Principaux risques cybersécurité pour les entreprises et enjeux de protection

Dans un monde de plus en plus connecté, les risques liés à la cybersécurité, à la réputation en ligne et à la protection des données personnelles sont devenus une préoccupation majeure pour les entreprises. Les TPE, PME et ETI, considérées comme des cibles plus faciles pour les pirates, sont particulièrement ciblées par les cyberattaques.

État des lieux : une menace en forte croissance

Selon le dispositif national d’assistance aux victimes d’actes de cybermalveillance Cybermalveillance.gouv.fr, la menace cyber continue d’augmenter chaque année et devient « systémique », s’attaquant à tous les pans de la société, y compris les entreprises. En 2024, ce sont 5 629 notifications de violations de données qui ont été enregistrées par la Commission nationale de l'informatique et de libertés (CNIL) soit une augmentation de 20% en un an. D’après les statistiques 2023, celles-ci sont particulièrement exposées au piratage de compte (première cause des recherches d’assistance des entreprises auprès du dispositif, en hausse notable par rapport aux années précédentes), au hameçonnage (phishing) et aux attaques par rançongiciel (ransomware).

Types majeurs d'attaques et leurs effets

Piratage de compte

Le piratage de compte constitue la deuxième menace toutes catégories de publics confondus et la première chez les entreprises. Il continue de progresser fortement : près de 25 000 particuliers et professionnels ont demandé une assistance sur Cybermalveillance.gouv.fr en 2023. Les conséquences du piratage peuvent être particulièrement néfastes pour une entreprise, notamment s’il s’agit du piratage d’une messagerie, puisqu’il permet au cybercriminel d’avoir accès à tous les comptes associés et donc aux nombreuses informations confidentielles qu’ils contiennent.

Hameçonnage (phishing)

Le hameçonnage est la principale menace qui pèse sur toutes les catégories du public, et la deuxième pour les entreprises. Rappelez à vos salariés de ne pas ouvrir les messages dont la provenance ou la forme est suspecte, il pourrait s'agir d'un rançongiciel. Rappelez la vigilance nécessaire concernant les liens hypertextes : une lettre ou un caractère en trop peuvent ainsi conduire vers un tout autre site Web.

Rançongiciels (ransomware)

Les attaques par rançongiciels (ransomwares) ont explosé ces dernières années, tant en volume qu’en puissance. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, elles ont même atteint en 2023 un niveau record depuis 4 ans. Un rançongiciel est un logiciel ou programme malveillant qui chiffre les données d’une entreprise (cryptolocker), voire bloque l’accès à l’ensemble de l’ordinateur (locker). Une fois le système infecté, une rançon est demandée pour restaurer l’accès aux données. L’ordinateur peut être infecté après l’ouverture d’une pièce jointe ou d’un lien malveillant ou suite à une intrusion dans le système, les cybercriminels exploitant des failles de sécurité.

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Attaques DDoS

Parmi tous les types de cyberattaques connus, l’attaque DDoS (traduit en français par déni de service distribué) n’a rien d’une nouveauté. Requêtes massives, exploitation d’une faille : l’idée est de mettre hors d’état le réseau d’un tiers. Ces attaques DDoS sont massivement utilisées par des « hackers ». Certains secteurs sont davantage touchés, comme récemment celui de cryptomonnaie. Si les attaques DDoS n’ont rien d’une nouveauté, elles ont évolué avec le temps (attaques par voie directe, carpet bombing). Une mise à niveau régulière des équipes s’impose donc (pare-feu adaptif, CDN).

APT (Menaces Persistantes Avancées)

Les Menaces Persistantes Avancées (APT) constituent l’un des principaux sujets de préoccupation pour les Directeurs des Systèmes d’Information (DSI) en 2023. Sophistiquées et ciblées, ces cyberattaques visent à infiltrer les réseaux et systèmes d’une organisation pour y collecter des données sensibles ou causer de graves dommages. La surveillance en temps réel, l’authentification multi-facteurs et la segmentation réseau : des solutions existent. Pour lutter contre les APT, instaurer un plan de réponse est essentiel.

Deepfakes et IA

Ces dernières années ont été marquées par la démocratisation de l’intelligence artificielle générative, notamment en matière de production de contenus texte, vidéo ou audio. Cette évolution technologique s’accompagne de nouvelles menaces, avec le développement de modèles d’IA générative cybercriminels et l’utilisation de l’IA pour améliorer la sophistication des modes opératoires de la cybercriminalité. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, l’IA risque de participer à l’amplification du nombre de cyberattaques et d’augmenter leur niveau d'élaboration. Grâce à l’Intelligence Artificielle, la production de fausses images dans le but de nuire est devenu un jeu d’enfant. Pour lutter contre les deepfakes, plusieurs axes de travail : la sensibilisation interne des équipes, la mise en place de méthodologies de travail ou encore la maîtrise. La sécurisation des processus d’authentification, quels qu’ils soient, doit également être renforcée.

Impacts pour l'entreprise

Quelle que soit sa taille, une entreprise s’expose à de nombreuses difficultés en cas de cyberattaque. • Perte de données : certaines attaques visent à voler, modifier ou effacer les données d’une entreprise. • Paralysie de l’activité : certains virus, comme les rançongiciels, ont la particularité de bloquer le système informatique de l’entreprise. Les risques de cyberattaque représentent des impacts importants pour les entreprises : pertes financières, paralysie de l’activité, déclin de la réputation, … pouvant avoir des répercussions sur le long terme. Les coûts associés à une cyberattaque peuvent se révéler très élevés, notamment pour les TPE et PME. En plus des coûts de remise en état des systèmes, la perte de revenus liée à l’interruption de l’activité peut avoir un impact non négligeable. De plus, en fonction de la nature de la cyberattaque et des données compromises, l’entreprise victime peut être tenue responsable devant la loi, ce qui entraine des frais juridiques et des amendes réglementaires. En cas de ransomware ou rançongiciel (logiciel malveillant bloquant l’accès à l’ordinateur ou à ses fichiers jusqu’au paiement d’une rançon), la somme peut atteindre des millions d’euros. Certaines entreprises, par peur de perdre leurs données, décident de payer la somme aux hackers. En menaçant le système d’information ou les données de l’entreprise, une cyberattaque affecte son fonctionnement, pouvant aller d’un ralentissement des activités opérationnelles à la paralysie totale des activités. La perte de données essentielles peut notamment rendre impossible la réalisation des opérations commerciales quotidiennes comme la gestion des stocks ou encore la comptabilité. En plus des impacts financiers et opérationnels, la cyberattaque peut nuire à la réputation de l’entreprise. Elle peut donc avoir un impact à long terme. C’est notamment le cas lorsqu’un vol ou une perte de données sensibles, des données clients par exemple, a eu lieu. Les conséquences de la cyberattaque peuvent alors être interprétées par les parties prenantes comme un manque de sérieux quant à la sécurité. Une perte de confiance et une dépréciation de la valeur de marque peuvent alors se faire ressentir, pouvant aller jusqu’à la perte de contrats commerciaux. Avec la crainte de voir leurs données compromises, les partenaires et investisseurs peuvent eux aussi perdre confiance dans l’entreprise.

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Enjeux réglementaires et stratégiques

Le respect de la vie privée et la protection des données personnelles, encadrée par le Règlement général sur la protection des données (RGPD), sont une obligation pour toute entreprise. Réalisez un diagnostic RGPD pour vous assurer que vous respectez la réglementation européenne sur la protection des données. Votre site internet doit aussi impérativement comporter certaines mentions légales qui doivent notamment faire état des éventuels traitements de donnés personnelles. Veillez à obtenir le consentement approprié pour collecter et traiter les données personnelles de vos clients, à sécuriser ces données et à les utiliser uniquement aux fins prévues. Établissez des politiques de confidentialité claires et informez vos clients sur la manière dont vous protégez leurs données. En 2024, de par les progrès technologiques et les avancées en intelligence artificielle qui font constamment évoluer les menaces digitales et les rendent plus sophistiquées, la cybersécurité doit être au cœur des préoccupations des entreprises.

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Face au nombre croissant de cyberattaques, l’Union Européenne élargit son ensemble de mesures NIS 1 (« Network and Information Securité ») avec une nouvelle directive, la NIS 2. La NIS 2 va plus loin, avec des mesures plus exigeantes en matière de sécurité et un champ d’application plus large. Plusieurs milliers de sociétés en France pourraient être concernées, selon leur secteur, leur taille et leur chiffre d’affaires.

Bonnes pratiques opérationnelles

Il est indispensable de mettre en place des mesures pour protéger votre entreprise contre les cyberattaques. Seul un tiers des TPE et PME est considéré comme correctement paré. Effectuez un diagnostic cyber pour disposer d'une évaluation complète des risques numériques auxquels votre entreprise est exposée. Identifiez les vulnérabilités potentielles, les points faibles de votre infrastructure informatique et les risques spécifiques liés à votre secteur d'activité. Implémentez des mesures de sécurité pour protéger votre infrastructure informatique. Surveillez régulièrement ce qui se dit sur Internet à propos de votre entreprise. Répondez rapidement et de manière appropriée aux commentaires négatifs et aux problèmes signalés par vos clients. Ne négligez pas les mauvais retours éventuels.

La sauvegarde régulière de vos données est essentielle. C'est un bouclier contre les dégâts éventuels d'une perte ou d'une corruption de données due à des soucis techniques ou à une cyberattaque. Mettez en œuvre des dispositifs de sauvegarde automatique pour vos fichiers et données clés, en optant pour des services de stockage en ligne sécurisés ou des serveurs de sauvegarde locaux.

Procédez aux mises à jour suggérées par vos appareils en respectant les conditions d’utilisation, afin de vous prémunir de potentielles failles de sécurité. Utilisez le filtre contre l'hameçonnage de votre navigateur : la plupart des navigateurs existants proposent une fonctionnalité d’avertissement contre l'hameçonnage. Utilisez un logiciel de filtre anti-pourriel (anti-spam) ou les fonctionnalités de classement automatique en tant que spam de votre boîte de réception.

Verrouillez l’accès des documents confidentiels : plusieurs logiciels de traitement de texte offrent une possibilité de sécurisation par code. La création de ce code permet de limiter l’accès aux documents sensibles aux personnes habilitées dans votre entreprise et vous donnera un premier niveau de protection face aux attaques extérieures. Si vous souhaitez mettre en place des solutions plus sûres pour vos données stratégiques, il est également possible d’avoir recours à des solutions de chiffrement ou à des accès via une carte à puce dotée d’un certificat numérique. Marquez l’information selon son niveau de sensibilité : pour évaluer les solutions nécessaires à la bonne protection de vos données, il est important de leur imposer un marquage.

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Facteur humain et sensibilisation

Le facteur humain est souvent la principale faille dans la sécurité en ligne. Au-delà des solutions à déployer, la sensibilisation est une des actions clé à mettre en place au sein de votre entreprise. Rappelez à vos salariés de ne pas ouvrir les messages dont la provenance ou la forme est suspecte, il pourrait s'agir d'un rançongiciel. Si vous souhaitez mettre en place des actions de sensibilisation mais vous ne savez pas par où commencer ? Le courriel est l’un des moyens de communication les plus utilisés au sein de l'entreprise.

Gouvernance, compétences et continuité

De nos jours, la simple utilisation d'outils utilisés de manière isolée ne permet plus d'assurer la sécurité informatique d'une entreprise - quand bien même il s'agirait d'une TPE. En cas de cyberattaques, Big média recommande d’adopter certains premiers réflexes essentiels : alerter immédiatement son responsable informatique, isoler le système compromis et former une équipe de gestion de crise. Les Directeurs des Systèmes d’Information (DSI) doivent mettre en place les solutions nécessaires à la sécurisation des données. Ils jouent un rôle stratégique, entre innovation technique et évangélisation des équipes. Si les services informatiques sont en première ligne, la protection contre les attaques extérieures est devenue un combat partagé par tous.

Il est conseillé d'utiliser en priorité un compte utilisateur plutôt qu’administrateur. L’administrateur d’un ordinateur dispose d’un accès complet et peut réaliser des actions spécifiques ou accéder à certains fichiers cachés sur un ordinateur. Engagez des experts en sécurité informatique pour évaluer votre système et recommander des améliorations. Tenez compte de leurs conseils et mettez en œuvre les mesures recommandées. « Souvenez-vous : la sécurité est un marathon, pas un sprint. »

La continuité informatique comme mission principale : s’il y a bien une finalité au métier de DSI, c’est bien d’assurer la continuité informatique peu importe la criticité de la situation. Pour réussir dans cette mission, anticiper les risques et définir les réponses adéquates est impératif. Capgemini peut ainsi vous accompagner grâce à une formation dédiée au PCA (Plan de Continuité d’Activité) et au PRA (Plan de Reprise d’activité).

Stratégies avancées et coopération

Adopter une politique en faveur de la souveraineté numérique : avec l’augmentation des tensions internationales, qu’elles soient politiques ou économiques, les responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) cherchent de plus en plus à réduire leur dépendance aux solutions extra‑européennes. Miser sur l’hybridation des solutions pour limiter les risques de dépendance : bien que les plateformes de cybersécurité soient attractives - car elles centralisent plusieurs services et améliorent le confort d’utilisation - elles peuvent placer les entreprises dans des situations de dépendance vis‑à‑‑vis d’un fournisseur unique.

Enrichir l’approche de la Cyber Threat Intelligence : la Cyber Threat Intelligence vise à analyser les menaces cyber grâce à des méthodes issues du renseignement, afin d’identifier les cybercriminels et leurs modes opératoires. Prendre en compte les risques internes (Insider Threat) : certaines organisations peuvent être victimes de leurs propres collaborateurs, que ce soit par sabotage, fraude ou fuite d’informations. Intégrer le risque géopolitique dans l’analyse des risques : les tensions géopolitiques influencent de plus en plus directement le risque cyber. Protéger les entreprises contre la guerre informationnelle : la réputation d’une entreprise peut être gravement affectée par des campagnes de désinformation ou par la diffusion de deepfakes.

L’intégralité de la chaîne d’approvisionnement (fournisseurs et prestataires) s’apparente à une potentielle porte d’entrée pour les hackers. Avec du recul, on se rend compte que bon nombre des attaques trouvent leur explication dans la vulnérabilité d’un partenaire. Pour éviter cette situation, mieux vaut collaborer en amont avec leurs équipes. L’échange de bonnes pratiques et le partage de connaissances facilitent la montée en compétence. Baliser et valider ensemble chaque étape de la chaîne minimise les risques de cyberattaques.

Ressources et gestes en cas d'incident

Si vous êtes victime de cybermalveillance, rendez-vous sur l’assistance en ligne 17Cyber. Vous êtes victime ou témoin d’une infraction : menaces, incitation à la haine, etc. En cas de cyberattaques, Big média recommande d’adopter certains premiers réflexes essentiels : alerter immédiatement son responsable informatique, isoler le système compromis et former une équipe de gestion de crise.

Risque Conséquence Mesure recommandée
Piratage de compte Accès aux informations confidentielles Authentification multi-facteurs, surveillance
Hameçonnage Infection, fuite de données Sensibilisation, filtres anti-spam
Rançongiciel Chiffrement des données, interruption Sauvegardes régulières, mises à jour
DDoS Paralysie du service CDN, pare-feu adaptif
APT / Deepfake / IA Espionnage, désinformation CTI, politique souveraine, sensibilisation

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