Taux de TVA Applicable à l'Expertise Médicale en France

L'application de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) aux expertises médicales en France est une question complexe, influencée par la nature de l'acte médical et le contexte dans lequel il est réalisé.

L'indemnisation d'une victime d'accident corporel est évaluée à la lumière d'une expertise médicale diligentée par la compagnie d'assurance. Cette évaluation repose sur des cotations et l'assurance peut en effet s'appuyer sur des barèmes dits de capitalisation pour indemniser la victime sur certains postes de préjudice. Toutefois, l'indemnisation d'une victime d'accident devant être individualisée, il n'existe pas à proprement parler de « tableau d'indemnisation ».

En matière de réparation des dommages corporels, il est parfois question de définir si l'indemnisation de la victime d'accident prendra la forme d'une rente ou d'un capital. Cela vaut en particulier pour les préjudices patrimoniaux permanents : perte de gains professionnels futurs ; incidence professionnelle ; frais de véhicule adapté ; préjudice économique pour les proches, frais d'appareillage ... etc... Empiriquement, quand la victime est jeune ou lourdement handicapée et donc incapable de gérer sa fortune, la liquidation sous forme de rente est un mode de réparation adéquat.

Ce barème - difficile à obtenir - détermine l'euro de rente attribué à la victime selon son âge et la date d'attribution de son indemnisation. Il tient compte de l'espérance de vie de la victime, de son sexe, de la durée de ses besoins divers ...

La Gazette du Palais est une revue juridique destinée aux professionnels du droit, rédigée par des juristes éminents faisant autorité dans chaque domaine. La Gazette du Palais propose son propre barème de capitalisation et de rente à l'intention des victimes. Il est globalement plus favorable aux victimes d'accident et est généralement utilisé par les magistrats. Il n'est pas rendu accessible au grand public.

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Les cotations sont des notes ou pourcentages définis par les experts médicaux à partir de barèmes médico-légaux (barème du concours médical ; barème ESKA). Les barèmes médico-légaux servent à mesurer la diminution des aptitudes de la victime consécutivement à son accident. L'expert va définir un pourcentage pour le déficit fonctionnel permanent. L'avocat est chargé quant à lui de traduire ces cotations en indemnisation monétaire. Les barèmes médico-légaux concernant le déficit fonctionnel temporaire et le déficit fonctionnel permanent proposent en revanche de raisonner en pourcentage.

Voici un exemple de calcul du Déficit fonctionnel temporaire d'une victime. Répétons-le : le calcul basé sur un montant de 25 euros par jour est fondé sur la situation spécifique de la victime. En effet et ainsi qu’il l’a été expliqué plus avant, Madame F. A ces troubles physiques, s’ajoutent des troubles psychologiques que Madame F. Tout ses proches s’accordent à dire que Madame F. D’ailleurs, le mariage de Madame F. n’y a pas survécu puisqu’elle et son époux ont mis fin à 10 années de mariage. Madame F. était âgée de 35 ans à la date de la consolidation.

Malgré l'existence de barèmes et de tableaux d'indemnisation de référence, il convient de comprendre qu'il existe un principe d'individualisation de la réparation, qui exclut l'octroi d'une indemnisation forfaitaire. Celle-ci écarterait en effet les détails de l'accident, du dommage et des spécificités de la victime.

Des indications d'indemnisation en euros des préjudices extra-patrimoniaux préalablement cotés par l'expert médecin. Ces données ne sont pas transposables d'une personne à l'autre et vont à l'encontre de l'individualisation des préjudices. Ainsi, on trouve encore sur internet, par exemple, que les souffrances endurées évaluées par l'expert à 3/7 correspondent à une fourchette de prix entre 4000 et 8000 euros devant le tribunal.

En conclusion : Les tableaux d'indemnisation trouvables sur internet n'ont pas valeur de loi. Il s'agit de données indicatives ou de référence qui devront être pondérées c'est-à-dire ajustées suivant le type d'accident et selon les répercussions de l'accident pour la victime et son entourage. On comprend aisément que le mode de vie de la personne ne saurait être défini de façon absolue dans un tableau d'indemnisation.

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Exonération de TVA pour les Prestations Médicales

Selon l'article 261 du Code Général des Impôts (CGI), certaines prestations médicales sont exonérées de TVA. Cela inclut :

  • Les prestations qui concourent à l'établissement des diagnostics médicaux ou au traitement des maladies humaines.
  • Les prestations de soins à la personne effectuées dans le cadre de l'exercice des professions médicales et paramédicales réglementées.

Toutefois, pour bénéficier de l'exonération, les actes médicaux doivent poursuivre une finalité thérapeutique. Les prestations esthétiques, par exemple, ne sont pas éligibles à l'exonération, sauf si elles sont réalisées dans un but thérapeutique ou reconstructeur.

Les textes et les massages, prescrits ou non prescrits tels que définis par l'article R. 4321-3 du CSP, bénéficient de l'exonération prévue au 1° du 4 de l'article 261 du CGI.

Il est important de noter que la profession est réglementée par les articles L. l'article R.

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Collaborations et TVA

Les collaborations entre professionnels de santé peuvent également avoir des implications en matière de TVA. Les honoraires encaissés par un collaborateur peuvent être considérés comme des opérations assimilées à celles pratiquées entre les membres d'une société en participation.

Un médecin collaborateur doit utiliser son propre cachet sur les documents de l'assurance maladie et assurer lui-même la couverture de sa responsabilité professionnelle. Il doit également avoir un contrat de collaboration et exercer conjointement la même activité dans les mêmes locaux.

Analyses Médicales et TVA

Les analyses médicales réalisées par des laboratoires peuvent également être soumises à la TVA. La facturation de l'analyse proprement dite est effectuée au patient par le laboratoire qui a réalisé le prélèvement.

Les laboratoires sont autorisés par l'article L. conformément aux dispositions de l'article L. facture le prix au laboratoire qui lui a transmis le prélèvement, sous déduction de la ristourne octroyée au titre de la transmission.

Prothèses Dentaires et TVA

La TVA s'applique également aux prothèses dentaires. Un prothésiste dentaire est considéré comme un artisan et est donc taxable. Lorsqu'il utilise ses propres matières premières, il réalise une livraison de biens, qui est la livraison de la prothèse finie.

Cependant, l'entretien de prothèses dentaires ou d'éléments séparés de prothèses est également taxable.

Un prothésiste dentaire qui travaille à façon pour un dentiste, en utilisant les matières premières dont il est propriétaire, il réalise une livraison de biens.

Expertises Médicales Judiciaires et TVA

La question de la TVA sur les expertises médicales destinées à la justice a été soulevée par M. Éric Poulliat. Le décret n° 2008-1485 du 22 décembre 2008 précise que le médecin auteur du certificat circonstancié prévu à l'article 431 du code civil reçoit 160 euros d'honoraires. Cependant, ce décret ne précise pas si ce montant est hors taxe ou taxe comprise.

Depuis le 1er janvier 2014, la TVA à 20 % est entrée en vigueur pour tout acte médical sans visée curative ou préventive. Le décret n° 2014-461 du 7 mai 2014 précise que les tarifs des frais de justice sont fixés hors taxes, mais le tarif de 160 euros n'a pas été modifié, ce qui crée des divergences d'interprétation.

Ainsi, un médecin hospitalier du secteur public facturera son expertise 160 euros, sans préciser qu'il s'agit d'un montant hors taxe avec dispense de TVA, quand un praticien demandera 192 euros une fois avoir appliqué la TVA à 20 %.

La circulaire interministérielle du 8 octobre 2013 fixe les règles d'assujettissement à la TVA pour les prestations réalisées par les collaborateurs du service de la justice. Une prestation d'expertise médicale dont la finalité principale est de permettre à un tiers de prendre une décision produisant des effets juridiques ne constitue pas une prestation de soins à la personne susceptible de rentrer dans le champ d'exonération.

En application de l'article R. 217-1 du code de procédure pénale, le médecin auteur du certificat circonstancié prévu à l'article 431 du code civil reçoit, à titre d'honoraires, la somme de 160 euros. Dans sa rédaction issue de l'article 1 du décret n° 2014-461 du 7 mai 2014 relatif aux frais de justice et à l'expérimentation de la dématérialisation des mémoires de frais, l'article R. 91 du code de procédure pénale précise explicitement en son dernier alinéa que « les tarifs des frais de justice sont fixés hors taxes ». Le tarif de l'expertise médicale, fixé à 160 euros, s'entend donc hors taxe.

Au titre de l'article 293 B du code général des impôts, les assujettis qui n'ont pas réalisé un chiffre d'affaires supérieur à 33 200 euros l'année civile précédente sont exonérés.

Tableau Récapitulatif : TVA et Actes Médicaux

Type d'Acte Médical Assujettissement à la TVA Exonération Possible Remarques
Soins à la personne (thérapeutiques) Non Oui Si finalité thérapeutique
Soins esthétiques Oui Non Sauf si reconstructeurs
Expertises médicales judiciaires Oui Non Si finalité juridique
Analyses de laboratoire Variable Variable Selon le contexte
Prothèses dentaires Oui Non Fabrication et entretien
TVA en France

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