Analyse économique du secteur de la restauration rapide (INSEE)

Le secteur de la restauration rapide apparaît comme un segment en forte croissance au sein de la division 56 de la NAF rév. 2, caractérisé par une offre diversifiée, une dynamique d’emplois et des mutations structurelles. La restauration rapide comprend tous les établissements proposant des repas à consommer sur place, à emporter ou en livraison, avec un service minimal et des temps de préparation courts.

Étendue et classification statistique

Le secteur de la restauration correspond à la division 56 de la NAF rév. 2. Code APE / NAF de la restauration rapide : 56.10C. Les établissements de restauration rapide sont répertoriés sous le code APE suivant : 56.10C - Restauration de type rapide. Ce code est attribué à toutes les entreprises proposant des repas à emporter ou à consommer sur place, souvent sans service à table, comme les fast-foods, sandwicheries ou food trucks.

Le code APE 5610A désigne l'activité de restauration avec un service à la table. Le code APE 5610C désigne la fourniture au comptoir d’aliments et de boissons à consommer sur place ou à emporter, présentés dans des conditionnements jetables. Il existe également des codes NAF spécifiques pour d'autres activités liées à la restauration : 5610B : cafétérias et autres libres-services, 5621Z : service de traiteurs, 5629A : restauration collective sous contrat, 5629B : autres services de restauration, 5630Z : débit de boissons.

Structure des entreprises et implantation

En 2012, le secteur de la restauration comprend 159 000 entreprises, hors auto-entrepreneurs et micro-entreprises au sens fiscal (figure 1). La restauration rapide s’implante sur des superficies plus petites, et donc moins chères. Elles ciblent les centres-villes et les quartiers étudiants, voire touristiques. La saturation des grandes villes pousse les acteurs à se développer dans les zones à forte affluence, telles que les centres commerciaux et les gares.

Avec 50 000 points de vente, la restauration rapide est un secteur très dynamique en France. La restauration rapide représente la moitié du marché de la restauration, contre 40 % il y a quinze ans, marquant le changement dans les habitudes de consommation. La diversité de l’offre est importante entre cuisine du monde (sushi, pizza, burger), innovations (robot pour servir les pâtes).

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Offre et segments

L’offre est très diversifiée : les chaînes de burgers dominent le marché avec des géants comme McDonald's et Burger King. Elles s'adaptent aux petites agglomérations et aux lieux d'affluence comme les gares et les centres commerciaux. Les sandwicheries à la française offrent des sandwichs traditionnels, en concurrence avec les boulangeries et les grandes surfaces. Les pizzerias à emporter/livrer (Domino's Pizza, Pizza Hut) dominent leur segment, tandis que les concepts thématiques ou mono-produit se spécialisent dans un produit spécifique (pâtes, salades, kebabs, tacos…). Le fast casual propose une offre plus haut de gamme, axée sur la qualité et l’équilibre. Les food trucks offrent une alternative intéressante aux fast-food classiques.

Les spécialistes du burger représentent environ 60 % du marché. Ces enseignes sont implantées sur tout le territoire, principalement dans les zones urbaines et les centres commerciaux. Le segment du poulet occupe la deuxième position, avec des acteurs comme KFC et O'Tacos se partageant environ 20 % du marché total. Les enseignes de sandwichs (Subway, La Mie Câline) se concentrent sur un positionnement hybride entre fast-food et boulangerie. Le fast-food italien, axé sur la pizza et les pâtes, représente environ 5 % du marché.

Évolution du nombre d’établissements et des créations

En l’espace de vingt ans, le nombre de fast-foods en France a explosé. En 2025, on comptait 50 000 établissements, contre seulement 13 000 en 2000. Depuis 2021, cette tendance s'observe même sur l’ensemble du territoire. Le nombre de créations de restaurants marque le dynamisme du secteur depuis 2021. Le solde net reste positif : il y a donc plus de créations que de défaillances. 18 840 restaurants traditionnels et 16 234 restaurants rapides créés en 2024.

Cependant, malgré la croissance globale, on observe une augmentation significative des fermetures d'établissements ces dernières années. En 2022, le secteur de la restauration a enregistré 1 201 fermetures d’établissements, soit une augmentation de 40,8 %. Les périodes de fermeture pendant la pandémie ont artificiellement maintenu certaines entreprises à flot grâce aux aides d'État, mais dès la fin de cette période, beaucoup d'établissements ont dû fermer, leur modèle économique n'étant plus viable dans un marché surchargé.

Chiffre d’affaires et performance économique

Le secteur de la restauration affiche un chiffre d’affaires de 120 milliards € en 2024, en croissance de 6,8 % sur un an. La restauration rapide pèse pour la moitié du chiffre d’affaires de la restauration et poursuit sa croissance. 55 % c’est la part de chiffre d’affaires de la restauration rapide au sein de la restauration en général (+ 26 % entre 2021 et 2023). En 2023, le chiffre d’affaires a augmenté de 11,3 % par rapport à 2022.

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À eux seuls, les 150 majors de la restauration rapide en France (McDonald’s, Quick, KFC, Burger King, Subway, Brioche Dorée…) ont généré un chiffre d’affaires total de 19,04 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires moyen d'une entreprise de restauration est de 670 000 € en 2024. Le panier moyen en restauration rapide a été estimé à 19 € en 2025, avec une hausse des tickets moyens en fast-food liée à l’inflation.

Emploi et caractéristiques de la main-d’œuvre

La restauration rapide emploie environ 322 200 salariés en équivalent temps plein, répartis entre franchisés et indépendants. Les entreprises employeuses comptent en moyenne 4,0 salariés. (2,1 salariés). représente environ un quart des entreprises et des effectifs. Les entreprises employeuses comptent en moyenne 4,0 salariés. Les effectifs sont marqués par une forte proportion de petites unités : un grand nombre d’acteurs indépendants persiste face aux grands acteurs installés.

En moyenne, le secteur a recruté massivement depuis 2021 : en moyenne pour atteindre 603 000 salariés (+ 5,9 % par an en moyenne). Pour plus de la moitié, les nouvelles créations d’emploi expliquent la progression (147 000 sur 258 000). Les données diffusées dans les résultats d’Esane et les déclarations sociales permettent d’observer ces évolutions, même si des ajustements méthodologiques sont en cours dans le système d’élaboration des statistiques d’emploi à l’Insee.

Demande, comportements des consommateurs et canaux de distribution

La restauration rapide répond à des besoins pratiques. Les consommateurs de fast-food recherchent avant tout la praticité et l’accessibilité. Ils fréquentent ces établissements aux heures de déjeuner, notamment en semaine, où la pause est courte (47 minutes en moyenne). Le week-end, ils passent davantage de temps à table (56 minutes). Le choix d’un fast-food dépend de plusieurs facteurs : la qualité des ingrédients, l’ambiance, la rapidité du service, ainsi que les tarifs.

45 % c’est le nombre de Français qui fréquentent au moins une fois par mois une enseigne de restauration rapide. Les jeunes (18-34 ans) sont les plus fréquents, avec 67 % d’entre eux qui se rendent au fast-food au moins 2 à 3 fois par mois. McDonald’s sert environ 2 millions de repas par jour en France. L’envie de se faire plaisir est la principale motivation des consommateurs de fast-food (à 68 %), surtout pour les familles.

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Consommation sur place (50 %) : la consommation sur place reste le canal dominant dans la restauration rapide, représentant environ 50 % des ventes. Vente à emporter (37 %) : la vente à emporter a connu une forte croissance ces dernières années, avec une augmentation de 35 % du nombre de commandes. Livraison à domicile (13 %) : la livraison a notamment la côte chez les jeunes (18-34 ans) et représente 13 % du marché, ayant enregistré une croissance significative (+ 25 %).

Tendances de consommation et durabilité

L'engouement pour les produits bio se confirme, avec une croissance de 13,5 % en 2020. En parallèle, les ventes d'options végétariennes et véganes ont augmenté de 20 %, reflétant une prise de conscience des consommateurs vis-à-vis de leur alimentation. La durabilité gagne aussi du terrain, avec 30 % des clients privilégiant les établissements écoresponsables. La personnalisation des commandes devient un levier essentiel pour séduire les clients de la restauration rapide.

Malgré le retour en force de la restauration en salle, la vente à emporter et la livraison poursuivent leur essor. Les consommateurs apprécient la commodité de ces services, tout en restant vigilants sur les enjeux éthiques et économiques qu'ils soulèvent. Certaines enseignes travaillent aussi avec des entreprises spécialisées dans les emballages écologiques pour répondre à la demande croissante de durabilité.

Fournisseurs, franchises et organisation professionnelle

Les chaînes de fast-food s'approvisionnent principalement auprès de grands groupes agroalimentaires comme Charal pour la viande, Bonduelle pour les légumes et Pomona ou PassionFroid pour les produits frais et surgelés. Aux côtés des incontournables Métro ou Transgourmet, des fournisseurs spécialisés voient le jour comme Beez (produits bio) ou La cave de Rungis (vin). Certaines enseignes s’adressent aussi à des fournisseurs d’emballages écologiques.

Les franchises de restaurants gagnent du terrain dans les deux offres de restauration ces dernières années. Ce développement s'explique par une mutualisation des coûts et des ressources. Les franchisés profitent d'un concept commercial abouti, sans forcément connaître en amont les spécificités d’un type de restauration. Il existe 416 réseaux de franchises en restauration en 2024.

Le Syndicat National de l’Alimentation et de la Restauration Rapide (SNARR) défend les intérêts du secteur et accompagne ses adhérents. Citons également le Groupement des Hôtelleries & Restaurations de France (GHR) et l’UMIH qui défendent les intérêts des restaurateurs sur des sujets comme la réglementation des titres-restaurant ou la définition des formats de restauration (dark kitchens, etc.).

Environnement réglementaire et risques

La réglementation de la restauration rapide impose des normes en matière d'hygiène alimentaire, de gestion des déchets, et de sécurité au travail. Les établissements doivent respecter les réglementations sanitaires pour garantir la sécurité des produits, notamment les normes HACCP. De plus, les fast-foods sont confrontés à des lois sur la transparence des ingrédients et l'étiquetage nutritionnel. Les politiques écologiques, comme l’interdiction des plastiques à usage unique, forcent également les enseignes à adapter leurs emballages.

La période de pandémie de COVID-19 a vu un nombre historiquement bas de défaillances grâce aux aides de l’État ; le retrait de ces mesures associé à la hausse des prix de l’énergie ainsi que l'augmentation des matières premières ont conduit à un nombre élevé de défaillances par la suite. Les marges de la restauration rapide sont sous vive tension : pression sur les coûts d’approvisionnement (matières premières), charges d’exploitation (énergie, salaires, loyers) et limites sur la revalorisation des prix.

Perspectives et défis

Face aux pressions sur le pouvoir d'achat, les ménages limitent leurs dépenses en restauration. Les possibilités de revalorisation des prix restent limitées et l’inflation continue de peser sur les charges d’exploitation. Les grandes chaînes continuent toutefois de proposer des repas à prix mini pour attirer et fidéliser leur clientèle.

Les marges sont sous tension mais la restauration rapide demeure un segment porteur grâce à l'innovation (digitalisation, personnalisation, formats de livraison) et à une adaptation continue de l’offre. La digitalisation du secteur offre des solutions pour mieux maîtriser ses stocks, ses marges et optimiser la gestion d’un restaurant. Enfin, les tendances alimentaires évoluant vers le bio, le végétal et la durabilité représentent à la fois une opportunité commerciale et un facteur de différenciation essentiel.

Le marché mondial de la restauration rapide [Mounia Van de Casteele]

Indicateur Valeur / Observation
Points de vente (2025) 50 000 établissements
Part du CA de la restauration ≈ 55 % pour la restauration rapide
Chiffre d’affaires sectoriel (2024) 120 milliards €
CA des 150 majors 19,04 milliards €
Panier moyen (fast-food, 2025) 19 €
Part des canaux Sur place 50 %, Emporter 37 %, Livraison 13 %
Emploi (ETP) ≈ 322 200 salariés (ETP)

Les données présentées proviennent d’analyses sectorielles et de sources INSEE, Esane et déclarations sociales, et elles sont arrondies aux milliers d'euros le cas échéant. Des précautions sont à prendre en compte quant aux révisions et aux changements méthodologiques intervenus dans les nomenclatures d’activités et les sources d’emploi.

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