Le Temps Partiel en France : Définition et Analyse de l'INSEE
Le recours au temps partiel est une forme d’emploi qui s’est fortement développée depuis la fin des années 1970. Il est concomitant de l'accélération de l'entrée des femmes sur le marché du travail, mais aussi de la montée du chômage et, en réponse, du déploiement des politiques de l'emploi. Les politiques publiques ont d'ailleurs alternativement favorisé cette forme d’emploi et cherché à en limiter les effets.
Il est aussi le reflet d’une inégalité d’accès au marché du travail, entre femmes et hommes en premier lieu, selon l’âge ou entre générations. Il est donc un paramètre important de la mesure de la durée du travail et plus généralement des conditions d'emploi au sein d'une économie ou d'une catégorie sociale.
Le salarié à temps partiel est celui dont la durée du travail, obligatoirement mentionnée dans son contrat de travail, est inférieure à la durée légale (35 heures par semaine) ou aux durées conventionnelles ou pratiquées dans l’entreprise.
Les données utilisées sont issues de l’enquête Emploi de l’Insee, annuelle jusqu'en 2002 et en continu depuis 2003.
En France hors Mayotte, 17,4 % des salariés hors apprentis travaillent à temps partiel. La part des actifs occupés à temps partiel baisse depuis 2015 avec l’amélioration de la situation de l’emploi. Elle s’établit à 17,3 % en 2022 selon l’Insee, contre 19,7 % en 2014.
Lire aussi: Temps Partiel: Femmes vs. Hommes
Il s’agit d’un retournement important de tendance : l’essor du temps partiel a en effet été l’une des grandes transformations du travail des années 1970 et 1980. Entre 1975 et 1998, le taux a été multiplié par deux, augmentant de 8,3 % à 18 %. Le passage aux 35 heures, l’a rendu moins intéressant et il s’est stabilisé ensuite jusqu’au milieu des années 2010.
Cette baisse s’est interrompue en 2023. Entreprises à embaucher des salariés à temps partiel.
Au 3ème trimestre 2023, le chômage augmente légèrement à 7,4 % de la population active en France (hors Mayotte). Il retrouve son niveau du deuxième trimestre 2022, mais il reste nettement au-dessous de son pic de mi-2015 (-3,1 points).
Le sous-emploi (personnes ayant un emploi à temps partiel, qui souhaitent travailler plus) diminue légèrement (-0,1 point). Il se situe à 1,5 point sous son niveau de fin 2019. Il concerne le travail intérimaire, les CDD, les stages…
Le halo du chômage, qui concerne des personnes considérées comme inactives mais qui souhaiteraient un emploi sans pour autant être disponibles et qui ne le recherchent pas, diminue également.
Lire aussi: Emploi Finance Temps Partiel en France
Le taux d’emploi à temps partiel des 15-64 ans augmente très légèrement au 3ème trimestre 2023 (+0,1 point) à 11,4 %, au même niveau qu’au 1er trimestre 2023.
La part des actifs occupés à temps partiel diminue depuis 2015 avec l’amélioration de la situation de l’emploi : 17,3 % des salariés en 2022 sont à temps partiel, selon l’INSEE (19,7 % en 2014).
1 million de salariés à temps partiel en 1975, 4 millions de salariés à temps partiel en 2022.
Disparités entre les Sexes
La population à temps partiel est à 77,9 % féminine. 26,6 % des femmes et 7,8 % des hommes sont à temps partiel. Les femmes, plus d’une femme sur quatre travaille à temps partiel (26,7 %) contre moins d’un homme sur dix (7,5 %).
L’évolution du taux moyen de temps partiel masque des évolutions opposées selon les sexes. Chez les femmes, il culmine dès la fin des années 1990. À l’époque, une sur trois est concernée. Il diminue très nettement à partir du milieu des années 2015 pour atteindre 26,5 % en 2022. Le taux de temps partiel progresse en revanche lentement chez les hommes : ils sont désormais plus de 8,4 % à être concernés soit deux fois plus qu’au début des années 1990.
Lire aussi: Procédures pour l'extrait Kbis
Les temps partiels ont une durée hebdomadaire inférieure à 24 heures. Pour les femmes (23,3 heures, contre 22,0 heures pour les hommes).
Les temps partiel mises en avant diffèrent fortement selon le sexe.
Depuis 2015, le nombre de postes à temps complet a augmenté de 1,6 million, mais celui des temps partiels a baissé de 350 000, résultat d’une hausse de 80 000 chez les hommes, et d’une baisse de 437 000 chez les femmes. Ces dernières ont bénéficié de l’amélioration de la situation du marché du travail pour passer à temps complet.
Droit du travail | Le passage à temps partiel (tutoriel)
À plus long terme, l’évolution du temps partiel dépendra de nombreux paramètres comme les capacités d’accueil des jeunes enfants, la durée légale du travail et les arbitrages entre pouvoir d’achat d’un côté et temps libre de l’autre.
Répartition des salariés à temps partiel par sexe
Temps Partiel Subi
Le temps partiel regroupe des réalités très contrastées, de l’emploi occupé faute de mieux en attendant un temps complet, au temps partiel choisi pour se consacrer à d’autres activités que le travail.
En moyenne, un quart des salariés à temps partiel déclarent souhaiter travailler davantage et sont considérés comme étant en situation de temps partiel « subi », selon l’Insee. Ce chiffre sous-estime le phénomène car une partie des personnes interrogées ont abandonné l’idée de travailler davantage (voir encadré ci-dessous).
Ce chiffre sous-estime le phénomène car une partie des personnes interrogées ont abandonné l’idée de travailler davantage.
D’emploi à temps complet (23,2 % pour les femmes et 28,6 % pour les hommes). Cette contrainte concerne davantage les jeunes (27,8 %).
Pour mesurer le temps partiel subi, on demande aux personnes concernées si elles souhaitent travailler davantage. Une partie répondent « non » - et donc ne sont pas comptabilisées comme employées en temps partiel subi - car elles n'ont pas d'autres choix en pratique.
Au total, un quart des salariées indiquent ne pas avoir trouvé de temps complet (données Insee 2022). Parmi les 75 % restantes, 29 % ont opté pour le temps partiel « pour s’occuper des enfants ou d’un autre membre de la famille ».
En matière de temps partiel, les inégalités de genre et de milieu social se cumulent. Les trois quarts des salariés en temps partiel subi sont des femmes.
Ce temps partiel subi est deux fois plus fréquent chez les ouvriers (36 % des emplois à temps partiel sont concernés) que chez les cadres (18 %), selon les données 2022 de l’Insee.
Au total, un peu plus de 120 000 cadres à temps partiel voudraient travailler davantage, soit cinq fois moins que des employés (620 000).
Une grande partie des travailleurs pauvres sont en réalité des femmes peu qualifiées payées sur la base d’un Smic à temps partiel. Un salarié peut avoir une rémunération inférieure au seuil de pauvreté mais ne pas être pauvre parce qu’il vit avec un actif bien mieux payé.
Répartition Sectorielle
Emploi à temps partiel celles où les femmes sont surreprésentées. Et 6,1 % dans l’industrie.
Répartition des salariés à temps partiel par secteur
balises: #Insee
