Définition et fonctionnement d’une base aérienne militaire

À partir des premières heures de son existence, l’aviation militaire a ressenti le besoin de se doter d’une organisation particulière destinée à fournir aux unités aériennes l’ensemble des prestations dont elles avaient besoin pour mener à bien leurs missions. Les « aviateurs » rompaient alors résolument avec les règles communément admises au sein de l’armée de terre et qui prévalaient aux premiers temps de « l’aéronautique militaire ».

Une base aérienne est un site militaire à partir duquel sont préparés et exécutés les missions opérationnelles de l’armée de l’Air et de l’Espace, qu’elles soient permanentes (protection, dissuasion, intervention) ou temporaires. Une base de défense (BDD) est une aire géographique qui regroupe plusieurs entités du ministère des Armées : des bases aériennes, des éléments air rattachés, des détachements air, mais aussi des régiments, des bases navales etc. En plus de ces entités « opérationnelles », la base de défense comprend aussi un groupement de soutien de base de défense (GSBDD), des organismes de soutien spécialisé (réseaux d’information, carburant, infrastructure…) et un commandant de base de défense. Au sein d’une base de défense, l’administration générale et le soutien sont mis en commun. Cette mutualisation, expérimentée en janvier 2009 et effective sur tout le territoire en janvier 2011, permet de réduire les coûts de fonctionnement.

Une base aérienne est dirigée par le commandant de base (C1), qui est parfois aussi le commandant de la base de défense. Il est le représentant local du Chef d’Etat-major de l’armée de l’Air et de l’Espace. Selon l’article R3324-11 du Code de la Défense, le commandant de base est « responsable de l’emploi des ressources et de l’administration du personnel ». Il s’assure aussi de la bonne exécution des missions, et est responsable de la protection et de la sécurité du personnel, du matériel, des installations et des informations sensibles. Il est appuyé dans sa tâche par le commandant en second (C2), qui peut le remplacer en cas d’absence et auquel il peut confier de hautes responsabilités. Sous la responsabilité du commandant de base, des commandants d’unités gèrent chacun la direction courante de leur unité et conseillent le commandant de base.

Le pôle ou bureau appui commandement (BAC) est directement rattaché au commandement de base. Il comprend notamment le cabinet, dont le chef est chargé de gérer le secrétariat du commandant de base, de manager les informations et d’appliquer des actions de communications. La brigade de gendarmerie de l’Air a une mission de police administrative, judiciaire et militaire. Le chef du bureau coordination sécurité protection (BCSP) planifie et coordonne toutes les actions liées à la protection de la base, en liaison directe avec les organismes chargées de celle-ci (brigade de gendarmerie de l’Air, escadron de protection, escadron de défense sol-air, escadron de sécurité incendie et sauvetage…).

Les missions du pôle maîtrise des risques (PMR) sont principalement la prévention et la maîtrise des risques, que ceux-ci concernent l’homme (sécurité au travail, risques technologiques, prévention routière…), les incendies ou l’environnement (maintien de la biodiversité…). Ce pôle est constitué d’un bureau maîtrise des risques (BMR), d’un bureau sécurité nucléaire (BSN), de nombreux spécialistes (santé et sécurité au travail, radioprotection, sécurité pyrotechnique…), d’un officier armement (OA) et d’un officier de sécurité aérienne base (OSAB).

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Le bureau interface des soutiens et maîtrise de l’activité (BISMA) assure deux grandes missions. La première est de recueillir et d’analyser les besoins de la base aérienne dans le domaine du soutien (soutien commun, systèmes d’informations et infrastructure), puis de planifier, financer, rédiger les contrats de services locaux et les suivre. La seconde est de vérifier la conformité des installations et des procédures afin de garantir la navigabilité des aéronefs. De nombreuses responsabilités incombent au commandant du groupe appui aux activités (GAA). Il doit s’assurer que tous les moyens d’appui à l’activité opérationnelle de la base aérienne soient mis en œuvre et disponibles (plateforme aéroportuaire, communications, lutte contre le péril animalier…), que la direction des vols mais aussi le trafic aérien soient correctement gérés, que la base puisse accueillir des aéronefs de passage (exercice, meeting, atterrissage d’urgence…), il est responsable des fonctions armement et NRBC de la base etc.

Les unités navigantes se répartissent en escadre, subdivisée ensuite en escadrons, puis éventuellement en escadrilles. Dans l’armée de l’Air et de l’Espace, les escadres sont l’équivalent des régiments dans l’armée de Terre, bien que le terme soit progressivement remplacé par escadron. Une escadre concentre des unités, matériels et personnels sous une même mission. Auparavant appelé « groupe », les escadrons ont pris ce nom pour des raisons d’uniformisations avec les alliés de l’OTAN. Le groupement de soutien à la base de défense est une entité indispensable, qui gère, comme son nom l’indique, l’ensemble des éléments rattachés à la base de défense. Il est responsable de tout ce qui ne relève pas du cœur de métier des unités soutenues.

Appelées au tout début "champs d'aviation", les Bases Aériennes (BA) françaises existent depuis le début du XXème siècle. L’arrêté ministériel du 7 décembre 1944 fixe les attributions et l’organisation de la direction des installations et travaux de l’air. Les décrets du 21 février 1951 réorganisent la gestion des installations immobilières de l’air, dans le contexte de la Guerre froide. La réduction de format de l'Armée de l'Air est constante depuis la fin de la Guerre froide. Celle-ci se traduit par l'enchaînement des fermetures de bases aériennes, conduisant à réduire les coûts en réduisant le dimensionnement et la capacité de l'arme aérienne française.

Les bases aériennes accueillent et répondent alors à leurs règlements intérieurs et aux autorités militaires et/ou maritimes. Le commandant de base aérienne est hiérarchiquement subordonné au major général de l'Armée de l'Air. Les premières expériences ont donné de bons résultats et les bases d’essai se sont pérennisées en bases opérationnelles. L’aviation naît en 1890, se développe par étapes, et la Première Guerre mondiale tranche définitivement la question de l’utilité de l’avion et en révèle pratiquement tous les usages.

Évolutions récentes et contexte opérationnel

La fin de la guerre froide et les nombreuses crises ont amené les armées, et en particulier l’armée de l’air, à modifier leurs organisations et leurs formats. Une telle remise en cause s’est accompagnée d’un cortège de fermetures de bases, de dissolutions ou de transferts d’unités. Parallèlement, des missions nouvelles apparaissaient et se concrétisaient par la mise sur pied d’unités particulières. Le constat s’imposait à chaque visite du chef d’état-major dans les bases. Il était dressé par les différentes inspections. Le CEMAA souhaita replacer le commandant de base dans des conditions lui permettant d’assurer pleinement son rôle, notamment vis-à-vis de ses interlocuteurs civils, tout en asseyant son autorité sur l’ensemble des unités présentes dans la place ou rattachées à celle-ci. Les principaux responsables de l’armée de l’air ont été associés à cette étude. Celle-ci débouche, aujourd’hui, sur une nouvelle organisation de nature à satisfaire à toutes les exigences de notre époque.

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Disponibilité, réactivité et adaptabilité sont dorénavant les moteurs de son activité. « Pour faire voler nos avions, il faut toute une armée. » Ce slogan utilisé par l’armée de l’Air et de l’Espace dans sa campagne de recrutement en 2013, est toujours d’actualité, plus de dix ans plus tard. En effet, l’organisation d’une base aérienne est bien plus complexe que ce que l’on pourrait croire.

Si l’on souhaite représenter visuellement cette organisation, on peut envisager un schéma montrant les liens entre le commandant de base, le BAC, le PMR, le BISMA, le GAA et les unités navigantes. Cette infographie accompagne le texte et illustre la mutualisation des soutiens et les responsabilités au sein de la base.

Au cœur d’un chantier inédit avant projection sur la base aérienne 106 de Bordeaux

En pratique, deux niveaux de commandement structurent l’organigramme : le commandant de base (C1) et le commandant en second (C2), ainsi que des commandants d’unités sous l’autorité du C1. Le Groupement de soutien à la base de défense assure la gestion des éléments rattachés à la base et facilite la mission des unités soutenues. Les bases aériennes françaises, héritières des premiers camps d’aviation, ont évolué pour devenir des pôles opérationnels sophistiqués, capables de soutenir des missions permanentes ou temporaires dans un cadre de projection et de coopération international.

AspectDescription
DirectionCommandant de base (C1), parfois Commandant de base de défense; Commandant en second (C2).
Pôles clésBAC, PMR, BISMA, GAA, BCSP, OSAB, BMR, BSN, OA, OSAB, BISMA.
Organisation des unitésEscadre -> escadrons -> escadrilles; groupement de soutien à la base de défense.

Depuis les années 2000, les bases aériennes s’inscrivent dans une logique de projection et d’intégration au sein de coalitions, tout en maintenant leur fonction de soutien logistique, de sécurité et de sécurité opérationnelle. Des évolutions récentes incluent l’intégration de technologies nouvelles sur des aéronefs et la modernisation des capacités de détection, de neutralisation et de protection des installations.

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