Mécanisme d'action des amphétamines

Les amphétamines sont des drogues de synthèse, c'est-à-dire qu'elles sont composées de molécules chimiques produites dans des laboratoires clandestins. Certaines amphétamines, dont la dextroamphétamine, la méthamphétamine et le méthylphénidate, sont largement utilisées en médecine pour traiter le trouble de déficit de l'attention avec hyperactivité, l'obésité et la narcolepsie, ce qui crée une offre susceptible d'être détournée à des fins illicites.

Propriétés pharmacologiques et passage au cerveau

Les amphétamines et la méthamphétamine agissent sur le système nerveux central en déclenchant la libération de noradrénaline et de dopamine. Du fait de leur solubilité dans l’eau et les graisses, elles passent aisément du sang au cerveau. Comme elle atteint plus rapidement le cerveau, la méthamphétamine a des effets similaires aux amphétamines, mais plus intenses et plus durables. Ils peuvent se prolonger jusqu’à 24 heures ou plus.

Actions sur les neurotransmetteurs

Physiopathologie - Les amphétamines améliorent la libération de catécholamines, l'augmentation des taux de noradrénaline intrasynaptiques, de dopamine et de sérotonine. La stimulation marquée des récepteurs adrénergiques alpha et bêta et l'excitation générale du système nerveux central sont les effets de vigilance accrue "souhaités", d'euphorie et l'anorexie, ainsi que les effets indésirables de syndrome confusionnel, HTA, hyperthermie et convulsions.

Les amphétamines favorisent la sécrétion de dopamine dans le cerveau. (La dopamine est un neurotransmetteur, une substance qui aide les neurones à communiquer.) Ceci est la cause probable de l’amélioration de l’humeur. Le MDMA se distingue des autres amphétamines par le fait qu’elle perturbe la recapture de la sérotonine (un autre neurotransmetteur) dans le cerveau. Les effets des amphétamines sont similaires, variables en intensité et en durée des effets psychoactifs; le MDMA et les substances proches améliorent l'humeur, peuvent être liés à un plus grand impact sur la sérotonine.

Voies d'administration et cinétique

Les amphétamines peuvent être prises par voie orale sous forme de gélules, inhalées, fumées ou injectées. Les amphétamines sont généralement prises par voie orale, mais peuvent être sniffées (reniflées), fumées ou injectées.

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Les durées d’effets sont très variables : entre 4 et 15 heures, voire jusqu’à 24 heures. La méthamphétamine, en raison de son accès plus rapide au cerveau, provoque des effets plus intenses et plus durables.

Effets aigus : mécanismes et manifestations cliniques

De nombreux effets psychologiques de la prise d'amphétamines sont similaires à ceux produits par la cocaïne; ils comprennent une augmentation de la vigilance et de la concentration, une euphorie et un sentiment de bien-être et de toute puissance. L’augmentation de la concentration et des performances ne concerne que les activités simples et répétitives. Les amphétamines n’améliorent pas les processus intellectuels complexes.

Symptomatologie de l'utilisation des amphétamines - Des palpitations, des tremblements, une transpiration et une mydriase peuvent également survenir pendant l'intoxication. Des consommations excessives de substance "binges" (éventuellement sur plusieurs jours) entraînent un syndrome d'épuisement, une fatigue intense et le besoin de dormir après la phase d'excitation.

Intoxication ou surdosage - Les symptômes sont une tachycardie, des troubles du rythme, une douleur thoracique, une HTA, des vertiges, des nausées, des vomissements et une diarrhée. Les effets sur le système nerveux central comprennent un syndrome confusionnel et une psychose par intoxication. Le surdosage peut également causer un accident vasculaire cérébral (habituellement hémorragique), des convulsions, une rigidité musculaire et une hyperthermie (> 40° C); tous ces effets peuvent déclencher une rhabdomyolyse, qui peut induire une insuffisance rénale.

Effets indésirables sévères et urgences

Les amphétamines sont des médicaments sympathomimétiques stimulant le système nerveux central et qui ont des propriétés euphorisantes dont les effets indésirables comprennent un syndrome confusionnel, une HTA, des convulsions et une hyperthermie (qui peut entraîner une insuffisance rénale et une rhabdomyolyse). Une surdose peut entraîner une agitation extrême, un délire, et une température corporelle élevée, une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral potentiellement mortels.

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Les amphétamines provenant du marché noir présentent différents risques, par leur dangerosité mais aussi en raison de dosages inconnus et des impuretés. Les concentrations en principe actif et la composition de l’amphétamine sont très aléatoires.

Quels sont les effets de l'amphétamine sur le cerveau ?

Effets chroniques, tolérance et dépendance

La prise répétée d'amphétamines induit une dépendance. La tolérance apparaît lentement, mais des quantités de plusieurs centaines de fois plus importantes que les quantités prises à l'origine peuvent finalement être ingérées ou injectées. La tolérance aux divers effets indésirables apparaît fréquemment de manière inégale. La tachycardie et l'hypervigilance diminuent, alors que les hallucinations et les idées délirantes peuvent survenir.

Les amphétamines entraînent généralement des troubles de l'érection chez l'homme, mais augmentent le désir sexuel. La prise est associée à des pratiques sexuelles dangereuses et l'utilisateur a des risques importants de contracter des infections sexuellement transmissibles, y compris l'infection par le VIH. La toxicomanie aux amphétamines prédispose aux blessures, car la drogue produit de l'excitation et des idées de mégalomanie suivies de fatigue importante et d'insomnie.

Une psychose de type paranoïde peut se développer en cas de consommation chronique d'amphétamines; rarement, cette psychose peut être déclenchée par une dose unique importante ou par des doses modérées chroniques. Les signes comprennent des idées délirantes de persécution, d'idées de référence et des sentiments de toute puissance. Le retour à la normale d'une psychose amphétaminique, même prolongée, est habituel mais est lent.

Conséquences physiques chroniques

Les consommateurs de méthamphétamine ont souvent tendance à grincer des dents (bruxisme) et à présenter énormément de caries sur de nombreuses dents. L'utilisateur a un taux élevé de caries dentaires touchant plusieurs dents; les causes sont une diminution des sécrétions salivaires, des produits de combustion acides, bruxisme, ou une mauvaise hygiène buccale.

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Une vascularite nécrosante qui implique de multiples systèmes organiques peut se produire. L'utilisation de certains anorexigènes apparentés aux amphétamines (dexfenfluramine, fenfluramine, phentermine) a été associée à une maladie cardiaque valvulaire.

Sevrage et symptômes après arrêt

Bien qu'aucun syndrome de sevrage caractéristique ne se manifeste à l'arrêt des amphétamines, des troubles de l'EEG (électroencéphalogramme) apparaissent, qui pour certains experts satisfont les critères physiques d'une dépendance. Les utilisateurs chroniques d'amphétamines qui cessent brusquement de prendre la drogue peuvent ressentir une dysphorie, une fatigue, une anxiété, une irritabilité, une insomnie ou une hypersomnie ou des rêves désagréables.

Le sevrage peut révéler ou aggraver une dépression sous-jacente ou déclencher une réaction dépressive grave. Les symptômes de sevrage apparaissent généralement dans les 24 heures suivant la dernière utilisation d'amphétamines. Les symptômes graves peuvent disparaître en une semaine, mais certains symptômes moins graves, tels que les troubles du sommeil, peuvent durer des semaines ou des mois.

Diagnostic et examens complémentaires

Le diagnostic de consommation d'amphétamines est habituellement clinique. Habituellement, un diagnostic clinique est réalisé à partir d'antécédents de consommation et d'examen. Les amphétamines sont habituellement détectées lors d'un test de dépistage dans les urines, qui est pratiqué sauf si les antécédents d'absorption sont évidents; le taux de la substance spécifique n'est pas mesuré.

Les tests immunoenzymatiques de dépistage urinaire des amphétamines peuvent produire des faux positifs et ne pas détecter la méthamphétamine et le méthylphénidate. Si l'anamnèse de prises de produits et le diagnostic ne sont pas clairs, des tests seront effectués comme indiqué par l'état mental, l'hyperthermie ou les convulsions. Le bilan peut comprendre une TDM, une ponction lombaire et des examens de laboratoire pour identifier les infections et les anomalies métaboliques.

Prise en charge de l'intoxication et du surdosage

Le surdosage est traité par des soins de support, par des benzodiazépines IV (pour l'agitation, l'HTA et les convulsions) et des techniques de refroidissement (pour l'hyperthermie). Quand une quantité significative d'amphétamines a récemment été absorbée par voie orale (p. ex., < 1 à 2 heures), du charbon activé peut être administré pour limiter l'absorption, bien que cette intervention n'ait pas montré une réduction de la morbidité ou de la mortalité.

Les benzodiazépines sont le traitement initial préféré de l'excitation du système nerveux central, des convulsions, de la tachycardie et de l'HTA. Le lorazépam 2 à 3 mg IV toutes les 5 min titré jusqu'à obtenir un effet peut être utilisé. Des doses élevées ou une perfusion continue peuvent être nécessaires. La kétamine 4 mg/kg IM ou 2 mg/kg IV peut être utile en cas d'agitation sévère.

L'HTA qui ne répond pas aux benzodiazépines est traitée par des dérivés nitrés (parfois par le nitroprussiate) ou d'autres antihypertenseurs, au besoin. Les bêta-bloqueurs (p. ex., métoprolol 2 à 5 mg IV) peuvent être utilisés dans les troubles du rythme ventriculaires graves ou les tachycardies ventriculaires. L'hyperthermie peut menacer le pronostic vital et doit être prise en charge énergiquement avec une sédation, plus un refroidissement par évaporation, des sachets de glace et le maintien de la volémie ainsi que du débit urinaire grâce à une solution physiologique IV.

Les phénothiazines abaissent le seuil de convulsion et leurs effets anticholinergiques peuvent perturber le refroidissement; elles ne sont donc pas privilégiées pour la sédation.

Traitement du sevrage et rééducation

Aucun médicament ne s'est avéré efficace pour traiter le sevrage des amphétamines. Aucun traitement spécifique n'est nécessaire lorsque les patients arrêtent de prendre des amphétamines. La pression artérielle et l'humeur doivent être surveillées initialement. Les patients dont la dépression persiste pendant plus qu'une brève période après l'arrêt des amphétamines peuvent répondre aux antidépresseurs.

La thérapie cognitivo-comportementale (une forme de psychothérapie) est efficace chez certains patients. Il n'y a pas de traitement pharmacologique prouvé pour la réhabilitation et l'entretien après la désintoxication.

Risques particuliers et conseils de réduction des risques

La dépendance peut s’installer rapidement. Elle se traduit par une envie irrépressible de consommer que l’on nomme « craving ». À l’arrêt, l’usager ressent une grande fatigue voire un épuisement, il est anxieux et ne parvient pas à trouver le sommeil. Il se sent fortement déprimé. Ces effets constituent des obstacles à l’arrêt. Dans ce cas une aide extérieure peut être nécessaire.

Comme pour les autres stimulants, la consommation d’amphétamines durant la grossesse peut entraîner de sérieuses complications et être à l’origine de souffrance fœtale, de retard de croissance, de fausse couche ou d’accouchement prématuré. Si vous êtes enceinte et en difficulté avec les amphétamines, n’hésitez pas à prendre contact avec une équipe spécialisée.

Conseils de réduction des risques - Toute consommation expose à des risques. Il est toujours préférable de s’abstenir, en tout cas de reporter la consommation, quand on se sent fatigué, stressé, mal ou qu’on éprouve de l’appréhension. Si vous êtes témoin d’une situation où une personne perd conscience : Appelez les secours.

Tableau récapitulatif : Mécanisme et conséquences

Aspect Mécanisme / Manifestation
Action initiale Libération de dopamine, noradrénaline, augmentation intrasynaptique
Effets aigus Vigilance accrue, euphorie, tachycardie, HTA, mydriase
Effets sévères Psychose, hyperthermie, convulsions, rhabdomyolyse, AVC
Effets chroniques Tolérance, dépendance, psychose chronique, troubles dentaires
Traitement urgence Benzodiazépines IV, refroidissement, antihypertenseurs, soins de support
Sevrage Fatigue, dépression, troubles du sommeil, prise en charge psychothérapeutique

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