INSEE : Définition et chiffres du stress au travail en France

Le stress au travail est un enjeu majeur en France, avec des répercussions significatives sur la santé mentale et physique des travailleurs. L'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) s'intéresse de près à ce phénomène, en analysant ses causes, son ampleur et ses conséquences.

Infographie sur le stress au travail

Définition du burn-out

Le burn-out, aussi appelé épuisement au travail ou épuisement professionnel, est défini par l’Organisation Mondiale de la Santé comme un état de fatigue intense qui entraîne une perte de contrôle et une incapacité à produire des résultats jugés satisfaisants. Ce trouble mêle épuisement physique et psychique et est généralement provoqué par un stress professionnel chronique.

Lancé en avril 2023, un test visant à mesurer l’épuisement physique et mental, les difficultés psychiques et la distance émotionnelle au travail a attiré 2 000 volontaires.

L'ampleur du stress au travail en France

Le burn-out est une réalité qui touche un grand nombre de travailleurs en France, avec des répercussions graves sur leur santé mentale au travail et leur santé physique. Mais au-delà des chiffres, le burn-out révèle des problèmes profonds dans l’organisation du travail : un manque de reconnaissance, des risques psychosociaux mal gérés et des conditions de travail parfois éprouvantes.

Le burn-out est aussi un enjeu moral. Face à une charge de travail accrue et un soutien insuffisant, la responsabilité des employeurs et des décideurs politiques est engagée.

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En 2020, selon la société Asana, 71 % des travailleurs se sont retrouvés en situation de surmenage. Le taux de dépression nécessitant un accompagnement serait lui de 36%.

Le risque de burn-out concerne actuellement six millions de salariés, et 2,5 millions se disent en "burn-out sévère". C’est toujours trois fois plus qu'avant la crise sanitaire.

Parmi les salariés interrogés pour cette 11e édition du baromètre depuis mars 2020, 14% présentent un taux de détresse psychologique élevé, poursuit l'étude, qui fait état de "36 mois de détresse élevée".

En plein débat sur les retraites, le baromètre indique que 7 salariés sur 10 ont "peur de ne pas pouvoir tenir avec le recul de l'âge de départ". La même proportion déclare que la perspective de travailler plus longtemps les "angoisse". En outre, 40% des salariés interrogés se disent épuisés au travail. 84% des répondants indiquent ressentir du stress au travail presque tous les jours.

En mai 2020, les arrêts de travail pour épuisement professionnel ou raison psychologique sont devenus pour la première fois la deuxième raison des arrêts de travail, derrière les arrêts liés au covid.

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Selon une récente étude Malakoff Humanis, en raison par exemple de l’isolement prolongé ou de la confusion entre travail et vie privée, plus de 40% des salariés considèrent que la pandémie a un “impact négatif” sur leur équilibre psychologique.

41% des salariés français se déclarent en détresse psychologique. C’est trois points de plus qu’en octobre 2021.

“La crise s'éternise. Des chiffres d’autant plus alarmants qu’aucune amélioration sensible n’est observée depuis mars, alors que la situation sanitaire s’améliore progressivement.

Parmi les salariés affichant le plus fort taux de détresse psychologique, on retrouve les managers (52%) et les télétravailleurs (46%).

Infographie sur le stress au travail

Les populations les plus touchées

Les jeunes de moins de 29 ans et les femmes sont les populations les plus exposées, avec des taux de souffrance de respectivement 54% et 47,5%.

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En 2021, 42% des femmes se sont déclarés "souvent ou presque toujours en burn-out" contre 35% des hommes, rapporte une étude du cabinet McKinsey & Company et l’ONG LeanIn, qui ont interrogé 65.000 employés outre-Atlantique.

La pandémie a aggravé la situation des femmes au travail. En 2021, une sur trois a envisagé de quitter son travail ou de changer de carrière. C’était seulement une sur quatre en 2020.

L’année dernière, les femmes ont aussi été plus nombreuses à "prendre des mesures pour soutenir psychologiquement leurs équipes" (31% contre 19% des hommes).

91% des 18-24 ans (la Gen Z) affirment être angoissés au travail. 23% d’entre eux sont même confrontés à un stress qualifié « d’ingérable » par les auteurs de l’étude. 39% des 18-24 ans et 34% des 25-35 ans considèrent l’argent comme cause principale de stress.

Les professions à risque

Certaines professions sont particulièrement exposées aux risques professionnels liés au burn-out. Les médecins sont particulièrement vulnérables au burn-out en raison de longues heures de travail, d’une charge de travail élevée, de la pression liée à la santé des patients et du manque de reconnaissance.

Le burn-out des médecins menace non seulement leur santé mentale, mais aussi la qualité des soins qu’ils prodiguent. Près de la moitié d'entre eux (44%) présentent une détresse psychologique, un état qui recouvre à la fois des symptômes de dépression et d'épuisement.

Dans d’autres secteurs comme la sécurité au travail, les professions libérales ou le contrôle qualité, l’irritabilité, le manque de reconnaissance et les difficultés vis-à-vis du travail renforcent ces problématiques.

Les métiers de services et de la finance (26%), les arts et la culture (23%) ainsi que l’éducation (22%) engendrent le plus de stress.

Stress au travail. Comment résister à la pression. Le magazine de la santé

Les causes du stress au travail

Plusieurs facteurs peuvent contribuer au stress au travail :

  • Une charge de travail excessive
  • Un manque de contrôle sur son travail
  • Un manque de soutien de la part des collègues ou de la hiérarchie
  • Un manque de reconnaissance
  • Un conflit de valeurs entre le travailleur et l'entreprise
  • Un environnement de travail toxique

L’incertitude quant à l’avenir semble également angoisser la Gen Z (34%) et les 25-35 ans (31%), notamment à la sortie de la crise Covid qui continue de marquer les esprits.

55% des salariés disent se sentir stressés au moins une fois par semaine. Parmi eux, seulement 15% en parlent à leurs managers et 9% ressources humaines.

Les conséquences du stress au travail

Le stress au travail peut avoir de nombreuses conséquences négatives, tant pour le travailleur que pour l'entreprise :

  • Problèmes de santé mentale (anxiété, dépression, burn-out)
  • Problèmes de santé physique (maladies cardiovasculaires, troubles musculo-squelettiques)
  • Absentéisme
  • Baisse de la productivité
  • Augmentation du risque d'accidents du travail
  • Dégradation du climat social

L’Institut national de Recherche et de Sécurité (INRS) y confirme encore que ses impacts sur la santé sont en effet nombreux et variés : hypertension, maladies cardiovasculaires, troubles musculo-squelettiques (TMS), anxiété, dépression, tendances suicidaires…

Un absentéisme plus important.

La Qualité de Vie au Travail (QVT)

Notre souhait n'est pas d'énumérer des chiffres catastrophiques liés au stress. Notre approche est plutôt centrée sur une qualité de vie positive, y compris son application dans le domaine personnel et aussi professionnel : la Qualité de Vie au Travail (QVT).

Les entreprises prenant en charge le bien-être de leurs salariés obtiennent une réduction de 0,5 à 5 jours d’absence par employé et par an. 1 euro investi = 2.2 euros gagnés en moyenne, et de 1 à 7 euros pour les extrêmes.

Solutions et prévention

La prévention du stress au travail est essentielle. Elle passe par :

  • Une meilleure organisation du travail
  • Un soutien accru aux travailleurs
  • Une reconnaissance du travail accompli
  • Une meilleure communication
  • Une formation des managers à la gestion du stress

Malheureusement, « la prévention se heurte encore à certaines difficultés », s’inquiète l’INRS. C’est pourquoi, le PST3 (Plan Santé Travail) pour la période 2016-2020 propose de prendre en compte les risques psychosociaux afin de lutter contre le stress au travail.

Intégrer davantage les salariés dans les processus de décision de l’entreprise et leur donner plus d’autonomie. Améliorer l’environnement social au travail.

D'autres organismes français (ANACT, CRAM...) et européen confirmeraient le lien et la pertinence entre notre objectif et les besoins du marché économique, professionnel, social. Par exemple, le " programme de santé active " de la CARSAT (dans lequel interviennent certains de nos élèves) est proposé avec plusieurs thématiques (l'entretien du cœur, la nutrition, le sport et la gestion du stress). Il vise à faire du préventif auprès des assurés.

Le coût du stress au travail

Une étude réalisée en France estime que le coût direct et indirect du stress peut être évalué entre 830 et 1 656 millions d’euros par an, ce qui équivaut à 10 à 20 % du budget de la branche accidents du travail / maladies professionnelles de la Sécurité Sociale.

Au niveau du management, plusieurs recherches (Cohen, Janicki-Deverts, & Miller, 2007; Kaplan, Chen, & Manuck, 2009; Rozanski, Blumenthal, & Kaplan, 1999) démontrent un coefficient de 2.4 entre le manque de formation des managers et les risques coronariens.

Le coût social en France de la souffrance en milieu professionnel aujourd’hui est de 8% du PIB (valeur totale de la production annuelle de richesses) alors que celle du chômage est de 3%.

ADP : Le stress au travail en Europe

ADP vient de publier la troisième partie de son étude The Workforce View in Europe dédiée au stress au travail : Comment se situent les salariés français par rapport à leurs voisins européens ?

On observe aussi des écarts considérables selon les pays : alors que la moitié (45 %) des Polonais déclarent que leur employeur ne s’intéresse pas du tout à leur santé mentale, à l’autre bout de l’échelle, en Suisse, seulement 16 % des salariés déclarent que leur employeur ne se soucie pas de leur santé mentale.

L’hexagone se place à la 3ème place parmi les pays européens où les salariés se sentent stressés au quotidien, derrière l’Allemagne (20%) et la Pologne (25%).

Les régions les plus concernées ? Le Sud-Ouest (24%), le Centre (22%) et l’Ile-de-France (20%).

En moyenne, en Europe, plus d’un répondant sur six (17 %) subit un stress quotidien au travail. Les plus zen ? Les Néerlandais.

Carlos Fontelas de Carvalho, Président d’ADP en France et en Suisse : « Quand on sait qu’une personne sur quatre souffrira d’un problème de santé psychologique au cours de sa vie, il est très inquiétant de constater que 30% des salariés en Europe n’oseraient pas en parler librement. Les problèmes de bien-être au travail sont souvent responsables de l’absentéisme, et il n’y a aucune raison de ne pas les traiter de la même façon que les maladies physiques, plutôt que d’en avoir honte. […] Un bon point de départ est de donner l’exemple. Si les salariés voient des cadres supérieurs échanger sur leur stress au travail, il sera plus facile pour eux d’alerter sur le sujet. C’est en se montrant ouvertes et en aidant les collaborateurs à oser parler de leurs problèmes que les entreprises pourront les rendre plus motivés et engagés. Les attitudes évoluent lentement, mais il faut faire davantage si nous voulons mettre une fois pour toutes un terme à la stigmatisation entourant le bien-être au travail.

L'approche scientifique du stress

  • (Hans Selye 1936) : Le stress se définit comme un Syndrome général d’adaptation.
  • (Crespy 1984) : Le stress comme générateur de pathologies.

Mobilisation de l’organisme tout entier pour apporter une réponse à des agressions environnementales. C’est la double-perception d’un état de divergence entre une demande d’adaptation à un moment donné et la capacité à y faire face.

C’est une dépense d'énergie. Face à une situation courte, l'être humain va gérer la situation sur l'instant. Si elle se prolonge, il devrait gérer sur la durée cette même situation. Cela est le Syndrome Général d'Adaptation. Il génère fatigue et épuisement progressif.

La prévention primaire n'est pas une réaction aux conséquences du stress, mais une action anticipée.

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