Statuts juridiques et destinées du site archéologique Glanum à Saint-Rémy-de-Provence

Ce dossier enseignant du Centre des monuments nationaux présente aux enseignants le site archéologique de Glanum à Saint-Rémy de Provence. Au pied des Alpilles, Glanum fouillé depuis 1921, se signale par sa longue histoire qui se déroule du VIème siècle avant J.-C. au IIIème de notre ère. Successivement marqué par les cultures gauloise, hellénistique et romaine, ce site archéologique exceptionnel conserve de ce prestigieux passé un urbanisme exemplaire et d'importants monuments religieux et civils. Ce dossier propose aux enseignants des objectifs pédagogiques, des pistes d'approfondissement des thématiques abordées, un lexique et une bibliographie.

Genèse et contexte de Glanum

Glanum est fondée par les Gaulois au VIème siècle avant J.-C., et connaît plusieurs phases d'expansion et de développement. Elle se situe au croisement de diverses voies de circulation de l'époque, ce qui facilite grandement les échanges commerciaux, tout en offrant un rempart naturel contre les attaques ennemies. Le site est d’abord une cité grecque dédiée à un dieu guérisseur avant d’évoluer vers la cité romaine antique. Les premières traces d’occupation remontent au VIIe-VIe siècles avant J.-C. et les vestiges plus nets, aux VIIe et VIe siècles.

À partir du Ier siècle avant J.-C., l’habitat et les installations publiques se développent, et Glanon devient une colonie latine après la prise de Marseille en 49 avant J.-C. Des quartiers de Glanon sont détruits et reconstruits à plusieurs reprises, modifiant profondément l’urbanisme monumental de la cité. Le peuple des Glaniques appartient à la confédération des Salyens et bénéficie de la proximité de la Voie Domitienne et d’une source sacrée, source qui demeure le cœur du site.

Architecture et monuments majeurs

Le site archéologique témoigne de monuments remarquables, parmi lesquels le Mausolée des Jules (Mausolée de Glanum) et l’Arc de Triomphe, situés près de l’entrée et marquant l’ancienne porte de la ville. Le bouleutérion, l’assemblée des citoyens, révèle l’importance de la vie politique, tandis que les temples géminés illustrent le syncrétisme religieux. Le forum, centre névralgique, et les thermes romains permettent d’imaginer les espaces de soins, de commerce et d’échanges sociaux. Au-delà, la source sacrée, cœur spirituel, est entourée de sanctuaires et d’un petit temple corinthien dédié à Valetudo, déesse romaine de la santé, et à Hercule, symbole de force et de courage.

La domus monumentale du site, appelée domus en raison de son plan et de ses dimensions (plus de 600 m2), présente un péristyle entouré d’une cour intérieure, un impluvium pour la collecte d’eau, un escalier menant à l’étage, et des pièces de vie disposées autour de la cour (culina, triclinium, pièces du maître de maison). Le laraire, autel des dieux Lares, se situe dans la salle voisine des Antes. Les thermes, accessibles à tous, présentent les salles typiques: frigidarium, tepidarium et caldarium, avec l’hypocauste assurant le chauffage par le sol et le labrum servant de fontaine ou d’espace de rafraîchissement.

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Époques et continuité cultuelle

À l’époque hellénistique (IIe siècle avant J.-C.), la source sacrée est monumentalisée et dotée d’un petit temple corinthien dédié à Valetudo. Malgré les transformations et les destructions, Glanum conserve le culte hérité des Gaulois, Glan, et la source sacrée. Le culte romanisé associe Dieux du Panthéon romain à des formes locales, et les autels votifs témoignent de la ferveur hydrique. Au Ier siècle avant J.-C., Glanon devient une colonie latine et s’ouvre aux échanges avec les grandes villes romaines comme Arles et Nîmes.

Vers 260, les invasions et les destructions marquent un tournant. Glanum est saccagée et abandonnée; les habitants fuient vers le nord et fondent Saint-Rémy-de-Provence. Les Alamans, alliance de tribus germaniques, apparaissent dans les textes romains et participent à l’occupation des territoires jusqu’à leur annexion par Clovis en 496. L’emplacement demeure toutefois stratégique et les vestiges antiques attirent progressivement l’attention à partir du XVIe siècle.

Redécouverte, fouilles et restitution

La redécouverte de Glanum est lente et progressive: les fouilles importantes débutent en 1921 sous la direction de Jules Formigé et de Pierre de Brun; Henri Rolland poursuit les recherches dans les années 1940-1960. Les campagnes de prospections pédestres et les diagnostics en amont des restaurations permettent d’estimer l’extension de la ville primitive (oppidum) et d’identifier les grands ensembles: forum, temples, thermes, et domus ornées de mosaïques et peintures. Les travaux ont aussi mis au jour des sculptures gauloises et romaines, dont des portraits en marbre et des scènes liées à la gloire militaire des élites gauloises et romaines.

Sur les Antiques, l’arc et le mausolée s’imposent comme repères visuels: ces monuments, visibles à l’entrée du site, témoignent de la richesse de la cité et de son rayonnement régional. Les ateliers de conservation et les unités de recherche, comme l’Inrap et le CNRS via l’IRAA, interviennent dans les diagnostics et les restaurations, assurant la préservation du patrimoine et sa compréhension par le public. Aujourd’hui, sur deux hectares visitables, les visiteurs explorent une part significative de l’urbanisme préromain et romain et découvrent les domus riches en mosaïques et peintures.

Rôles, accès et ressources

Le Centre des monuments nationaux gère le site, dont le contenu est protégé et régi par le droit d’auteur et les règles d’exploitation. Le site est ouvert selon une programmation saisonnière et est complété par des ressources documentaires comme le guide archéologique publié par les Editions du Patrimoine. Le portail officiel du CMN et l’Office de tourisme local fournissent les informations pratiques (horaires, tarifs, contacts).

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Dans l’environnement naturel des Alpilles, Glanum s’insère dans un paysage où le calcaire des falaises se marie au vert des oliviers et des vignes, et où la Durance et d’anciennes routes antiques ont favorisé les échanges. Le site illustre l’évolution d’un oppidum gaulois à une cité romaine majeure, et la redécouverte moderne met en lumière l’un des ensembles les plus complets d’époque gallo-romaine en Provence.

100 ans de fouilles archéologiques à Glanum

Informations pratiques et ressources complémentaires

Pour en savoir plus sur le site de Glanum, lire le guide archéologique (Saint-Rémy-de-Provence, Bouches-du-Rhône) publié par les Editions du Patrimoine, rédigé par Xavier Delestre et François Salviat. Le site, route des Baux-de-Provence, est ouvert selon la saison et des informations pratiques sont disponibles auprès de l’Office de tourisme et du CMN. Les fouilles et les restaurations se poursuivent, avec une coordination entre archéologues, architectes, ingénieurs et conservateurs afin de préserver ce témoin majeur de l’antiquité.

Aspects techniques et lexique

  • oppidum latinum: statut juridique et urbanistique accordé aux Glaniques sous influence romaine.
  • frigidarium, tepidarium, caldarium: salles des thermes romains et their systèmes d’hypocauste.
  • impluvium: bassin de collecte des eaux pluviales dans les domus.
  • opus en latin: désigne l’appareil et les méthodes de maçonnerie utilisés à Glanum.

Les sources écrites antiques apportent peu de renseignements; l’archéologie demeure l’outil principal pour raconter l’histoire du site et comprendre son statut au fil des siècles, du VIe siècle avant J.-C. jusqu’à la fin de l’Antiquité tardive. Le Mausolée et l’Arc de Triomphe, ainsi que les statues et reliefs, constituent les pièces maîtresses qui attestent du rayonnement et de la richesse de Glanum, tout comme la source sacrée et les temples dédiés aux dieux et héros de l’époque.

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