Qui est concerné par le cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est une tumeur maligne de la prostate. La prostate est une glande située dans les voies urinaires basses, sous la vessie et autour de l’urètre. Elle produit une partie du liquide qui transporte le sperme. Seuls les hommes ont une prostate. Une prostate saine fait environ la taille d’une grosse noix et a un volume de 15 à 25 ml.

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez les hommes. Il représente 25% de l’ensemble des cancers incidents masculins. Il touche chaque année, en France, près de 60 000 personnes et est à l’origine d’environ 8 000 décès. En Europe, le cancer de la prostate est le plus fréquent des cancers chez l’homme âgé. En France, le cancer de la prostate se place au 1er rang des cancers en termes d’incidence chez l’homme, tous cancers confondus. Le cancer de la prostate se situe au 1er rang des cancers chez l'homme, nettement devant les cancers du poumon et du côlon-rectum.

Qui est le plus à risque ?

Le risque de développer un cancer de la prostate augmente avec l’âge et le diagnostic se fait en moyenne à 69 ans. Le cancer de la prostate est un cancer du sujet âgé : il apparaît rarement avant 50 ans, l’âge médian au diagnostic est de 64 ans et l’incidence augmente très rapidement avec l’âge. La maladie se déclare très rarement avant l’âge de 45 ans. En effet, entre 50 et 64 ans, le risque de développer un cancer de la prostate s’étend de 1 à 7%. Entre 65 et 74 ans, le risque est compris entre 14 et 26%. Entre 75 et 79 ans, les hommes ont 40% de risque de développer un cancer de la prostate. Un diagnostic sur cinq est posé chez des hommes ayant entre 70 et 74 ans. Enfin, à partir de 80 ans, 1 homme sur 2 en contracte un. Le cancer de la prostate survient dans environ 66% des cas chez des hommes âgés de 65 ans et plus.

Les antécédents familiaux de cancer de la prostate sont également un facteur de risque reconnu : les hommes ayant des parents du premier ou deuxième degré atteints de cancer de la prostate ont un risque augmenté d’être également touchés par cette pathologie. En France, il semblerait que 5 à 10% des cancers de la prostate soient héréditaires. Un cancer est considéré comme héréditaire lorsqu’on a diagnostiqué au moins 3 cas sur 3 générations de parents au 1er degré (frère/père). Les hommes dont le père ou le frère ont été porteurs de la maladie, en raison d’une prédisposition génétique liée à la mutation génétique BRCA2 (10 à 20% des cas), auraient en moyenne trois fois plus de risque de la développer. Les gènes impliqués sont principalement BRCA2, BRCA1 et HOXB13. Les antécédents de cancer du sein, de l’ovaire ou du pancréas liés à la même mutation du gène BRCA2 chez la mère doivent également alerter.

L’origine ethnique a été identifiée comme étant un facteur de risque de développer un cancer de la prostate. Il est par ailleurs unanimement reconnu que les populations d’ascendance africaine subsaharienne sont plus à risque de développer un cancer de la prostate que les populations caucasiennes ou asiatiques. Aux États-Unis, les hommes afro-américains ont 1.7 fois plus de risques de développer un cancer de la prostate que les hommes blancs, et 2.1 fois plus de risques de mourir de la maladie. Sur le territoire français, le risque est plus élevé chez les hommes d’origine antillaise. Aux Antilles françaises, le cancer de la prostate est la pathologie tumorale la plus fréquente. Ce risque plus élevé qu’en France métropolitaine est en lien avec les origines africaines de la majorité́ de la population.

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Facteurs liés au mode de vie et à l’environnement

Plusieurs facteurs liés au mode de vie ou à l’environnement ont été étudiés. Manger beaucoup de viande et de produits laitiers pourrait augmenter le risque de cancer de la prostate. La viande rouge et la charcuterie augmentent légèrement le risque, surtout la charcuterie. Les produits laitiers, surtout le lait de vache, semblent augmenter le risque. Les yaourts auraient un effet similaire. Un apport en calcium supérieur aux doses quotidiennes recommandées (environ 1000 mg/jour) est associé à un risque accru de développer un cancer prostatique. La consommation insuffisante de fruits et légumes associée à une trop forte consommation de graisses provenant de viande rouge notamment, pourraient augmenter le risque de développer un cancer de la prostate.

La majorité des études épidémiologiques n’ont pas trouvé de lien entre la consommation totale de protéines et le risque de cancer de la prostate. Concernant les glucides, les résultats sont mitigés. Deux études montrent que la consommation de boissons sucrées augmenterait le risque. Une alimentation conduisant à une élévation chronique de l’insuline dans le sang semble augmenter le risque de cancers de la prostate agressifs. La 1,25-dihydroxy vitamine D a des effets antiprolifératifs et plusieurs études épidémiologiques ont fait état d’une association entre de faibles niveaux de vitamine D et un risque plus élevé de cancer de la prostate, bien que pour de faibles concentrations plasmatiques de vitamine D, les preuves soient limitées.

Le tabagisme n’a pas été associé de façon constante au risque global, mais certaines études suggèrent que le tabac pourrait augmenter le risque de cancers plus agressifs. Une récente méta-analyse a montré que les fumeurs actuels avaient un risque plus élevé de développer un cancer de la prostate mortel comparé aux non-fumeurs.

Concernant les expositions professionnelles et environnementales : aucun facteur de risque d’origine environnementale ou professionnelle n’est avéré cancérogène pour le risque de cancer de la prostate de façon certaine, mais plusieurs pistes sont débattues. Il semblerait que l’exposition aux polluants chimiques comme les pesticides, les cadmiums, les hydrocarbures polycycliques aromatiques… puisse être impliquée, et ce risque concernerait particulièrement les agriculteurs. Le cadmium et ses composés sont classés cancérogènes avérés pour le cancer du poumon, mais l’effet spécifique pour la prostate n’a pas été clairement établi. L’action contre la pollution par le chlordécone en Guadeloupe et en Martinique avait fait l’objet de plans visant à améliorer les connaissances et réduire l’exposition. En février 2019, l’Inserm a produit un rapport d’expertise collective sur l’exposition aux pesticides et au chlordécone associé au risque de survenue du cancer de la prostate. La poursuite des travaux permettra de suivre l’évolution des expositions aux Antilles afin de mesurer l’efficacité des politiques publiques visant à réduire les expositions.

Prévalence et chiffres clés

Indicateur Valeur
Nouveaux cas en France (2018) 59 885
Décès (2023) 9 002
Survie nette à 5 ans 93%
Prévalence estimée (2017) 643 156 personnes
Pourcentage des cancers masculins 25%

Comment est détecté le cancer de la prostate ?

L’outil le plus commun pour détecter le cancer de la prostate est une prise de sang déterminant le niveau d’antigène prostatique spécifique (PSA). Le test PSA n’est pas assez fiable pour diagnostiquer un cancer, mais un taux élevé peut inciter à réaliser un examen complémentaire (un toucher rectal, par exemple) qui permettra de poser un diagnostic. Cette avancée a permis de détecter plus tôt les cas de cancer de la prostate à des stades moins avancés, tout en évaluant l’efficacité des traitements anticancéreux. Cependant, l’utilisation du PSA présente des limites. Certains individus affichent un taux anormalement élevé de PSA sans être atteints d’un cancer de la prostate, tandis que d’autres présentent un taux faible de PSA malgré la présence d’un cancer prostatique.

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Votre médecin se basera sur les résultats de la prise de sang, mais aussi sur votre âge et vos antécédents familiaux, afin d’estimer votre risque de développer un cancer de la prostate. Si le risque est élevé, il vous proposera une biopsie du tissu prostatique afin de confirmer s’il s’agit bien d’une tumeur. Les biopsies prostatiques permettent d’établir le diagnostic d’un cancer de la prostate. Sous contrôle échographique, des échantillons de tissus de la prostate sont prélevés.

Caractéristiques cliniques et évolution

La plupart des cancers de la prostate se développent lentement et ne provoquent pas de symptômes. Le cancer de la prostate agressif est peu fréquent. Dans la plupart des cas, les symptômes sont causés par une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), ou une infection. Si le cancer de la prostate provoque des symptômes, c’est habituellement un signe que la maladie a progressé. Un certain nombre de symptômes peuvent alerter : symptômes urinaires tels que la fréquence des mictions ou un faible jet d’urine, sang dans l’urine, trouble de l’érection, problèmes d’incontinence urinaire, perte de contrôle intestinal, douleurs dans les hanches, le dos, la poitrine ou les jambes, jambes faibles. Une douleur osseuse pourrait être un signe que le cancer s’est propagé à travers le corps.

Les tumeurs de la prostate sont classées selon le stade de la tumeur et le degré d’agressivité des cellules tumorales. L’autre élément de classification est le score de Gleason qui donne des informations sur l’agressivité des cellules et la vitesse de développement de la tumeur. Le stade de la tumeur représente son niveau de progression et sa propagation éventuelle aux ganglions lymphatiques ou à d’autres organes.

Quand et comment surveiller

Tous les cancers de la prostate ne sont pas traités de façon « radicale ». Certains cancers diagnostiqués sur des biopsies peuvent avoir des caractéristiques de lésions dites « non significatives » et ainsi être mis en surveillance dite « active ». Ces cancers non significatifs sont identifiés sur un ensemble de critères cliniques (toucher rectal), biologiques (taux de PSA total), biopsiques et radiologiques (IRM). La surveillance active est une voie de traitement pour guérir le cancer de la prostate localisé. Elle est à considérer comme un traitement en tant que tel, car nécessitant des consultations et examens à rythme prédéfini. L’objectif est de passer à d’autres options de traitement si des signes de progression de la maladie se manifestent.

Prise en charge et parcours de soins

Le choix de la stratégie de soins est adapté au cas personnel de chaque patient. Cette stratégie dépend des caractéristiques du cancer : l’endroit où il est situé, son type histologique, son stade et son grade. Une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) permet au corps médical d'établir un programme personnalisé de soins (PPS). Le traitement du cancer de la prostate dépend du stade d'évolution, de l'âge du patient et des souhaits de ce dernier. Dans certains cas de cancers localisés et notamment chez les sujets âgés, un suivi par une simple surveillance rigoureuse peut être indiqué.

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Les traitements possibles comprennent la chirurgie (prostatectomie totale), la radiothérapie externe, la curiethérapie (radiothérapie interne), l’hormonothérapie (traitement de privation androgénique), la chimiothérapie, l’immunothérapie et des techniques locales comme les ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) ou la cryothérapie. La chirurgie constitue le traitement curatif des cancers encore localisés au sein de la prostate et peut être effectuée par voie sus-pubienne, périnéale ou cœlioscopique. Le critère de choix de la technique opératoire dépend principalement de l’expérience du chirurgien. Actuellement, aucune étude scientifique n’a montré de supériorité d’une technique sur une autre en termes oncologiques et fonctionnels.

L’hormonothérapie est employée dans les formes plus avancées pour réduire le risque d'apparition de métastases. On parle alors de castration, qui peut être chirurgicale ou médicale. Quand un cancer non localisé échappe au traitement hormonal, une chimiothérapie ou de nouveaux agents hormonaux peuvent être envisagés. L’immunothérapie utilise le système immunitaire du patient pour lutter contre les cellules tumorales ; le Sipuleucel-T est le premier vaccin autorisé pour le cancer de la prostate. Les ultrasons focalisés de haute intensité sont généralement utilisés pour des patients ne pouvant pas être opérés ; la cryothérapie propose une alternative mini-invasive par cycles de congélation-réchauffement du tissu.

Impact psychosocial et accompagnement

Le diagnostic de cancer a un grand impact sur votre vie et celle de vos proches. Il peut provoquer des sentiments d’angoisse, d’incertitude, de peur ou même la dépression. Le traitement, intense, aura une incidence sur votre travail et votre vie sociale. Pour trouver un soutien, rapprochez-vous de votre médecin ou de votre infirmière à l’hôpital ou de votre médecin de famille. Ils seront en mesure de vous orienter vers des associations de patients ou des professionnels qui pourront vous apporter un soutien psychologique, mais aussi répondre à des questions pratiques comme, par exemple, les conséquences financières possibles de votre traitement.

Le traitement du cancer peut aussi affecter votre sexualité. Vous pouvez éprouver une dysfonction érectile après la prostatectomie radicale. La thérapie hormonale peut faire baisser votre libido. Des sentiments de dépression et la fatigue peuvent également avoir un effet négatif sur votre vie sexuelle. Il est important que vous parliez à votre partenaire de vos sentiments. Un diagnostic de cancer affecte non seulement le patient, mais aussi son entourage. En tant que membre de la famille ou proche, votre présence et votre écoute peuvent apporter un réconfort, sans avoir besoin d’avoir les réponses à toutes les questions.

Quels sont les symptômes d'un cancer de la prostate ?

La guérison d’un cancer de la prostate n’est parfois pas possible. Dans ces cas, votre médecin vous proposera des soins palliatifs pour optimiser votre qualité de vie. Ces soins palliatifs sont basés sur la prise en charge du patient et de ses proches par une équipe multidisciplinaire, avec qui vous pouvez partager vos questions d’ordre physique, psychologique, social et spirituel.

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