Choisir le meilleur statut: auto-entrepreneur, avantages et inconvénients

L’auto-entreprise, également appelée micro-entreprise, séduit de plus en plus d’artisans souhaitant lancer leur activité d’indépendant. Vous voulez sauter le pas en vous installant à votre compte ? Le statut d’auto-entrepreneur comprend divers avantages faisant de ce régime l’un des plus plébiscités par les artisans indépendants.

Avantages clés du micro-entrepreneur

1. Bon nombre d’entrepreneurs n’osent pas créer leur activité par crainte de se retrouver face à une gestion quotidienne lourde et contraignante. Grâce à l’auto-entreprise, vous évitez la rédaction de statuts, les bilans comptables et les publicités légales obligatoires. Dans le détail, vous devrez simplement tenir un livre de recettes et un registre des achats, émettre des factures pour vos clients et ouvrir un compte bancaire dédié à votre activité si le chiffre d’affaires annuel généré sur ce compte dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives. De plus, il faudra déclarer votre chiffre d’affaires et régler vos cotisations sociales et fiscales selon un calendrier défini. Rien de plus !

2. Les formalités pour ouvrir une auto-entreprise sont facilitées comparé aux autres formes juridiques, comme la SASU, ou l’EURL. Pour devenir auto-entrepreneur, vous devrez déposer votre dossier de déclaration de début d’activité sur la plateforme du Guichet Unique de l’INPI. Toutes les démarches sont dématérialisées. Vous serez immatriculé au Registre National des Entreprises (RNE) et votre entreprise sera immatriculée. Le régime de la micro-entreprise ne possède pas de capital social. A l’inverse des sociétés, vous n’aurez donc pas besoin d’apport financier pour lancer votre activité. Autre avantage : vous ne serez pas obligé de solliciter l’aide d’un expert-comptable. Les auto-entrepreneurs peuvent effectuer leur comptabilité en toute simplicité !

3. Le statut d’auto-entrepreneur est ouvert aux salariés, fonctionnaires, demandeurs d’emploi, étudiants, retraités et dirigeants assimilés salariés. Il est donc intéressant pour les personnes voulant conserver leur statut actuel tout en complétant leurs revenus. Le cumul des statuts est aussi l’occasion d’enrichir votre expérience professionnelle, d’assimiler de nouvelles compétences et de vivre de votre passion, tout en profitant d’un cadre légal simplifié.

4. La franchise en base de TVA est l’un des grands avantages de la micro-entreprise. En qualité d’auto-entrepreneur dédié à l’artisanat vous ne serez pas redevable de la TVA si votre CA ne dépasse pas 36 800 € par an en prestation de services, et 91 900 € par an pour les ventes de marchandises. En respectant ce seuil, vous ne facturerez pas la TVA à vos clients. Vous serez donc plus compétitif que vos concurrents. De plus, vous n’aurez pas besoin de faire une déclaration de TVA, ce qui vous évite une formalité complexe.

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5. Les nouveaux créateurs d’entreprise peuvent profiter de l’ACRE depuis le 1er janvier 2020. Ce dispositif permet une exonération partielle de vos cotisations sociales. Passé 12 mois, l’exonération prend fin et vous serez alors soumis au taux classique des artisans. Son montant est égal à 21,2 % de votre CA si vous êtes dans la prestation de services, et à 12,3 % si vous êtes dans la vente de marchandises. Il faut déclarer chaque mois, ou chaque trimestre, votre CA en ligne.

6. Concernant les impôts, vous avez la possibilité, sous conditions de revenus, d’opter pour le versement libératoire. Le micro-entrepreneur paye un pourcentage fixe de son chiffre d’affaires chaque mois ou trimestre, au lieu de payer l’impôt sur le revenu à la fin de l’année. Le versement libératoire permet de lisser les règlements et d’éviter les mauvaises surprises fiscales en fin d’année. En cas de dette fiscale, un pourcentage supplémentaire sera prélevé au titre de l’impôt sur le revenu et viendra s’ajouter aux cotisations sociales. Le taux de versement libératoire pour les artisans dédiés à la prestation de services est de 1,7 %.

Inconvénients et contraintes à connaître

1. Certaines charges restent dues malgré les cotisations allégées: frais liés au compte bancaire dédié, coût éventuel d’un compte pro, et Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) calculée par rapport à la valeur locative des locaux utilisés. La CFE est due une fois par an, avant le 15 décembre, avec une exonération la première année.

2. Limites de chiffre d’affaires: le micro-entrepreneur doit veiller à ne pas dépasser les plafonds annuels pour maintenir le statut. En cas d’achat de matières premières fréquentes, le seuil peut être rapidement atteint.

3. Déduction des dépenses: les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires et non sur le bénéfice. Exemple: si vous facturez 400 € pour des matières premières et 600 € pour la prestation, les cotisations seront calculées sur 1000 € et non sur le bénéfice net; taux applicable pour les prestations de services: 21,2 % du CA.

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4. TVA: même si vous bénéficiez de la franchise en base, vous ne pouvez pas récupérer la TVA sur vos achats professionnels. Cela peut peser sur la rentabilité si les investissements initiaux sont importants.

5. Couverture sociale limitée: les indemnités journalières et les droits à la retraite dépendent des cotisations versées. Le chômage n’est pas couvert pour les auto-entrepreneurs, même s’il existe des allocations des travailleurs indépendants sous conditions.

6. Pas de personnalité morale: l’auto-entrepreneur est enregistré au nom du chef d’entreprise et son patrimoine personnel peut être confondu avec le patrimoine de l’entreprise; les protections sociales restent toutefois suffisantes pour démarrer sans apport important.

Choisir entre auto-entrepreneur et SASU

La SASU est une véritable société, dotée d’une personnalité morale distincte de celle de son dirigeant. À l’inverse, la micro-entreprise est une entreprise individuelle. La SASU peut exercer quasi toutes les activités et permet de déduire certaines charges, mais implique une comptabilité plus lourde et des coûts de création plus élevés.

La micro-entreprise offre une procédure de création simplifiée et une gestion allégée. Elle est adaptée pour tester un projet, démarrer avec peu de budget, ou cumuler une activité avec un emploi. Le choix dépend des objectifs, du financement recherché et du seuil de chiffre d’affaires prévu.

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Depuis 2016, le régime d’auto-entrepreneur et le régime micro-entreprise ont fusionné sous le terme micro-entreprise, sans différence opérationnelle majeure aujourd’hui. Le micro-entrepreneur bénéficie notamment d’un régime micro-social et d’un abattement forfaitaire pour frais réels, avec option de prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu sous conditions.

Le choix entre auto-entrepreneur et SASU dépend aussi des perspectives de croissance et des besoins de financement. Si vous cherchez des investisseurs et un capital social clairement visible, la SASU peut être plus adaptée. Si vous privilégiez la simplicité et la flexibilité, la micro-entreprise convient mieux.

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Impacts pratiques et démarches

Le passage de micro-entreprise à une forme sociétale se fait généralement lorsque les plafonds sont dépassés ou lorsque des besoins d’investissement et de protection du patrimoine justifient une structure distincte. La création d’une SASU ou d’autres formes peut nécessiter la rédaction de statuts, l’ouverture d’un compte pro, et la publication d’une annonce légale.

La création d’une micro-entreprise est plus rapide et moins coûteuse: démarches dématérialisées, immatriculation rapide et absence de capital social requis. Le régime micro-social permet des cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires et une couverture sociale adaptée, tout en maintenant une simplicité administrative appréciable.

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