Taux de Change TVA: Explication Détaillée et Régimes Applicables

En tant que chef d’entreprise, vous serez confronté à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), que ce soit en payant de la TVA sur vos achats professionnels ou en contribuant au mécanisme de collecte sur vos ventes et de reversement de cette taxe à l’administration fiscale.

La taxe sur la valeur ajoutée est un impôt indirect sur la consommation. En pratique, c'est le consommateur final qui s'acquitte de la charge de la TVA mais en tant qu’entreprise, il vous revient d’assurer la collecte de cette taxe pour la reverser à l'Etat. Cet impôt concerne, en principe, tous les biens et services consommés ou utilisés en France.

Dès lors que vous êtes un professionnel assujetti à la TVA, l'ensemble de vos ventes de produits et de vos prestations de services sont soumises à cette taxe. Quelques activités sont exclues du champ d'application de la TVA, principalement celles liées au médical et à la location nue d'habitation.

La TVA est calculée en appliquant le taux de la taxe sur le prix total hors taxes (HT) des ventes et prestations facturées à vos clients. La facture que vous remettez à vos clients doit obligatoirement mentionner le taux de TVA applicable et le montant total de la TVA facturée.

Concrètement, votre entreprise va collecter cette taxe en la facturant à vos clients et en la reversant ensuite au Trésor public. Le taux normal de TVA est fixé à 20 % et s'applique à la majorité des biens et services.

Lire aussi: Enjeux du taux de change

Vous devez déclarer et régler la TVA directement sur le site internet des impôts, via l’espace professionnel de l’entreprise, ou par l'intermédiaire d'un prestataire (expert-comptable par exemple).

Les modalités de déclaration et de paiement de la TVA dépendent du montant de votre chiffre d’affaires (CA) réalisé l’année précédente.

Distinction Entre Fait Générateur et Exigibilité de la TVA

En matière de TVA, il faut distinguer la date du fait générateur et celle d'exigibilité de la taxe. Cela permet de déterminer le moment de collecte de la TVA. Les règles dépendent notamment de la nature de l'opération soumise à la TVA.

La date d'exigibilité permet de déterminer la période durant laquelle le montant d'une opération imposable doit être déclaré. Elle permet également d'identifier la date à laquelle le droit à déduction commence pour le client.

Pour les livraisons des biens, la date du fait générateur et celle de l'exigibilité de la TVA sont les mêmes : il s'agit de la date de la remise matérielle du bien.

Lire aussi: Crédit Agricole : Détails

Pour les prestations de services, la date du fait générateur et celle de l'exigibilité de la TVA ne coïncident pas.

Date d'exigibilité de la TVA en fonction de la nature des opérations
Source: L'Expert-Comptable.com

Tableau récapitulatif : Date d'exigibilité de la TVA selon la nature des opérations

Voici un tableau qui récapitule la date d'exigibilité de la TVA en fonction de la nature des opérations :

Nature de l'opération taxable Fait générateur Date d'exigibilité
Vente ou livraison d'un bien (délivrance) Livraison du bien Date de la livraison
Vente de biens spécifiques (périodiques de presse, spectacles, etc.) Livraison du bien ou de la prestation Encaissement du prix du billet d'entrée, de l'abonnement ou de la vente au numéro
Importation d'un produit en provenance de l'extérieur de l'Union européenne Entrée du bien sur le territoire communautaire Dédouanement (paiement des droits de douane)
Prestation de services, dont travaux immobiliers (y compris hors d'Europe) Achèvement de la prestation Encaissement du prix ou d'un acompte
Livraison d'un bien ou prestation de services en Union européenne (acquisition intracommunautaire) Livraison du bien en France ou réalisation de la prestation Encaissement du prix ou d'un acompte
Livraison à soi-même d'un immeuble (ou transmission à titre gratuit) Dépôt en mairie de la déclaration d'urbanisme Première utilisation du bien ou changement d'affectation
Livraison à soi-même d'un service Exécution du service Au fur et à mesure de l'exécution des prestations

Options pour l'Entreprise : TVA Collectée ou TVA sur les Débits

L'entreprise qui réalise une livraison de bien et une prestation de services a 2 options :

  • Elle peut choisir le rĂ©gime de la TVA collectĂ©e et conserver des dates diffĂ©rentes d'exigibilitĂ© de TVA pour les deux opĂ©rations.
  • Sinon, elle peut choisir le rĂ©gime de la TVA sur les dĂ©bits et les regrouper.

Régime de la TVA Collectée

L'entreprise peut appliquer les règles d'exigibilité de TVA séparément. Ainsi l'exigibilité de la TVA pour ces 2 opérations se fera à des moments différents.

  • Pour la vente de biens, la TVA sera exigible Ă  la date de livraison.
  • Pour la prestation de services, la TVA sera prise en compte dans tout encaissement, qu'il s'agisse d'acomptes, d'avances ou d'autres versements partiels.

Régime de la TVA sur les Débits

L'entreprise peut opter pour le régime de la TVA sur les débits. La TVA est alors exigible à la date du débit (inscription du débit sur le compte client) qui correspond généralement à la date de la facturation. La TVA provenant de la vente de biens et celle provenant de la prestation de services deviennent exigibles à la même date.

Lire aussi: Taux de change euro dollar : analyse historique

L'entreprise qui opte pour le régime de la TVA sur les débits doit le demander par écrit au service des impôts dont elle relève pour la TVA. L'option s'applique à toutes les opérations pour lesquelles une livraison de bien et une prestation de service sont prévues. Elle prend effet à compter du 1er jour du mois suivant celui au cours duquel elle a été exercée.

L'entreprise peut indiquer sur ces factures que cette option a été choisie, en y ajoutant la mention Paiement de la TVA d'après les débits. Ce n'est pas obligatoire.

Pour renoncer à l'option, l'entreprise doit demander par lettre simple au service des impôts dont elle dépend l'arrêt de cette option.

TVA sur Marge

La TVA sur marge existe depuis l’année 2007. Ce régime obéissant à un fonctionnement particulier est avantageux parce qu’il donne la possibilité de préserver la marge nette, comme l’indique son nom, en payant moins de TVA. Le dispositif impacte la rentabilité d’un projet. C’est pourquoi tout chef d’entreprise doit bien comprendre ses mécanismes fondamentaux et ses règles d’application.

Il s’agit d’un régime fiscal qui s’applique seulement à la différence entre le prix d’achat et de vente d’un bien ou d’une prestation de services. Contrairement aux règles de TVA, il est calculé sur la marge bénéficiaire du revendeur et non sur son chiffre d’affaires. Il se rapproche plus d’un impôt sur les bénéfices. En effet, il permet d’appliquer la taxe uniquement sur la plus-value qu’il a réalisée.

À titre de rappel, la TVA, elle, est une contribution qui ne touche pas le bénéfice, mais le chiffre d’affaires. En effet, elle concerne la totalité du prix de vente. La TVA sur marge ne s’applique pas au prix total de vente d’un bien. Intermédiaire pour le chauffage, la restauration, etc. Dans la majorité des cas, le taux appliqué lors de la revente des objets à l’état neuf est le même que celui applicable aux biens d’occasion.

Le calcul au coup par coup détaille toutes les opérations de manière distincte. Néanmoins, la base d’imposition se fixe à la moitié du prix de revente pour les pièces détachées ou les objets d’occasion qui seront réemployés, quand le prix unitaire ne peut pas être déterminé.

En choisissant ce système, il n’est pas possible de réduire la marge que l’assujetti-revendeur a réalisée lors de la revente par une perte subie sur une autre opération. Dans quelques situations, il est particulièrement préférable d’opter pour le calcul de la marge globale. C’est le cas si le prix d’achat de certains objets n’est pas déterminable et l’on souhaite compenser certaines moins-values.

Le calcul de la marge est alors égal à la différence entre le montant des ventes (TTC) et le montant des achats (TTC), ramené en HT en appliquant le coefficient de conversion. Si le montant des ventes est plus faible que celui des achats sur une période, la différence peut être reportée sur les achats de la déclaration suivante. En effet, l’excédent sera ajouté aux prochaines acquisitions.

Les champs d’application du régime sont strictement encadrés. Ce ne sont pas toutes les entreprises qui peuvent bénéficier du dispositif. Pour bénéficier de la TVA sur marge, une entreprise doit réunir quelques conditions. D’abord, il faut qu’elle ait la qualité d’assujetti-revendeur. Les opérations réalisées par l’entreprise doivent concerner également des objets d’occasion qui n’ont pas encore fait l’objet d’une réparation ou d’une autre intervention particulière.

Il est également nécessaire qu’ils soient acquis auprès d’une personne non redevable de la taxe sur la valeur ajoutée. La TVA sur marge est applicable dès que les biens en question sont achetés auprès d’un particulier ou d’un professionnel qui ne facture pas la taxe sur la valeur ajoutée. Il est possible pour l’acquéreur de l’appliquer lors de la vente. Cependant, des cas d’exclusion existent.

Le régime permet aux revendeurs de pratiquer des prix plus compétitifs. Par ailleurs, il peut s’appliquer sur certaines opérations immobilières, telles que les ventes d’immeubles anciens ou de terrains à bâtir par des assujettis.

La déclaration de la TVA sur marge s’effectue tous les mois ou les trimestres pour les assujettis-revendeurs relevant du régime réel normal. Pour ceux soumis au régime réel simplifié, elle se fait tous les ans. Il est possible de passer d’un régime à l’autre tant que les seuils de chiffres d’affaires sont respectés. Il suffit d’envoyer une lettre d’option TVA au fisc.

Précisons que lorsque l’on applique la TVA sur marge, il est nécessaire de tenir une comptabilité analytique pour pouvoir justifier des marges retenues lors d’un contrôle fiscal.

La méthode de globalisation consiste à effectuer le calcul de la marge totale HT, en tenant en compte de l’ensemble des opérations réalisées sur une certaine période. C’est la méthode d’imposition que l’assujetti-revendeur utilise le plus. Le mode de calcul doit être indiqué clairement sur la facture. Au lieu de mentionner la TVA dans le document, il faudra faire apparaître de façon explicite l’application du régime de la marge, selon l’Article 297 A du Code général des impôts (CGI).

Le dispositif s’applique quand le marchand a acquis un bien (terrain d’un particulier par exemple) sans TVA, à condition que ce dernier corresponde au bien à revendre. En effet, il ne faut pas que celui-ci ait fait l’objet d’une rénovation. Une entreprise doit ainsi respecter entre autres cette condition pour pouvoir bénéficier de la TVA sur marge.

Franchise en Base de TVA

La franchise en base de TVA est un dispositif qui dispense les entreprises de la déclaration et du paiement de la TVA sur les prestations ou ventes qu'elles réalisent. Autrement dit, vous ne facturez pas et ne reversez aucune TVA à l’Etat.

Franchise en base de TVA pour auto-entrepreneurs
Source: Portail Auto-Entrepreneur

L’entreprise bénéficiant de la franchise en base doit faire figurer sur ses factures la mention suivante : "TVA non applicable, art. 293 B du CGI".

Néanmoins, pour bénéficier de ce dispositif, votre chiffre d’affaires ne doit pas dépasser certains seuils.

Seuils de TVA à connaître:

  • Pour les artisans, les professions libĂ©rales et les prestations de services (commerciales et artisanales) en micro-entreprise :
    • Le seuil de franchise en base de TVA s’élève Ă  37 500 euros
    • Le seuil de tolĂ©rance de TVA s’élève Ă  41 250 euros
    • La pĂ©riode de tolĂ©rance de TVA est comprise entre 37 500 euros et 41 250 euros
  • Pour l'achat / vente de marchandises et les activitĂ©s d’hĂ©bergement en micro-entreprise :
    • Le seuil de franchise en base de TVA s’élève Ă  85 000 euros
    • Le seuil de tolĂ©rance de TVA s’élève Ă  93 500 euros
    • La pĂ©riode de tolĂ©rance de TVA est comprise entre 85 000 euros et 93 500 euros

Pour bénéficier de la franchise en base de TVA, l'entreprise réalisant une activité commerciale ou de prestation d’hébergement doit être dans l'une des situations suivantes :

  • Le chiffre d'affaires de l'annĂ©e civile prĂ©cĂ©dente (N-1) est de maximum 85 000 € ;
  • Le chiffre d'affaires de l'avant-dernière annĂ©e civile (N-2) est infĂ©rieur Ă  85 000 € et celui de l'annĂ©e civile prĂ©cĂ©dente (N-1) ne doit pas dĂ©passer 93 500 € ;
  • Le chiffre d'affaires de l'annĂ©e civile en cours (N) ne doit pas dĂ©passer 93 500 €. Si l'entreprise dĂ©passe le seuil, elle est soumise Ă  la TVA le 1er jour de dĂ©passement.

Pour bénéficier de la franchise en base de TVA, l’entreprise réalisant des prestations de services doit être dans l'une des situations suivantes :

  • Le chiffre d'affaires de l'annĂ©e civile prĂ©cĂ©dente (N-1) est infĂ©rieur Ă  37 500 € ;
  • Le chiffre d'affaires de l'avant-dernière annĂ©e civile (N-2) est infĂ©rieur Ă  37 500 € et celui de l'annĂ©e civile prĂ©cĂ©dente (N-1) est infĂ©rieur Ă  41 250 € ;
  • Le chiffre d'affaires de l'annĂ©e civile (N) en cours infĂ©rieur Ă  41 250 €. Si l'entreprise dĂ©passe le seuil, elle est soumise Ă  la TVA le 1er jour de dĂ©passement.

Si vous créez une entreprise, vous devez ajuster votre chiffre d’affaires de cette année au prorata de son temps d'exploitation afin de définir si vous serez affranchi de TVA.

Régime Simplifié de TVA

Lorsque son chiffre d’affaires dépasse les seuils de la franchise en base, l’entreprise relève de plein droit du régime simplifié de TVA. Vous avez aussi la possibilité d’opter volontairement pour ce régime.

Vous devez effectuer une seule déclaration de TVA annuelle (imprimé 3517-S-SD) au plus tard le 2e jour ouvré suivant le 1er mai (clôture au 31 décembre N) ou dans les trois mois de la clôture de l'exercice si l'exercice ne correspond pas à l'année civile. Cette déclaration permet de déterminer la taxe due au titre de la période et le montant des acomptes pour la période suivante.

Vous versez ensuite des acomptes semestriels en juillet et décembre calculés sur la base de la TVA payée l'année précédente. Les acomptes correspondent à 55 % du montant de la TVA payée en N-1 pour celui de juillet et à 40 % pour celui de décembre. Le solde est versé au moment du dépôt de la déclaration annuelle.

Remarque : si le montant de TVA versée l'année précédente est inférieur à 1 000 €, vous serez dispensé du paiement des acomptes et paierez le montant total dû lors du dépôt de la déclaration.

A compter du 1er janvier 2027, l’actuel régime simplifié de déclaration sera supprimé.

Par principe, les déclarations de TVA devront être déposées chaque mois et devront comprendre le montant total des opérations réalisées, ainsi que le détail des opérations taxables.

Toutefois, en l’absence de dépassement de certains seuils de chiffre d’affaires (CA), il sera possible, sauf option contraire, de déposer des déclarations trimestrielles.

Cette possibilité de déclaration trimestrielle sera ouverte, de plein droit, aux redevables n’ayant pas réalisé un CA majoré des acquisitions taxables supérieur à :

  • 1 M€ pendant l'annĂ©e civile prĂ©cĂ©dente ;
  • 1,1 M€ pendant l'annĂ©e en cours.

En cas de dépassement du seuil « majoré » de 1,1 M€ en cours d'année, l’entreprise concernée devra passer au régime déclaratif mensuel à compter du 1er jour du mois au cours duquel ce dépassement est intervenu.

Régime Réel Normal de TVA

Vous relevez de plein droit du régime réel normal lorsque votre chiffre d'affaires hors taxes excède :

  • 840 000 € si votre activitĂ© principale est la vente de marchandises, d'objets ou de denrĂ©es Ă  emporter ou Ă  consommer sur place, ou la fourniture de logements,
  • 254 000 € s'il s'agit de prestations de services.

Dans ce cas, vous devez effectuer vos déclarations et paiements de TVA tous les mois (formulaire CA3). Le redevable assujetti communique à la DGDDI, outre les informations nécessaires pour constater la base imposable, son numéro de TVA intracommunautaire français en cours de validité, ainsi que toutes les autres informations utiles pour le contrôle de la taxe.

La déclaration et le paiement de la TVA à l'importation est effectuée directement à l'appui de la déclaration de TVA (CA3 mensuelle ou trimestrielle) en lieu et place de la déclaration en douane. Cette nouvelle modalité déclarative est obligatoire pour tout redevable identifié à la TVA. Elle permet aux redevables concernés de collecter et déduire simultanément la TVA à l'importation sur la déclaration de TVA, sans avance de trésorerie.

TVA et Micro-Entreprise

Avant le 1er janvier 2018, les micro-entrepreneurs bénéficiaient automatiquement de la franchise en base de TVA. Mais avec le doublement des plafonds de chiffre d’affaires, les choses ont évolué : une micro-entreprise peut, dans certaines conditions, être dans l’obligation de la facturer. Pour savoir si vous pouvez toujours prétendre à cette franchise, il vous faudra désormais vous référer à quatre seuils.

balises: #Tva #Taux

Articles populaires: