Subventions aux Syndicats : Conditions d'Attribution et Cadre Légal en France
L'attribution de subventions publiques aux organisations syndicales en France est encadrée par un ensemble de lois, décrets et jurisprudences. Cet article vise à éclaircir les conditions d'attribution de ces subventions, en particulier en ce qui concerne les structures locales des organisations syndicales et le rôle des collectivités territoriales.
Cadre Législatif et Réglementaire
Le régime des subventions de fonctionnement octroyées par des collectivités territoriales à des structures locales d'organisations syndicales a fait l'objet de plusieurs interventions récentes du ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire. L'article 216 de la loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002, de modernisation sociale, pose le principe selon lequel l'ensemble des collectivités territoriales est autorisé à verser des subventions aux structures locales des organisations syndicales. Les dispositions du Code général des collectivités territoriales codifiant l'article 216 définissent précisément ce droit : les articles L. 2251-3-1, L. 3231-3-1 et L.
Le législateur ne dégage aucun critère lié à la définition des structures syndicales susceptibles de recevoir des subventions de collectivités territoriales, renvoyant à un décret d'application pour l'appréciation des conditions et des modalités d'attribution. Le décret n° 2005-849 du 25 juillet 2005, codifié dans les articles R. 2251-2, R. 3231 et R. 4253-4 du Code général des collectivités territoriales, énonce des conditions précises.
Une circulaire du ministre de l’Intérieur précise les conditions dans lesquelles les collectivités locales peuvent octroyer des subventions aux organisations syndicales professionnelles. L’attribution d’une subvention par une collectivité locale à un syndicat professionnel pour l’exercice d’une activité est légale lorsque cette activité présente un intérêt local, c’est-à-dire si elle a un but d’intérêt public au bénéfice direct des administrés de la collectivité locale.
Une subvention peut donc être accordée aux unions syndicales par référence aux dispositions de l’article L. 1111-2 du code général des collectivités territoriales qui dispose que les communes, les départements, et les régions concourent au développement économique, social, sanitaire, culturel et scientifique, ainsi qu’à la protection de l’environnement et à l’amélioration du cadre de vie.
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Conditions d'Attribution
En premier lieu, les entités recevant des subventions doivent impérativement être dotées de la personnalité morale. Aux termes du décret n° 2005-849, les structures locales d'organisations syndicales pouvant recevoir des subventions de la part de collectivités territoriales doivent être des entités représentatives.
Reprenant les dispositions législatives applicables, le ministre rappelle qu'en application de l'article L. 133-2 du Code du travail, la représentativité des organisations syndicales est déterminée d'après cinq critères :
- Les effectifs
- L'indépendance (notamment financière)
- Les cotisations
- L'expérience et l'ancienneté du syndicat
- L'attitude patriotique pendant l'Occupation
Certains syndicats bénéficient d'une présomption irréfragable de représentativité. Cinq organisations ont, ainsi, été déclarées représentatives de droit au plan national, par un arrêté du 31 mars 1966 :
- La Confédération Générale du Travail (CGT)
- La Confédération Générale du Travail - Force ouvrière (CGT-FO)
- La Confédération française démocratique du travail (CFDT)
- La Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC)
- La Confédération française de l'encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC)
La jurisprudence a dégagé des critères supplémentaires liés à l'activité réelle du syndicat, l'étendue et l'efficacité de son action, la capacité à mobiliser les salariés et l'audience de la structure. Le juge judiciaire se fonde essentiellement sur l'influence de l'organisation syndicale.
Les dispositions du décret n° 2005-849 fixent, comme critère essentiel à l'attribution de subventions à une structure syndicale locale, que ledit organisme remplisse des missions d'intérêt général sur le plan communal, intercommunal, départemental ou régional.
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Les conventions conclues par les collectivités avec les organisations concernées peuvent dégager des critères affinant les conditions générales posées par le législateur. Ainsi, la collectivité peut déterminer un certain nombre de préoccupations prioritaires d'intérêt local, ce qui lui permettra d'attribuer les subventions suivant un ordre de priorité bien précis.
Restrictions et Obligations
Les collectivités ne peuvent décider arbitrairement d'attribuer des subventions à des organisations syndicales pour des raisons de pure opportunité. L'interdiction posée de traiter inégalement les structures locales des organisations syndicales représentatives également éligibles à l'octroi de subventions s'impose à l'ensemble des collectivités locales, lesquelles disposent, donc, en la matière, d'une compétence liée et non d'un total pouvoir discrétionnaire. Cette nécessaire objectivité et le respect requis d'une stricte égalité entre les organisations candidates interdit l'attribution de subventions pour des motifs politiques.
Il est interdit d’octroyer des aides à caractère politique. Une subvention accordée ne doit pas viser à apporter un soutien financier dans le cadre d'un conflit social. De même, la création, en faveur du personnel communal en grève, d'un fonds de solidarité et le fait de lui allouer une dotation est illégal car s'assimile à une intervention directe dans un conflit collectif du travail en apportant un soutien financier à l'une des parties en litige.
Selon les termes du décret n° 2005-849, tel que codifié dans le Code général des collectivités territoriales, les subventions doivent être attribuées par délibération de l'assemblée de la collectivité concernée. Une convention doit, ensuite, être conclue par la collectivité avec les structures locales des organisations syndicales représentatives.
Les structures bénéficiant des subventions allouées par l'assemblée communale, départementale ou régionale doivent, elles aussi, respecter des obligations légales et réglementaires. Elles ont, d'une part, l'interdiction de reverser leurs subventions à d'autres personnes morales ; d'autre part, elles doivent rendre compte de l'utilisation des subventions dans un rapport.
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Tableau Récapitulatif des Critères de Représentativité Syndicale
| Critères Légaux (Art. L. 133-2 Code du Travail) | Critères Jurisprudentiels | Conditions Supplémentaires (Décret n° 2005-849) |
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En conclusion, les collectivités territoriales peuvent accorder des subventions de fonctionnement aux structures locales d'organisations syndicales, mais elles doivent effectuer la répartition des subventions dans le respect de critères précis dégagés, à la fois, par le législateur et la jurisprudence.
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