Être Freelance : Avantages et Inconvénients

Vous envisagez d’exercer une activité comme travailleur indépendant ? Si vous envisagez d'abandonner le salariat ou si vous souhaitez commencer votre vie professionnelle en tant que travailleur indépendant, il est essentiel de connaître toutes les facettes de ce statut, les bonnes comme les moins bonnes. Devenir auto-entrepreneur ou chef d’entreprise apparaît de plus en plus séduisant pour les Français. En janvier 2024, le nombre de création d’entreprise a augmenté de près de 3 %.

La vie de freelance regorge d’avantages : l’autonomie, la flexibilité, l’absence de contraintes, la possibilité d’organiser ses horaires de travail à sa guise, le choix des clients et des missions. Mais cela ne l’empêche pas d’avoir également son lot d’inconvénients et de défis : comment gérer l’instabilité financière, le manque de sécurité professionnelle et la solitude inhérents à une activité indépendante ? Comment trouver des clients et générer des revenus réguliers, tout en gérant son entreprise en parallèle ?

Si cette prise de conscience motive ce dernier à exceller dans son domaine, c’est également une obligation qui pèse sur ses épaules à tout moment. Et si vous choisissiez la liberté ? Le premier avantage, probablement celui qui parle le plus aux futurs freelances, est d’être son propre patron. Cela implique bien évidemment, un rythme de travail choisi loin des horaires imposés par le salariat. En d’autres termes, vous organisez votre emploi du temps comme bon vous semble.

Concrètement, que signifie « travailler en freelance » ? Cette notion renvoie à une personne qui exerce une activité professionnelle pour son propre compte, sans être liée à une entreprise par un contrat de travail, donc sans lien de subordination avec un employeur. Ce faisant, le freelance propose ses services à des clients divers à l’occasion de missions ponctuelles ou de longue durée, pour lesquelles il fixe lui-même ses tarifs et son emploi du temps.

La plupart des activités professionnelles peuvent être exercées en freelance. Mais le plus souvent, les indépendants évoluent dans des domaines comme le conseil, l’informatique, la formation, la création de contenu, la communication et le marketing.

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Travailler en freelance est un avantage qui attire de plus en plus de monde. D’une part, il est possible de travailler en statut freelance en ayant une profession artisanale, commerciale ou libérale. D’autre part, travailler dans le cadre d’un contrat de prestation de service est possible grâce à différents statuts.

Quand on annonce travailler en freelance, on pense le plus souvent au statut d’auto-entrepreneur. Favorisé pour ses avantages comme sa comptabilité simplifiée, il est le plus simple à mettre en place pour démarrer une entreprise et commencer à travailler en freelance. On retrouve néanmoins d’autres statuts qui permettent également de lancer une carrière en freelance. Il s’agit d’entreprises individuelles ou entreprises unipersonnelles. Pour devenir freelance, il est également possible de procéder à un portage salarial.

Attention : bien que l’on parle régulièrement du statut de freelance, l’expression est un faux ami. En effet, le freelancing n’est pas une forme juridique en soi, mais une façon d’exercer une activité professionnelle. Par définition, le freelance est un travailleur indépendant qui dispose d’une structure juridique. Par conséquent, travailler en freelance suppose avant toute chose de créer son entreprise et, pour cela, de choisir un statut juridique. Une décision qui a une incidence sur les obligations fiscales, sociales et comptables à remplir, et qu’il ne faut donc pas prendre à la légère.

Comment choisir le MEILLEUR statut juridique pour ton entreprise en 2025 ?

En tant que freelance, vous pouvez également vous associer avec un autre indépendant pour former une société commerciale (statuts de SARL ou de SAS). Une alternative consiste à pratiquer le portage salarial : un statut hybride, à mi-chemin entre l’indépendance et le salariat. Pour devenir travailleur indépendant, il faut obligatoirement immatriculer l’entreprise sur un registre spécial et demander l’affiliation du dirigeant/chef d’entreprise à un régime de sécurité sociale (SSI ou régime général).

Travailler en freelance ne veut pas nécessairement dire travailler seul, il est possible de s’associer à un autre travailleur indépendant. On parle alors de Société Anonyme à Responsabilité Limitée (SARL). Dans tous les cas, travailler en freelance nécessite d’obtenir un numéro SIRET. Ce dernier est attribué au freelance au moment de la création de sa société.

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De plus en plus en vogue au cours des dernières années, le fait de travailler en freelance semble être un avantage sur le marché du travail. Il s’agit en effet d’un statut qui est ouvert à de nombreuses professions.

Les professions libérales peuvent être de nature réglementées ou non réglementées. Les professions libérales réglementées comptent parmi elles les avocats, médecins ou experts-comptables, entre autres. Les professions libérales non réglementées concernent les activités qui ne sont ni commerciales, ni artisanales. On retrouve parmi elles les auto-entrepreneur artistes, pigistes, consultants informatiques et autres.

Le travail en freelance de façon commerciale (comme pour l’agent commercial freelance par exemple), est adapté à la vente de biens ou services. Pour travailler en freelance de façon commerciale, il est nécessaire de dépendre de la Chambre de Commerce et de l’Industrie (CCI). Dans certains cas, il est possible d’être rattaché à la Greffe du Tribunal de Commerce si travailler en freelance se fait sous la profession d’agent commercial.

Les professions artisanales qui décident de travailler en freelance avec le statut d’auto-entrepreneur dépendent de la CMA - Chambre de Métiers et de l’Artisanat. Il est indispensable, en tant qu’artisan qui désire travailler en freelance, de s’inscrire au Répertoire des Métiers.

Pourquoi choisir de travailler en freelance ? Quels sont les avantages de l’indépendance par rapport au salariat ?

C’est sans doute le plus important des avantages du freelance : vous bénéficiez d’une liberté et d’une flexibilité auxquelles les employés du privé (et les agents publics) ne peuvent pas prétendre. Le cliché du freelance qui vit de son activité en travaillant quelques heures par semaine prospère sur les réseaux sociaux. Or, la réalité est bien différente : selon la Dares, en France, les travailleurs indépendants ont cumulé une durée effective de 1 971 heures en 2023, soit 422 heures de plus que celle des employés. Un écart qui s’explique essentiellement par un nombre de jours travaillés plus important (243 jours contre 206). La durée journalière est, elle aussi, plus longue : 8,1 heures contre 7,5 heures.

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À cette liberté du quotidien, il faut ajouter un avantage complémentaire : l’autonomie complète du freelance. En effet, celui-ci est entièrement responsable de son travail et de la gestion de son entreprise. En somme, toutes les décisions importantes relatives à la vie de votre activité vous reviennent, sans devoir justifier vos choix : au final, seule compte la satisfaction de vos clients. Cela laisse un maximum d’espace à la créativité, à l’expression de vos envies et à l’épanouissement personnel. L’entrepreneuriat vous offre une autonomie totale pour décider vos offres et prestations de services, fixer vos prix, etc.

La liberté tarifaire d’un travailleur indépendant ouvre des perspectives financières attractives. Selon l’Insee, en 2022, les travailleurs non salariés ont perçu en moyenne un revenu d’activité de 4 030 € par mois (après déduction des cotisations sociales et des charges), les activités médicales étant les plus rémunératrices, devant les métiers juridiques et comptables, tandis que les activités de commerce de détail hors magasin arrivent loin derrière.

D’une part, en ayant le choix des missions et des collaborations, vous avez l’opportunité de multiplier les projets et les expériences pour le compte d’entreprises et de secteurs très différents. D’autre part, vous développez des compétences bien plus rapidement, non seulement dans votre métier spécifique, mais aussi en gestion de projet et dans l’administration de votre structure. Si vous êtes du genre à apprécier travailler sur plusieurs projets différents, ou si vous vous ennuyez vite au travail, le statut de freelance pourrait vous plaire.

Même en créant une micro-entreprise, la forme juridique la plus simple, vous découvrez toutes les attributions d’un entrepreneur : gestion fiscale et comptable, collaboration avec des partenaires, organisation du travail, gestion de crise, communication, marketing, prospection et négociation.

Travailler en indépendant vous permet de mieux gérer votre vie professionnelle et donc de vous dégager du temps pour votre vie personnelle. En théorie. Néanmoins, être plus indépendant dans son travail et sa carrière pourrait vous apporter davantage d’épanouissement professionnel et personnel. Vous travaillez pour vous, sans lien de subordination. Vous êtes libre de travailler le samedi et pas le lundi, de commencer votre journée de travail à sept heures du matin ou midi.

L’indépendance s’apprend : des formations sont dispensées par divers organismes publics et privés pour aider les futurs entrepreneurs à démarrer leur activité dans les meilleures conditions, à gérer leur structure, et même à négocier leurs tarifs.

Travailler en freelance permet de gagner en avantage, parmi eux on retrouve principalement l’autonomie et l’indépendance. En choisissant de travailler en freelance, il est possible de définir ses propres tarifs ainsi que ses horaires de travail.

L’un des avantages du statut de freelance est qu’il vous permet de façonner votre vie professionnelle à votre image, sans les contraintes du salariat. Vous n’avez pas d’horaires de bureau prédéfinis.

Les inconvénients du statut de freelance

Nous le disions en introduction : le mode de vie du freelance a des avantages et des inconvénients. Parmi les principaux défis qui vous attendent, l’instabilité des revenus est sans doute le plus délicat. En l’absence de missions, vous n’avez donc pas de revenus. Par ailleurs, votre chiffre d’affaires est susceptible de varier du tout au tout selon les fluctuations de l’activité, avec des périodes pleines et des périodes creuses. C’est LE gros point négatif du travailleur freelance. Votre rémunération dépend de votre capacité à trouver des clients, à négocier vos tarifs, et à facturer vos prestations.

Le statut d’auto-entrepreneur permet de limiter les risques induits par l’activité de freelance : les charges sociales sont directement proportionnelles au bénéfice réalisé, ce qui veut dire qu’en l’absence de revenus, vous ne devez rien à l’Urssaf pour la période concernée. Anticiper ces fluctuations vous permettra de mieux gérer votre trésorerie. Vous pouvez commencer votre activité de freelance à temps partiel, le temps de trouver une mission rémunératrice, puis plusieurs clients.

Nous l’avons évoqué à plusieurs reprises : le quotidien du freelance se partage entre l’exercice de son activité et des tâches tierces, directement liées à la gestion de son entreprise. Le micro-entrepreneur bénéficie, là encore, de nombreuses facilités : formalités de création simplifiées, obligations comptables et fiscales allégées, TVA applicable seulement sur option ou en cas de dépassement des seuils imposés. En tant que freelance, vous êtes responsable de la gestion administrative et financière de votre entreprise. Ces tâches peuvent être chronophages et fastidieuses, et nécessitent des compétences spécifiques. Néanmoins, vous apprendrez avec le temps ! Ne désespérez pas.

En freelance, pas de contrat de travail classique. Autrement dit, vous n’avez aucune sécurité de l’emploi, aucune certitude d’avoir encore des missions dans les mois qui suivent, aucune visibilité sur votre avenir professionnel. Cette insécurité a des conséquences sur le rythme de travail. En effet, nombreux sont les freelances qui compensent leur instabilité professionnelle par des journées plus longues et par un investissement personnel plus conséquent.

Autre problème : vous êtes dépendant(e) de la bonne foi de vos clients, qui peuvent vous payer dans les temps ou vous faire patienter pendant des mois - ce qui vous oblige à vous reposer sur votre trésorerie.

Enfin, l’isolement inhérent à l’activité de freelance ne doit pas être ignoré. Les indépendants travaillent très souvent seuls, sans supérieurs hiérarchiques, sans collègues ni partenaires. Face au risque d’isolement, tous les freelances ne sont pas égaux. Les études montrent que les métiers de la création et du numérique y sont plus exposés : développeurs, graphistes, consultants et rédacteurs exercent majoritairement à distance, le plus souvent loin de toute interaction professionnelle physique. Les auto-entrepreneurs travaillent souvent seuls, sans collègues ni supérieurs hiérarchiques. Il est donc facile de se sentir isolé et manquer de soutien, de feedback, ou de stimulation. Pour rompre l’isolement, vous pouvez rejoindre des réseaux de freelances, des espaces de coworking, ou des associations professionnelles.

En effet, le fait de travailler en freelance contraint à s’exposer à des risques réguliers. Le fait de travailler en freelance peut sembler intéressant, néanmoins, il faut garder à l’esprit que comme tout travailleur indépendant, le choix de travailler en freelance ne doit pas être pris à la légère.

La liberté a un effet vicieux. En tant qu’entrepreneur, vous pouvez techniquement faire ce que vous voulez de votre entreprise. Mais au fond, non. L’énorme pression qui peut découler du travail en freelance peut déteindre sur la vie personnelle. Vous pouvez être tenté de trop travailler ou de ne pas savoir vous arrêter. Vous pouvez aussi avoir du mal à délimiter votre espace de travail, surtout si vous travaillez à domicile. Le stress, la fatigue et le surmenage sont alors inévitables.

Travailler en tant que freelance signifie faire une croix sur le contrat de travail classique, ainsi que sur les avantages sociaux qui l’accompagnent. Prendre conscience de ces désavantages concernant le travail indépendant vous aidera à anticiper votre mobilité professionnelle.

Travailler en freelance implique de gérer une mission du début à la fin. Prospection, réalisation, mise en œuvre de ses compétences, gestion de client et l’enregistrement comptable de la prestation de service.

Le freelance a certes la liberté de choix, mais cette liberté à un prix. En effet, qui dit liberté de choisir dit forcément une irrégularité des revenus. C’est que lorsque le freelance réalise une mission qu’il peut obtenir une rémunération.

Le travail indépendant prévoit le paiement en différé sous un délai de 45 jours. Face à cette disposition légale contraignante et nécessaire, le freelance ne peut qu’anticiper ses ressources pour éviter les fins de mois difficiles. Cette anticipation aussi bien financière qu’organisationnelle se gère par une réactivité optimale à chaque mission.

Malheureusement, les clients ne sont pas tous les mêmes et les problèmes peuvent survenir de toute part, ayant comme seule finalité les risques de retard, voire de non-paiement.

Pour lutter contre l’a priori de la qualité de travail des freelances, ces derniers doivent en permanence rassurer leur client pour espérer, les fidéliser et les satisfaire. Cette implication peut parfois donner lieu à un travail supplémentaire.

Avantages et inconvénients du statut de freelance

Comment remédier aux inconvénients du freelancing ?

Heureusement, vous pouvez remédier aux inconvénients du freelancing. Prenons l’exemple de la prospection. L’une des principales difficultés, pour un freelance, réside dans sa capacité à trouver des clients, condition sine qua non pour toucher une rémunération. Ce défi quotidien est caractérisé par le manque de visibilité, la complexité du marché et le niveau de concurrence. Pour autant, vous pouvez mettre en place des stratégies pour attirer des clients et pour développer votre activité.

Créer et alimenter un réseau professionnel en pratiquant le networking, en rejoignant des communautés en ligne et en tissant des liens avec d’autres travailleurs indépendants.

Autre exemple : la gestion quotidienne de votre entreprise et des obligations qui l’accompagnent. Pour éviter de consacrer trop de temps à des tâches administratives et comptables qui vous détournent de votre activité, une solution simple consiste à recourir aux services d’un professionnel (comme un expert-comptable). La gestion des finances en freelance constitue un défi à part entière. Pour les gérer correctement, commencez par dédier un compte bancaire aux revenus de votre activité professionnelle (une obligation même en micro-entreprise au-delà de 10 000 € de chiffre d’affaires annuel pendant deux années consécutives). Puis, tenez rigoureusement votre comptabilité afin de suivre vos encaissements et vos décaissements, et ainsi garder un œil sur l’évolution de votre trésorerie.

Les statuts juridiques pour exercer en freelance

Le freelancing n’est pas une forme juridique, mais un mode d’exercice d’une activité. Pour cette raison, le travailleur indépendant doit nécessairement choisir un statut, créer son entreprise, puis immatriculer son activité : telle est la condition pour obtenir un numéro SIRET et commencer à facturer. Il peut exercer comme entrepreneur individuel (y compris au régime de la micro-entreprise) ou créer une société unipersonnelle (SASU ou EURL).

Pour mettre toutes les chances de votre côté en tant que freelance en France, il est essentiel de disposer du savoir-faire propre à votre domaine d’activité (compétences techniques et sectorielles), mais aussi d’aptitudes en gestion de projet, en communication et en administration d’entreprise. Un travailleur indépendant peut s’adresser à toutes sortes de clients : TPE/PME, autres freelances, start-up, grands groupes internationaux, agences, institutions, associations, établissements publics, services de l’État et particuliers.

CaractéristiqueEURLSASUAuto-Entreprise
Montant minimum de capital1€1€Aucun apport initial
GestionDirigée par un gérant relevant du régime social des travailleurs non-salariés (TNS).Dirigée par un président relevant du régime général de la sécurité sociale.N/A
Imposition des bénéficesPar défaut, imposée à l'impôt sur le revenu (IR). Possibilité d’opter pour l'impôt sur les sociétés (IS).Par défaut, imposée à l'impôt sur les sociétés (IS). Possibilité, sous certaines conditions, d’opter pour l'impôt sur le revenu (IR).N/A
Protection socialeLe TNS est que très légèrement défavorisé. Il se constitue une retraite un peu moins importante que l’assimilé salarié et subi un délai de carence en cas d’accident du travail (indemnisation).Le régime général de la sécurité sociale est plus protecteur.Un micro-entrepreneur est affilié au régime social des travailleurs indépendants, moins protecteur que le régime général.
AvantagesLa responsabilité du fondateur est limitée au montant de son apport (sauf en cas de faute de gestion).Le statut de SASU permet d’être affilié au régime général de la sécurité sociale et auprès d'une caisse de retraite de cadres (Agirc).Cotisations sociales simplifiées et réduites et fiscalité plus légère.
InconvénientsLa gestion administrative est plus lourde que pour un auto-entrepreneur, de la rédaction des statuts jusqu’à l’obligation de tenir une comptabilité complète, en passant par les démarches de déclaration de revenus et les formalités fiscales.Hors du statut de SASU, un freelance est affilié au régime social des travailleurs indépendants, moins protecteur que le régime général.Impossibilité de déduire les frais et charges professionnelles (achat de matériel, frais de déplacement…). Chiffre d’affaires plafonné.

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