Statut Auto-Entrepreneur Agricole : Conditions et Démarches

Le statut d’auto-entrepreneur est souvent envisagé pour tester un projet ou démarrer une activité. Il possède des caractéristiques spécifiques, présentant à la fois des avantages et des inconvénients à considérer avant de se lancer. Cet article explore en détail les conditions et démarches pour devenir auto-entrepreneur agricole en France.

Agriculteur et expert comptable

Conditions d'accès au statut d'auto-entrepreneur

Les conditions d’accès au statut d’auto-entrepreneur ne sont pas restrictives. Il est ouvert à toute personne physique majeure, à condition que l’activité choisie ne soit pas interdite à l’auto-entrepreneur. Cependant, l’intéressé ne doit pas être placé sous curatelle ou tutelle, ni avoir fait l’objet d’une interdiction d’exercer ou de gérer une activité.

La nationalité française n’est pas une condition d’accès. Les étrangers peuvent exercer leurs activités sous le régime de la micro-entreprise. Pour accéder au régime, il est nécessaire de s’immatriculer via le guichet unique de l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI).

Activités autorisées et interdites

Certaines activités sont totalement interdites à l’auto-entrepreneur, tandis que d’autres sont réglementées. Parmi les activités interdites, on retrouve celles qui impliquent des opérations sur les marchés financiers, la location de bateaux de plaisance et de véhicules. De manière générale, les activités rattachées à certaines caisses de retraite, comme la MSA (Mutualité Sociale Agricole) ou les caisses de retraite de la CNAVPL (en dehors de la Cipav), ne peuvent pas être exercées par un auto-entrepreneur.

De même, presque toutes les activités immobilières et les activités artistiques donnant lieu à un système de paiement de droits d’auteur sont interdites. Cependant, le micro-entrepreneur peut exercer toute activité artisanale, certaines professions libérales et la plupart des prestations commerciales. Concernant les activités immobilières, la gestion d’immeuble est adaptée au statut d’auto-entrepreneur.

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Auto-entrepreneur et activité agricole : est-ce possible ?

Il est important de clarifier si une activité agricole peut être exercée sous le régime de la micro-entreprise. La réponse est non. L’activité agricole est exclue du régime de la micro-entreprise car elle relève de la compétence exclusive de la MSA (Mutualité Sociale Agricole). Les chefs d’entreprises exerçant des activités listées à l’article L722-1 du code rural et maritime sont obligatoirement affiliés au régime de protection sociale des non-salariés des professions agricoles.

Activité complémentaire non agricole en micro-entreprise

Cependant, les exploitants agricoles peuvent exercer une activité complémentaire en micro-entreprise, à condition qu'il ne s'agisse pas d'une activité agricole. Par exemple, un maraîcher ne peut pas exercer son activité de maraîchage en micro-entreprise, mais il peut créer une micro-entreprise pour des activités de conseil ou de formation en permaculture.

Création entreprise agricole

Démarches de création d'une auto-entreprise

La création d’une auto-entreprise s’effectue facilement en quelques étapes, ce qui explique l’attrait pour ce régime. Avant de se lancer, il est conseillé de bien préparer le projet, mener une étude de marché et élaborer un business plan. Une fois le concept défini, les formalités administratives s’accomplissent sur le guichet unique de l’INPI.

En plus de la déclaration d’activité, l’utilisateur peut suivre la formalité à l’aide d’un tableau de bord prévu à cet effet. Il est important de noter que, comme une entreprise, une association loi 1901 est une personne morale.

Aides financières pour les auto-entrepreneurs agricoles

L’auto-entrepreneur peut prétendre à quelques aides lors de la création de la micro-entreprise. Pour pouvoir prétendre au dispositif ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise), il faut que les revenus engendrés par l’activité soient inférieurs au seuil annuel de la Sécurité sociale et ne pas avoir déjà profité de cette aide durant les trois dernières années. La demande d’ACRE doit être effectuée auprès de l’Urssaf dans les 45 jours suivant le dépôt de la déclaration sur le guichet unique.

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Il en est de même en cas de reprise d’activité. L’ACRE se traduit par une exonération dégressive des charges personnelles de l’exploitant durant une année. L’entrepreneur agricole bénéficie d’une exonération complète des charges dans le cas où ses gains seraient inférieurs ou égaux à 30 393 euros.

D'autres aides financières sont disponibles, notamment la Dotation Jeune Agriculteur (DJA), destinée aux exploitants de moins de 40 ans, et des prêts d'honneur à taux zéro, accessibles via les plateformes d'initiatives locales (PFIL).

Obligations de l'auto-entrepreneur

L’auto-entrepreneur a un certain nombre d’obligations à respecter. Il est tenu d’effectuer en ligne une déclaration de chiffre d’affaires de façon régulière auprès de l’Urssaf et de payer les cotisations sociales à temps. Par ailleurs, il a moins d’obligations comptables à remplir par comparaison avec les sociétés. Il devrait pouvoir s’occuper lui-même de sa comptabilité parce qu’il n’a par exemple pas à établir des comptes annuels.

Particularités et limites du statut

La création de deux micro-entreprises au nom d’un seul auto-entrepreneur n’est pas envisageable. C’est interdit. Par ailleurs, il est autorisé de mener en parallèle plusieurs activités au sein d’une même structure. En effet, il est possible de créer une auto-entreprise sous le statut d’étudiant ou de salarié.

Auparavant, il était obligatoire de créer un compte bancaire dédié à l’activité exercée un an après la constitution de la structure au plus tard. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, bien qu'il soit fortement conseillé de séparer les transactions professionnelles et personnelles.

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Le statut d’auto-entrepreneur peut être plus ou moins intéressant en fonction de la situation et du profil de l’entrepreneur. Les entrepreneurs apprécient surtout le fait que le statut d’auto-entrepreneur peut être facilement accessible et que la structure créée est également facile à gérer. Par exemple, il n’est pas nécessaire de rédiger des statuts lors de la création de la micro-entreprise. Une fois la micro-entreprise montée, son gérant aura aussi à tenir une comptabilité allégée et pourra bénéficier de la franchise en base de TVA.

Avantages et inconvénients du statut d'auto-entrepreneur

Avantages :

  • Simplicité de gestion et d'accès
  • Comptabilité allégée
  • Franchise en base de TVA

Inconvénients :

  • Limitation du développement de l'activité en raison du plafond de chiffre d'affaires
  • Manque de crédibilité auprès des investisseurs
  • Protection sociale limitée

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Fermeture de l'auto-entreprise

La fermeture de l’auto-entreprise suit une procédure simple et rapide. Elle peut être imposée si le micro-entrepreneur exerce une activité incompatible avec le régime ou en cas de déclaration de chiffre d’affaires nul durant deux années de suite. Le déclarant devra signer électroniquement le formulaire de cessation d’activité et fournir une copie d’un document attestant de son identité.

Par la suite, l’auto-entrepreneur devra déclarer le dernier chiffre d’affaires réalisé aux SIE (Services des Impôts des Entreprises) et régler les impôts et contributions sociales, dont la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). Il est également possible d’opter pour une mise en sommeil au lieu d’une dissolution, permettant de fermer la micro-entreprise pendant deux ans.

Autres statuts juridiques pour une activité agricole

Pour exercer une activité agricole, il est possible d'opter pour d'autres statuts juridiques adaptés, notamment :

  • L'Entreprise Individuelle (EI)
  • La Société par Actions Simplifiées Unipersonnelle (SASU)
  • L'Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée (EURL)
  • Le Groupement Agricole d’Exploitation en Commun (GAEC)
  • L’Exploitation Agricole à Responsabilité Limitée (EARL)
  • La Société Civile d’Exploitation Agricole (SCEA)

Chaque statut présente des avantages et des inconvénients spécifiques en termes de responsabilité, de gestion et de fiscalité. Le choix dépendra de la taille du projet, du nombre d'associés et des objectifs de développement de l'exploitation agricole.

Régimes fiscaux pour les entreprises agricoles

Les entreprises agricoles peuvent opter pour différents régimes fiscaux :

  • Le micro-BA : pour les entreprises dont la moyenne des recettes sur trois ans est inférieure à 82 800 €.
  • Le régime du bénéfice réel simplifié : pour les entreprises dont la moyenne des recettes sur deux ans est comprise entre 82 000 € et 350 000 €.
  • Le régime du bénéfice réel : pour les entreprises dont la moyenne des recettes sur deux ans dépasse 352 000 €.
  • L'impôt sur les sociétés (IS) : régime réel où le bénéfice réel est déclaré avant d'être imposé.

Le choix du régime fiscal dépend des revenus de l'entreprise et de la complexité de sa gestion comptable.

Régime Fiscal Seuil de Recettes (Moyenne sur 2 ou 3 ans) Caractéristiques
Micro-BA Inférieur à 82 800 € Comptabilité allégée
Bénéfice Réel Simplifié Entre 82 000 € et 350 000 € Simplification des obligations comptables
Bénéfice Réel Supérieur à 352 000 € Obligations comptables complètes
Impôt sur les Sociétés (IS) Pas de seuil Bénéfice imposable au titre de l'IS

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