Financer la Création de Votre Salon de Coiffure : Guide Complet des Subventions et Aides Disponibles
Dans votre projet d’ouvrir un salon de coiffure, la question des finances est centrale. Vous avez en effet besoin de fonds pour pouvoir démarrer votre activité et la faire perdurer. Mais quel budget faut-il pour ouvrir un salon de coiffure ? Il est difficile de donner un budget exact à dégager pour sortir de terre un nouveau salon de coiffeur. Les besoins peuvent énormément varier d’un projet à l’autre, avec un coût d’installation allant de 50 000 € pour un établissement indépendant, à plus de 100 000 € pour un salon franchisé.
Que vous soyez créateur ou repreneur, il existe diverses solutions de financement adaptées à vos besoins. Faisons le point dans cet article.
En moyenne, ce type de projet est estimé à 30 000 €. Un petit coiffeur indépendant peut tout à fait s'en sortir avec 5 000 € pour ouvrir son salon par exemple, tandis que le montant peut tout à fait s'envoler à plus de 100 000 € pour les salons plus ambitieux. Tout dépendra du lieu où vous comptez ouvrir le salon de coiffure, l'adhésion ou non à une franchise et vos besoins en équipements et en ressources humaines. Si vous prenez la décision d'acheter un local pour devenir propriétaire des murs, le budget sera bien plus conséquent.
À savoir que votre projet d'ouverture d'un salon sera beaucoup plus coûteux si vous rejoignez une franchise commerciale. Pour profiter de la notoriété de la marque et de ses campagnes publicitaires, de ses produits, de ses services et de ses compétences organisationnelles, le versement d'un premier apport, souvent compris entre 10 000 et 50 000 €, est nécessaire. Les réseaux de franchisés réclament aussi des droits d'entrée dont le coût est supérieur à plusieurs milliers d'euros.
Le budget à prévoir pour ouvrir un salon de coiffure tourne en moyenne autour de 42 000 € (pour les nouvelles installations) et 58 000 € (pour les reprises). Ce coût peut également varier en fonction de la zone d’implantation de l’entreprise et du contexte (salon franchisé ou indépendant).
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L'Apport Personnel : Votre Capital de Départ
Pour devenir coiffeur et ouvrir son propre salon, il est nécessaire de disposer de fonds propres. Les fonds propres constituent le financement de base de votre projet, son capital de départ, et il doit être apporté par le porteur de projet lui-même, c’est-à-dire vous. Ce capital peut être constitué de vos propres économies et de celles de vos associés, d’une collecte de financement participatif ou encore d’un prêt d’honneur (prêt à taux zéro accordé par certains organismes d’accompagnement sous certaines conditions).
Votre apport personnel est primordial pour :
- enclencher et lancer votre projet ;
- faire face aux premières dépenses ;
- avoir accès aux prêts bancaires.
Pour compléter cet apport personnel, vous aurez très certainement besoin de faire un emprunt auprès d’un établissement bancaire. Pour vous octroyer un prêt, les banques exigent généralement que vos fonds propres couvrent environ 30 % des besoins financiers de votre projet.
Le Prêt Bancaire : Un Financement Complémentaire Essentiel
Pour ouvrir un salon, les finances complémentaires sont bien souvent fournies par un établissement bancaire. Une fois vos fonds propres rassemblés, vous pourrez donc solliciter une banque ou un organisme de crédit pour obtenir un emprunt. Pour cela, vous devez préparer un business plan solide et détaillé. Ce document vous permet de démontrer la viabilité de votre projet à la banque, de justifier vos dépenses et de prouver la rentabilité de votre future activité.
Disposer d’un apport personnel est essentiel pour inspirer confiance aux financeurs et donc obtenir un prêt. En fonction de votre business plan, la banque vous proposera donc une offre de prêt, généralement à hauteur de 70 % des investissements corporels (achat du matériel), du fonds de commerce et, dans certains cas, du fonds de roulement.
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Bien souvent, les établissements bancaires exigent que les fonds propres soient au moins équivalents au montant du prêt demandé. En ce qui concerne la durée de remboursement du prêt, il est en moyenne de 7 ans dans le domaine de la coiffure.
Comme tout entrepreneur en besoin de financement, un créateur de salon de coiffure doit souvent passer par la case du crédit bancaire réservé aux entreprises. Si vous comptez investir dans l'achat d'un local commercial, comptez une durée maximale de 15 ans pour rembourser votre prêt. Pour créer votre salon ou racheter un fonds de commerce sans aucun besoin immobilier, la durée ne pourra être supérieure à 7 ans.
Il va falloir démarcher des établissements bancaires et comparer les différentes conditions de remboursement qu'ils vont vous soumettre. Négociez-les pour que vous bénéficiez d'une offre de crédit pro avec un TAEG au plus bas, une échéance adaptée à vos finances mais aussi une durée du crédit qui répond à vos attentes.
Néanmoins, il ne suffit pas de taper à la porte de son banquier pour emprunter les fonds pour payer le coût de l'ouverture d'un salon. Il va d'abord falloir remplir des formalités nécessaires pour convaincre votre interlocuteur que vous êtes capable de créer une activité de coiffure rentable et prospère. Le business plan représente votre feuille de route que vous allez fournir à la banque.
Vous allez présenter votre projet d'ouverture d'un salon pour votre activité de coiffure et l'accompagner d'une étude de marché. Toute l'idée du business plan est de montrer que votre projet d'entreprise est financièrement solide et que la banque peut vous faire confiance en vous prêtant le capital nécessaire à sa réalisation.
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Soyez le plus précis possible sur le montant total de votre investissement pour lancer votre salon. Présentez également toutes les retombées financières attendues sur plusieurs années. Il va falloir montrer à la banque que votre salon de coiffure va générer suffisamment de chiffre d'affaires pour que l'activité soit rentable. En cas de reprise d'un salon, intégrez les comptes de résultats des années précédentes. Le banquier pourra comparer les performances du passé avec vos indicateurs prévisionnels.
Au-delà du montant du crédit espéré, vous devez renseigner dans votre business plan quels sont vos autres moyens pour financer votre salon de coiffure. Dans le cadre d'une création d'entreprise, l'apport doit représenter au minimum 30 % du coût pour lancer votre activité de coiffeur. Une part qui est plus faible pour la reprise d’un fonds de commerce d'un coiffeur, car elle est comprise entre 10 et 30 %.
En complément de cet apport, vous serez encouragé par l'expert bancaire à diversifier encore davantage votre plan de financement. Le business plan ne sera que meilleur si vous trouvez des organismes publics en mesure de vous accorder des aides pour créer votre activité. ACRE, NACRE, subventions locales, etc... il existe un grand nombre de dispositifs dédié aux entrepreneurs pour faciliter le financement de votre salon de coiffure. Plus vous allez bénéficier de ces mécanismes, plus le montant du capital que la banque devra débloquer sera faible.
L'Aide à la Création d'Entreprise : ACRE, NACRE et ARCE
Pour ouvrir votre salon de coiffure sereinement, il peut être intéressant de solliciter les aides de l’État auxquelles vous avez droit. Le chiffre d’affaires d’un salon de coiffure ouvert seul ou avec des associés n’est pas toujours suffisant les premiers mois. Pour vous aider, l’ACRE vous permet de bénéficier d’une exonération de charges pendant la première année de votre activité.
Le dispositif NACRE, accessible aux créateurs d’entreprises sans emploi, offre quant à lui un accompagnement personnalisé, l’accès à un prêt à taux zéro et un soutien au montage et au développement de votre entreprise.
Citons également l’ARCE (aide à la reprise ou création d’entreprise), qui permet de recevoir ses allocations chômage sous forme de capital, et qui peut donc venir compléter un apport personnel.
L’ACRE ou Aide à la Création ou à la Reprise d’une Entreprise est une aide étatique qui se matérialise par une exonération partielle ou totale des charges sociales de l’entrepreneur. Ce dispositif vise à avantager tous les créateurs et repreneurs d’entreprises. Par conséquent, il permet aux autoentrepreneurs d’obtenir une exonération des charges suivantes : assurance maladie, maternité, invalidité, décès, vieillesse et diverses prestations familiales ou patronales.
L’ACRE est valable durant les 12 premiers mois d’activité de votre salon de coiffure. Il est donc déterminant d’opter pour cette stratégie dès l’ouverture de votre salon de coiffure. Si vous réalisez cela, plusieurs mois après avoir démarré votre activité, vous ne pourrez plus revenir en arrière pour finalement opter pour l’ACRE.
Montant de l'exonération ACRE
L’exonération permise par l’ACRE peut être totale ou partielle. Tout dépend des revenus que vous tirez de l’activité de votre salon de coiffure.
- Sur les revenus annuels allant jusqu’à 30.852 €, l’ACRE permet de bénéficier d’une exonération totale des charges afférentes à ces revenus.
- Sur les revenus compris entre ce montant et 41.136€, l’exonération est de 50%.
- Sur les revenus supérieurs à ce montant, aucune exonération n’est possible.
Ainsi, en cas d’exonération totale, les cotisations sociales relatives à vos revenus sont donc de 11% pour votre première année d’activité au sein de votre salon de coiffure. Si vous ajoutez à cela l’imposition sur les revenus allant de 1% à 2,2% (selon le type d’activité) ; vous obtenez un taux d’imposition global record de 12%. Une aubaine pour votre première année d’activité ! D’autant plus lorsqu’on sait les difficultés que peuvent rencontrer les jeunes entrepreneurs (matériels couteux, démarches inconnues, comptabilité difficile …)
Conditions d'obtention de l'ACRE:
L’ACRE est accessible si vous respectez certaines conditions.
- Vous avez le statut d’autoentrepreneur
- Vous développez votre activité seul
Néanmoins, si vous développez votre projet seul, plusieurs situations vous permettent de bénéficier de l’ACRE. Les conditions d’éligibilité sont les suivantes :
- Être âgé de 18 à 25 ans révolus ;
- Être âgé de 18 à 29 ans en cas de handicap reconnu ;
- Bénéficier de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) ou de l’allocation de sécurisation professionnelle (ASP)
- Bénéficier du RSA ou de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) ;
- Être inscrit en tant que demandeurs d’emploi non indemnisés depuis plus de 6 mois ;
- Ouvrir ou reprendre une entreprise dans un quartier prioritaire de la politique de la ville ;
- Bénéficier d’un contrat d’appui au projet d’entreprise ;
- Bénéficier de la prestation partagée d’éducation de l’enfant ;
- Être travailleur indépendant.
En revanche, vous ne pouvez être éligible que si vous n’avez pas déjà bénéficié de l’ACRE durant vos 3 années précédentes.
Enfin, pour bénéficier de l’ACRE au moment de la création de votre microentreprise, il est nécessaire d’effectuer une demande auprès de votre Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (URSSAF) et cela au plus tard 45 jours après le dépôt de votre dossier de création ou reprise d’entreprise.
Dispositif ARCE
Bien souvent, les fondateurs de salons de coiffure ont leur idée de projet alors qu’ils sont encore salariés. Cette réalité pratique n’est pas nécessairement une mauvaise chose !
En effet, si vous avez cotisé suffisamment à Pôle Emploi pour être éligible aux Aides au Retour à l’Emploi (ARE), vous pouvez alors bénéficier d’un régime jumelé à l’ACRE, l’ARCE. Pour tout autoentrepreneur bénéficiaire de l’ACRE, Pôle Emploi a créé le dispositif ARCE. Pour un chef d’entreprise, il est donc possible de cumuler les deux dispositifs.
L’ARCE soit l’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise est une option permettant au demandeur d’emploi d’obtenir directement une partie de l’ensemble de son assurance-chômage.
Ce dispositif offre la possibilité au demandeur d’emploi créateur ou repreneur d’entreprise, de disposer directement de 45% de ses droits restants sur son aide au retour à l’emploi.
Pour cela, deux conditions sont nécessaires. Le demandeur d’emploi doit être éligible à l’ARE et commencer ses démarches entrepreneuriales durant sa période de préavis, son congé de mobilité ou son congé de reclassement.
Néanmoins, la totalité de ses allocations ne sont pas immédiatement versées. Le versement de l’ARE restante est effectué en deux virements. Une première moitié immédiatement et l’autre moitié 6 mois plus tard si l’auto-entreprise est toujours en activité.
Les Sociétés de Cautionnement : Une Garantie pour Obtenir un Prêt
Faire appel à une société de cautionnement peut également faire partie des solutions pour devenir coiffeur et financer son salon. Si, pour obtenir un prêt, votre banque vous demande une garantie (hypothèque ou caution personnelle) que vous n’avez pas les moyens d’honorer, alors vous pouvez vous tourner vers un organisme de cautionnement comme OSEO, spécialisé dans les projets de petites et moyennes entreprises.
Ces sociétés prennent en charge le risque de façon partielle pour vous permettre d’obtenir un prêt bancaire plus facilement. Les sociétés de cautionnement comme Oséo, la SIAGI ou les SOCAMA peuvent vous aider. Ces organismes partenaires des PME et des artisans assurent la prise en charge partielle du risque auprès des établissements bancaires et peuvent donc vous permettre d’accéder à un prêt plus facilement. Oséo garantit par exemple jusqu’à 70 % de l’emprunt pour la création d’entreprise.
Les Aides Spécifiques et Régionales : Une Opportunité à Saisir
Il existe aussi des aides par zones, octroyées aux créateurs d’entreprises qui choisissent de s’implanter dans une zone géographique prioritaire. Les conseils régionaux sont également susceptibles de proposer des aides financières aux entrepreneurs.
Depuis le 1er juillet 2024, le zonage France Ruralités Revitalisation (ZFRR) a été mis en place pour soutenir les communes situées dans des territoires ruraux fragiles, dont la liste est fixée par arrêté. Ce zonage comprend également un niveau renforcé dit « ZFRR + » pour les territoires les plus vulnérables.
Les entreprises créées ou reprises en ZFRR entre le 1er juillet 2024 et le 31 décembre 2029 peuvent bénéficier d’une exonération d’impôt sur les bénéfices. D’autres exonérations fiscales sont possibles, sur délibération de la commune.
Le zonage ZFRR reprend certaines communes précédemment classées en zone de revitalisation rurale (ZRR).
Exemples d'aides régionales:
- Auvergne-Rhône-Alpes: Financer l’investissement de mon commerce de proximité (subvention jusqu’à 10 000 €).
- Bourgogne-Franche-Comté: Prime à la création d’entreprise dans les territoires fragilisés (subvention jusqu’à 3 000 €).
- Île-de-France: Aide aux commerces de proximité en milieu rural (subvention jusqu’à 50 000 €).
- Nouvelle Aquitaine: Dispositif régional d’accompagnement à la création-reprise de TPE : « Entreprendre, la Région à vos côtés » (accompagnement).
Pour savoir si vous vous situez dans l’une ou l’autre de ces zones et si vous êtes éligible à l’un de ces dispositifs fiscaux, prenez contact avec la préfecture de votre localité ou avec la chambre de commerce.
Autres Aides et Dispositifs Utiles
Outre les aides mentionnées, vous pouvez aussi profiter d’aides plus classiques comme les emprunts à la banque. Afin d’appuyer votre dossier, vous pouvez opter pour les garanties proposées par certains organismes comme la BPI France et le SIAGI.
Il existe également une aide financière spécifiquement destinée aux coiffeurs. Il s’agit de Préciseo lancé par la CARSAT. Cette aide est attribuée aux salons de coiffure de moins de 50 salariés, implantée en France et dont le n° SIRET de l’établissement concerné répond à l’activité et au numéro de risque de Sécurité sociale 930 DB : Coiffure - Fabrication de postiches - Esthétique corporelle. Le but de cette aide est de permettre aux coiffeurs de s’équiper avec du matériel de coiffure ergonomique pour limiter les risques de troubles musculaires. Le montant de la subvention peut atteindre 50% hors taxe de l’investissement, dans la limite de 25 000 € par entreprise et pour un investissement total minimum de 1 000 €.
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