Auto-Entrepreneur vs Travailleur Indépendant : Quelles sont les Différences ?
Vous souhaitez vous lancer dans une activité indépendante et le terme "auto-entrepreneur" revient souvent ? Il est essentiel de bien comprendre les nuances entre les différents statuts pour faire le choix le plus adapté à votre situation. Ainsi, il n’est pas toujours simple de comprendre les différentes appellations qui désignent les travailleurs indépendants, ces professionnels qui font le choix d’exercer une activité économique en toute autonomie et à leur compte.
SASU ou auto-entrepreneur : l'essentiel pour choisir !
Définitions : Travailleur Indépendant et Auto-Entrepreneur
Un travailleur indépendant est défini comme une personne travaillant en parfaite autonomie et qui gère son temps comme elle le souhaite. Il s'agit d'un entrepreneur qui travaille à son compte, sans hiérarchie et qui gère sa propre entreprise. Le travailleur indépendant est donc libre de choisir ses clients, de les démarcher et d'appliquer le tarif qu'il souhaite. Un travailleur indépendant est un professionnel qui exerce une activité économique (commerciale, agricole ou libérale) de façon autonome, en son nom et à son compte.
L'auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur relève, quant à lui, du régime de la micro-entreprise. Choisir le régime de l'auto-entreprise pour démarrer une activité offre donc la possibilité de bénéficier d'un régime social et fiscal simplifié et avantageux. Ainsi, si vous souhaitez devenir travailleur indépendant et bénéficier des avantages cités précédemment, vous pouvez opter pour le régime de la micro-entreprise. Vous devrez veiller à ce que votre activité ne dépasse pas les plafonds requis par le régime de la micro-entreprise sinon vous devrez opter pour un autre statut juridique.
En d'autres termes, le terme "freelance" désigne communément un travailleur indépendant quand l’auto-entrepreneur est rattaché à une réalité administrative et juridique particulière. Le freelance : un travailleur indépendant Le terme freelance est un anglicisme pouvant se traduire par « travailleur indépendant ». Un freelance est donc un professionnel travaillant à son compte. Il propose ses services à des entreprises ou à des particuliers.
La Confusion Entre Micro-Entrepreneur et Auto-Entrepreneur
Autre confusion qui perdure, celle entre micro-entrepreneur et auto-entrepreneur. Ainsi, le micro-entrepreneur réglait ses cotisations sociales comme un travailleur non salarié classique alors que celles de l’auto-entrepreneur étaient calculées chaque mois ou chaque trimestre sur la base du chiffre d’affaires réalisé, à partir d’un taux variable selon la nature de son activité. La loi Pinel du 1er janvier 2016 est venue gommer les différences entre le régime du micro-entrepreneur et celui de l’auto-entrepreneur, qui sont désormais juridiquement réunis sous l’appellation de « micro-entrepreneur », même si le terme « auto-entrepreneur » reste encore très employé.
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En résumé, les termes de microentreprise et d’autoentreprise sont souvent utilisés de manière interchangeable. Et pour cause : ils désignent strictement la même chose. Il n’existe en effet aucune différence entre un autoentrepreneur et un microentrepreneur. Le terme d’autoentreprise est apparu au moment de la création de ce statut particulier. À partir du 1ᵉʳ janvier 2016, il a été remplacé par celui de microentreprise. La terminologie d’autoentrepreneur est toujours utilisée sur le site de déclaration en ligne de l’Urssaf. C’est sans doute la raison pour laquelle cette appellation n’a pas totalement disparu. Dans tous les cas, si vous avez créé une autoentreprise, vous êtes bel et bien un microentrepreneur !
Comment Devenir Travailleur Indépendant ?
Pour devenir freelance et facturer vos clients, vous devez obligatoirement déclarer votre activité. Cette formalité est incontournable pour obtenir un numéro SIRET et facturer vos clients. Mais avant de déclarer votre activité, il vous faudra choisir un statut juridique sous lequel exercer. Pour devenir travailleur indépendant, vous avez alors trois possibilités :
- Créer une entreprise individuelle, avec une option possible pour le régime de la micro-entreprise ou pour le nouveau statut unique d'entrepreneur individuel (anciennement EIRL).
- Vous tourner vers la création d’une société comme une EURL ou une SASU.
- Opter pour le portage salarial.
Dans ce cas-là, pas besoin de choisir un statut juridique.
Il est important de ne pas confondre trois notions très différentes, à savoir le statut d’un travailleur (indépendant ou salarié), le statut juridique du travailleur indépendant et enfin son régime social et fiscal. Notre objectif est de vous aider à y voir plus clair, ce qui est primordial si vous avez le projet de démarrer une activité non salariée.
Les Différents Statuts Juridiques pour un Travailleur Indépendant
En tant que travailleur indépendant, vous avez le choix entre plusieurs statuts juridiques, chacun ayant ses propres caractéristiques en termes de formalités, de protection sociale et de régime fiscal.
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L'Entreprise Individuelle (EI)
L’Entreprise Individuelle est plus simple à créer qu’une véritable société, puisque votre EI se confond avec vous même : il n’y a donc ni statuts à rédiger, ni capital social à définir. En tant que dirigeant d’EI, vous restez soumis à l’impôt sur le revenu. Votre régime social est celui des Travailleurs Non-Salariés (TNS). Lors de la création d’une entreprise individuelle, vous avez le choix entre l’EI classique (au régime réel) ou l’EI avec une option pour la micro-entreprise.
L'Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée (EIRL) n’existe plus. Ce statut juridique était une forme particulière de l’Entreprise Individuelle qui permettait de protéger son patrimoine personnel. Maintenant, cette protection est automatique dans les cas de l’entreprise individuelle et de l’auto-entreprise.
L'Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL)
L‘Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL) est une société unipersonnelle dont le dirigeant unique est TNS comme en micro-entreprise. À la tête de votre EURL, vous êtes par défaut soumis à l’impôt sur le revenu, avec toutefois une option possible à l’impôt sur les sociétés. L’EURL est idéale si vous envisagez un chiffre d’affaires supérieur aux plafonds de l’auto-entreprise. De plus, en créant une société, vous pouvez déduire vos charges de votre revenu imposable, ce qui n’est pas possible en auto-entreprise.
La Société par Actions Simplifiées Unipersonnelle (SASU)
En Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU), vous créez une société dans laquelle vous êtes président assimilé salarié, ce qui vous permet de bénéficier d’une meilleure protection sociale qu’en EURL (notamment pour votre prévoyance et votre retraite). La SASU est soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés. Comme en EURL, vous n’avez pas de plafond de chiffre d’affaires à respecter, vous pouvez déduire vos frais, et en vous acquittant de la TVA, vous pouvez la récupérer sur vos achats professionnels. La SASU est cependant plus complexe à créer qu’une EURL car ses statuts ne sont pas prérédigés. Cela vous permet néanmoins de créer une société totalement adaptée à vos projets.
| Caractéristique | EURL | SASU |
|---|---|---|
| Gestion | Dirigée par un gérant relevant du régime social des travailleurs non-salariés (TNS). | Dirigée par un président relevant du régime général de la sécurité sociale. |
| Imposition des bénéfices | Par défaut, imposée à l'impôt sur le revenu (IR). Possibilité d’opter pour l'impôt sur les sociétés (IS). | Par défaut, imposée à l'impôt sur les sociétés (IS). Possibilité d’opter pour l'impôt sur le revenu (IR) sous conditions. |
| Responsabilité du fondateur | Limitée au montant de son apport (sauf en cas de faute de gestion). | |
| Gestion administrative | Plus lourde que pour un auto-entrepreneur. | |
| Protection sociale | Affilié au régime social des travailleurs indépendants (TNS). | Affilié au régime général de la sécurité sociale. |
Le Portage Salarial
Si vous voulez vous lancer en tant que freelance mais que vous ne voulez pas créer votre entreprise, vous pouvez aussi opter pour un contrat de portage salarial. Dans ce cas-là, vous laissez une société de portage s’occuper des formalités juridiques et comptables à votre place. Le freelance est ici salarié de la société de portage. Il est donc lié à elle par un contrat de travail. Le salarié « porté » (c’est-à-dire vous) est lié à la société de portage par un contrat de travail, tandis que votre client est lié à elle par un contrat de prestation. Pour se rémunérer, la société de portage prélève un pourcentage sur votre chiffre d’affaires.
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Les Avantages et Inconvénients du Statut de Freelance
Devenir freelance vous permet d’avoir une plus grande liberté dans votre travail. Vous n’êtes pas limité par un contrat de travail salarié, et disposez donc d’une plus grande flexibilité dans l’organisation de votre travail : vous définissez le temps que vous souhaitez consacrer à chaque client et organisez votre journée comme vous le souhaitez, à condition de remplir les missions qui vont été demandées. Le freelance travaille en général depuis chez lui, dans un espace de coworking ou directement chez ses clients. Aux freelances donc de choisir leurs modalités de travail et de se discipliner. Un travailleur indépendant est son propre patron ! De vos missions à vos clients, en passant par le prix de vos services, à vous de déterminer la manière dont vous voulez organiser votre travail.
Côté inconvénients, le freelance dispose d’une couverture sociale moins protectrice qu’un salarié. Si vous choisissez l’entreprise individuelle (avec ou sans option pour l’auto-entreprise), vous aurez le statut de travailleur non salarié (TNS). Si vous créez une société, vous pourrez, selon la forme juridique choisie, bénéficier du statut d’assimilé salarié.
Quel Métier Exercer en Freelance ?
On peut devenir freelance et valoriser ses compétences dans des secteurs d’activités très divers. Que vous souhaitiez exercer une profession commerciale, artisanale ou libérale, vous pouvez ainsi lancer votre activité et devenir freelance ! Les missions principales concernées par le freelancing sont :
- Les métiers informatiques et du digital (développeur web, data scientist, web designer...)
- Les métiers créatifs (graphiste, illustrateur...)
- Les métiers de l’immobilier (agent commercial en immobilier...)
- Les métiers de la communication (community manager...)
- Les métiers du conseil (consultant, consultant en ressources humaines...)
Il existe cependant des activités interdites sous le régime de l’auto-entreprise :
- Les activités agricoles
- Les activités relevant de la TVA immobilière
- Les activités artistiques rémunérées par des droits d’auteur
- Les professions de santé (en revanche, la médecine dite « douce » ou « alternative » peut se pratiquer en auto-entreprise dans la plupart des cas).
Les Obligations Juridiques et Fiscales du Freelance
Vos obligations juridiques commencent dès la création de votre statut. Pour créer votre entreprise, que vous ayez choisi le statut de micro-entreprise ou de société, il vous faudra remplir toutes les formalités demandées avant de vous lancer afin d’obtenir votre numéro de SIRET. Selon la nature de votre activité, il peut être conseillé d’encadrer vos relations commerciales par des Conditions Générales de Ventes (CGV). Les CGV agissent comme un contrat entre vous et vos clients et permettent notamment de déterminer vos responsabilités et celles de vos clients. Elles définissent de nombreux points pour encadrer votre activité et les services que vous proposez (politique de retour ou de remboursement par exemple). Vous devrez aussi vous conformer à différentes réglementations tout au long de la vie de votre activité. Entre autres, il vous faudra rédiger des contrats et des devis, et vous conformer aux règles sur la protection des données (RGPD).
En tant que travailleur indépendant, vous avez aussi des obligations comptables et fiscales. Celles-ci diffèrent selon votre statut juridique. Pour tous produits ou services vendus, vous devrez rédiger une facture pour vos clients, et tenir une comptabilité à jour. Vous devrez également vous acquitter de cotisations sociales et devrez déclarer vos revenus d’activité pour le paiement de vos impôts.
Conseils Pour Démarrer Votre Activité Indépendante
Vous êtes fraîchement diplômé et souhaitez monter votre entreprise ? Vous envisagez une reconversion professionnelle pour démarrer une nouvelle activité comme travailleur indépendant ? Voici quelques conseils :
- Faites le point sur vos compétences et vos objectifs personnels et professionnels avant de vous lancer ;
- Faites un état des lieux des principaux acteurs et potentiels concurrents sur votre futur marché (compétences recherchées, mode de communication privilégié, tarifs pratiqués…) ;
- Optez pour le statut juridique le plus adapté à votre situation et vos besoins. Vous pouvez par exemple lancer votre activité avec le régime auto-entrepreneur plus rapide à créer et plus simple à gérer, puis passer à un statut de type SASU ou EURL au bout de quelques années, lorsque vos revenus et votre clientèle seront consolidés ;
- Définissez une stratégie de recherche de nouveaux clients et opportunités. Inscrivez-vous sur des plateformes de mise en relation avec de possibles clients et partenaires, participez à des événements liés à votre secteur d’activité et créez votre site web.
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