Charges Sociales Auto-Entrepreneur : Guide Complet

Les micro-entrepreneurs bénéficient d’un mode de calcul simplifié pour le paiement de leurs cotisations sociales et charges fiscales. Ces versements mensuels ou trimestriels sont obligatoires car ils contribuent à leur couverture sociale. Un auto-entrepreneur a l’obligation de déclarer son chiffre d’affaires tous les mois (ou tous les trimestres) sur le site de l’Urssaf des auto-entrepreneurs. Cette déclaration entraîne le calcul puis le paiement de différentes cotisations et contributions sociales d'un auto-entrepreneur.

Alors, comment sont calculées ces charges ? Quelle déclaration faire et comment s’en acquitter ? On vous guide pas à pas dans ces formalités !

Quelles sont les charges d’un autoentrepreneur ?

Qu'est-ce que le statut auto-entrepreneur ?

La micro-entreprise est un type d'entreprise individuelle (EI) bénéficiant d'un statut juridique simplifié. Le micro-entrepreneur, en optant pour le régime micro social simplifié, devient un entrepreneur individuel. Ce statut lui permet de gérer son activité professionnelle dans une structure juridique facile à administrer et avec peu de contraintes administratives.

Le régime de la micro-entreprise, anciennement dénommé auto-entreprise, constitue une forme simplifiée d’entrepreneuriat individuel, conçue pour faciliter la création d’activités indépendantes. Ce statut est ouvert à toute personne souhaitant exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale, que ce soit à titre principal ou en complément d’une autre activité.

Pour bénéficier de ce régime, plusieurs conditions doivent être remplies. Le chiffre d’affaires annuel ne doit pas dépasser des plafonds fixés par l’administration : 77 700 euros pour les prestations de services et les activités libérales, et 188 700 euros pour les activités commerciales et d’hébergement en 2025. Ces seuils sont réévalués tous les trois ans, mais pour 2025, ils restent inchangés par rapport à 2024. Dépasser ces plafonds peut entraîner un changement de régime fiscal et social, avec des conséquences notables sur la gestion de l’activité.

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Les cotisations et contributions sociales

En tant que micro-entrepreneur, vous bénéficiez d'un régime simplifié pour le calcul et le paiement de vos cotisations sociales. Vos cotisations sont calculées selon un pourcentage fixe appliqué à votre chiffre d'affaires. Ce pourcentage est un forfait qui inclut l'ensemble des cotisations et contributions sociales.

Un micro-entrepreneur doit régler :

  • Des cotisations sociales qui participent notamment au financement de votre assurance maladie et votre retraite
  • La contribution à la formation professionnelle : cette contribution ouvre également des droits à la formation pour les auto-entrepreneurs.
  • La taxe pour frais de chambre consulaire (TFCC) uniquement pour les artisans et les commerçants
  • Le versement libératoire, uniquement pour les auto-entrepreneurs ayant souscrit cette option.

Ces prélèvements effectués sur votre chiffre d’affaires participent au financement de la couverture sociale des professionnels indépendants. Ils vous ouvrent ainsi des droits pour les prestations suivantes :

  • couverture maladie / maternité /paternité
  • cotisation supplémentaire d'indemnité journalière
  • cotisation allocation familiale
  • cotisation retraite de base
  • cotisation au titre de la retraite complémentaire obligatoire
  • cotisation au régime d'invalidité et décès
  • CSG / CRDS

Même si les cotisations sociales financent votre protection sociale, elles restent des charges que vous devez prendre en compte dans vos calculs. Pour assurer la rentabilité de votre activité, il est donc essentiel de calculer l’ensemble de vos charges en auto-entreprise.

Les taux des cotisations sociales et de CFP

Le régime micro-social permet aux auto-entrepreneurs de payer leurs cotisations en fonction du chiffre d'affaires qu’ils déclarent. Voici les taux appliqués à partir du 1er Janvier 2025. Le décret n° 2024-484 du 30 mai 2024 modifie à la hausse les taux globaux de cotisations affiliés au régime général.

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Ces taux augmenteront de 3 points en 5 ans :

  • à compter du 1er janvier 2025, le taux passera de 23,1% à 24,6%
  • à compter du 1er janvier 2026, le taux passera de 24,6% à 26,1%

L’évolution du taux global de cotisations concerne les auto-entrepreneurs affiliés au régime général de la Sécurité sociale et déclarant leur chiffre d’affaires dans la catégorie des BNC.

Le taux global de cotisations évolue aussi pour ces professionnels depuis le 1er juillet 2024, passant de 21,2% à 23,2%. Cette évolution, souhaitée par la Conseil d’administration de la Cipav pour renforcer les droits à retraite complémentaire et aux prestations invalidité-décès de ses assurés, rentre en application au 1er juillet 2024. Il s’agit, conformément au décret n° 2023-1351, d’aligner le taux des auto-entrepreneurs sur les nouveaux taux (retraite complémentaire et invalidité-décès) qui s’appliquent depuis 2023 aux autres professionnels libéraux affiliés à la Cipav et, ne relevant pas du régime des auto-entrepreneurs.

Vous l’avez compris, le montant de vos cotisations sociales dépend du chiffre d’affaires que vous aurez déclaré auquel on applique les taux mentionnés ci-dessus.

Voici les taux appliqués à partir du 1er Janvier 2025 :

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Nature de l'activité exercée en micro-entreprise Cotisations sociales depuis le 1er Janvier 2025 (en pourcentage du chiffre d'affaires) Contribution à la formation professionnelle (CFP) Cotisations totales au 1er juillet 2024 (avant le 1er Janvier 2025)
Vente de marchandises (BIC) 12,3 % 0,20 % 12,4 %
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) 21,2 % 0,3 % 21,5 %
Autres prestations de services et activités libérales (BNC) 24,6 % 0,2 % 23,3 %
Activités libérales réglementées à la CIPAV (BNC) 23,2 % 0,2 % 23,4 %
Location de meublés de tourisme classés (BIC) 6 % 1 % 7 %

Bon à savoir : Les acronymes BIC et BNC ne vous disent rien ? Les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) concernent les activités des micro-entreprises d'achat et de vente, les activités de fourniture de logement ou de nourriture et les prestations de services commerciales et artisanales. Les bénéfices non commerciaux (BNC) concernent les activités libérales.

Les taxes pour Frais de Chambre Consulaire (TFCC)

Les activités commerciales et artisanales dont le chiffre d’affaires dépasse les 5000 € sont redevables d’une taxe pour frais de chambre consulaire (TFCC). Ces taxes sert au financement de la Chambre de Commerce et de l’Industrie (CCI) et de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA). Elle est à régler en même temps que les cotisations sociales et la CFP.

Les activités libérales dont le CFE est l’Urssaf ne sont pas redevables de la TFCC.

Bon à savoir : Ce taux diffère pour les département du Bas-Rhin, Haut-Rhin et la Moselle.

Source : Article 1600 du CGI

Voici les taux de TFCC :

Nature de l'activité exercée en micro-entreprise Pourcentage sur le chiffre d’affaires Chambre consulaire associée
Vente de marchandises, restauration, hébergement 0,015 % CCI
Prestation de services (artisanale) 0,48 % CMA
Prestation de services (commerciale) 0,044 % CCI
Achat revente par un artisan 0,22 % CMA
Artisans en double immatriculation CCI-CMA 0,007 % CCI

Les taux du versement libératoire

Un auto-entrepreneur peut sous conditions, opter pour le versement libératoire (selon l'article 151-0 du Code général des impôts). Il s’acquitte ainsi de son impôt sur le revenu en même temps que ses cotisations sociales, selon un taux fixe qui dépend là aussi de la nature de son activité.

Pour bénéficier du versement libératoire en 2026 en tant que micro-entrepreneur, votre revenu fiscal de référence 2024 (consultable sur votre avis d'imposition 2025) doit être inférieur à 28 797 € par part de quotient familial. La demande de changement de régime doit être effectuée avant le 30 septembre 2025 pour en bénéficier en 2026.

Prenons l’exemple de Charles. Il est auto-entrepreneur web designer et exerce donc une activité libérale (BNC). Il est affilié au régime général pour sa retraite. Il n’est pas redevable de la TFCC. Cette année, il a décidé d’opter pour le versement libératoire.

Le taux global de ses cotisations s’élève donc à 24,60 % (cotisations sociales) + 0,2 % (CFP) + 2,2 % (versement libératoire), soit 27 % au total. Si l’an prochain, il décide de sortir de ce dispositif (autrement dit de « dénoncer » cette option), le taux qui lui sera appliqué sera de 24,80 %.

Voici les taux de versement libératoire :

Nature de l'activité exercée en micro-entreprise Taux de versement libératoire
Activité de vente de marchandises, de denrées à consommer sur place et de prestations d'hébergement (BIC) 1 %
Location de meublés de tourisme classés 1 %
Prestation de services relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) 1,7 %
Prestation de services relevant des bénéfices non commerciaux (BNC) 2,2 %

Infographie auto-entrepreneur 2024

Déclaration et paiement des cotisations

Les cotisations sociales sont calculées tous les mois ou tous les trimestres en fonction du chiffre d'affaires ou des recettes réalisées le mois ou le trimestre précédent. Vous devez déclarer votre chiffres d'affaires et payer vos cotisations auprès de l'Urssaf. La déclaration est à effectuer en ligne chaque mois ou trimestre selon l'option que vous avez choisie : Micro-entrepreneur : déclaration en ligne du chiffre d'affaires (régime micro-social simplifié)

Une fois que vous aurez indiqué le montant de votre chiffre d’affaires, vous verrez automatiquement apparaître le montant de :

  • Vos cotisations sociales
  • La cotisation pour formation professionnelle (CFP)
  • La taxe pour frais de chambre consulaire (si vous êtes artisan ou commerçant)
  • Votre versement libératoire si vous avez choisi cette option fiscale

Les taux qui vous sont appliqués sont préenregistrés dans votre compte en ligne. Vous n’avez donc rien à calculer ! Il suffit ensuite d’un clic pour valider votre déclaration de chiffre d’affaires.

Vos charges sociales seront ensuite automatiquement prélevées sur votre compte bancaire (prélèvement SEPA), grâce aux coordonnées que vous aurez fournies au moment de la création de votre compte en ligne. Vous pouvez également choisir l’option d’un paiement plutôt qu’un prélèvement. Le règlement se fait par carte bancaire.

Information importante : En cas de chiffre d’affaires nul, un auto-entrepreneur n’a aucune cotisation à payer. Attention, la déclaration de chiffre d’affaires reste toutefois obligatoire !

Chaque mois ou, sur option, chaque trimestre, vous déclarez votre chiffre d'affaires réellement encaissé et vous versez les cotisations sociales correspondantes, calculées en proportion de ce chiffre d'affaires.

Prenons un exemple : si vous avez choisi un rythme mensuel de déclaration, le chiffre d’affaires encaissé en mai devra être déclaré courant juin et les cotisations correspondantes seront à payer le 30 juin. Autre exemple cette fois-ci, si vous avez choisi un rythme trimestriel de déclaration. Dans cette situation, le chiffre d’affaires encaissé du 1er avril au 30 juin devra être déclaré courant juillet et les cotisations correspondantes seront à payer le 31 juillet.

Cette déclaration doit être faite, même en l'absence de chiffre d'affaires encaissé. Dans ce cas, vous déclarerez « 0 » dans la case requise. Vous connaîtrez donc immédiatement le montant des charges sociales à payer. Si votre chiffre d'affaires (CA) est nul, vous n’aurez rien à régler.

Des cotisations minimales ?

En l’absence de CA ou en présence d’un CA trop faible, vous pouvez demander à verser des cotisations minimales afin de vous assurer une meilleure protection sociale. Cette demande doit être formulée auprès de l’Urssaf par courrier ou courriel via la messagerie de votre compte en ligne (motif : "Gestion quotidienne de mon compte" > "J'ai une autre question concernant la gestion de mon compte") :

  • dans les 3 mois suivant la création d’activité, pour une application immédiate,
  • au plus tard le 31 décembre, pour une application au 1er janvier de l’année suivante.

Attention : si vous optez pour le paiement de cotisations minimales, vous perdrez le bénéfice du micro-social et basculerez vers le régime « classique ».

ACRE : Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise

Depuis le 1er janvier 2020, les nouveaux créateurs d’entreprise peuvent bénéficier sous conditions de l’Aide aux Créateurs et Repreneurs d'entreprise (ACRE). Cette exonération n’est pas automatique pour les auto-entrepreneurs. Il faut donc en faire la demande via un formulaire dédié et l'Urssaf donne une réponse sous un délai d'un mois.

Si vous avez le droit à l’ACRE, vous pourrez profiter d’une exonération de 50 % sur vos cotisations sociales pendant un an.

Pour le calcul de leurs cotisations sociales, les bénéficiaires de l'Acre bénéficient d’un taux « réduit » jusqu’à la fin du 3e trimestre civil qui suit celui de leur début d’activité. Dès lors, pour une création le 3 mars 2025, l'exonération sera appliquée jusqu’au 31 décembre 2025. En revanche, pour une création le 3 avril 2025, l'exonération sera appliquée jusqu’au 31 mars 2026.

Voici les taux global « réduit » applicable aux bénéficiaires de l’Acre :

Secteur d’activité Taux global "réduit" de cotisations
Achat / Revente de marchandises (BIC) 6,20 %
Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) 10,60 %
Autres prestations de services (BNC) 12,30 %. Attention ce taux sera porté à 13,10 % au 1er janvier 2026
Professions libérales réglementées relevant de la Cipav (BIC ou BNC) 13,90 %
Location de meublés de tourisme classés 3,00 %

Couverture Sociale et Chiffre d'Affaires

Attention, comme auto-entrepreneur, votre couverture sociale peut être réduite en deçà de certains seuils de chiffres d’affaires ! C’est notamment le cas pour les congés maternité et paternité, les indemnités journalières ou encore la retraite de base.

Si votre chiffre d’affaires est nul, vous ne payez pas de cotisations sociales. Cela n’est pas anodin car vous risquez alors d’être pénalisé lors du calcul de vos droits à la retraite. Le montant de vos indemnités journalières en cas de maladie / maternité peut également être impacté. Afin de garantir votre protection sociale, vous pouvez choisir de payer des cotisations minimales, même en l’absence de chiffre d’affaires. Dans ce cas, vous devrez en informer votre organisme d’affiliation. Vous pouvez faire le choix de souscrire des assurances privées.

A noter : les indépendants bénéficient d'un régime de retraite complémentaire unique commun (le RCI), géré par l’Assurance retraite.

Ressources utiles et simulateurs

Plusieurs outils et ressources sont à votre disposition pour vous aider à gérer vos cotisations et impôts :

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