Statut juridique du lapin de garenne en France

Oryctolagus cuniculus, plus connu sous le nom de lapin de garenne ou lapin commun, est un animal présent sur tout le territoire. Il apprécie les milieux semi-ouverts comme les champs ou les parcs. Introduit comme animal de compagnie et pour le commerce de fourrure, il envahit les espaces publics de plusieurs départements. D’ordinaire nocturne, il n’est pas rare de l’observer en journée. Le lapin de garenne est un animal doté de sens très développés, notamment une vue à 360°.

Description et biologie

Nettement plus petit que le lièvre, le lapin de garenne s’en distingue, en outre, par ses oreilles proportionnellement plus courtes et l’absence de taches noires à leur extrémité ; seul un petit liseré sombre est parfois visible. La queue est courte, avec le dessous blanc pur. La sole plantaire est velue. Longueur tête + corps : 340-500 mm. Queue : 40-80 mm. Poids : 1200-2500 g. Longévité : 9 ans. Caractéristiques : Le Lapin de Garenne est un mammifère de la famille des léporidés de petite taille (30 à 45 cm) et de couleur brun foncé pesant en moyenne 1 kg. Sa durée de vie est d’environ 5 ans.

Comportement : Principalement crépusculaire et nocturne, le lapin peut, dans certaines circonstances, être également actif dans la journée. Il vit en sociétés très hiérarchisées, où les mâles sont dominants et la polygamie de rigueur. Il se déplace toujours en bondissant. Poursuivi, il détale avec rapidité, la queue relevée, en effectuant de nombreux crochets. Il nage et grimpe relativement mal. En cas de danger, il frappe le sol avec ses pattes postérieures pour alerter ses congénères.

Reproduction : La femelle met bas dans un terrier spécial, peu profond, appelé « rabouillère ». Lorsqu’elle s’absente, elle obstrue l’entrée avec de la terre. La période de reproduction s’étend de février à octobre et même toute l’année en Europe du Sud. Les jeunes, au nombre de 4 à 12, naissent aveugles et nus. Ils sont allaités pendant 3 semaines environ et s’émancipent à 4 ou 5 semaines. Il y a le plus souvent de 3 à 5 portées par an. Le lapin se reproduit rapidement et la femelle peut avoir jusqu’à six portées par an, avec un nombre variant entre 3 et 12 individus par portée.

Nourriture : Régime végétarien et très varié selon la flore locale. Automne - Hiver : Principalement des écorces, tiges d’arbrisseaux et sous-arbrisseaux, graminées et bulbes. Printemps - été : pousses de plantes herbacées (surtout graminées). L’opportunisme et l’exigence faible de son alimentation lui permet de se maintenir dans une grande variété de milieux.

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Distribution et habitat

Distribution : Europe de l’Ouest. Sauf Islande et une grande partie de la Scandinavie (présent au sud). Habitat : Le lapin recherche généralement les sols meubles, bien drainé, de type sablo-argileux, aussi bien en terrain découvert que dans les buissons et les bois. Cependant, il peut coloniser tous les milieux, y compris les parcs et les jardins. Habitat : Le Lapin est un animal courant en France tant que l’altitude ne dépasse pas 900 m. Son habitat de prédilection est la terre sèche et meuble ou les talus dans lesquels il peut creuser son terrier, la garenne où il s’abrite des intempéries et de la prédation.

Impact sur l’agriculture et perception publique

En effet, dans de nombreux départements, il est considéré comme un animal susceptible d’occasionner des dégâts. La raison ? Les importants dommages qu’il cause aux cultures en cherchant de la nourriture ou en creusant des terriers. Lorsqu’ils prolifèrent, les lapins peuvent occasionner d’importants dégâts dans les récoltes, les potagers et les plantations d’arbustes. Lorsqu’ils prolifèrent, les lapins peuvent occasionner d’importants dégâts dans les récoltes, les potagers et les plantations d’arbustes. Selon France Info, « sur les 2 000 hectares de céréales plantés par les membres de la coopérative agricole de la CUMA de Mauguio [une commune du département], 30 % parmi lesquelles des semences de blé et de pois chiches, seraient perdus à cause de la présence des lapins ».

Statut juridique : nuisible, gibier, protection et décisions préfectorales

Statut : Mammifère sauvage pouvant être classé nuisible. Nuisible signifie qu’il peut faire l’objet d’actes de destruction par les particuliers (propriétaires, locataires...) ou à la demande du maire ou du préfet par battues administratives. Le Lapin est une espèce classée gibier en Isère. Chasse et préservation de l'espèce : Jusqu’aux années 1980, il était très chassé notamment par les chasseurs aux chiens courants ou aux furets. Mais, l’animal étant assez souvent atteint de maladies (myxomatose et VHD), sa présence a décliné.

Avant l’introduction de la myxomatose, au début des années 50, les lapins étaient très répandus. Depuis, leurs populations sont périodiquement décimées par cette maladie. En 2017, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature a classé le lapin de garenne comme une espèce quasi menacée. Car en plus d’être sujet à plusieurs virus, tels que la myxomatose, l’espèce est menacée par de nombreux prédateurs naturels, comme le renard, ainsi que par la disparition de son habitat, la chasse, et son éradication.

Exemples d’arrêtés : Dans ce département, le préfet a pris, en mars 2023, un arrêté classant l’animal comme une espèce susceptible d’occasionner des dégâts (ESOD). Dès lors, des mesures de lutte ont été autorisées. Parmi elles, la destruction par tir, autorisée entre le 15 août et le 31 mars, également des battues administratives ou des utilisations de furets. En mars 2024, la préfecture de l’Hérault a demandé à douze communes d’agir contre sa prolifération.

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Le préfet de police de Paris a abrogé un arrêté classant les lapins de garenne comme une espèce nuisible en raison des dégâts qui leur sont attribués, notamment sur les pelouses des Invalides (13/03/2022). Adopté le 25 juin 2021, l'arrêté visait à « prévenir les dommages aux différentes formes de propriété causés par la prolifération du lapin de garenne", en l'absence "de mesure alternative efficace durablement pour prévenir ces dégâts ». L'arrêté devait prendre effet à partir du 1er juillet 2021 jusqu'au 30 juin 2022. Heureusement, son application avait été rapidement suspendue le 21 juillet par le tribunal administratif de Paris, après le recours en urgence de l'association PAZ, laissant un peu de répit aux animaux. C'est donc peu avant l'audience sur le fond que la préfecture de police a finalement décidé d'abroger son arrêté.

En 2023, la préfecture de Paris avait présenté un arrêté pour faire du lapin de garenne un ESOD, alors que l’animal envahissait les Invalides. Une décision à laquelle s’est opposé le groupe Europe Écologie-Les Verts et l’association Paris Animaux Zoopolis (PAZ). Un précédent arrêté, adopté en 2021 avait été abrogé l’année suivante. Mais en février 2024, la préfecture a de nouveau été sous le feu des critiques de PAZ après avoir lancé une opération de capture, rappelle le Parisien.

Polémiques, actions locales et argumentaires

Une lutte qui fait polémique. Cependant, ces mesures ne font pas l’unanimité. À Baillargues (Hérault), le maire de la ville a lancé en avril 2024 une campagne d’affichage incitant à chasser et à consommer les lapins de garenne. Interrogé par 20 minutes, Eddine Ariztegui, élu du groupe Choisir l’écologie à Montpellier dénonce ce procédé et « l’hypocrisie de l’État qui autorise l’élevage de lapins achetés par des chasseurs pour être relâchés afin de servir de cibles vivantes et l’abattage de leurs prédateurs naturels ».

Ces événements montrent que la problématique du lapin de garenne est au cœur des débats. De son côté, la ville de Paris, qui estime à environ 250 la population de lapins sauvages sur son territoire, « s'est mobilisée depuis 2019 pour faire retirer le lapin de garenne de la liste des espèces nuisibles », et ce dans le but d'« aller vers une cohabitation toujours plus harmonieuse avec les animaux ». Car la capitale héberge une population croissante d'animaux sauvages, comme des renards, cygnes ou lapins.

LE LAPIN DE GARENNE : La Chronique du Vivant

Mesures de lutte autorisées et limites

Des mesures de lutte ont été autorisées. Parmi elles, la destruction par tir, autorisée entre le 15 août et le 31 mars, également des battues administratives ou des utilisations de furets. Nuisible signifie qu’il peut faire l’objet d’actes de destruction par les particuliers (propriétaires, locataires...) ou à la demande du maire ou du préfet par battues administratives.

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Mesure Exemple d’application
Tirs autorisés 15 août - 31 mars (arrêté préfectoral Hérault)
Battues administratives Décidées par le préfet ou le maire selon nécessaire
Utilisation de furets Permise dans le cadre de lutte contre prolifération
Abrogation d’arrêtés Décisions judiciaires ou renonciation préfectorale (Paris, 2022)

Points clés à retenir sur le statut juridique

  • Le lapin de garenne peut être classé nuisible et ESOD selon les départements et arrêtés préfectoraux.
  • Ce classement permet d’autoriser différents moyens de lutte, mais entraîne des controverses et recours d’associations de protection animale.
  • Des différences locales existent : certaines collectivités cherchent la cohabitation tandis que d’autres autorisent des opérations de contrôle strictes.
  • L’espèce est soumise à des facteurs de déclin (maladies, prédation, disparition d’habitat) et à une reproduction rapide qui alimente le conflit d’usage.

Le statut juridique du lapin de garenne en France reste donc le reflet d’un arbitrage entre protection de la biodiversité, préservation des cultures et attentes sociales locales, soumis à des décisions préfectorales et judiciaires qui peuvent varier selon les contextes et les pressions locales.

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