Comment gérer une petite entreprise en difficulté financière
La vie d’entrepreneur n’est pas un long fleuve tranquille, et personne n’est à l’abri de rencontrer une situation compliquée sans vraiment savoir comment faire face. Les difficultés de trésorerie représentent un défi commun pour les entreprises, qu'elles soient des start-ups, des PME ou même des grandes organisations. Les difficultés de trésorerie ne doivent pas être sous-estimées, car elles peuvent rapidement mettre en péril la pérennité d’une entreprise.
Prendre conscience de la situation et réaliser un état des lieux
Ne vous voilez pas la face et acceptez les faits, vous aurez ainsi fait une partie du travail pour vous en sortir ! Il est important de ne pas sous-estimer la situation, même en cas de difficultés légères. Un problème qui n’est pas pris suffisamment au sérieux est un problème qui est généralement traité superficiellement.
Sur le plan légal, on désigne par entreprise en difficulté une structure dont le passif exigible surpasse l’actif disponible. Le tribunal de commerce définit, dans l’article L 631-1 du code du commerce, l’état de cessation de paiement comme “l’impossibilité de faire face à son passif exigible à l’aide de son actif disponible.” Dans cette situation, la société fait généralement l’objet d’une procédure collective, qui peut être liquidation judiciaire ou procédure de redressement.
Réaliser un audit de son entreprise permet de faire un point précis sur sa santé financière. Un audit consiste à analyser toute la trésorerie de l’entreprise et son chiffre d’affaires, afin de déterminer sa rentabilité et de mettre en lumière ses problèmes. Il est possible de réaliser un audit interne ou externe de l’entreprise. L’audit interne est mené par le chef d’entreprise, avec l’aide de ses collaborateurs, tandis que l’audit externe est réalisé par des professionnels de l’audit.
Mettre à plat les dépenses et les recettes
Pour sauver une entreprise en difficulté, il faut nécessairement passer par la mise à plat de vos dépenses. Dans un premier temps, l'idéal est de reprendre toutes les dépenses que vous avez payées, puis de les mettre en ordre en les catégorisant dans un tableau récapitulatif. Repartez de vos relevés bancaires, ou exportez les données de votre logiciel de gestion si vous en avez un.
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Si vous avez du mal à visualiser la manière dont vous pouvez créer vos catégories, voici des exemples sur lesquels vous pouvez vous appuyer : salaires (employés, intérimaires, stagiaires si vous en accueillez), achats fournisseurs (prenez en compte les éventuels délais de paiement dont vous auriez pu bénéficier), prestataires (expert comptable, avocat, conseiller en gestion, etc.), abonnements (Internet & téléphonie mobile, logiciels professionnels), remboursement d'intérêts à la banque, dépenses liées aux actions marketing / communication, impôts et charges, dépenses liées à vos locaux, assurances diverses, TVA à payer.
Maintenant faites la même chose pour les recettes, l'actif disponible. Créez un deuxième volet et c’est reparti. Appuyez-vous sur les factures que vous avez saisies dans votre logiciel de devis, et remettez-vous en tête d'éventuelles dotations de concours ou subventions.
Analyser les causes et suivre la piste des anomalies
Si vous décelez que votre entreprise rencontre des problèmes de trésorerie, vous devez remonter jusqu’à l'élément (ou les éléments) perturbateur(s) : ventes trop basses, clients qui payent en retard, charges trop importantes... Bref tout ce qui a pu mettre l'activité de votre entreprise en péril. Si vous avez déjà mis à plat les postes d’encaissements et de décaissements, l’analyse de ces derniers pour déterminer les anomalies peut se révéler très fructueuse.
Vos 4 derniers mois ont été fastes grâce à de nouveaux clients mais vous ne retrouvez pas cette augmentation dans vos recettes ? Alors c’est peut-être que vous avez des factures en retard de paiement. Ou bien que cet argent supplémentaire est englouti dans des charges trop importantes, qui ne vous permettent pas d’atteindre votre seuil de rentabilité.
Vous pouvez aussi essayer de rendre l’exercice plus agréable en pensant à une enquête de détective. Suivre la piste du malfrat en récoltant des indices qui vous permettront de procéder à son arrestation peut se révéler plus stimulant que “chercher des erreurs dans un tableau financier de 200 lignes” ! N’hésitez pas non plus à réaliser un audit interne de l'entreprise.
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Réduire les coûts superflus et optimiser les dépenses
C’est certainement quelque chose que l’on doit vous répéter encore et encore. Problème : c’est tout sauf évident et ça peut vite devenir énervant. Ce que vous voulez, c’est sortir de la crise et vous développer ! Et on vous comprend. Bonne nouvelle, vous pouvez vous concentrer sur les coûts inutiles ou trop élevés par rapport à ce qu’ils devraient être en vous aidant de vos analyses de décaissement.
- Renégocier les contrats fournisseurs et mettre les fournisseurs en concurrence.
- Établir ou rejoindre un groupement d'achat pour obtenir des réductions.
- Passer au “zéro papier” et privilégier le marketing en ligne plutôt que les supports imprimés coûteux.
- Revoir les abonnements payants et préférer l'open source ou des solutions temporaires gratuites.
- Faire la guerre au gaspillage (énergies, matériel) en se basant sur l'analyse des factures.
Optimiser la masse salariale ne signifie pas forcément réduire les effectifs. L'idée est de mettre tout le monde à contribution en invitant les employés à proposer des idées pour augmenter la productivité et diminuer les coûts. En invitant les employés à mettre à l'intérieur leurs bonnes idées pour augmenter la productivité, diminuer les coûts, vous aurez plusieurs cerveaux en train de réfléchir à votre problématique.
Redynamiser les ventes par le marketing
Il arrive parfois de voir une entreprise en difficulté financière car le volume de vente est insuffisant, sans raison apparente. Il faut donner envie à vos prospects l'envie de passer le cap et d'acheter. Pour éviter cela, vous allez donc devoir élaborer une stratégie marketing. Bien menée, elle vous permettra d'être plus en phase avec votre clientèle et donc d'augmenter vos ventes.
Vous pouvez vous poser quelques questions afin d'avancer sur cette problématique : Que veut ma clientèle ? Quel est son besoin ? Quels sont les meilleurs canaux de promotion de mes produits / services ?
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S’entourer et se faire accompagner
Une des premières mesures à prendre pour redresser une entreprise en difficulté financière, c’est de faire appel à des personnes extérieures qui pourront vous aider sur des points spécifiques. En plus de vous libérer du temps pour vous concentrer sur ce que vous savez le mieux faire, ces tierces personnes sauront vous faire prendre du recul.
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Expert-comptable pour vous aider à remettre sur pieds votre gestion de trésorerie. Conseillers en gestion d’entreprise afin de retrouver une vue globale de votre activité et améliorer votre rentabilité. Si cette tâche vous semble trop compliquée et que vous avez peur d’aggraver la situation de l'entreprise, vous pouvez toujours faire appel au management de transition. Cela consiste à laisser un dirigeant expérimenté prendre les rennes de votre activité pour une durée déterminée.
Cependant, si cette solution est globalement très efficace, elle est relativement onéreuse, ce qui peut être rédhibitoire dans certains cas. En effet, il est par exemple inenvisageable pour une entreprise en état de cessation de paiement, dont le passif exigible surpasse les actifs disponibles, de mettre en place une solution de management de transition externe. Si c'est votre cas, d'autres solutions existent pour sauver l'activité de l'entreprise.
Utiliser les dispositifs et interlocuteurs d’aide
La CCSF a pour mission principale d'aider les entreprises en difficulté financière en leur permettant de demander des aménagements ou des délais de paiement concernant leurs dettes fiscales (impôts) et sociales (cotisations sociales). L'entreprise ou son représentant (expert-comptable, avocat, etc.) peut saisir la CCSF lorsqu'elle rencontre des difficultés financières significatives.
Le CODEFI joue un rôle crucial en tant que soutien opérationnel et interlocuteur pour les entreprises en difficulté de moins de 400 salariés : proposer des solutions adaptées, en concertation avec les parties prenantes, il met en œuvre des mesures pour redresser l'entreprise et faciliter le dialogue avec les partenaires financiers et administratifs, c'est à dire agir comme un médiateur pour fluidifier les relations entre l’entreprise, ses créanciers publics (impôts, URSSAF) et ses créanciers privés (banques, fournisseurs).
Le CIRI a pour mission principale d’accompagner les entreprises en difficulté de plus de 400 salariés dans leurs démarches de restructuration, en travaillant sur des solutions pour redresser leur situation financière tout en maintenant leur activité. La Banque de France (Médiation du Crédit) : cet organisme aide les entreprises à dialoguer avec leurs banques en cas de refus de financement.
La médiation du crédit menée par la Banque de France peut permettre de trouver un accord avec les organismes créditeurs, comme les banques. Permettent aux entreprises d’obtenir des financements bancaires avec la garantie de l’État. Le Centre d'Information sur la Prévention des difficultés des entreprises : le CIP est une association constituée de professionnels bénévoles.
Procédures préventives et collectives
La procédure d'alerte permet de détecter au plus tôt les difficultés économiques d'une société. Le comité social et économique (CSE) ou les associés ont la possibilité de déclencher cette procédure. Pour sortir d'une situation de crise et rebondir rapidement, l'entreprise en difficulté peut utiliser la procédure de conciliation.
La procédure de sauvegarde : toutes les dettes de l'entreprise sont gelées au jour de l’ouverture de la procédure, après une période d’observation. On propose un plan de sauvegarde à l’entreprise pour étaler le règlement de ses dettes. Le redressement judiciaire : cette procédure collective concerne les entreprises en cessation de paiement. Il entraîne la suspension des majorations, des intérêts et des poursuites à l’encontre de l’entreprise. La liquidation judiciaire : elle intervient lorsque les deux précédentes options ne sont pas envisageables.
Garder le moral et préserver l'image
Voir votre création battre de l’aile n’est jamais facile. Mais si au lieu de vous morfondre dans des pensées négatives, vous essayiez de positiver ? Si vous parvenez à conserver cette passion qui vous anime et la conviction que votre entreprise va s’en sortir, vous verrez que votre ardeur au travail en sera décuplée.
Dites-vous aussi que l’erreur est un excellent enseignant ! En sachant reconnaître les fautes qui vous incombent, vous en ressortirez plus fort. Enfin, souriez, vous êtes filmé ! Employés, partenaires et banquiers prêtent une grande attention à l'image que vous renvoyez. En montrant que vous êtes confiant et que les obstacles sont faits pour être surmontés, vous aurez une influence positive sur les gens que vous côtoyez au quotidien.
Planifier le redressement
Notre premier conseil est de définir un plan de redressement sur 12 mois. Planifier le redressement de votre entreprise sur une période assez longue vous permettra de corriger un à un tous les problèmes sans faire l’impasse sur quoi que ce soit. Pendant cette période, votre objectif sera de réduire les frais superflus.
La gestion rigoureuse, combinée à un accompagnement adapté et à l’utilisation des aides disponibles, peut permettre de surmonter ces obstacles. Il est donc primordial, même en l’absence de crise, de s’informer et de se former au management des entreprises en difficulté.
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