Valeur ajoutée du cinéma international dans l'économie et la culture

Les industries culturelles et créatives (ICC), parmi lesquelles le cinéma occupe une place centrale, figurent parmi les secteurs les plus dynamiques de l’économie mondiale. Elles contribuent à la valorisation des patrimoines locaux et des expressions culturelles ainsi qu’à la création de moyens d’existence durables, notamment pour les jeunes et les femmes. Elles sont vectrices et moteurs de croissance économique et de développement social.

Poids économique global de la culture et du cinéma

Selon l’UNESCO (2022), la culture et la créativité représentent 3,1 % du produit intérieur brut mondial et 6,2 % du total des emplois. Un secteur porté par un marché en perpétuelle évolutions où les exportations de services créatifs ont bondi à 1 400 milliards de dollars en 2022, soit une augmentation de 29 % depuis 2017. Dans le même temps, les exportations de biens créatifs ont atteint 713 milliards de dollars, soit une augmentation de 19 %.

En 2022, l’ensemble des branches du champ de la culture produisent une valeur ajoutée de 47,1 Md€, soit une hausse de 4% par rapport à 2021 (45,3 Md€). Le poids économique direct de la culture représente ainsi 2% de l’économie française. « Après avoir été particulièrement touchées par la crise sanitaire en 2020 et 2021, les branches culturelles poursuivent en 2022 la reprise de la production commencée en 2021 », souligne l’étude.

Le cinéma comme moteur économique : chiffres comparatifs

Le CNC présente une étude sur l’impact économique et social des secteurs qu’il soutient. En 2012, la valeur ajoutée des secteurs du cinéma, de la production audiovisuelle, de la vidéo et du jeu vidéo représentent 16,2 Md€ en valeur ajoutée directe, indirecte et induite - soit 0,8 % du PIB français - et plus de 340 000 emplois - soit 1,3 % de l’emploi en France. Les secteurs soutenus par le CNC ont une valeur économique équivalente à celle de l’industrie automobile.

Les secteurs soutenus par le CNC génèrent une valeur ajoutée directe de 8,5 Md€ en 2012, soit une valeur équivalente à celle de l’industrie automobile (8,6 Md€ selon l’INSEE) et supérieure à celle de l’industrie pharmaceutique (6,4 Md€) ou encore à celle de la fabrication de textiles, l’industrie de l’habillement, l’industrie du cuir et de la chaussure (5,3 Md€).

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Pour 1 € de soutien du CNC, 21 € de valeur ajoutée sont générés dans l’économie française. En 2012, l’ensemble des soutiens financiers attribués par le CNC s’élève à 770,4 M€, soit 4,7 % de la valeur ajoutée globale du secteur qu’il soutient. Ainsi en 2012, lorsque le CNC injecte 1 € dans le secteur qu’il soutient, 21 € de valeur ajoutée directe, induite ou indirecte sont générés.

Un ticket de cinéma génère une valeur ajoutée de 30 €. Avec une valeur ajoutée globale de 6,0 Md€, le cinéma est le premier secteur à peser sur le périmètre d’intervention du CNC. En 2012, la fréquentation des salles de cinéma atteint 203,4 millions d’entrées. Cela signifie que chaque entrée a concouru à hauteur d’environ 30 € de valeur ajoutée globale du marché.

Comparaisons internationales

Le cinéma français : un poids économique deux fois plus important qu’au Royaume-Uni. Au Royaume-Uni, selon une étude d’Oxford Economics, le poids du cinéma s’élève à 1,8 Md€ en valeur ajoutée directe en 2011, soit 0,1 % du PIB britannique. La valeur ajoutée directe du cinéma en 2011 (3,3 Md€) représente quant à elle 0,2 % du PIB français. L’industrie du cinéma en France participe ainsi deux fois plus fortement à l’économie nationale que ce n’est le cas au Royaume-Uni.

Au niveau social, le cinéma en France participe à la création de 71 900 emplois ETP (correspondant à 130 600 emplois générés en 2011), dont 39 000 emplois ETP directs en 2011. Au Royaume-Uni, ce sont 43 900 emplois ETP qui sont directement concernés en 2011. Ainsi, la valeur ajoutée directe générée par emploi ETP dans le cinéma en France (85 600 € par emploi ETP en 2011) est deux fois supérieure à celle observée au Royaume-Uni (42 000 € par emploi ETP en 2011).

Le cinéma et l’audiovisuel français : une contribution de l’emploi ETP plus forte qu’au Canada. En France, les secteurs du cinéma et de l’audiovisuel (au sens large) participent en valeur ajoutée à hauteur de 0,9 % du PIB français en 2012, soit 17,9 Md€ au total. Au Canada, le poids des secteurs cinématographiques et audiovisuels s’élève à 15,9 Md€ en valeur ajoutée directe en 2012, soit 1,1 % du PIB canadien. Compte tenu de ces données macro-économiques, il apparait que la valeur ajoutée directe générée par emploi ETP dans le cinéma et l’audiovisuel en France (97 200 € par emploi ETP en 2012) est très nettement supérieure à celle observée au Canada (60 400 € par emploi ETP en 2012).

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Effets locaux et sectoriels : exemples et trajectoires de croissance

En moins de dix ans, la Grèce est parvenue à passer d’une destination de tournage périphérique à un hub international reconnu pour les productions audiovisuelles. Les tournages ne se sont pas limités à l’Attique. L’impact global du secteur audiovisuel sur l’économie grecque est estimé à environ 1,9 milliard d’euros par an en termes de PIB, soit près de 0,9 % de l’économie nationale.

L’analyse de l’IOBE montre également que pour chaque euro de contribution directe du secteur audiovisuel au PIB, 1,47 euro supplémentaire est généré dans le reste de l’économie. La valeur ajoutée brute du secteur a progressé de 78 % en dix ans, passant de 425 millions d’euros en 2013 à 756 millions en 2024. La trajectoire de croissance du secteur se reflète également dans les investissements. L’intensité d’investissement du secteur audiovisuel grec figure désormais parmi les plus élevées de l’Union européenne. Le chiffre d’affaires des entreprises de production audiovisuelle a augmenté de 137 % entre 2013 et 2024, pour atteindre 745 millions d’euros. Sur la même période, l’emploi a progressé de 147 %, le nombre de salariés dépassant désormais 12 700, contre environ 5 100 en 2013.

L’un des résultats les plus intéressants de l’étude concerne le tourisme. La Grèce semble commencer à récolter les fruits de cette tendance. Les résultats montrent que cette relation est statistiquement significative. Dans le même temps, le nombre de nuitées progresse de 45 à 105. Tout aussi impressionnant est le constat relatif à la popularité des productions elles-mêmes.

Rôle social, éducatif et inclusion

Les arts du spectacle, plus encore la musique, tout aussi soutenus par la diffusion sur internet, ont permis de réduire considérablement le taux de chômage parmi les jeunes. Ceux-ci ont réussi à user des nouvelles technologies pour diffuser leurs œuvres créant ainsi une économie certaine.

Durant l’année scolaire 2022-23, 86% des collèges et 89% des lycées ont utilisé la part collective du pass Culture pour financer au moins une action d’Éducation artistique et culturelle. Les collèges utilisateurs ont, en moyenne, dépensé 46% du budget qui leur était alloué, et les lycées, 40%, pour réaliser cinq activités par collège et douze activités par lycée. Les domaines principaux des activités sont le théâtre (32% au collège et 36% au lycée) et le cinéma/audiovisuel (24% et 31%).

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Par ailleurs, 86% des activités bénéficiant de la part collective du pass Culture au collège, et 90% des activités au lycée, sont organisées en partenariat avec une structure ou un acteur culturels, en particulier avec des théâtres ou des salles de spectacle. Ces dynamiques illustrent le rôle du cinéma et de l’audiovisuel comme outils d’éducation, de diffusion linguistique et d’inclusion sociale.

Soutiens institutionnels et dispositifs de financement

Mais au-delà de ce plaidoyer international, et convaincue de l'importance des ICC comme levier de cohésion, l’OIF favorise également l'accès à l'art et à la culture. Ainsi, dans le cadre de l’initiative « CLAC en scène », des projets artistiques portés par des créateurs et créatrices ont été diffusés dans les réseaux des CLAC de plusieurs pays (Comores, Niger, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Togo, Tchad, Mauritanie).

Au Tchad, plus de 10.000 jeunes ont ainsi répondu présents lors des concerts de Mounira et Wawy B. L’initiative offre aux jeunes artistes l’opportunité de se produire et diffuser leurs œuvres dans les CLAC en dehors des centres urbains, des circuits habituels de représentations et avec la participation active des publics.

Plus spécifiquement, l’OIF soutient le développement des industries culturelles et créatives (ICC) avec différents dispositifs tels que le Fonds Image de la Francophonie. Elle est ainsi devenue un pôle important de financement direct des films du Sud, avec un impact de 2 à 2,5 M€ par an. Elle a pu accompagner également les producteurs lors de programmes tels que la Fabrique du Cinéma au Festival de Cannes (France) ou Open Doors du festival Locarno (Suisse).

Des opportunités mais aussi des échanges culturels et artistiques favorisés par des soutiens à la mobilité, qui permettent aux artistes de rencontrer un nouveau public, comme l’explique Eric Chacour, Prix des 5 Continents 2024 (Québec-Egypte) : « Dans le cadre du prix, j’ai eu l’occasion de me rendre en Roumanie où j’ai rencontré des jeunes avides de lecture et de la langue française. »

Aujourd’hui, face aux enjeux du numérique et de l’intelligence artificielle (IA), l’OIF a contribué au CLOM « Rendre visible les contenus culturels : les clés de la découvrabilité », réalisé par la mission conjointe franco-québécoise en 2023 et continue ses actions de sensibilisation. À travers toutes ces actions, l’OIF réaffirme donc son engagement constant à promouvoir des industries culturelles et créatives francophones solides, inclusives et innovantes.

Financement des politiques publiques

Diversité des contributions sectorielles et perspectives

Les structures labellisées du secteur du théâtre et des arts associés affichent des résultats encourageants. Le nombre de spectateurs a doublé, atteignant 1,764 million. Dans les Centres dramatiques nationaux, plus de 6 200 représentations se sont déroulées pour 1 475 spectacles. Concernant les scènes nationales, de fortes hausses sont constatées entre 2021 et 2022 dans tous les champs de leur activité : + 29 % pour les spectacles, + 17 % pour les représentations, + 107 % du nombre de séances de cinéma, + 181 % du nombre de jours d’exposition. Et le public est revenu en force : + 31% en 2022, soit près de 4 millions de spectateurs.

En 2022, on a dénombré 600 spectacles de cirque, pour 1 265 représentations auxquelles ont assisté près de 295 000 spectateurs. Les Centres nationaux de la marionnette ont mis à l’affiche plus de 300 spectacles en 2022, pour 755 représentations qui ont attiré plus de 87 000 spectateurs. La situation des théâtres privés enfin apparaît plus contrastée, avec une baisse du nombre de spectacles en 2023.

Tableau synthétique : quelques indicateurs clés

Indicateur Valeur Année / Source
Part de la culture dans le PIB mondial 3,1 % UNESCO 2022
Emplois liés à la culture (mondial %) 6,2 % UNESCO 2022
Exportations de services créatifs 1 400 Md$ 2022
Valeur ajoutée du champ culturel (France) 47,1 Md€ 2022
Fréquentation salles (France) 203,4 M entrées 2012 (CNC)
Valeur ajoutée par ticket ~30 € 2012 (CNC)

Ces éléments montrent que le cinéma et l’audiovisuel ont des effets multiplicateurs qui dépassent le cadre strictement culturel : emploi, tourisme, investissement, attractivité territoriale et diffusion des langues et savoirs. Ils confirment l’importance des politiques publiques de soutien et des dispositifs de financement pour maximiser la valeur ajoutée économique et sociale générée par le secteur.

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