Ministres des Finances du Gouvernement Barnier : Un Nouveau Chapitre Économique

Le gouvernement de Michel Barnier marque un tournant, notamment avec les nominations à Bercy. Des figures plus jeunes et au profil politique moins marqué prennent les rênes de l'économie française.

Michel Barnier a nommé deux trentenaires du parti macroniste à Bercy, qui n’ont jamais participé à un gouvernement : Antoine Armand, 33 ans, et Laurent Saint-Martin, 39 ans.

Antoine Armand quitte la présidence de la commission des affaires économiques de l’Assemblée, qu’il occupait depuis juillet, pour devenir ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, remplaçant Bruno Le Maire. Il sera le colocataire de Laurent Saint-Martin, à qui revient le délicat dossier du Budget, rattaché au Premier ministre.

Laurent Saint-Martin référera directement à Michel Barnier, avec le titre de «ministre auprès du Premier ministre chargé du Budget et des comptes publics». Antoine Armand et Laurent Saint-Martin sont eux à la 9e et à la 19e place dans l'ordre protocolaire du gouvernement.

Seize jours après la passation de pouvoir avec Gabriel Attal, Michel Barnier a dévoilé la composition de son gouvernement. Après deux semaines de consultations, menées avec les différents partis politiques, le premier ministre Michel Barnier a annoncé une liste de 39 ministres, dont 17 de plein exercice.

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L’équipe gouvernementale est composée de sept macronistes, trois Républicains, deux MoDem, un Horizons et un UDI. Une alliance inédite du centre et de la droite qui est déjà menacée d’une motion de censure par les partis d’opposition, la gauche du Nouveau Front populaire et le Rassemblement national.

Le nouveau gouvernement au complet a participé à son premier conseil des ministres, lundi 23 septembre, à l’Élysée, autour du président de la République Emmanuel Macron.

Voici une liste des principaux ministres du gouvernement Barnier :

  • Didier Migaud: Ministre de la Justice
  • Catherine Vautrin: Ministre du Partenariat avec les territoires et de la décentralisation
  • Bruno Retailleau: Ministre de l’Intérieur
  • Anne Genetet: Ministre de l’Éducation nationale
  • François-Noël Buffet: Ministre auprès du premier ministre, chargé des Outre-mer
  • Jean-Noël Barrot: Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères
  • Paul Christophe: Ministre des Solidarités, de l’autonomie et de l’égalité entre les femmes et les hommes
  • Rachida Dati: Ministre de la Culture
  • Valérie Létard: Ministre du Logement et de la rénovation urbaine
  • Sébastien Lecornu: Ministre des Armées et des anciens combattants
  • Agnès Pannier-Runacher: Ministre de la Transition écologique, de l’Énergie, du climat et de la prévention des risques
  • Annie Genevard: Ministre de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt
  • Antoine Armand: Ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie
  • Geneviève Darrieussecq: Ministre de la Santé et de l’accès aux soins
  • Gil Averous: Ministre des Sports, de la jeunesse et de la vie associative
  • Astrid Panosyan-Bouvet: Ministre du Travail et de l’emploi
  • Patrick Hetzel: Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche
  • Guillaume Kasbarian: Ministre de la Fonction publique, de la simplification et de la transformation de l’action publique

Plusieurs ministres délégués et secrétaires d'État complètent cette équipe, chacun ayant des responsabilités spécifiques.

Antoine Armand, avec ses ministres délégués Marc Ferracci (l’économiste député macroniste, proche d’Emmanuel Macron, s’occupera de l’Industrie), Marie-Agnès Poussier-Winsback, pour l’économie sociale et solidaire, l’intéressement et la participation, Marina Ferrari pour l’économie du tourisme, la controversée Laurence Garnier, nommée secrétaire d’Etat à la Consommation.

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Les Défis Budgétaires Immédiats

Laurent Saint-Martin ne va pas avoir le temps de réfléchir longtemps à l’exacte étendue de son pouvoir. Son urgence absolue sera la finalisation du projet de loi de finances pour l’an prochain, qu’il doit transmettre dans les tout prochains jours au Conseil d’État, et pour une partie du texte, au Haut conseil des finances publiques afin qu’ils l’examinent avant son dépôt à l’Assemblée nationale.

Pour l’instant, sur le fond, Michel Barnier n’a rendu public qu’un seul arbitrage : il reprend à son compte le brouillon de budget laissé par son prédécesseur Gabriel Attal, soit la partie dépenses. Ces dernières sont stables en valeur par rapport à la dernière loi de finances à 492 milliards d’euros (ne pas intégrer l’inflation représente déjà 10 à 15 milliards d’euros d’économies).

Le nouveau ministre, secondé par Antoine Armand qui prendrait en charge des négociations avec Bruxelles, devra aussi inscrire dans le PLF la trajectoire des finances publiques et les nouvelles cibles de déficit, qui figureront également dans le plan national pluriannuel que la Commission européenne aurait dû recevoir le 20 septembre.

Laurent Saint-Martin n’aura d’autre choix que de clarifier la situation budgétaire de cette année de plus en plus en vrac. L’objectif gouvernemental d’un déficit à 5,1 % du produit intérieur brut inscrit dans le programme de stabilité au printemps semblait déjà inatteignable à l’époque, il ne tient plus aujourd’hui.

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Répartition des dépenses de l'état

Répartition des dépenses de l'état

Les Premières Déclarations d'Antoine Armand

Comme pour imprimer d’avance sa marque sur le dossier budgétaire, qui sera piloté par Michel Barnier, le macroniste Antoine Armand a donné dès samedi soir une interview sur ses intentions fiscales. Le jeune ministre martèle le credo macroniste de refuser des hausses d’impôts.

«Oui le contexte budgétaire est inédit et chaque ministère devra faire des propositions pour redresser les finances publiques. Mais je ne serai pas le ministre de la confiscation fiscale ni celui du sous-investissement dans notre avenir économique.» A voir s’il aura le dernier mot.

Antoine Armand

Antoine Armand

Le Rôle Clé de Jérôme Fournel

Le Premier ministre a par ailleurs nommé Jérôme Fournel directeur de son cabinet, l’un des hommes les mieux informés de l’état des comptes du pays. Un élu macroniste interprète cette nouvelle architecture : «Cela veut dire que c’est Fournel qui a fait le budget et qu’il va le contrôler directement.»

Avec Laurent Saint-Martin, connu pour défendre le sérieux budgétaire et les baisses d’impôts macronistes, il ne faut pas s’attendre à une révolution fiscale pour matérialiser la promesse de Barnier d’instaurer davantage de justice fiscale. Son discours lors de la passation de pouvoirs dimanche en fin d’après-midi à Bercy a d’ailleurs confirmé que le pouvoir ne changerait pas de logiciel et ne reviendrait pas sur la politique de l’offre.

Jérôme Fournel

Jérôme Fournel

Conclusion

Le gouvernement Barnier, avec ses nouvelles figures à Bercy, devra naviguer dans un contexte budgétaire complexe. Les prochains mois seront cruciaux pour définir la trajectoire économique de la France.

Pour aller plus loin, regardez cette vidéo :

France : les défis qui attendent le gouvernement Barnier • FRANCE 24

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