Différence entre activité principale, activité secondaire et activité mixte pour l’auto-entrepreneur: comprendre les enjeux, plafonds et implications

L'auto-entreprise est une activité qui peut être pratiquée en tant que source de revenus principale, ou en complément des revenus tirés sous un autre statut. Avec la réforme de l'AE, et notamment la baisse des plafonds annuels de chiffre d'affaires, il semblerait que l'activité ne pourrait pas être pratiquée autrement que de façon complémentaire. Les nouveaux plafonds annuels de CA ne semblent pas propices à la tenue d’une auto-entreprise comme revenu principal. Les chiffres de l'INSEE révèlent des informations essentielles sur les revenus des auto-entrepreneurs. En 2019, le revenu mensuel moyen des micro-entrepreneurs s'élevait à 560 euros, avec des variations selon les secteurs : Construction : 840 euros; Industrie : 360 euros. Ces chiffres indiquent que, pour de nombreux auto-entrepreneurs, les revenus générés sont modestes.

De plus, parmi les micro-entrepreneurs exerçant une activité secondaire, le revenu global moyen atteignait 2 120 euros par mois, dont 1 770 euros issus d'une activité salariée et 350 euros de l'activité non salariée. Ces statistiques soulignent que le statut d'auto-entrepreneur est souvent utilisé pour compléter un revenu principal plutôt que comme source de revenu principale.

Principale ou secondaire, quelles différences ?

Activité principale

Opter pour le statut d'auto-entrepreneur en tant qu'activité principale signifie que l'individu dépend entièrement de cette activité pour ses revenus. Cela implique une responsabilité totale pour la gestion de l'entreprise, y compris la prospection de clients, la gestion administrative et la couverture sociale. Les auto-entrepreneurs exerçant une activité principale doivent cotiser à la Sécurité sociale des indépendants, ce qui leur confère une protection sociale spécifique.

Activité secondaire

En revanche, choisir le statut d'auto-entrepreneur comme activité secondaire permet de cumuler cette activité avec un emploi salarié ou une autre source de revenus. Cette configuration offre une certaine sécurité financière, l'activité indépendante servant de complément de revenu. Les obligations administratives et fiscales restent les mêmes, mais la protection sociale principale est généralement assurée par l'emploi salarié.

Les artisans exerçant en tant qu'auto-entrepreneurs à titre principal doivent s'inscrire au Répertoire des Métiers et peuvent être soumis à des exigences de qualification professionnelle, selon leur domaine d'activité.

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L'activité principale en danger ?

Réduction des plafonds de chiffre d'affaires

La réforme de l'auto-entreprise a introduit des modifications significatives concernant les plafonds de chiffre d'affaires, impactant directement la viabilité du statut en tant qu'activité principale. Pour 2026, les seuils sont les suivants :

  • Activités commerciales et de fourniture de logement : 203 100 euros HT
  • Prestations de services et activités libérales : 83 600 euros HT

Ces plafonds, bien qu'élevés, peuvent limiter la croissance des auto-entrepreneurs souhaitant développer leur activité au-delà de ces seuils. Le dépassement de ces plafonds pendant deux années consécutives entraîne une sortie automatique du régime de la micro-entreprise, obligeant l'entrepreneur à adopter un autre statut juridique, souvent plus complexe et coûteux.

Impact sur les revenus

Les revenus modestes constatés chez une majorité d'auto-entrepreneurs, associés aux limitations imposées par les plafonds de chiffre d'affaires, rendent le statut moins attractif pour une activité principale. De nombreux entrepreneurs peuvent se retrouver dans une situation où leur chiffre d'affaires est plafonné, limitant ainsi leur potentiel de revenu, tout en devant assumer les charges et responsabilités inhérentes à une activité indépendante.

Les seuils de franchise en base de TVA sont également à considérer. Pour 2026, ils sont fixés à 85 000 euros pour les activités de vente de biens et à 37 500 euros pour les prestations de services. Le dépassement de ces seuils oblige l'auto-entrepreneur à facturer la TVA, impactant ainsi sa compétitivité et sa gestion administrative.

Le statut d'auto-entrepreneur offre une opportunité accessible pour se lancer dans l'entrepreneuriat grâce à sa simplicité administrative et fiscale. Toutefois, les données montrent que les revenus générés sont souvent insuffisants pour en faire une activité principale viable, surtout avec les plafonds de chiffre d'affaires imposés. Ainsi, ce statut semble mieux adapté pour une activité secondaire, servant de complément de revenu à une autre activité professionnelle.

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Vous avez décidé de diversifier vos revenus ?

S’il n’est pas possible de détenir plusieurs micro-entreprises, le gouvernement autorise le cumul de plusieurs activités au sein d’une même auto-entreprise. En France, ce sont près de 3 auto-entrepreneurs sur dix qui exercent une pluriactivité. Cependant, toutes les activités ne sont pas soumises aux mêmes restrictions. La diversification des activités offre plusieurs avantages pour un auto-entrepreneur :

  • Réduction des risques économiques en ne dépendant pas d'une seule source de revenus.
  • Exploration de nouvelles opportunités de marché, favorisant l'innovation et la créativité.
  • Augmentation de la visibilité et de la portée de l'entreprise, attirant une clientèle plus variée.

Le premier défi réside dans la dispersion des efforts et des ressources. Gérer plusieurs activités peut diluer l'attention et réduire l'efficacité dans chaque domaine, conduire à une surcharge de travail et augmenter le stress. Le second risque est le manque de spécialisation, pouvant nuire à la compétitivité. Enfin, chaque activité supplémentaire implique des coûts et des investissements.

L'activité principale d'un auto-entrepreneur est celle que vous avez déclarée dès la création de votre entreprise. D’un point de vue fiscal, il s’agit de celle qui vous apporte le plus de chiffres d’affaires. Mais, vous pouvez choisir l’activité que vous avez exercée en premier, la plus ancienne. En tant qu'auto-entrepreneur, vous avez la possibilité d’exercer plusieurs activités non salariées et lucratives, même si elles n’ont aucun rapport entre elles. L'activité secondaire distincte implique l'exploitation d'une entreprise qui n'a aucun lien direct avec l'activité principale. Par exemple, un professionnel de l'informatique qui, parallèlement, gère une boutique de vente de produits bio. Dans une activité secondaire mixte, l'autoentrepreneur associe des compétences ou services qui se complètent directement avec son activité principale. On retrouve ce cumul d’activité chez les artisans comme un plombier qui va vendre du matériel (robinet, etc.) en plus de la prestation. Dans cette situation, bien que les deux activités soient connectées, la seconde est perçue comme une extension de la première, agissant en tant qu'activité complémentaire. Ce type de multiactivité nécessite que l'activité secondaire soit intrinsèquement liée à l'activité principale, sans générer plus de revenus que cette dernière.

Évolution et outils numériques

À partir de janvier 2023, le Guichet électronique des formalités d'entreprises, aussi connu sous le nom de Guichet unique, devient le service en ligne obligatoire pour toutes les démarches d'entreprise. Il s’agit d’une plateforme qui met en relation les entrepreneurs et les organismes qui régissent la vie d’entreprise (INSEE, impôts, organismes sociaux). Lors de la création de votre statut auto-entrepreneur, vous pouvez déclarer deux activités, via un formulaire personnalisé, anciennement P0 PL pour une activité en libéral et anciennement P0 CMB pour la catégorie commerciale ou artisanale. Les démarches sur le nouveau site du Guichet unique peuvent être assez fastidieuses. Il est important de souligner que les cumuls de plusieurs activités n’augmentent pas le plafond de votre chiffre d’affaires au-delà duquel vous perdez votre statut. Les limites financières applicables sont définies par l'activité principale, qui dicte les seuils de revenus à ne pas dépasser pour bénéficier de ce régime.

Cette configuration s'applique à tout auto-entrepreneur combinant un service et la vente des matériaux nécessaires à ce service. Si la vente est l'activité principale, ou si les activités de service et de vente sont équivalentes, on est en présence d'une activité mixte. Si la vente représente une part minoritaire du chiffre d'affaires, on considère cette activité comme accessoire. Bonne nouvelle ! Il n’existe qu’une seule déclaration de chiffres d’affaires pour vos activités, sur le site auto-entrepreneur de l'URSSAF. Vous n’avez plus qu’à rentrer vos différents chiffres d’affaires issus de vos activités. Si l’activité secondaire est accessoire, tous les revenus sont à déclarer dans la catégorie principale, même si la nature de l’activité est différente.

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Si vous exercez deux activités distinctes, nous vous recommandons d’effectuer des devis et des factures séparés pour chaque catégorie. Le montant des cotisations et contributions sociales est calculé en appliquant au chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel un taux qui varie en fonction de votre secteur d’activité (cf. tableau ci-après).

Bon à savoir et cas particuliers

Pour les activités libérales créées depuis 2018 et ne dépendant pas de la CIPAV, la revalorisation des taux est progressive pendant 2 ans. La mesure d'urgence pour la protection du pouvoir d'achat ne s'applique pas pour les locations de meublés de tourisme classés. Si vous optez pour le versement libératoire, l'impôt sur le revenu que vous payez au cours de l'année est définitif. Il ne sera remboursé en aucun cas par l'administration fiscale, y compris si vous êtes non imposable. Si vous êtes artisan ou commerçant, une taxe pour frais de Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) ou de Chambres des Métiers et de l’Artisanat (CMA) est à régler en même temps que vos cotisations et contributions sociales. Cette taxe est calculée en pourcentage du chiffre d’affaires, à compter de la deuxième année d’activité. À ces taxes et cotisations calculées sur la base de votre chiffre d’affaires, s’ajoutera la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). L’année de la création de votre auto-entreprise, vous en êtes dispensé. Les entreprises sont exonérées de CFE si leur chiffre d’affaires de l’avant-dernière année est inférieur à 5 000 €.

Vous avez la possibilité, si vous le souhaitez, de demander à régler des cotisations sociales minimales qui vous permettront de bénéficier d’une meilleure protection sociale, en cas de chiffre d’affaires faible. Vous sortez du statut auto-entrepreneur et basculez sur le régime des travailleurs indépendants « classiques ». Vos cotisations sont calculées en fonction de votre revenu professionnel (à déclarer une fois par an) au lieu du chiffre d’affaires. Si votre revenu est déficitaire ou inférieur aux montants indiqués dans le tableau, vous paierez un montant correspondant à une cotisation minimale pour certaines de vos cotisations.

Activité mixte et guichet unique : exemples et conseils

Vous proposez une activité de service et, en parallèle, vendez des produits matériels nécessaires à ce service. La déclaration peut toucher les seuils de chiffre d’affaires selon l’activité principale. Si la vente est minoritaire, l’activité est considérée accessoire; si elle est prépondérante, elle peut devenir activité principale ou mixte selon le cas. Pour les activités mixtes, une ventilation correcte du chiffre d’affaires entre ventes et services est nécessaire, et les plafonds ne se cumulent pas.

Si vous envisagez d’ajouter une activité secondaire, vous devez suivre des démarches spécifiques : déclarer l’activité secondaire via le Guichet unique, vérifier les plafonds applicables à votre activité principale, et adapter les obligations sociales et fiscales en conséquence. Pour les prestations de services et les activités libérales, le taux de cotisations est de 22%, tandis que pour les activités d’achat/revente ou fourniture de logement, le taux est de 12,8% dans le cadre du micro-social. Dans le cas où l’activité principale est libérale relevant de CIPAV et que la seconde est une activité d’achat-revente, le taux peut atteindre 22%.

En résumé, la pluriactivité est possible dans le cadre du régime, mais elle nécessite une planification éclairée, une ventilation précise du chiffre d’affaires et une démarche administrative adaptée. Pour apprendre à trancher entre activité principale et activité secondaire, il faut s’appuyer sur des exemples concrets et sur son offre réelle au lancement, comme illustré dans les scénarios présentés dans l’article.

LEGALSTART - Avantages et inconvénients de la micro-entreprise

Tableau récapitulatif pratique

CatégorieSeuils CA annuels (HT)Impact principal/secondaireObligations sociales
Activité commerciale et logement203 100 €Principal ou MixteCotisations selon régime micro-social
Prestations de services et libérales83 600 €Principal ou MixteCotisations selon régime micro-social

Activité mixte: ventiler le chiffre d’affaires entre vente et services. Si deux activités distinctes, devis et factures séparés recommandés. La déclaration peut être unique pour l’ensemble des activités sur le site URSSAF, mais les revenus doivent être ventilés dans les cases correspondantes pour l’impôt et les cotisations.

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