Rôle et missions du personnel infirmier
Dès les premiers jours de leur formation, les étudiants infirmiers sont sensibilisés aux actes qu’ils peuvent réaliser dans le cadre de leur exercice. Très vite, le terme "rôle propre infirmier" est cité, en comparaison au "rôle médico-délégué". Ce rôle propre suscite de nombreuses interrogations de la part des professionnels paramédicaux, qui restent souvent dans le questionnement lorsqu’il s’agit d’être précis sur cette thématique.
Le décret n° 2025 du 24 décembre 2025 relatif aux activités et compétences de la profession d'infirmier réforme profondément l’exercice infirmier. Les arrêtés d’application doivent être publiés d’ici le 30 juin 2026. Dans cet intervalle, le contenu de cet article reste à jour.
Origines et évolution du rôle propre infirmier
Depuis la fin du XIXe siècle et le début du XXe, les techniques médicales ont évolué, avec des investigations toujours plus pointues, confiées à des assistants spécifiquement formés par leurs pairs. Au début du XXe siècle, les écoles d’infirmières avaient pour mission de former des personnes pour mieux assister les médecins. Le médecin dispense à l’infirmière une partie de son savoir et lui octroie l’exécution d’un nombre d’actes techniques.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit le rôle de l’infirmier ainsi : "Aider les individus, les familles et les groupes à déterminer et réaliser leur plein potentiel physique, mental et social." Les soins infirmiers englobent la planification et la mise en œuvre de soins curatifs et de réadaptation, couvrant les aspects physiques, mentaux et sociaux affectant la santé, la maladie, le handicap et la mort. Les infirmiers travaillent aussi comme partenaires des autres professionnels de santé.
Définition et périmètre du rôle propre infirmier
La définition du rôle propre de l’infirmier renvoie au périmètre d’autonomie dans son exercice quotidien. Il concerne les soins que l’infirmier peut réaliser à sa propre initiative, notamment ceux qui compensent la perte d’autonomie du patient dans les gestes élémentaires de la vie.
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Selon l'article R. 4311-3 du Code de la Santé Publique (CSP) : "Relèvent du rôle propre de l'infirmier ou de l'infirmière les soins liés aux fonctions d'entretien et de continuité de la vie et visant à compenser partiellement ou totalement un manque ou une diminution d'autonomie d'une personne ou d'un groupe de personnes."
Dans ce cadre, l'infirmier a compétence pour prendre les initiatives et accomplir les soins qu'il juge nécessaires. Il identifie les besoins de la personne, pose un diagnostic infirmier, formule des objectifs de soins, met en œuvre les actions appropriées et les évalue. Il peut élaborer, avec la participation de l'équipe soignante, des protocoles de soins infirmiers relevant de son initiative.
Démarche pour déterminer les soins à prodiguer
- Évaluer les besoins du patient.
- Poser un diagnostic infirmier.
- Formuler des objectifs de soins.
- Mettre en œuvre les actions adaptées et les évaluer.
Les types de soins réalisés par l'infirmier
En pratique, l’infirmier peut réaliser trois types de soins :
- Les soins dans le cadre de son rôle propre.
- Les soins sur prescription médicale.
- Les soins en présence d’un médecin prescripteur.
La notion de "rôle propre infirmier" est directement liée aux actes relevant de sa compétence. Le décret n° 2004-802 du 29 juillet 2004, codifié aux articles R. 4311-4 et R. 4311-5 du CSP, détaille ces actes.
Articles R. 4311-4 et R. 4311-5 du CSP
L'article R. 4311-4 précise que lorsque les actes relevant du rôle propre sont dispensés dans un établissement ou un service à domicile à caractère sanitaire, social ou médico-social, l'infirmier peut, sous sa responsabilité, les assurer avec la collaboration d'aides-soignants, d'auxiliaires de puériculture ou d'aides médico-psychologiques qu'il encadre, dans les limites de leur qualification.
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L'article R. 4311-5 détaille les actes et soins que l'infirmier réalise dans le cadre de son rôle propre :
- Soins visant à assurer l'hygiène de la personne et de son environnement.
- Surveillance de l'hygiène et de l'équilibre alimentaire.
- Dépistage et évaluation des risques de maltraitance.
- Aide à la prise et surveillance des médicaments non injectables.
- Soins et surveillance liés à l'alimentation par sonde gastrique.
- Soins de patients en assistance nutritive entérale ou parentérale, dialyse, et milieu stérile.
- Installation adaptée du patient selon sa pathologie.
- Préparation et surveillance du repos et du sommeil.
- Levers et aides à la marche sans techniques de rééducation.
- Aspirations, ventilation manuelle, utilisation d’un défibrillateur semi-automatique.
- Administration en aérosols de produits non médicamenteux.
- Surveillance des fonctions vitales et maintien non invasif des fonctions.
- Réalisation et surveillance des pansements non médicamenteux et bandages.
- Prévention et soins d'escarres, prévention non médicamenteuse des thromboses veineuses.
- Toilette périnéale, soins de bouche, irrigation oculaire et instillation de collyres.
- Participation à des tests diagnostics, surveillance de cathéters, sondes et drains.
- Recherche de signes de complications liées à dispositifs d'immobilisation ou de contention.
Responsabilités liées au rôle propre infirmier
L’infirmier est personnellement responsable des décisions et actes qu’il effectue dans le cadre de son rôle propre. Il engage sa responsabilité civile, administrative, pénale et disciplinaire. La responsabilité civile permet au patient d’obtenir réparation en cas de préjudice.
L’infirmier doit faire preuve de compétence, discernement et sens éthique dans la réalisation de ses actes. Il est responsable non seulement des soins mais aussi du bien-être global du patient, dans le respect de son autonomie et dignité.
Analyse, organisation et évaluation des soins
L'exercice infirmier comporte l'analyse, l'organisation, la réalisation et l’évaluation des soins. Les soins préventifs, curatifs et palliatifs intègrent une qualité technique et une qualité relationnelle avec le patient. L’infirmier identifie les besoins, analyse l’état de santé, détermine les interventions nécessaires et assure le suivi, notamment via la tenue du dossier de soins infirmiers.
La surveillance attentive des patients fait partie intégrante du rôle propre, permettant d’identifier tout signe significatif et de prévenir des complications.
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Les missions selon le milieu d’exercice
Les infirmiers exercent dans des milieux divers, ce qui influence fortement leurs rôles et responsabilités.
- Infirmiers à domicile : Ils visitent les patients, souvent atteints de maladies chroniques ou en phase de rétablissement, prodiguant des soins techniques en autonomie. La relation humaine et la confiance jouent un rôle primordial dans ce cadre.
- Infirmiers en milieu scolaire ou carcéral : Leur rôle comprend la santé, mais aussi la prévention, l’éducation et le soutien psychologique. Ils détectent aussi des troubles de santé mentale.
- Infirmiers en psychiatrie : Ils prennent en charge des patients avec des troubles mentaux.
- Infirmiers en Protection Maternelle et Infantile (PMI) : Concentrés sur les mères et jeunes enfants, ils font des bilans de santé, assurent le suivi des nouveau-nés, conseillent les parents, et réalisent peu de soins techniques.
Formation et conditions d’exercice
La formation d’infirmier s’effectue en Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI), souvent rattaché à un hôpital. Elle dure trois ans et conduit au Diplôme d’État infirmier.
Le salaire dépend de la spécialisation, de l’expérience et du statut (salarié ou libéral). Dans le secteur public, un infirmier débutant gagne environ 1650 euros bruts par mois.
Les perspectives d’évolution sont diverses, en fonction du secteur et de la structure d’exercice.
Parcoursup : la formation en soins infirmiers
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