Financement Externe d'Entreprise : Guide Complet des Solutions
Vous êtes prêt à créer votre entreprise et vous avez besoin de financement ? Vous l’avez déjà créée et vous souhaitez accroître son développement ? Sachez qu’il existe un certain nombre de moyens pour trouver des fonds. Le financement externe regroupe les moyens financiers que l'entreprise trouve à l'extérieur soit en empruntant, soit en augmentant son capital.
Dans cet article, nous revenons sur ces sources de financement d’une société qui vous permettent de vous tourner vers un maximum d’acteurs. Chaque projet de création d’entreprise est unique. Il est nécessaire de monter un dossier de financement en adéquation avec son activité, son secteur, sa zone géographique, ses perspectives d’avenir, etc. L’entreprise est déjà en activité ? L’entrepreneur souhaite la développer davantage ?
Les Sources de Financement Externe
Une entreprise peut trouver des capitaux en dehors de sa propre épargne (autofinancement) en mobilisant l'épargne des autres agents économiques (surtout les ménages mais aussi d'autres entreprises). Pour mobiliser l'épargne publique, elle peut emprunter auprès des banques (appel au crédit) ou faire appel au marché financier (par émission d'obligations ou d'actions, par exemple).
Ainsi les deux sources principales du financement externe à l'entreprise proviennent du système bancaire (financement indirect ou intermédié) et du marché financier (financement direct). Enfin l'Etat peut participer plus ou moins directement comme financeur externe à l'entreprise en proposant des subventions (en particulier aux entreprises nationalisées après 1945 et qui constituent le secteur public) ou des prêts d'organismes spécialisés.
1. Le Capital Social
Le capital social est la première source de financement d’une société. La répartition du capital social ainsi que sa libération sont des points clés. Ce sont des sommes d’argent apportées par les associés au capital social. Il convient de les déposer sur un compte ouvert au nom de l'entreprise.
Lire aussi: Écarts de salaires en France
Au sein des SARL, SA, SAS et SNC, les apports en numéraire peuvent être libérés seulement en partie lors de la création de la société. Concrètement, l'associé verse une partie du capital et s'engage à verser le reste dans les 5 ans. La partie qui reste à verser apparaît à l'actif du bilan, dans le compte "capital souscrit, non appelé".
Ce sont des biens meubles, immeubles, corporels ou incorporels :
- en pleine propriété
- en jouissance (le bien est mis à disposition de l'entreprise durant une période donnée)
- en usufruit (l'associé conserve la propriété du bien)
- en nue-propriété (seul le droit de propriété sur le bien est apporté par l'associé)
Chacun des apports en nature doit être évalué au sein des statuts de la société.
Au sein d’une SAS ou d’une SARL, pour effectuer un apport en compte courant, l’associé doit disposer d’au moins 5 % du capital social. Hormis cette condition, la création d’un compte courant ne répond à aucun formalisme spécifique. Il est cependant conseillé de rédiger une convention de compte courant.
2. Le Capital Risque
Le capital risque correspond à une prise de participation par un ou plusieurs investisseurs dans une nouvelle société. L’objectif est de contribuer financièrement au développement d’entreprises innovantes. Vous êtes en train de créer une startup ? L’opération a pour conséquence la dilution de titres déjà existants des associés.
Lire aussi: Franchise au Moyen Âge
Au sein du capital risque, plusieurs formes d’investissement peuvent être distinguées :
- La love money : appelée aussi “la levée de fonds auprès des proches”. Elle représente souvent l'une des premières sources de financement de la société. Il s’agit de l’argent de la famille, des amis, des proches de manière générale.
- Les business angel : ce sont des personnes physiques qui investissent dans une société. Ils font souvent le lien entre la love money et la levée de fonds, qui se réalise en général plus tard. Les investisseurs de startup apportent souvent aux entrepreneurs leurs conseils et leurs expertises techniques. Ils les mettent aussi souvent en relation avec un réseau d’investisseurs.
3. Le Prêt Bancaire et les Aides
Le prêt bancaire est l'une des sources de financement externe principale. L’emprunt ou le financement bancaire est le mode de financement le plus courant.
Il existe différents types de prêts :
- Le prêt d’honneur : il est accordé après examen et validation du projet de création d’entreprise. Ce sont des prêts sur deux à cinq ans.
- Le prêt solidaire : il est accordé aux personnes en difficulté, au chômage ou encore en réinsertion professionnelle.
- Le prêt participatif : il est émis par toute personne morale (à l'exception des établissements de crédit).
- Le prêt à la création : est une solution de financement qui est très utilisée par les entrepreneurs. La présence d’investisseurs augmente les chances de pouvoir contracter un prêt à la création.
Le crédit professionnel est souvent vu d’un mauvais œil, car il apparaît comme trop compliqué à obtenir. Pourtant, il peut être intéressant de recourir au prêt pour créer son entreprise.
Des réseaux spécialisés dans l’entrepreneuriat proposent des prêts d’honneur, c’est le cas du réseau Entreprendre par exemple. Les entreprises n’ayant pu bénéficier d’un prêt bancaire peuvent négocier un micro-crédit professionnel. Son montant est plafonné à 17.000 € et les taux d’intérêt vont de 5 à 8%.
Lire aussi: PDG de PME : Quelle rémunération ?
En partant de l'exemple de la France, on peut distinguer trois étapes après 1945 dans le financement externe des entreprises françaises :
- les années 1950 : le financement par l'Etat est prépondérant ;
- les années 1960 et 1970 : le système bancaire prend le relai et on assiste à la montée d'une " économie d'endettement ", la création monétaire [voir cours de 1ère ES] est au coeur de cette logique d'appel au crédit ;
- des années 1980 à nos jours : les entreprises émettent davantage d'actions pour se financer et la France se rapproche des pays dits à " économie de marché " financier à l'exemple des Etats-Unis et de la Grande Bretagne.
Cette évolution s'explique à la fois par le comportement d'épargne des ménages qui souscrivent plus nombreux à l'achat de titres financiers et aux variables financières qui orientent les décisions des entreprises. Ainsi une inflation qui se ralentit à partir des années 1980, des taux d'intérêt qui augmentent au cours des années 1990, favorisent la finance directe en faisant appel au marché financier (emprunter auprès des banques devient plus cher).
4. Le Leasing et l'Affacturage
Le leasing est un contrat de location à durée déterminée conclu entre une entreprise et un établissement de crédit. C’est une forme de financement locatif.
L'affacturage est une solution de financement à court terme. Ce procédé consiste à céder à une société de financement les créances de ses clients professionnels (les factures). Par la suite, c'est la société de financement qui va s'occuper de recouvrer ces créances.
Comme forme de crédit professionnel à court terme, l’escompte est un moyen d’obtenir rapidement du cash flow. La banque verse à l’entreprise une avance de trésorerie, en échange de la cession d’un effet de commerce.
A court terme, le lease-back permet de dégager rapidement de la trésorerie. L’entreprise peut utiliser un bien, par exemple une voiture - tout en cédant la propriété à un tiers sous forme d’un loyer.
5. Le Crowdfunding
Le crowdfunding, traduit en français par “financement participatif” est une forme d’investissement permettant à plusieurs contributeurs de contribuer au financement de projet. Le financement participatif met en relation des particuliers avec des entrepreneurs.
De plus en plus répandu, le financement participatif met en relation des particuliers avec des entrepreneurs. Les particuliers peuvent alors contribuer au développement de l’entreprise en effectuant un virement du montant de leur choix.
Comment réussir sa campagne de crowdfunding étape par étape
6. Aides et Accompagnement
Il existe plusieurs aides et dispositifs d'accompagnement pour les entreprises :
- ARCE (aide à la reprise ou à la création d’entreprise) : elle est possible uniquement si le demandeur bénéficie déjà de l’ARE.
- NACRE (nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise) : c’est une aide complète à la création d’entreprise.
- La médiation de crédit est un recours en cas de difficultés auprès de la banque.
- L’URSSAF et les organismes collecteurs d’impôts jouent aussi un rôle de conseil.
Tableau Récapitulatif des Sources de Financement Externe
| Source de Financement | Description | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Capital Social | Apports des associés | Première source de financement | Dilution du capital |
| Capital Risque | Prise de participation par des investisseurs | Financement d'entreprises innovantes | Dilution du capital, perte de contrôle |
| Prêt Bancaire | Emprunt auprès des banques | Source de financement classique | Nécessite des garanties et un apport personnel |
| Leasing | Location de biens | Pas d'investissement initial important | Coût total plus élevé qu'un achat |
| Affacturage | Cession des créances à une société de financement | Trésorerie rapide | Coût élevé |
| Crowdfunding | Financement participatif | Mobilisation d'une communauté, test de marché | Nécessite une campagne de communication |
| Aides Publiques | Subventions, prêts à taux réduit | Allègement des charges financières | Démarches administratives |
Tendances du Financement Externe
En partant de l'exemple de la France, on peut distinguer trois étapes après 1945 dans le financement externe des entreprises françaises :
- les années 1950 : le financement par l'Etat est prépondérant ;
- les années 1960 et 1970 : le système bancaire prend le relai et on assiste à la montée d'une " économie d'endettement ", la création monétaire [voir cours de 1ère ES] est au coeur de cette logique d'appel au crédit ;
- des années 1980 à nos jours : les entreprises émettent davantage d'actions pour se financer et la France se rapproche des pays dits à " économie de marché " financier à l'exemple des Etats-Unis et de la Grande Bretagne.
Cette évolution s'explique à la fois par le comportement d'épargne des ménages qui souscrivent plus nombreux à l'achat de titres financiers et aux variables financières qui orientent les décisions des entreprises. Ainsi une inflation qui se ralentit à partir des années 1980, des taux d'intérêt qui augmentent au cours des années 1990, favorisent la finance directe en faisant appel au marché financier (emprunter auprès des banques devient plus cher).
balises: #Financ
