Les causes de la faillite des PME en France et comment l'éviter

La défaillance d’une entreprise, communément appelée « faillite », met en lumière les problèmes qu’elle rencontre et qui deviennent difficiles, voire impossibles, à surmonter. La faillite est la situation dans laquelle une entreprise fait face à de grandes difficultés financières, faute de disposer de liquidités suffisantes pour payer ses dettes et ses échéances. Les évènements pouvant provoquer une faillite sont nombreux et le dirigeant doit apprendre à les surveiller pour mieux les anticiper. On sait également que les premières années suivant la création de l’entreprise sont une période délicate et sensible qui nécessite de la vigilance.

Causes de la faillite

Les causes de la faillite

Il arrive ainsi paradoxalement que certaines entreprises fassent faillite car elles réalisent une croissance rapide et incontrôlée. A l’inverse, une baisse sensible et rapide de l’activité peut conduire à la cessation de paiement, surtout si l’entreprise est dépendante d’un petit nombre de clients. Une mauvaise organisation au sein de l’entreprise (comme un désaccord entre les dirigeants), de mauvais investissements ou encore des impayés clients à répétition peuvent également conduire à la faillite. Certains événements extérieurs peuvent avoir des conséquences catastrophiques sur une entreprise.

La faillite peut ainsi être due à un contexte économique particulier (crise financière de 2008), à une mauvaise conjoncture dans un secteur d’activité donné ou encore à une crise sociale (gilets jaunes) ou sanitaire (Covid-19). Ces causes sont liées par exemple à un contexte économique particulièrement, une mauvaise conjoncture pour le domaine spécifique d’activité ou encore une crise sociale (comme les grèves des gilets jaunes).

Les chiffres clés de la faillite en France

Le cap symbolique des 60 000 défaillances d'entreprises a été franchi. A la fin de l'été, plus de 63 000 ont été enregistrées sur les douze derniers mois. D’après les chiffres d’Altares, spécialiste de l’information économique et financière à destination des dirigeants et des acteurs économiques, 60 360 sociétés défaillantes ont été relevées entre février 2023 et février 2024. Une évolution bien au-delà du niveau avant la crise sanitaire.

En janvier et février 2024, 11 800 entreprises ont fait défaut en cumulé. Depuis 2004, c’est le troisième début d’année le plus important après 2014 (11 918) et 2015 (12 165). Fin mai, la Banque de France recense ainsi 60.210 défaillances sur les douze derniers mois, soit un niveau « légèrement supérieur au niveau moyen mesuré sur la période 2010-2019 », qui s’établit à 59.342. Ainsi, alors que l’on compte en moyenne annuelle 33 défaillances d’ETI et GE sur la période 2010-2019, la France en a enregistré 63 sur un an, à fin mai 2024.

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BPCE L’Observatoire dénombre 17 966 défaillances au 4e trimestre 2024, soit le plus haut niveau pour un 4e trimestre depuis 2009. En 2024, 5 265 PME-ETI (10 salariés et plus) ont fait défaut contre 3 478 en 2019, soit une progression de 51%.

L’Observatoire des délais de paiement estimait à 15 milliards d’euros le manque de trésorerie des PME en 2022 en raison de ces retards.

Tableau récapitulatif des défaillances d'entreprises en France

Période Nombre de défaillances Source
Février 2023 - Février 2024 60 360 Altares
Depuis début 2024 66 000 Altares
Quatrième trimestre 2024 17 966 BPCE L’Observatoire

Les secteurs les plus touchés

Les TPE (très petites entreprises) sont particulièrement touchées. Les TPE, pour très petites entreprises, celles qui emploient moins de dix salariés, représentent 90 % des défauts de paiement. Les TPE de moins de trois salariés sont les plus fragiles et concernaient les trois quarts des défaillances d'entreprises au deuxième trimestre selon le cabinet d'études Altares.

En l'occurrence, les secteurs les plus touchés sont l'esthétique, la coiffure, la boulangerie, la restauration, l'habillement - autrement dit les commerces en lien direct avec les consommateurs, mais aussi désormais depuis le début de l'année le secteur du bâtiment, qui totalise à lui seul le quart des défauts de paiement.

Traditionnellement, les secteurs de l’industrie, de la construction et du commerce sont les plus impactés et concentrent plus de la moitié des emplois menacés. Toutefois, la dégradation observée en 2023 et 2024 par rapport à 2019 met en évidence 6 secteurs dont l’exposition s’est nettement accrue : la construction et le commerce mais aussi l’immobilier, l’hébergement-restauration, les services aux entreprises et les services aux ménages.

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COMMENT ÉVITER LA FAILLITE : L'ORGANISATION #2

Les procédures en cas de difficultés financières

Les entrepreneurs en difficulté peuvent utiliser la loi pour négocier avec leurs créanciers. Si ces mesures sont insuffisantes, s’ouvre la voie judiciaire. Cette procédure entraîne la suspension des dettes antérieures et des actions en justice des créanciers. Cette procédure vise à permettre la poursuite de l'activité de l'entreprise, le maintien des emplois et l'apurement du passif de l’entreprise, malgré son état de faillite. Il s’agit de la plus stricte des procédures collectives lors d’une faillite. Cette décision met fin à l’activité de l’entreprise ainsi que l’abandon de toutes poursuites judiciaires contre le ou les dirigeants de l’entreprise. Les éventuels salariés sont inscrits dans une procédure de licenciement économique.

Les étapes de la procédure de faillite

  1. La première étape de la procédure de faillite d'entreprise est la déclaration de cessation des paiements. Le dirigeant de l'entreprise doit déposer cette déclaration auprès du tribunal de commerce compétent dans les 45 jours suivant la date de cessation des paiements.
  2. Après examen de la déclaration de cessation des paiements, le tribunal de commerce décide d'ouvrir une procédure collective.
    • La sauvegarde : cette procédure est destinée aux entreprises qui ne sont pas en cessation de paiements, mais qui rencontrent des difficultés financières sérieuses.
    • Le redressement judiciaire : cette procédure est ouverte lorsque l'entreprise est en cessation de paiements, mais qu'il existe une possibilité de sauvegarder l'activité.
    • La liquidation judiciaire : cette procédure est ouverte lorsque l'entreprise est en cessation de paiements et qu'il n'existe aucune perspective de redressement.
  3. Le déroulement de la procédure collective varie en fonction du type de procédure ouverte. En cas de sauvegarde ou de redressement judiciaire, un plan de continuation ou de cession est élaboré pour permettre à l'entreprise de poursuivre son activité ou de céder tout ou partie de ses actifs à un repreneur.
  4. La procédure collective prend fin lorsque toutes les dettes de l'entreprise en faillite ont été réglées ou lorsque l'entreprise a été liquidée. En cas de redressement judiciaire réussi, l'entreprise peut reprendre son activité normalement.

Comment prévenir la faillite ?

Prévenir la faillite d'entreprise est un enjeu majeur pour tout dirigeant. En anticipant les difficultés et en mettant en place des mesures adaptées, il est possible de redresser la situation et d'éviter le pire. En cas de difficultés financières, il ne faut pas hésiter à se faire accompagner par des professionnels pour éviter de faire faillite.

La trésorerie est le nerf de la guerre pour une entreprise. Une trésorerie insuffisante peut rapidement conduire à des difficultés de paiement et, à terme, à faire faillite. En période de difficultés, il est nécessaire de réduire les coûts pour préserver la rentabilité de l'entreprise. Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier est une règle de prudence qui s'applique également aux entreprises.

Le monde des affaires est en constante évolution. Les entreprises doivent être capables d'anticiper les changements de leur marché, qu'il s'agisse de l'apparition de nouveaux concurrents, de l'évolution des technologies ou des attentes des consommateurs. Un expert-comptable peut vous aider à analyser votre situation financière, à identifier les causes de vos difficultés et à élaborer un plan de redressement.

Prévention de la faillite

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