Mobiky (Rebirth/ Easybike) : redressement judiciaire, dettes et tensions avec Saint-Lô Agglo
Le constructeur Mobiky-Tech de Saint-Lô, filiale d'Easybike, a été placé en redressement judiciaire le 25 juin 2019 pour cessation des paiements, a-t-on appris auprès du tribunal de commerce de Coutances (Manche).
Mobiky-Tech, qui assemble à Saint-Lô des vélos à assistance électrique (VAE) de marques Solex, Matra et Easybike, a pour cela bénéficié d'un prêt de 3,9 millions euros des collectivités locales, soit le coût de l'usine de 4 000 m2, remboursable en loyers sur 20 ans.
Retour en France et implantation à Saint-Lô
Depuis janvier 2017, la marque mythique, qui fêtait alors ses 70 ans, était à nouveau localisée en France.
Quatre ans plus tôt, sa maison-mère Easybike avait, aux côtés du ministre du Redressement productif d'alors Arnaud Montebourg, annoncé "le retour en France" du mythique Solex, auparavant fabriqué en Chine par la société Cible.
Après les rachats de la marque Solex en 2013, puis de celle de Matra en décembre 2014, le groupe Easybike, créé en 2005 par Grégory Trébaol, avait fait le choix de continuer la production en France pour Matra et de la relocaliser pour Solex.
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En les rapatriant à Saint-Lô, l'entreprise avait fait parler d'elle, soutenue en 2013 par Arnaud Montebourg, à l'époque ministre du Redressement productif et ardent défenseur du « Made in France ». Celui-ci avait été invité lors de l'inauguration de la nouvelle usine de 4.000 m2, en 2017.
Mode d'assemblage et chaîne d'approvisionnement
Site d'assemblage plus que de fabrication, l'usine Easybike reçoit les composants du vélo en provenance de toute l'Europe, mais aussi de France.
La plupart des pièces détachées sont importées.
Premiers succès commerciaux et difficultés financières
En 2018, l'entreprise a vendu entre 3 500 et 4 000 vélos électriques.
Selon lui, ces mesures auraient poussé des entreprises européennes à confier l'assemblage de vélos à Mobiky.
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La société, installée depuis 2015 dans des locaux financés par Saint-Lô Agglo, craignait une liquidation judiciaire après son placement en redressement judiciaire le 25 juin 2019.
Au 30 avril 2019 la société Mobiky-Tech présentait un passif échu exigible et non payé d'au minimum 861.000 euros sans disposer d'aucun actif pour y faire face, dont 141.000 de cotisations Urssaf et 41.000 de dettes aux fournisseurs, selon le jugement du tribunal.
Le tribunal de commerce de Coutances a déclaré l'entreprise Mobiky-Tech en cessation de paiement avec une période d'observation de six mois à la demande du parquet de Coutances et de l'Urssaf.
Procédures, audiences et surveillance judiciaire
Pour la troisième fois, Grégory Trébaol, président de la société Mobiky-Tech, avait rendez-vous au tribunal de commerce de Coutances (Manche) ce mardi 8 octobre 2019.
L’entreprise saint-loise de vélos électriques, plus connue sous le nom du groupe Easybike, a été placée en redressement judiciaire le 25 juin pour cessation de paiements, d’une durée de six mois.
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Le tribunal de commerce de Coutances a autorisé la poursuite de l’activité jusqu’au 25 janvier 2020, avec un rendez-vous courant décembre 2019, en chambre du conseil, pour faire un bilan de la période d’observation ouverte pour six mois.
Le tribunal de commerce de Coutances a autorisé Mobiky Tech, en redressement judiciaire, à poursuivre son activité.
Effets sur l'emploi et promesses d'investissement
L'entreprise emploie entre 25 et 30 personnes.
Depuis le mois de juin, l’entreprise a revu à la baisse ses effectifs ; ils sont passés de « 53 personnes » à une trentaine.
Lors de l’audience du 10 septembre, alors qu’une liquidation avait été demandée par l’administratrice judiciaire, Grégory Trébaol avait assuré la justice de l’apport de 4 millions d’euros pour faire face aux dettes de Mobiky-Tech.
La direction assure que les nouvelles sont rassurantes. L'activité a repris : l'entreprise saint-loise aujourd'hui tourne à plein régime assure la direction.
Le groupe a décroché un contrat avec l'Allemagne, en sous-traitance, et va produire jusqu'à 4 000 vélos par mois; là où on en était à une centaine.
32 personnes travaillent actuellement sur le site; autant pourrait être embauchées.
Règlements, dette locative et relation avec Saint-Lô Agglo
Les murs de l’usine du parc d’activités Neptune 2 appartiennent à Saint-Lô Agglo tant que l’intégralité des loyers du contrat de vente du bâtiment n’aura pas été honorée.
La collectivité a récemment accordé récemment à Mobiky un étalement du paiement de 400.000 euros de loyers (22.000 euros par mois) impayés.
La communauté d’agglomération rappelle que la relation avec l’entreprise est « ancienne et complexe ».
En décembre 2020, un protocole transactionnel avait permis la restitution du bâtiment, construit par Saint-Lô Agglo pour 4,4 millions d’euros HT, à Saint-Lô Agglo, tout en maintenant l’entreprise dans les lieux, via un bail commercial.
Des impayés de loyers avaient déjà conduit Saint-Lô Agglo à saisir la justice en 2022.
Arriérés et préjudice financier
Selon l’Agglo, aucune charge locative n’a été réglée par l’entreprise depuis décembre 2025.
Au 4 mai 2026, le préjudice financier subi par Saint-Lô Agglo s’établit à 122 665,81 €.
Cette somme comprend les arriérés de loyers (95 723,76 €) - le loyer mensuel est de 16 152,14 € - la refacturation de la taxe foncière 2025 (21 472,34 €), la taxe sur la publicité extérieure et redevance d’ordures ménagères (2 243,25 €) et les frais de procédure (3 226,46 €).
Procédure d'expulsion et délai fixé
Face au mutisme de l’entreprise et à la réitération des défauts de règlement des loyers, Saint-Lô Agglo a notifié, par courrier officiel, son intention de procéder à l’expulsion définitive de Rebirth Factory », annonce la collectivité dans un communiqué, ce lundi 11 mai 2026.
Saint-Lô Agglo donne à Rebirth, ex-Easybike, jusqu’au 20 août 2026 pour quitter le bâtiment dont la collectivité est propriétaire.
Malgré 12 mises en demeure entre janvier 2024 et août 2025, puis quatre autres engagées depuis début 2026, « l’entreprise n’a pas régularisé sa situation », déplore Saint-Lô Agglo qui confie avoir adressé « une ultime sollicitation à la directrice générale de l’entreprise le 22 avril dernier ».
Position des élus et perspectives régionales
Le président de l'agglomération de Saint-Lô, Gilles Quinquenel, a dit ne pas être inquiet en raison de la bonne santé du marché des VAE (+25% par an) et de la valeur des marques Solex et Matra.
En 2021, à la sortie du Covid et du redressement judiciaire, le président de la Région Hervé Morin avait tenté de renouer le dialogue entre la société et le président de Saint-Lô Agglo, Fabrice Lemazurier. La relation s’est à nouveau détériorée.
Le président de Saint-Lô Agglo « attentif » : Je reste attentif. Si le tribunal de commerce permet une poursuite de la période d'observation, c'est qu'il a des garanties ou qu'il en attend. Cette étape est plutôt rassurante. Je souhaite que l'entreprise démontre sa capacité de rebond.
Données clés et chronologie
| Année / Date | Événement |
|---|---|
| 2013 | Rachat de la marque Solex par Easybike |
| Décembre 2014 | Rachat de la marque Matra |
| 2015 | Installation à Saint-Lô dans des locaux financés par Saint-Lô Agglo |
| Janvier 2017 | Relocalisation de la marque Solex en France |
| 25 juin 2019 | Placement en redressement judiciaire pour cessation de paiements |
| 2018 | Ventes estimées : 3 500 à 4 000 vélos |
| 30 avril 2019 | Passif annoncé : au minimum 861 000 € |
| Décembre 2020 | Protocole transactionnel et restitution du bâtiment à Saint-Lô Agglo |
| 2022 | Saisine de la justice par Saint-Lô Agglo pour impayés |
| 4 mai 2026 | Préjudice financier pour l'Agglo : 122 665,81 € |
| 11 mai 2026 | Notification d'intention d'expulsion |
| 20 août 2026 | Deadline donnée à Rebirth pour quitter les locaux |
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Mobiky-Tech, filiale d'Easy Bike, entreprise implantée à Saint-Lô (Manche), a été placée en redressement judiciaire mardi 25 juin 2019.
Le tribunal de commerce de Coutances a autorisé la poursuite de l’activité jusqu’au 25 janvier 2020, avec un rendez-vous courant décembre 2019, en chambre du conseil, pour faire un bilan de la période d’observation ouverte pour six mois.
Le jugement précise que l'augmentation de capital évoquée lors de l'audience, à hauteur de 10 millions d'euros, n'a pas eu lieu.
Au fil des procédures, la relation entre l'entreprise et la collectivité s'est en outre tendue, jusqu'à aboutir à la décision de l'Agglo de lancer une procédure d'expulsion pour défauts répétés de paiement des loyers.
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