Qu'est-ce qu'une SARL et quel est le rôle d'un consultant ?
Le choix du statut juridique est une étape essentielle pour toute personne désireuse de développer sa propre activité de conseil ou de service. En raison de l’importance qu’il peut avoir sur le développement des activités du consultant indépendant, il est important de bien mûrir sa réflexion avant d’opter pour le statut juridique le plus adapté.
Qu’est‑ce qu’une SARL (et variantes unipersonnelles) ?
La création d’une société donne naissance à une nouvelle personne morale indépendante. Cela contraint le fondateur à suivre une procédure juridique plus lourde lors de la création de son EURL (ou de sa SASU). En effet, la limitation de la responsabilité du professionnel au montant du capital social qu’il a investi pour la création de son entreprise permet de protéger les biens personnels de l’associé. Enfin, l’entreprise individuelle est, avec la SARL de famille, la seule société qui peut être durablement assujettie à l’imposition sur le revenu (IR).
L’EURL offre un cadre de fonctionnement stable avec un gérant soumis au régime des travailleurs non salariés. Le dirigeant associé d’une EURL dispose du statut de TNS. Tout comme les entrepreneurs individuels, il dépend de la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI). Le faible montant des cotisations sociales sur la rémunération du dirigeant en fait un avantage certain.
Reconnue depuis 1999, la Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU) est un statut juridique qui peut présenter certains avantages pour un consultant indépendant. En effet, le professionnel jouit d’une grande liberté en ce qui concerne la rédaction de ses statuts. En tant que société, la SASU est une personne morale. Sa création entraîne au même titre que celle de l’EURL une procédure juridique précise. Lorsque le représentant légal n’est pas l’associé unique, celui‑ci dispose du statut social d’assimilé salarié.
Statuts possibles pour le consultant indépendant
Le choix du statut juridique d’un consultant indépendant doit donc se baser essentiellement sur les objectifs et les besoins du professionnel. Plusieurs statuts sont possibles : micro‑entreprise, entreprise individuelle, EURL, SASU ou portage salarial.
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| Statut | Adapté à quel profil ? | Principaux avantages | Principales limites |
|---|---|---|---|
| Micro‑entreprise | Tester une activité, démarrer avec peu de frais | Création rapide, gestion simplifiée, cotisations sur CA | Plafond de CA, impossibilité de déduire les charges réelles |
| Entreprise individuelle | Consultant ayant des frais réguliers | Déduction des charges réelles, formalités simples | Pas de séparation totale du patrimoine |
| EURL / SASU | Activité développée ou projet de croissance | Responsabilité limitée aux apports, image professionnelle | Comptabilité complète, formalités et coûts accrus |
| Portage salarial | Tester sans créer d’entreprise | Protection sociale du salarié, gestion administrative prise en charge | Frais de gestion, cadre d’intervention encadré |
La micro‑entreprise
La micro‑entreprise est un régime simplifié qui permet aux indépendants de créer rapidement leur activité. La création de l’entreprise est à la fois simple et peu coûteuse. Pour ce qui est des obligations fiscales, elles sont, elles aussi, considérablement allégées et le dépôt des comptes annuels n’est pas nécessaire. De plus, ce statut juridique permet aux consultants indépendants qui respectent les conditions requises de s’acquitter de l’impôt sur le revenu de manière forfaitaire grâce à un versement libératoire dont le montant forfaitaire est un pourcentage du chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel réalisé.
La micro‑entreprise convient aux professionnels qui souhaitent tester une activité de conseil avec peu de frais initiaux. En revanche, elle devient moins avantageuse lorsque les charges d'exploitation augmentent : frais informatiques, déplacements, repas, connexion internet, site web professionnel, honoraires comptables et juridiques. Ces charges ne sont pas déductibles en micro‑entreprise. La micro‑entreprise est un régime fiscal d’imposition envisageable par un consultant qui opte pour le statut juridique d’entreprise individuelle ou de l’EURL tant que son chiffre d’affaires ne dépasse pas le seuil fixé par la loi.
L’entreprise individuelle, l’EURL et la SASU
L'entreprise individuelle permet d'exercer en nom propre tout en déduisant vos charges réelles. Lorsque l'activité se développe, la création d'une société de consulting devient pertinente. Les deux formes juridiques les plus utilisées par les consultants exerçant seuls sont l'EURL et la SASU. L'objet social doit clairement mentionner votre activité de conseil et la responsabilité est limitée à vos apports.
La création d’une société implique des obligations supplémentaires : rédaction des statuts, définition de l’objet social, tenue d’une comptabilité complète, établissement des comptes annuels et application de l’impôt sur les sociétés (IS). Ils n’entrent pas dans le calcul de revenu de Pôle emploi (contrairement aux TNS).
Le portage salarial
Il s’agit d’un dispositif permettant au consultant de travailler de façon indépendante pour un client tout en bénéficiant des avantages du statut salarié. Le portage salarial repose sur une relation entre trois acteurs : le consultant, la société de portage et l’entreprise cliente. La société de portage facture le client, puis verse un salaire au consultant après déduction de ses frais de gestion et des cotisations sociales. Cette solution séduit les professionnels qui souhaitent tester leur activité tout en bénéficiant d’un cadre plus sécurisant : protection sociale, accès à l’assurance chômage, absence de gestion administrative lourde, etc.
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Le consultant : définition et missions
Un consultant est un professionnel qui met son expertise au service d’une organisation afin de résoudre des problèmes, améliorer la performance ou accompagner une transformation. Le consultant est un spécialiste qui met ses expériences et son parcours professionnel au service de son activité indépendante. Ses clients ont besoin de lui pour répondre à des problématiques spécifiques, être conseillés et accompagnés dans le cadre d’un projet.
Le consultant analyse la situation pour laquelle il est sollicité, établit un diagnostic et planifie une stratégie pour remédier aux problèmes rencontrés ou pour optimiser des procédures. Le rôle consiste à analyser la situation de l’entreprise, identifier ses besoins, proposer des solutions adaptées et accompagner leur mise en œuvre. Le consultant travaille soit en indépendant, soit au sein d’un cabinet de conseil, auprès de clients variés (grandes entreprises, PME, institutions).
Missions principales (trois phases)
- Phase d’analyse des besoins : Écoute du client, réalisation d’études, observation des procédures, compréhension des opérations.
- Phase de diagnostic : Évaluation de la faisabilité, définition des moyens financiers et humains pour améliorer le fonctionnement de l’entreprise.
- Phase de propositions et mise en œuvre : Mise en place de méthodes et techniques innovantes sur mesure, pilotage de la feuille de route, animation d’ateliers, formation des collaborateurs et suivi de la conduite du changement.
Votre première mission consiste à mener une étude préalable : vous échangez avec les équipes pour comprendre le contexte ; analysez les données disponibles ; identifiez les blocages et les causes profondes ; formulez un diagnostic précis et documenté. Ensuite, vous proposez une stratégie, plusieurs scénarios et des indicateurs clés de performance (KPIs).
Domaines et spécialisations
L’activité de consultant peut concerner de nombreux domaines de compétences : stratégie, management, finance, ressources humaines, marketing, IT, développement durable, transformation digitale, cybersécurité, transition énergétique et écologique (TEE), etc. Voici quelques spécialisations courantes :
- Consultant IT / systèmes d’information / transformation digitale
- Consultant en management et organisation
- Consultant en marketing et communication
- Consultant en finance et pilotage stratégique
- Consultant RH (recrutement, formation, marque employeur)
- Consultant juridique
Les missions des consultants en opérations sont très diversifiées et diffèrent en fonction des industries. Le consultant digital commence par mener un audit pour faire l’état des lieux puis met en place une stratégie de communication et des outils adaptés.
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Compétences et formation
La crédibilité d’un consultant repose avant tout sur ses connaissances métier et son expérience professionnelle. Cette légitimité peut s'appuyer sur une expérience significative (idéalement 5 ans ou plus), un diplôme bac+5, une école de commerce ou d’ingénieurs, une certification professionnelle (CQP) ou une VAE. La formation continue permet de rester à jour ou d’élargir ses compétences. Par exemple, le Master in Strategy & Consulting proposé par emlyon business school prépare à devenir expert en stratégie et en conseil aux entreprises.
Au‑delà des compétences techniques, le consultant doit faire preuve d’aisance relationnelle, de capacité d’écoute et de pédagogie pour instaurer une relation de confiance et favoriser le changement. L’aisance relationnelle et la capacité d’écoute facilitent la construction d’une intervention adaptée. Les aptitudes organisationnelles et la maîtrise d’outils de suivi sont aussi essentielles pour piloter plusieurs missions simultanément.
Contrat, responsabilité et assurances
L’importance du contrat de consultant freelance est primordiale : il fixe les conditions d’exécution des missions entre le freelance et ses clients. Il doit contenir l’identité des parties, le statut du consultant et de sa structure, le détail des missions, les modalités de rémunération, la date d’échéance de la mission et les obligations des parties. La clause des obligations des parties mentionne le devoir de conseil, d’information et de loyauté du consultant freelance.
Le consultant freelance est généralement tenu à une obligation de moyen. Il a tout intérêt à souscrire une assurance professionnelle (RC Pro) dès le début de son activité afin d’être couvert en cas de dommages corporels et matériels causés à autrui dans le cadre de l’exercice de son activité. S’il est vrai que la plupart des activités de conseil n’entraînent que peu de risques, il est fortement recommandé aux entrepreneurs individuels de souscrire une assurance RC Pro.
Tarifs, prospection et développement d’activité
Vos tarifs doivent couvrir vos charges, votre rémunération et les périodes non facturées. Comment fixer ses tarifs ? Il faut calculer le prix de revient de votre mission en intégrant les charges sociales, les frais professionnels et le temps non facturable. Le réseau professionnel, la visibilité en ligne et les recommandations sont essentiels pour trouver vos premières missions. Une offre claire et un positionnement précis facilitent la prospection : affirmer que vous accompagnez les petites entreprises dans le suivi de leur trésorerie et de leurs marges chaque mois permet à un prospect de comprendre immédiatement votre valeur ajoutée.
Pour tester votre idée, réalisez une étude de marché simple : observez les offres concurrentes et leur positionnement tarifaire, les missions publiées sur les plateformes, les besoins des clients professionnels dans votre secteur et les questions récurrentes dans vos échanges professionnels.
COMMENT FIXER SES TARIFS EN FREELANCE ? GUIDE & OUTILS
En bref
- Le consultant indépendant accompagne les entreprises grâce à son expertise et ses recommandations.
- Choisir une spécialité porteuse et un positionnement clair facilite la prospection.
- Plusieurs statuts sont possibles : micro‑entreprise, entreprise individuelle, EURL, SASU ou portage salarial.
- Une organisation administrative et comptable rigoureuse sécurise le développement de votre activité.
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