Point le plus bas de la Terre : définitions, lieux et curiosités
La question du « point le plus bas de la Terre » dépend du repère que l'on adopte et peut être interprétée de plusieurs façons : point le plus bas par rapport au niveau de la mer, point le plus bas sur la surface terrestre émergée, point le plus bas du sol par rapport au centre de la Terre, ou encore position la plus éloignée de toute terre émergée.
Point le plus bas par rapport au niveau de la mer : la Mer Morte
Sur la Terre, actuellement, c'est le niveau de la Mer Morte. On en est à -422 m et elle continue à descendre, depuis les années 70's à environ 1 m par an. La mer Morte est le point le plus bas de la planète, son rivage étant situé à une altitude de plus de -400 mètres par rapport à la mer. Être le point le plus bas de la planète a plusieurs conséquences climatiques et environnementales.
La grande majorité des vallées du plateau continental de la Terre sont causées par l’érosion hydrique, de différentes manières : vallées fluviales, vallées alluviales ou glaciers. Cette vallée est, en fait, une grande faille, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une tranchée tectonique allongée, résultant de la séparation de deux plaques tectoniques. Dans ce cas, la plaque africaine et la plaque arabe.
Cette séparation a eu lieu au Miocène, il y a des millions d’années. À cette époque, la région était principalement inondée d’eau de mer, reliant ainsi la mer Méditerranée, la mer Rouge et l’océan Indien. Mais il y a environ un million d’années, le plateau continental s’est élevé, provoquant le retrait de l’eau et l’émergence de la terre qui sépare aujourd’hui la Méditerranée de la mer Rouge.
Cependant, toute l’eau de mer n’a pas disparu, mais une partie importante a été « piégée » dans cette fosse tectonique, à l’origine de la grande masse d’eau salée de la mer Morte. La composition de l’eau de cette mer, qui est en réalité un lac endoréique (enclavé) est modifiée par deux aspects : d’une part, l’apport en eau douce du bassin hydrographique du Jourdain, qui prend sa source dans le mont Hermon ; et d’autre part, l’énorme évaporation qui se produit ici en raison de l’ensoleillement et des températures élevées.
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Cet équilibre fragile est mis à rude épreuve par le changement climatique et l’utilisation humaine des eaux du Jourdain. En ce qui concerne l’eau de la mer Morte, la conséquence est celle déjà évoquée : son extrême salinité, qui facilite la flottaison sans effort et génère des boues largement utilisées par l’industrie cosmétique, en raison de ses bienfaits pour la peau.
Point le plus bas en mer : fosse des Mariannes (Challenger Deep)
Mais sous la mer, le point le plus bas est la grande fosse des Mariannes. En mer, c'est en effet la fosse du Challenger dans l'archipel des Mariannes. Le fond de la fosse des Mariannes est à 11 282 mètres selon certaines mesures et la profondeur totale mesurée est de 11 282 mètres (source Exxon Mobil). Dans la même catégorie on peut aussi rajouter la mine d'or de TauTona en Afrique du Sud qui a récemment (2008) atteint la profondeur record de 3.9 km.
Oui évidemment. Le forage le plus profond se trouve dans la péninsule de Kola; c'est SG-3 qui a atteint -12 290 m. A l'heure actuelle, il est difficile de faire plus profond. Même le Chikyu du DSDP ne peut faire que 2 500 m dans les fonds océaniques avec un train de 10 000 m. Ajoutons-y les forages profonds.
Point le plus bas en Antarctique et autres dépressions terrestres
On peut également mentionner la fosse sous-glaciaire de Bentley en Antarctique, qui est 2 555 m sous le niveau de la mer, et pourtant "à sec"... (recouvert de glace). Parmi les grandes dépressions terrestres, la dépression de Danakil est l'un des endroits les plus dangereux sur Terre. La nature volcanique de l'endroit libère de l'acide sulfurique, des gaz toxiques et de l'huile chaude.
La dépression de Turan est située dans un bassin salé appelé "Vpadina Akchanaya" avec un sanctuaire de la faune dédié à la protection des animaux tels que les cerfs, les chèvres de montagne et autres. Formée à partir de l'effondrement de grottes calcaires près de la mer Caspienne, cette tranchée présente une rivière coulant d'une source souterraine dans un trou.
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Point le plus bas selon la géodésie : distance au centre de la Terre
Finalement, lorsque l'on considère le géoïde, le point le plus bas sur Terre est le fond de l'océan Arctique, à 6 353 km du centre de la Terre alors que le fond de la fosse des Mariannes est à 6 366,4 km du centre de la Terre. Ainsi, le critère "plus bas" change suivant qu'on mesure l'altitude par rapport au niveau moyen des mers ou la distance au centre de la Terre.
Point d'inaccessibilité océanique : Point Nemo
Le Point Nemo (en anglais : Point Nemo), également appelé Point Némo, Pôle océanique d'inaccessibilité (Oceanic Pole of Inaccessibility), est l'endroit de la surface de la Terre le plus éloigné de toute terre émergée. Il est surnommé « l'endroit le plus isolé sur Terre ». Sa position exacte est à la surface de la mer dans le Pacifique Sud, aux coordonnées 48°52.6′S 123°23.6′W, à environ 2 690 ± 2 km de la terre la plus proche.
Le Point Nemo n'est pas un véritable « lieu » physique, mais une « position » au sens géographique. Il a été découvert et nommé par l'ingénieur géomètre canadien d'origine croate Hrvoje Lukatela. « Nemo » signifie « personne » en latin. Le Point Nemo est isolé des terres émergées, des routes maritimes et des principaux courants océaniques. L'activité humaine et les traces d'autres formes de vie y sont extrêmement rares.
Caractéristiques et biodiversité
Le fond marin du point Nemo se situe à environ 4 000 mètres sous la surface de la mer et est composé de plaines abyssales, de fosses océaniques et de montagnes sous-marines, dans un environnement perpétuellement sombre et désolé. Le point Nemo se trouve au centre d'un système de trois courants océaniques (le Courant du Pérou, le Courant est-australien et la Dérive des vents d'ouest) qui l'encerclent.
Le point Nemo est pris en sandwich au centre de la zone délimitée par le gyre du Pacifique Sud, ce qui bloque l'entrée des eaux extérieures riches en nutriments. De plus, le point Nemo étant trop éloigné des terres, les nutriments abondants provenant du continent ne peuvent pas y parvenir non plus, empêchant la formation de neige marine pour soutenir l'écosystème de cette zone. Par ailleurs, la température moyenne de l'eau dans la région du point Nemo n'est que de 7,2 °C.
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Un environnement naturel aussi extrême entraîne une très faible concentration de nutriments dans les eaux du point Nemo, et par conséquent, une biodiversité extrêmement réduite. Dans un tel environnement, bien que des tentatives aient été faites pour y établir des stations de recherche et des équipements, la plupart ont échoué. Cependant, des sources hydrothermales jaillissent continuellement des fissures entre les plaques, nourrissant certaines bactéries et micro-organismes des fonds marins, et soutenant une espèce particulière vivant ici, le « Crabe yéti ».
Le « cimetière de vaisseaux spatiaux »
Depuis 1971, les États-Unis, la Russie, le Japon et des pays européens y ont immergé les restes de plus de 263 engins mécaniques provenant de l'espace. C'est pourquoi cette zone est également appelée le « Cimetière de vaisseaux spatiaux ». Avant la découverte et la dénomination officielle du Point Nemo, cette vaste étendue océanique avait déjà attiré l'attention des agences spatiales soviétiques et américaines et était utilisée par elles.
En 1971, l'Union soviétique, cherchant un site d'immersion pour ses engins spatiaux hors d'usage, a découvert que la zone du Point Nemo constituait un cimetière idéal pour les débris spatiaux. Cette région est extrêmement isolée et couvre une vaste superficie maritime. Si des débris spatiaux y tombent, ils ne blessent ni personnes ni animaux, et les radiations ou substances nocives résiduelles y sont piégées, évitant toute contamination d'autres zones.
Depuis la première immersion de débris spatiaux soviétiques dans la zone du Point Nemo, plus de 260 engins spatiaux y reposent, dont la majorité est russe : plus de 140 vaisseaux cargo spatiaux, 6 stations spatiales Saliout, ainsi que la station spatiale Mir. En outre, y reposent également une fusée SpaceX ; 5 vaisseaux cargo de l'Agence spatiale européenne (ASE) ; 6 vaisseaux cargo HTV japonais ; les stations spatiales chinoises Tiangong-1 et Tiangong-2, entre autres.
Précisément parce que de nombreux vaisseaux spatiaux y ont pris leur retraite, le Point Nemo est également surnommé « Cimetière de vaisseaux spatiaux ». La National Aeronautics and Space Administration (NASA) a annoncé son projet de mettre hors service et de procéder à une descente contrôlée de la Station spatiale internationale (ISS) en 2031. Ses débris seront immergés dans la zone inhabitée du Point Nemo, dans le Pacifique Sud.
LE POINT NEMO ? Un drôle de cimetière
Bruit océanique mystérieux et recherches
À l'été 1997, la NOAA a détecté un bruit sous-marin à très basse fréquence et à haute amplitude dans la région du Point Nemo, nommé "Bloop". Initialement, les scientifiques soupçonnaient que le "Bloop" pouvait provenir du bruit généré par de grands animaux marins comme la baleine bleue ou le calmar colossal, mais après comparaison, ils ont constaté que ce bruit dépassait largement la limite des sons émis par la baleine bleue.
Ce n'est qu'en 2005 que les scientifiques ont résolu ce mystère. Des chercheurs du Laboratoire d'environnement marin du Pacifique (PMEL), en déployant des hydrophones près de l'Antarctique pour étudier les sons des volcans sous-marins et des tremblements de terre, ont découvert que le "Bloop" détecté dans la région du Point Nemo provenait des échos générés par la rupture violente d'icebergs antarctiques.
Perspectives et relativité du « plus bas »
Il est facile de mal interpréter les termes et les récits historiques : selon la source et l'époque, le « point le plus bas » peut varier. Si l'on remonte plus loin dans le temps, il n'est pas certain que la constatation actuelle ait toujours été vraie. La Mer Noire a été au moins une bonne centaine de mètres plus bas durant le Néolithique et était donc peut-être plus basse que la Mer Morte (alors appelée Lac Lisan) qui a eu des variations de niveau de l'ordre de 400 m depuis la fin de l'ère glaciaire.
En résumé, le « point le plus bas » dépend du critère choisi : par rapport au niveau de la mer (Mer Morte), sous la mer (Challenger Deep), sous glace (Bentley), en termes de forages humains (Kola SG-3), ou en distance au centre de la Terre (fonds arctique). La question, bien que simple en apparence, révèle la richesse des définitions géographiques et la diversité des lieux extrêmes sur notre planète.
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