditions d'âges ci-dessus.
- Les enfants majeurs devenus orphelins de mère et de père après leur majorité, à la condition qu'ils vivent sous le même toit que vous, qu'ils soient à votre charge de manière effective et exclusive et qu'ils remplissent la condition d'âge.
Les enfants recueillis ne peuvent donner lieu à rattachement que :
- s’ils ont été recueillis avant l’âge de 18 ans par le foyer auquel ils demandent à être rattachés ou s’ils sont devenus orphelins de père et de mère après leur majorité ;
- s’ils vivent sous le même toit que le contribuable qui les recueille et si celui-ci assume de manière effective et exclusive leur charge matérielle ;
- et s’ils remplissent une des conditions d’âge permettant le rattachement des enfants majeurs.
Un enfant majeur de parents divorcés ne peut être rattaché qu'au foyer d'un de ses parents. Il doit choisir celui de ses parents auquel il souhaite être rattaché. Ce choix peut être différent chaque année.
Comment s'effectue la demande de rattachement ? Votre enfant doit vous remettre une demande écrite de rattachement signée, dans laquelle il indique renoncer à être imposé personnellement (une demande par enfant). Vous devez conserver ce document car il peut vous être demandé en cas de contrôle par l'administration fiscale.
Inscrivez les éléments d'état civil de l’enfant rattaché dans la rubrique « Rattachement d’enfants majeurs ou mariés » (rubrique D de la 2042). L'enfant majeur doit rédiger une demande de rattachement sur papier libre, que vous devez conserver et présenter sur demande de l'administration.
Si vous acceptez ce rattachement, vous devez ajouter à vos revenus ceux perçus par votre enfant. Votre enfant n'a pas de déclaration personnelle à souscrire.
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Votre avantage en impôt est différent selon la situation de famille de votre enfant :
- Si votre enfant majeur est célibataire sans charge de famille, le rattachement vous permet de bénéficier d'une augmentation du nombre de parts pour le calcul du quotient familial.
- Si votre enfant est marié, pacsé ou chargé de famille, le rattachement ne se traduit pas par une majoration du nombre de parts mais vous bénéficiez d'un abattement sur votre revenu (ex : 6 794 € pour l’imposition des revenus 2024) par personne rattachée (votre enfant, son conjoint s'il est marié ou pacsé et chacun de ses/leurs enfants).
Votre enfant marié ou pacsé peut demander son rattachement au foyer de ses parents ou de ses beaux-parents mais pas aux deux. Le cas échéant, les parents de l'un des conjoints peuvent bénéficier du rattachement et les parents de l'autre conjoint de la déduction d'une pension alimentaire, s'ils contribuent aux charges du jeune ménage.
Que faut-il déclarer ? Si votre enfant est rattaché à votre foyer fiscal, vous devez ajouter à vos revenus ceux perçus par votre enfant majeur pendant l'année entière (pour la déclaration 2025, les revenus perçus en 2024).
Attention, certains revenus n’ont pas à être déclarés car ils ne sont pas imposables. Sont exonérés d'impôt sur le revenu :
- Les indemnités de stage et les salaires des apprentis s'ils ne dépassent pas le montant annuel du SMIC, soit 21 273 € au titre des revenus perçus en 2024 (seule la part excédentaire est imposable).
- Les salaires des étudiants de 25 ans au plus (jobs étudiants) dans la limite annuelle de 3 fois le montant du SMIC mensuel, soit 5 318 € au titre des revenus perçus en 2024 (seule la part excédentaire est imposable).
Les revenus issus de contrats de professionnalisation doivent être déclarés.
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Prélèvement à la source
Avec la mise en place du prélèvement à la source, vous pouvez signaler le rattachement de votre enfant sur votre espace en ligne, rubrique " Gérer mon prélèvement à la source" disponible dans votre " Espace Particulier ", puis cliquez sur " Actualiser suite à une hausse ou une baisse des revenus". Ceci permettra d'ajuster immédiatement votre taux et, si vous en avez, vos acomptes. Cette démarche ne se substitue cependant pas à votre déclaration de revenus.
Déduction d'une Pension Alimentaire
Si votre enfant effectue sa propre déclaration et n'a pas de revenus suffisants, vous pouvez lui verser une pension alimentaire. Il n'est pas nécessaire que vous l'hébergiez. Mais vous devez fournir la preuve du versement effectif de la pension alimentaire et de l’état de besoin de votre enfant (absence de revenus suffisants).
Si votre enfant est célibataire, vous pouvez déduire vos dépenses dans la limite de 6 794€ par enfant. Si vous subvenez seuls aux besoins de votre enfant divorcé (ou veuf) et chargé de famille, vous pouvez déduire jusqu'à 13 588 €. Si vous subvenez seuls aux besoins de votre enfant marié ou pacsé, vous pouvez déduire 13 588 €. Les beaux-parents ne doivent pas subvenir à l'entretien du couple.
Si l'enfant vit sous votre toit durant toute l'année et ne dispose pas de ressources suffisantes, vous pouvez déduire un montant forfaitaire (4 039€ au titre de l'année 2024) sans justificatif (le double si votre enfant est marié ou pacsé). Lorsque l'hébergement de l'enfant ne porte que sur une fraction de l'année, cette somme forfaitaire doit être réduite au prorata du nombre de mois concernés, tout mois commencé devant être retenu.
Principe: L'aide que vous apportez à vos enfants ou petits-enfants majeurs dans le cadre de votre obligation alimentaire est déductible de vos revenus. Cette déduction n’est pas liée à l’hébergement, au statut ou non d’étudiant, à une potentielle invalidité ou à l’âge de plus ou moins 25 ans.
Cependant, vous ne pouvez pas déduire de pension alimentaire - ou de dépense à caractère alimentaire - au bénéfice d'un enfant lorsque ce dernier est déjà pris en compte dans la détermination de votre imposition sur les revenus (rattachement des enfants majeurs ou chargés de famille à votre déclaration de revenus).
Si votre enfant ne figure pas sur votre déclaration de revenus et que vous lui versez une pension alimentaire, vous devez être à même de justifier des éléments suivants si votre centre des finances publiques vous le demande :
- Votre obligation alimentaire envers cet enfant (lien de parenté).
- La réalité des versements ou des paiements pour le compte de l'enfant.
- Des besoins de l'enfant et du niveau de vos ressources.
La pension alimentaire déduite doit aussi être déclarée par votre enfant ou par le parent auquel il est rattaché fiscalement. Si le montant de la pension a été fixé par un juge, vous ne pouvez pas déduire plus que ce montant, sous clause d'indexation éventuelle. Vous pouvez cependant revaloriser le montant fixé par le juge, dès lors que la pension est compatible avec vos ressources et avec les besoins de l'enfant.
En revanche, vous ne pourrez pas déduire les frais occasionnés par le droit de visite (frais de voyage, dépenses engagées pour accueillir votre enfant ...).
Seuil de déduction et forfait: Votre enfant étant majeur, vous pouvez bénéficier d’une déduction limitée à un certain montant (maximum 6 794 € pour 2024). Si votre enfant est majeur et marié, pacsé et/ou chargé de famille et que vous subvenez seul à ses besoins, vous pouvez bénéficier d’une déduction également limitée et ce quel que soit le nombre de vos petits-enfants (maximum 13 588€ pour 2024).
Si l’enfant majeur vit sous votre toit durant toute l’année et ne dispose pas de ressources suffisantes, vous pouvez déduire une somme forfaitaire par enfant ( 4 039 € pour 2024, 4 039 € x 2 lorsque l'enfant est marié ou pacsé) sans avoir à fournir de justificatifs. Lorsque l’hébergement de l’enfant ne porte que sur une fraction de l’année, cette somme doit être réduite au prorata du nombre de mois concernés, tout mois commencé devant être retenu.
Rattachement ou Pension Alimentaire : Comment Choisir ?
Certains parents d’enfants majeurs peuvent choisir entre deux options : le rattachement à leur foyer fiscal ou la déduction des frais d’hébergement, de nourriture et de scolarité. Comment choisir ? Quels frais peuvent être déduits ? Dans quelles limites ?
Si c’est préférable pour vous, vous pouvez toujours choisir de détacher votre enfant de votre foyer fiscal, et ce même s’il habite toujours sous votre toit. Dans ce cas, la loi vous donne la possibilité de déduire une partie des frais d’hébergement et de nourriture de vos revenus imposables. En effet, tant que votre enfant majeur n’est pas financièrement autonome, vous êtes lié par une obligation alimentaire. Vous devez pourvoir à ses dépenses quotidiennes.
Deux situations se présentent à vous selon que votre enfant majeur vivait chez vous en 2024 ou non. Dans le premier cas, vous pouvez déduire sans justificatif 4 039 euros par enfant majeur et ce, sans justificatif. Vous pouvez déduire le double de ce montant si votre enfant est marié ou pacsé. Ce forfait représente les frais d’hébergement et de nourriture. Lorsque l’hébergement de l’enfant ne porte que sur une fraction de l’année, son montant est éventuellement réduit au prorata du nombre de mois concernés.
Si vos dépenses réellement supportées ont été plus élevées et que vous pouvez le justifier, vous avez le droit de les déduire pour leur montant réel. Toutefois, leur prise en compte est plafonnée à 6 794 euros par enfant en 2025. Ce montant est doublé si votre enfant est marié, pacsé, divorcé, veuf ou encore chargé de famille et que vous subvenez seuls à ses besoins.
Seconde hypothèse : votre enfant ne vivait pas chez vous en 2024. Si vous déduisez un forfait, vous n’avez pas besoin de justificatifs. Si vous déduisez les dépenses réelles, encore faut-il savoir quels sont les frais déductibles. En effet, ces derniers doivent répondre aux besoins courants de votre enfant que sont : le logement (loyers et charges locatives), l’alimentation, les sons médicaux, mais aussi la scolarité, l’assurance, les abonnements, les abonnements aux transports publics etc. Si vous prétendez à leur déduction, pensez à conserver les justificatifs de ces dépenses. Vous pouvez les avoir supportés directement ou les avoir remboursées à votre enfant. Dans ce cas, conservez la trace de vos remboursements, par exemple par virement ou par chèque.
Le lieu de vie de votre enfant n’impacte pas ces règles. S’il vit à l’étranger, et sous réserve des autres conditions, vous pouvez aussi déduire la pension alimentaire.
Lorsque les parents constituent deux foyers fiscaux différents, ces règles ne sont pas applicables exactement dans les mêmes termes. Dans l’hypothèse d’un rattachement, il faut savoir que l’enfant ne peut plus être rattaché au foyer fiscal respectif de ses deux parents séparés ou divorcés, et ce, même s’il vit de façon alternée chez l’un puis l’autre. C’est l’un des effets de la majorité de l’enfant. L’enfant majeur ne peut être rattaché qu’à un seul foyer fiscal.
La pension déduite est imposable au nom du parent qui la perçoit si l’enfant majeur est rattaché à son foyer fiscal. Cependant, le juge ou les parents peuvent avoir décidé que la contribution serait versée directement à l’enfant majeur.
Vous ne pouvez pas bénéficier à la fois du rattachement et de la déduction de la pension alimentaire. Vous devez choisir. Pour rappel, les parents qui ont ce choix sont ceux dont l’enfant majeur avait moins de 21 ans le 1er janvier 2024, ou moins de 25 ans et poursuivait ses études. À défaut, la seule possibilité de tenir compte des frais supportés pour l’enfant passe par la déduction de la pension alimentaire.
En résumé, cette dernière voie permet une plus grande économie d’impôt aux contribuables les plus fortement taxés. En effet, le rattachement au foyer fiscal permet une économie d’impôt maximale de 1 791 euros par enfant majeur. Alors que le gain fiscal tiré de la déduction de la pension alimentaire peut se calculer de la façon suivante. Il convient de multiplier le taux marginal d’imposition au montant de la pension alimentaire déductible (plafond de 6 794 euros sur justificatifs).
En cas d'imposition séparée de l'enfant majeur, ses parents perdent le bénéfice des avantages auxquels donnent droit un enfant à charge : réductions d'impôt pour frais de scolarité, majorations des dépenses retenues pour le calcul de certains avantages fiscaux, abattement en matière de taxe d’habitation...
En cas de rattachement de l'enfant majeur au foyer de ses parents, ceux-ci peuvent bénéficier de ces avantages. Ils ont par exemple droit à une majoration de 1 500 € des dépenses retenues pour le calcul du crédit d'impôt pour emploi d'un salarié à domicile.
En cas d'imposition séparée de l'enfant majeur, ses parents peuvent déduire la pension alimentaire qu'il lui verse de leurs revenus, s'il est dans le besoin, à hauteur de 6794 € pour 2024. S'ils sont imposés à 30 % ou plus, l'économie d'impôt liée à cette déduction est supérieure à celle obtenue avec la demi-part de quotient accordée en cas de rattachement (plafonnée à 1791 € en 2024).
En cas de rattachement de l'enfant majeur au foyer de ses parents, ceux-ci ne peuvent pas déduire de leurs revenus la pension alimentaire qu'ils lui versent. En cas d'imposition séparée des parents, celui qui ne rattache pas l'enfant majeur peut déduire la pension qu’il verse, à hauteur de 6794 € pour 2024.
Un enfant âgé de 18 ans au 1er janvier 2025 forme son propre foyer fiscal et doit remplir sa propre déclaration cette année. Un enfant majeur est imposable personnellement et il doit remplir sa propre déclaration. Il forme son propre foyer fiscal et il bénéficie de l’ensemble des règles qui gouvernent l’imposition des revenus. Ses parents n’ont pas à déclarer ses revenus. Ils ne doivent plus l'inscrire sur leur déclaration de revenus.
L'enfant majeur peut demander son rattachement au foyer de ses parents s'il a moins de 21 ans, ou moins de 25 ans et est étudiant. Il doit établir une demande de rattachement conforme à celle de la notice jointe à la déclaration. Ses parents doivent l'inscrire page 2 de leur propre déclaration de revenus.
Le rattachement oblige les parents à ajouter à leurs revenus ceux perçus par l’enfant. En contrepartie, ils bénéficient d'une majoration du nombre de parts de quotient familial, identique à celle obtenue pour un enfant mineur à charge.
En cas d'imposition séparée des parents, celui qui ne rattache pas l'enfant majeur peut déduire la pension qu’il verse, à hauteur de 6794 € pour 2024.
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