Financement de la NASA : fonctionnement et sources
Nous nous retrouvons après notre pause estivale, et la température a grimpé cet été, y compris pour la NASA ! Effectivement, on savait que l’administration Trump prévoyait de grosses coupes budgétaires, qui allaient particulièrement toucher les départements scientifiques de la NASA. Des licenciements ont déjà commencé à avoir lieu, et de manière générale ce n’est pas une période propice à la recherche aux Etats-Unis.
Montants et répartition du budget
La NASA, agence spatiale américaine dotée d'un budget de 24,04 milliards de dollars, offre des perspectives professionnelles variées dans les domaines scientifiques et technologiques. Au total, la NASA va recevoir 24,04 milliards de dollars de la part du gouvernement américain. En 2022, l'agence spatiale américaine disposait d'un budget de 24,04 milliards de dollars, marquant une progression de 3,3% par rapport à 2021.
Si le budget est finalement presque le même, où va être redirigé le surplus budgétaire ? Dans l’exploration spatiale. Le budget a été maintenu à près de 25 milliards de dollars annuels, la NASA ne perd que quelques millions de budget. Le Congrès américain a voté le budget en juillet, quel constat peut être fait ? Que la NASA s’en sort très très bien.
| Poste | Montant (approx.) |
|---|---|
| Science | 7,614 milliards de dollars |
| Exploration | 6,792 milliards de dollars |
| Technologies spatiales | 1,100 milliard de dollars |
| Recherche aéronautique | 881 millions de dollars |
| Éducation | 137 millions de dollars |
La NASA alloue des budgets précis à chaque secteur : 7,614 milliards pour la science, 6,792 milliards pour l'exploration, et 1,100 milliard pour les technologies spatiales. La distribution financière au sein de la NASA reflète les priorités de l'agence. Le département des sciences reçoit la part la plus significative avec 7,614 milliards de dollars, englobant les sciences planétaires (3,120 Md$), les sciences de la Terre (2,065 Md$) et l'astrophysique (1,393 Md$).
Sources principales de financement
La NASA reçoit sa principale source de financement du gouvernement américain via le budget fédéral voté par le Congrès. La requête budgétaire présidentielle pour l’année fiscale 2025 propose un budget de 25,38 Md$ pour la NASA, en hausse de 0,5 Md$ (+2%) par rapport au budget voté pour 2024. La présentation de cette requête marque le début du processus budgétaire pour élaborer le budget fédéral.
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La NASA présente sa demande officielle de budget au Congrès (la NASA a présenté sa demande officielle de budget au Congrès en mai 2021) et le Congrès statue ensuite : le Congrès a tempéré les ardeurs de la Maison Blanche ; donc les branches science, technologies spatiales vont perdre beaucoup, mais beaucoup moins que ce qui était originellement craint. D’un point de vue politique, c’est un soulagement parce que ça montre que le Congrès américain joue encore un rôle dans l'appropriation des fonds fédéraux. Ça veut dire, concrètement, que Trump n’a pas tout à fait les pleins pouvoirs, puisque la Chambre des représentants a modifié à la hausse le budget proposé.
Orientations stratégiques : Artémis, SLS et HLS
L’une des pierres angulaires du budget 2022 est le programme Artemis, par lequel la NASA prévoit de renvoyer des humains sur la Lune et de construire une base pérenne sur notre satellite, et plus particulièrement le Human Landing System (HLS). Pour son développement, la NASA va recevoir 1,195 milliard de dollars de la part du gouvernement. C’est exactement ce qu’elle avait demandé, bien que le Congrès n’ait pas apprécié qu’une seule entreprise ne soit choisie par l’Agence au lieu de deux.
Afin de toucher la totalité de cette somme néanmoins, la NASA doit « fournir un plan accessible au public expliquant comment il assurera la sécurité, la redondance, la durabilité et la concurrence du programme HLS dans le cadre des ressources prévues par cette loi et incluses dans la demande de budget pour l’exercice 2023 », et ce dans les trente jours qui suivront la signature du texte.
Toujours en lien avec le programme Artemis, le Congrès a décidé d’allouer un budget de 2,6 milliards de dollars au Space Launch System (SLS), un lanceur super lourd en développement depuis plus d’une décennie, et qui a accumulé de nombreux retards. C’est plus que ce que la NASA avait demandé (2,48 milliards de dollars). Le gouvernement américain tient particulièrement à cette fusée, malgré son coût astronomique, parce qu’elle crée de nombreux emplois à travers le pays.
Il y a encore plein d’incertitudes sur ce qui va être maintenu ou non d'Artémis, l’augmentation du budget d’exploration ne veut pas dire que la Gateway, la station spatiale en orbite cislunaire, va être finalement maintenue. On en saura plus au fil des conférences de presse et des allocations du budget à différents programmes. Ce qui est sûr, c’est que le Congrès, contrairement à l’administration Trump, a clairement identifié le retour sur la Lune, et le maintien de la compétition avec la Chine, comme étant un objectif critique.
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Science, missions robotiques et observation de la Terre
Pour ce qui est de la science, la NASA va recevoir la somme de 7,6 milliards de dollars, c’est moins que ce qui était demandé (7,9 milliards), mais plus que l’année passée. Cela comprend notamment une série de missions robotiques pour explorer le système solaire, le télescope spatial James Webb et de nouvelles missions d'observation de la Terre.
La NASA finance 18 projets de recherche innovants, notamment une combinaison spatiale auto-réparatrice et un ballon solaire pour Vénus. Les initiatives spatiales s'étendent à divers domaines : technologies spatiales (1,100 Md$), recherche aéronautique (881 M$), sûreté des missions (3,021 M$). L'agence investit également dans l'éducation (137 M$), créant des passerelles pour les futurs professionnels du spatial.
Partenariats internationaux et rôle de l'Europe
Est-ce que l'ESA peut pousser un soupir de soulagement, ou pas encore ? De manière générale, d’un point de vue politique, c’est un soulagement parce que ça montre que le Congrès américain joue encore un rôle dans l’appropriation des fonds fédéraux. Mais, pour l'ESA, ça n'est pas une garantie que la NASA honorera ses engagements passés, ni qu’elle va redevenir ou continuer d’être un partenaire fiable.
Ce qui pourrait être une solution pour maintenir l’intégrité scientifique aussi bien que la représentation symbolique et politique de ces programmes, c’est que l’ESA prenne en charge les aspects scientifiques des missions lunaires, martiennes, joviennes, ou vénusiennes. Ça voudrait dire compenser du côté européen les coupes budgétaires qui supprimeraient certains instruments de mesure ou d'observation embarqués sur des sondes, par exemple.
La France consacre le deuxième plus gros budget au monde pour le spatial après les Etats Unis. Ainsi parmi les 4,55 milliards d’euros donnés par les Etats européens à l'ESA, 1,06 milliard d’euros sont fournis par la France. Le pays apporte donc près d’un quart du budget européen. Ceci fait de lui le premier contributeur européen devant l'Allemagne (968,6 millions d’euros) et l'Italie (589,9 millions d’euros) pour 2021.
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Après l'ISS, la NASA souhaite que l’orbite terrestre basse soit occupée par des stations spatiales fabriquées et opérées par des entreprises privées, et dans lesquelles l’agence pourrait louer des places pour envoyer des astronautes ou encore réaliser des expériences. L’agence spatiale a également reçu la somme qu’elle avait demandé pour son programme Commercial LEO Development, qui travaille à l’après Station Spatiale internationale (ISS).
Privés, coûts de lancement et transformation industrielle
Toutefois, vous aurez probablement remarqué que l’on a omis un « détail » aujourd’hui au cœur de l’actualité spatiale : l’entrée des acteurs privés. Car aujourd’hui, quand on parle d’espace, ce n’est plus la NASA qui nous vient directement en tête, mais pour beaucoup, ce sont des sociétés comme SpaceX par exemple. Contrairement à ce que l’on peut penser, ces sociétés spatiales privés ont toujours existé. Ce qui change en revanche, c’est leur “importance” dans ce domaine.
La privatisation transforme alors l'industrie spatiale. En effet, l'arrivée de SpaceX a contraint les européens à réorganiser la filière spatiale, la société américaine ayant cassé les prix de mise en orbite et fabriquant ses propres lanceurs. L'entreprise bénéficie également d'importants contrats avec la NASA lui permettant d'abaisser le coût de lancement commercial. C’est une révolution totale du monde spatial.
En effet, l’entreprise SpaceX a développé ces dernières années des lanceurs capables de revenir au sol après utilisation et d’être réutilisés ensuite. Cette innovation a permis de faire économiser plusieurs millions à l’entreprise et fait rentrer dans la filière spatiale une touche d’écologie. Toutefois, si le coût des lancements devient un critère important dans l’esprit des clients, la compétence des équipes et la fiabilité du lanceur utilisé restent des facteurs prépondérants. C’est un des atouts majeurs de l’ESA avec ses lanceurs ARIANE : très fiables, et capable d’atteindre toutes les orbites (polyvalence).
Emplois, formation et retombées socio-économiques
L'agence spatiale américaine NASA représente un employeur de premier plan dans le domaine spatial. Avec un budget annuel dépassant les 24 milliards de dollars, elle offre des perspectives professionnelles variées à travers ses nombreux centres et programmes. La NASA regroupe une large gamme de métiers, répartis dans ses différents centres à travers les États-Unis.
La NASA, en tant qu'agence fédérale, propose un ensemble d'avantages sociaux complets à ses collaborateurs. Les employés bénéficient d'une couverture santé étendue, de plans de retraite avantageux et d'opportunités de développement professionnel variées. La structure salariale de la NASA s'adapte aux différents domaines d'expertise.
La NASA met en place des initiatives remarquables en matière de formation. L'agence spatiale américaine développe des collaborations étroites avec le milieu académique. Les étudiants peuvent participer à des congrès et conférences prestigieux comme l'IAC et COSPAR. Les nouveaux diplômés trouvent un large éventail de possibilités au sein de l'agence spatiale.
Conflits d'objectifs et priorités budgétaires
La tendance à supprimer les financements de la recherche se confirme, mais le Congrès a tempéré les ardeurs de la Maison Blanche ; donc les branches science, technologies spatiales vont perdre beaucoup, mais beaucoup moins que ce qui était originellement craint. Néanmoins, les financements des opérations pour la station spatiale internationale et pour le programme Artémis n’ont finalement pas été revus à la baisse, donc ces missions vont avoir lieu.
Là où la tendance globale est d’augmenter les budgets consacrés au spatial, que l’avenir soit aussi incertain pour plein de départements et de programmes spatiaux américains, c’est quand même très mauvais signe. D’un point de vue stratégique, l’exploration spatiale n’a fondamentalement d’intérêt que si on y mène des missions scientifiques pour mieux comprendre notre environnement immédiat dans le système solaire, et au-delà.
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Ce que ça veut aussi dire, c’est que les ambitions martiennes des Américains ne sont pas abandonnées, à voir si ça signifie un retour de la mission de retour d’échantillons martiens dont les Européens profiteraient également. Sont également citées, sans être détaillées, les missions Dragonfly, VERITAS et Europa Clipper.
Enfin, la NASA développe des partenariats stratégiques avec diverses agences spatiales, notamment l'Agence Spatiale Canadienne. Ces alliances se manifestent par des programmes variés comme les applications scientifiques SOAR, les technologies spatiales VITES et les initiatives CubeSats. Les chercheurs internationaux participent à des projets d'envergure, de l'exploration lunaire aux missions sur la Station Spatiale Internationale.
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