Fonctionnement de l’ACRE pour les auto-entrepreneurs et indépendants : guide détaillé et pratique
L’Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise (ACRE) est une aide destinée à certains créateurs ou repreneurs d’entreprise. Elle permet de réduire une partie des cotisations sociales personnelles en début de l’activité. Pour bénéficier de l’ACRE, il faut obligatoirement appartenir à une des catégories de personnes expressément visées et, en cas de création ou de reprise d’une société, en exercer le contrôle effectif.
Une Aide réservée à un public ciblé
L’Acre est désormais réservée aux seules personnes qui se trouvent, au moment de la création ou de la reprise, dans l’une des situations suivantes : demandeur d’emploi indemnisé ; demandeur d’emploi non indemnisé, inscrit à France Travail au moins 6 mois sur les 18 derniers mois ; bénéficiaire du revenu de solidarité active (RSA) ou de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) ; jeune de 18 à 25 ans révolus ; personne de moins de 30 ans non indemnisée ou reconnue handicapée ; salarié ou personne licenciée d’une entreprise en sauvegarde, redressement ou en liquidation judiciaire qui reprend l’activité de l’entreprise ; personne ayant conclu un Cape (contrat d’appui au projet d’entreprise), sous réserve qu’elle remplisse l’une des sept conditions prévues ci-dessus à la date de conclusion de ce contrat ; personne créant une entreprise implantée au sein d’un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) ; bénéficiaire de la prestation Partagée d’Éducation de l’Enfant (PreParE) ; exercice de l’activité au sein d’une zone France ruralités revitalisation (ZFRR) ou d’une zone France ruralités revitalisation « plus » (ZFRR+).
Les créateurs ou repreneurs ne relevant d’aucune de ces catégories ne peuvent plus bénéficier de l’ACRE, qu’ils soient micro-entrepreneurs ou pas.
Pour les créateurs ou repreneurs de sociétés : assurer le contrôle effectif
Lorsque l’activité est exercée sous forme d’une société (SARL, SAS, etc.), le créateur ou repreneur d’entreprise doit remplir l’une des conditions suivantes :
- soit détenir directement ou avec sa famille plus de 50 % du capital social dont 35 % au moins à titre personnel ;
- soit être dirigeant et détenir directement ou avec sa famille au moins 1/3 du capital social dont 25 % au moins à titre personnel, aucun associé hors de sa famille ne détenant plus de 50 % du capital ;
- soit détenir, avec d'autres bénéficiaires de l’ACRE ou d'autres demandeurs d’ACCRE, plus de 50 % du capital de la société, l'un au moins des demandeurs doit avoir la qualité de dirigeant, et chaque demandeur doit détenir une part du capital au moins égale à 10 % de la part détenue par le principal actionnaire ou porteur de parts.
La condition du contrôle effectif doit être remplie pendant au moins 2 ans à compter de la création ou de la reprise de la société.
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Comment obtenir l’ACRE ? Obligation de déposer une demande
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 impose le dépôt obligatoire d’une demande auprès de l’Urssaf pour tous les créateurs et repreneurs. À compter du 1er janvier 2026, le bénéfice de l’ACRE n’est plus automatique. Toute personne souhaitant bénéficier de l’ACRE (micro-entrepreneurs, artisans, commerçants, professions libérales, praticiens et auxiliaires médicaux, dirigeants de société, …) doit déposer une demande spécifique auprès de l’Urssaf pour obtenir l’aide.
En l’absence de demande conforme et dans les délais, l’ACRE n’est pas accordée. L’URSSAF est seule compétente pour instruire la demande et notifier la décision au déclarant. L’Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise (ACRE) permet de bénéficier d’une exonération partielle des cotisations sociales en début d’activité. Ouverte aux auto-entrepreneurs (ou micro-entrepreneurs), elle constitue donc un véritable coup de pouce pour se lancer à son compte.
Évolution et contexte récent (2025-2026)
Le 1er janvier 2025, certaines modifications ont été apportées à cet allégement des charges sociales. Les cotisations sociales ont été revues à la hausse pour les auto-entrepreneurs libéraux, et la situation des entreprises situées dans les Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV) a été modifiée. L’occasion de faire un point sur une des nombreuses aides françaises disponibles lors d’une création de micro-entreprise.
Une exonération partielle des cotisations sociales. Comme les salariés, les auto-entrepreneurs règlent des cotisations sociales afin de financer leur couverture sociale. En tant qu’indépendants, ils reversent directement une partie de leur chiffre d’affaires (CA) à l’Urssaf. Le dispositif ACRE concerne également les personnes souhaitant reprendre une entreprise. Grâce à ce dispositif, les micro-entrepreneurs bénéficient de cotisations sociales allégées sur une période limitée dans le temps : l’exonération s’applique pendant votre première année d’activité, ou plus précisément durant les 3 trimestres suivants l’obtention de votre numéro de SIRET.
Important: le décret n° 2026-69 du 6 février 2026 modifie le dispositif, passant de 50% à 25% des cotisations pour les bénéficiaires, à compter du 1er juillet 2026. Le micro-entrepreneur bénéficie d’un taux de cotisation minoré, désormais à 75% du taux de droit commun (exonération de 25%).
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Conditions d’éligibilité et plafonds
Les conditions d’éligibilité restent identiques à un ensemble de situations listées ci-dessus. Pour les auto-entrepreneurs, l’ACRE est ouvert sur critères variés (demandeur d’emploi, RSA/ASS, PreParE, QPV, CAPE, etc.). Les plafonds de revenus conditionnent l’éligibilité continue après le premier an. En particulier, le bénéfice de l’ACRE peut se décommander si les revenus annuels dépassent 41 136 euros (après abattement).
Les taux 2025-2026 varient selon le type d’activité et le statut (micro-entreprise, EI, ou sociétés). Pour les créations entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, l’exonération est de 50% avec des taux spécifiques: ventes de marchandises 6,2%, services BIC 10,6%, libéraux BNC 12,8-13,4% selon la situation CIPAV, etc. L’exonération dure 12 mois, soit jusqu’au fin du trimestre civil de création et les 3 trimestres suivants. Pour obtenir 12 mois complets, privilégier une création en début de trimestre (1er janvier, 1er avril, 1er juillet ou 1er octobre).
Exonérations spécifiques et cas particuliers
Dans les Départements et Régions d’Outre-Mer (DROM), des exonérations spécifiques existent et diffèrent de l’ACRE métropolitain. Mayotte, par exemple, est exonérée de cotisations sociales jusqu’à nouvel ordre. Les exonérations DROM se font automatiquement selon les périodes et les taux applicables sur place.
Compatibilité avec d’autres aides: l’ACRE peut être cumulable avec l’Arce (ARS) ou NACRE dans certaines conditions, et est compatible avec l’Allocation de Solidarité Spécifique sous conditions.
Procédures et démarches pratiques
Déposer une demande d’Acre: depuis le 1er janvier 2026, tout indépendant doit déposer une demande auprès de l’Urssaf. Démarches typiques:
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- Télécharger le justificatif de création d’activité, après finalisation de la déclaration sur le guichet unique.
- Préparer les copies des pièces justificatives selon le statut (demandeur d’emploi, RSA/ASS, PreParE, QPV, CAPE, etc.).
- Remplir le formulaire d’Acre correspondant à votre situation sur le site Urssaf et transmettre le dossier via la messagerie dédiée.
Délais: la demande est généralement traitée sous 30 jours. En l’absence de réponse, l’attestation est considérée comme acceptée.
Pour les micro-entrepreneurs, l’Acre est explicitement limitée dans le temps et accompagnée de règles de calcul des cotisations réelles en fonction du chiffre d’affaires et du type d’activité.
Exemple pratique pour illustrer les montants
Supposons deux micro-entrepreneurs créant leur activité en février 2025. Nicolas (vente sur marchés) et Isabelle (coiffeuse à domicile) bénéficient de l’ACRE. Pour un CA mensuel de 1 000 € :
- Nicolas paie 1 000 € x 6,2% = 62 € de cotisations (au lieu de 12,3% soit 123 € sans ACRE).
- Isabelle paie 1 000 € x 10,6% = 106 € (contre 212 € sans ACRE).
Ces chiffres illustrent l’impact réel de l’exonération en début d’activité.
Cas concrets et chiffres clés (résumé)
- Durée de l’exonération: 12 mois pour les autres travailleurs indépendants; 3 trimestres civils + le trimestre en cours pour les micro-entrepreneurs.
- Montants et taux: dégressifs selon revenus et situation; pour 2026, taux minoré de 25% ou 75% du taux normal selon le cas; révision régulière des taux et durées.
- Conditions de contrôle effectif pour les sociétés: maintien pendant 2 ans après création/reprise.
À retenir sur les aides associées
Plusieurs aides existent autour de l’ACRE: ARCE (France Travail) pour percevoir 60% des allocations chômage sous forme de capital; NACRE (ou accompagnement régional) pour aide au montage et au financement; ARE (aide au retour à l’emploi) versée par Pôle Emploi. L’ACRE peut être combinée avec ces dispositifs selon les situations, mais les conditions d’éligibilité demeurent spécifiques à chaque aide.
Tableau récapitulatif (extraits pertinents)
| Catégorie d’activité | Taux ACRE (2025-2026) | Durée de l’exonération |
|---|---|---|
| Achat/revente de marchandises | 6,2% (jusqu’à 12 mois) | 12 mois |
| Prestations de services BIC | 10,6% (jusqu’à 12 mois) | 12 mois |
| Prestations de service BNC et libéraux (CIPAV) | 12,8-13,4% (varie selon situation) | 12 mois |
| Activités libérales CIPAV | 13,4% (approx.) | 12 mois |
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