Rivalité et leadership en Asie : enjeux géopolitiques entre la Chine, le Japon et les puissances régionales

L’Asie est le théâtre d’enjeux multiples, économiques, politiques et de sécurité. L’Asie orientale est-elle le théâtre d’une rivalité entre la Chine et les États‑Unis ? Et cette rivalité s’avive en raison de la montée en puissance de la Chine sur de multiples terrains. Le pays a l’ambition d’affirmer un ascendant de plus en plus fort sur la région, il veut circonvenir toute intervention potentielle extérieure qui contrecarrerait ses propres ambitions. Or, les États‑Unis entendent bien continuer, parce que cela s’inscrit dans leurs intérêts stratégiques, à jouer dans la région un rôle de grande puissance.

Cartographie des espaces de rivalité : mers, îles et routes maritimes

La mer de Chine méridionale devient ainsi un théâtre géopolitique parmi les plus critiques de la planète. En effet, se superposent ici les projections d’influence de la Chine à caractère expansif et le rôle régional des États‑Unis à caractère défensif. La superposition de deux zones d’influence sino‑américaine sur le même espace a été confirmée par la Secrétaire d’État, Mme Hillary Clinton, lorsqu’elle a fait référence aux « intérêts nationaux » des États‑Unis concernant la liberté de navigation et les initiatives de « confidence building » des puissances de la région.

La Chine, Taiwan et le Japon revendiquent la souveraineté territoriale sur l’archipel des îles Senkaku/Diapyou, situé entre Okinawa et Taiwan, archipel riche en ressources naturelles et en pétrole. La Chine, Taiwan et le Vietnam revendiquent leur souveraineté sur les îles Paracels et Spratleys, alors que les Philippines, la Malaisie et Brunei ont des prétentions territoriales partielles sur le même archipel. Cet espace maritime est d’une importance stratégique pour la Chine qui a entrepris la construction d’une base maritime pour ses sous‑marins sur l’île de Hainan.

Asymétries économiques et instruments de pression

Sur le plan économique, l’Asie orientale doit davantage être considérée comme un champ normal de compétition entre deux puissances économiques plutôt, sauf exception, que comme le lieu d’une rivalité. En effet, même si les contentieux économiques sont vifs entre les deux pays, Pékin et Washington ne s’opposent pas aussi vivement dans ce domaine qu’ils peuvent le faire sur les sujets politiques et stratégiques.

Toute l’industrie chinoise des énergies renouvelables est, pour de multiples réalisations technologiques associées, consommatrice de terres rares. La Chine détient 37 % des réserves mondiales de ces métaux. Mais, à la suite de la modernisation de leur exploitation, elle assure aujourd’hui 93 % de la production mondiale. En effet, arguant des graves dommages causés à l’environnement par l’extraction de ces métaux, la Chine, à l’été 2010, a déclaré qu’elle restreignait l’exportation de ces produits, un contingentement en fait déjà entamé dès 2006. Pékin va même jusqu’à cesser l’exportation du terbium et du dysprosium, deux métaux dont le pays détient 99 % des réserves mondiales et qui entrent dans la composition de nombreuses applications civiles et militaires.

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Autre sujet de contentieux sino‑américain : la pression exercée par la Chine sur les compagnies pétrolières étrangères pour les dissuader de conclure des contrats avec des compagnies des pays de la périphérie de la mer de Chine du Sud, dès lors que les gisements à exploiter sont situés, en tout ou en partie, dans l’espace maritime que, par l’artifice du tracé en neuf traits, la Chine entend contrôler. Par exemple, le long de la côte vietnamienne, il coupe les lots 117 à 127, dont l’essentiel se situe dans les eaux territoriales du Vietnam. En novembre 2006, c’est l’indien ONGC qui faisait les frais des protestations élevées par la Chine à l’encontre de la concession que le gouvernement vietnamien lui avait octroyée sur le lot 127, dans le bassin de Phu Khanh, au large de la baie de Cam Ranh. Puis, le 10 avril 2007, la Chine, après avoir protesté auprès du Vietnam, réussit à contraindre le consortium BP‑Conoco Phillips‑Petrovietnam d’arrêter d’exploiter les champs gaziers de Moc Tinh et Hai Thach.

Instruments d’intégration régionale et tentative d’exclusion des États‑Unis

Sur le plan macro‑économique, il apparaît évident que les Chinois préfèreraient que la coopération en Extrême‑Orient s’instaure sous leur seule égide et au travers de la mise en place de programmes régionaux d’intégration dont les États‑Unis, autant que faire se pourrait, seraient tenus à l’écart. C’est le cas du lancement, dès 2008, en direction de l’ASEAN, du projet global de Zone de coopération économique pan‑régionale du golfe du Tonkin (Pan Beibu Gulf Economic Cooperation Scheme) subdivisé en trois axes d’activités : un axe occidental s’appuyant sur la direction générale Nanning‑Singapour ; un axe central s’appuyant sur la zone de coopération de la sous‑région du Grand Mékong ; un axe oriental, maritime et côtier, englobant toute la mer de Chine du Sud.

Un processus comparable est lancé lorsque, le 1er juillet 2010, entre en vigueur l’accord de libre‑échange institué entre les six pays les plus avancés de l’ASEAN, avec la perspective d’intégrer, à l’horizon 2015, la Birmanie, le Cambodge, le Laos et le Vietnam. De même, grâce à une politique de persuasion engagée depuis 2000 auprès de ses voisins d’Asie du Sud‑Est, ceux de l’ASEAN en l’occurrence, et du Nord‑Est, Japon et Corée du Sud, la Chine parvient à faire avaliser la création d’un fonds commun de réserves de change. L’accord de multilatéralisation de l’initiative de Chiang Mai (CMIM) est finalisé le 24 mars 2010. Il institue un fonds de 120 milliards de dollars, qui permettra, par le biais d’échanges swap de créances, de faire face à des difficultés temporaires éprouvées par l’un ou l’autre des partenaires quant à sa balance des paiements et à ses liquidités à court terme.

Retour américain et réajustement des alliances

C’est la raison pour laquelle le fait que les États‑Unis manifestent un regain d’intérêt pour la région rassure ces pays et leur apparaît comme un facteur stabilisant, susceptible de les aider à maintenir un équilibre avec la Chine. Le « come‑back » américain dans la région est perçu comme une nouvelle politique de « roll back », une stratégie de refoulement à l’égard de la Chine qui entend bien se positionner sur le marché régional en Asie du Sud‑Est mais aussi dans la péninsule malaisienne et indochinoise.

Lors du discours d’Obama à Tokyo en novembre 2009, la politique de la nouvelle Administration américaine a défini les États‑Unis comme « une nation du Pacifique ». Cette déclaration, énoncée dans le but de « renouveler le leadership américain dans le monde », s’adresse non seulement aux alliés historiques de la région, mais également aux pays de l’ASEAN. Les États‑Unis ont demandé d’y adhérer, et l’ASEAN constitue un forum stratégique de toute première importance pour la stabilité, la paix et le développement économique en Extrême‑Orient.

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Le Japon : pivot stratégique et réarmement préventif

Le Japon se situe dans l’épicentre géopolitique du « collier de perles » de la mer de Chine et constitue le pilier majeur géostratégique et militaire de l’Alliance américano‑atlantique. Pour la première fois depuis l’ère Meiji et, en dépit des restrictions légales et constitutionnelles, le Japon se réarme préventivement, de manière progressive, afin de contrebalancer les menaces militaires et les aspirations territoriales chinoises dans la région Asie‑Pacifique.

Dans le cadre du repositionnement américain dans la région et la mise en œuvre de la stratégie d’encerclement de la Chine, le Japon se situe dans l’épicentre maritime du « collier de perles » stratégique, les fameux « lily pads », qui relient les installations militaires maritimes de San Diego à Hawaï jusqu’à Guam, et de Guam au Japon et la Corée du Sud. C’est pourquoi le Japon constitue un des pivots stratégiques de cette barrière maritime qui s’étend du nord de Bornéo en passant par Singapour. Avec Taïwan, le Japon constitue la deuxième tête de pont stratégique dans le système de sécurité maritime américain. En effet, le Japon abrite la plus importante base navale de la 7e flotte américaine et possède une armée efficace.

La modernisation militaire de la Chine et la montée en puissance maritime de la Corée du Sud ont forcé les cercles militaires et stratégiques japonais à repenser leur doctrine militaire. C’est ainsi que le vice‑amiral Hideaki Kaneda explique que la Chine a changé de style de défense maritime vers un sea‑power plus agressif, ce qui a poussé le Japon à reformuler sa stratégie maritime nationale. L’armée japonaise vient de se doter d’armements sophistiqués, d’hélicoptères Hyuga qui accroissent les capacités opérationnelles maritimes. Tokyo utilise le JMSDF (Force japonaise maritime d’autodéfense) en support aux opérations en Afghanistan et en Irak. D’autre part, le Japon a acquis une nouvelle force de frappe avec le développement de la garde côtière qui est engagée dans la diplomatie maritime avec leurs partenaires dans l’Asie du Sud‑Est.

Escalade sino‑japonaise : risques militaires et économique

Les menées belliqueuses chinoises en mer de Chine participent ainsi d’une nouvelle guerre de représentation, d’une guerre symbolique visant à intimider le Japon et à appuyer la légitimité de ses revendications territoriales sur les îles contestées. L’escalade conflictuelle et militaire du conflit sino‑japonais pourrait déboucher sur plusieurs scénarios, qui en raison de la mobilisation nationaliste des opinions publiques et de la rhétorique guerrière dans les deux camps, pourraient très bien aboutir à un scénario de conflit ouvert et incontrôlable. Ce conflit armé aurait, en tout état de cause, des conséquences désastreuses pour l’ensemble du monde asiatique et menacerait la stabilité et la paix au niveau global.

Sur le terrain, bien que le conflit sino‑japonais apparaisse comme un conflit historique « gelé » durant des décennies, c’est bien à une véritable guerre économique que se livrent le Japon et la Chine. En effet, la Chine a menacé ouvertement le Japon de recourir à l’arme économique en renforçant ses contrôles douaniers sur les marchandises japonaises, en multipliant les appels au boycott de produits japonais. Ainsi, les grands groupes japonais présents en Chine comme Toyota, Nissan et Suzuki sont en train de réduire leur production dans le pays alors que dans certaines provinces, les ventes de voitures japonaises auraient chuté de 60 %.

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Les États d’Asie du Sud‑Est : équilibrages, dépendances et stratégies différenciées

Certains pays de la région refusent de se prêter au jeu de la rivalité sino‑américaine et semblent s’orienter vers une politique de coopération régionale asymétrique plutôt que d’opter pour la traditionnelle politique d’alignement. Les États membres de l’ASEAN refusent de se positionner en bloc vers la Chine ou les États‑Unis. Ainsi, Singapour, les Philippines et le Viêt Nam sont devenus les partenaires privilégiés des États‑Unis, mais le Laos, le Cambodge et le Myanmar ont préféré la Chine. S’y ajoutent des partenariats croisés entre l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande.

Face à la montée en puissance des États‑Unis en Asie‑Pacifique, la Chine compte sur sa puissance économique pour s’imposer aux pays riverains. La Chine multiplie les efforts diplomatiques envers la Malaisie, l’Indonésie, Singapour et la Thaïlande, augmente les patrouilles paramilitaires et le déploiement de pêcheurs sur zone et développe sa capacité de déni d’accès naval à Taïwan.

Le Centre Asie de l'Ifri vise à éclairer ces réalités et aider à la prise de décision par des recherches approfondies et le développement d’une plateforme de dialogue permanent autour de ces enjeux. Le Centre Asie structure sa recherche autour de deux grands axes : les relations des grandes puissances asiatiques avec le reste du monde et les dynamiques internes des économies et sociétés asiatiques. Les activités du Centre se concentrent sur la Chine, le Japon, l'Inde, Taïwan et l'Indo‑Pacifique, mais couvrent également l'Asie du Sud‑Est, la péninsule coréenne et l'Océanie.

Soft power, investissements et influence : Chine vs Japon

Forts de leurs essors économiques et de leurs places grandissantes au sein de l’échiquier géopolitique international, la Chine et le Japon ont adopté le concept de soft power, et le projettent via leur aide économique, leurs investissements, leur diplomatie publique et leur culture. Joseph Nye définit la puissance douce comme la capacité d’obtenir des résultats par la cooptation plutôt que par la force.

La Chine développe sur le continent et à travers le monde son projet de « Nouvelles Routes de la Soie » (BRI). Né en 2013, ce projet d’un montant d’investissements considérable a rebattu les cartes des relations internationales. Beaucoup plus que Moscou, Pékin a su donner corps à ses projets d’alternative à l’Occident, tant sur le plan économique qu’idéologique.

Le Japon, quant à lui, projette son influence par des infrastructures qualitatives, des zones économiques spéciales (ZES) et des investissements durables. Exemple au Cambodge : le Japon reste le premier donateur bilatéral et a construit des infrastructures telles que le pont Tsubasa, qui a réduit les coûts de transport entre Phnom Penh et Hô Chi Minh‑Ville de 40 %. La ZES de Phnom Penh accueille de nombreuses entreprises japonaises et a reçu des investissements substantiels.

Multipolarité régionale : Inde, Russie, Quad et nouveaux partenariats

Le rôle de l’Inde est également de plus en plus important dans la région. En 2022, l’Inde et l’ASEAN ont célébré 30 ans de partenariat. Pour l’Inde, la politique du « regard vers l’Est » promeut des coopérations de défense avec ses partenaires asiatiques et a conduit à un rapprochement stratégique avec les États‑Unis. Depuis 2007, les exercices navals Malabar réunissant les deux alliés se tiennent régulièrement autour d’Okinawa.

Depuis 2021, le Quad - l’alliance entre les États‑Unis, le Japon, l’Inde et l’Australie - milite pour la défense de « l’État de droit, la liberté de navigation et de survol, la résolution pacifique des conflits, les valeurs démocratiques et l’intégrité territoriale des États ». Le Quad a proposé, lors de son sommet, un investissement sur cinq ans de 50 milliards de dollars dans le soft power.

La Russie apparait comme contrepoids naturel pour certains pays inquiets de l’ascension chinoise : la préoccupation du Vietnam le conduit, quasi naturellement, à rechercher un contrepoids au retour des Américains, la Russie constituant ce contrepoids. Lors de la présidence vietnamienne de l’ASEAN en 2010, la Russie fut invitée au Forum régional élargi de l’ASEAN et y envoya son ministre des Affaires étrangères.

Risques d’escalade généralisée : Taïwan, Corée et prolifération

Aucune région de l’Asie n’est épargnée par des risques de conflit de plus ou moins grande intensité, même si l’Asie orientale et la question de Taiwan cristallisent davantage les attentions à l’heure actuelle, en raison des risques de confrontation à grande échelle. Une agression chinoise contre l’île provoquerait possiblement une réaction en chaîne des États‑Unis et du Japon. Elle embraserait à coup sûr la région et bien au‑delà.

La montée des tensions en Asie a aussi pour théâtre la péninsule coréenne, où le nucléaire nord‑coréen demeure un facteur d’instabilité régional. Le nucléaire reste toujours porteuse de risques à grande échelle, en particulier quand on note la présence de plusieurs puissances nucléaires et des risques de prolifération.

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Dynamiques internes et réponses nationales : stratégies d’équilibrage

De nombreux pays de la région développent une stratégie d’équilibrage doux : ils se rapprochent du Japon ou des États‑Unis sans s’opposer directement à la Chine. Le Vietnam, le Cambodge, la Thaïlande ou l’Indonésie illustrent des approches diverses. La Thaïlande, soucieuse de ne pas contrarier la Chine, voit son influence chinoise s’exercer à coups de relations économiques étoffées et de programmes d’équipement militaire. Le Cambodge a opté pour des liens étroits avec la Chine, recevant d’importants IDE mais prenant le risque d’une dépendance.

Les États de l’ASEAN cherchent à dépolitiser certains enjeux régionaux, en mettant l’accent sur la coopération non militaire : environnement, sécurité sanitaire, lutte contre le terrorisme, migrations, trafics illicites et piraterie maritime. L’objectif est d’éviter l’internationalisation de conflits intérieurs ou bilatéraux et de favoriser la coopération stratégique.

Scénarios d’avenir et facteurs-clés

  1. Confrontation militaire localisée : incidents en mer pouvant dégénérer en affrontements entre forces navales ou paramilitaires.
  2. Escalade économique : sanctions, boycotts, manipulation des chaînes d’approvisionnement et recours à l’arme des terres rares.
  3. Multipolarité gérée : renforcement d’institutions régionales, accords économiques multilatéraux où la Chine et les autres puissances partagent l’espace d’influence.
  4. Régionalisation des rivalités : effets domino entre différends bilatéraux (mer de Chine méridionale, Taïwan, Himalaya) menant à une polarisation plus marquée.

Les facteurs qui détermineront quel scénario prévaudra incluent la capacité des États‑Unis à maintenir une présence crédible, la stratégie d’intégration et de soft power de la Chine, le réarmement et le rôle actif du Japon, ainsi que la volonté des pays de l’ASEAN de préserver leur autonomie stratégique.

Tableau synthétique : acteurs, instruments et zones de pression

Acteur Instruments principaux Zones de pression
Chine BRI, investissements, institutions financières régionales, patrouilles maritimes, terres rares Mer de Chine méridionale, Grand Mékong, routes maritimes
États‑Unis Alliances militaires, présence navale, Quad, aides et exercices Mer de Chine méridionale, Japon, Philippines, cachet Indo‑Pacifique
Japon Infrastructures, ZES, bases américaines, modernisation militaire Archipel Senkaku, corridor maritime Asie du Sud‑Est
Inde Partenariats de défense (Malabar), corridors terrestres, « regard vers l’Est » Océan Indien, influence dans l’ASEAN
ASEAN Diplomatie régionale, forums (ARF, ASEAN+3) Régionalisme, gestion des différends maritimes

La compétition sino‑japonaise, insérée dans un environnement régional et global dynamique, fait intervenir des dimensions économiques, militaires, diplomatiques et identitaires. Le basculement des équilibres dépendra à la fois des capacités matérielles des États et des choix politiques et stratégiques des acteurs régionaux, qui alternent entre alignement, équilibre et autonomie.

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