Création d’une SARL en France : étapes et procédure détaillée
Créer une SARL est un choix fréquent pour des entrepreneurs souhaitant lancer un projet à plusieurs tout en protégeant leur patrimoine personnel. La SARL (Société à responsabilité limitée) offre une responsabilité limitée des associés à hauteur de leurs apports, une grande flexibilité pour le capital et un cadre juridique relativement sécurisé. Sa constitution repose sur des formalités précises et un ordre d’étapes à respecter pour aboutir à l’immatriculation et à l’obtention d’un extrait Kbis.
Caractéristiques essentielles d’une SARL
- La SARL est une société commerciale qui peut compter entre 2 et 100 associés (personnes physiques ou morales).
- Elle se caractérise par une responsabilité limitée des associés à hauteur de leurs apports.
- Il n’y a pas de capital social minimum requis : un capital social minimum de 1€ est exigé par la loi.
- Le capital social peut être composé d’apport en numéraire, en nature et/ou en industrie.
- La SARL est en règle générale soumise à l’impôt sur les sociétés (IS), mais l’option pour l’impôt sur le revenu (IR) est possible pour une durée limitée à cinq exercices.
- Le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs non-salariés (TNS) ; le gérant minoritaire ou égalitaire est assimilé-salarié.
- La SARL est compatible avec des activités agricoles, artisanales, commerciales, industrielles ou libérales (sauf réglementation particulière).
Avant de commencer : vérifications préalables
- Préalablement à la création d’une SARL, il convient de déterminer si votre activité est réglementée.
- Si votre activité est réglementée ante-création, vous devrez accomplir les démarches pour obtenir l’autorisation d’exercice avant de déposer votre demande de création car c’est une pièce demandée au moment de l’immatriculation.
- Pour rappel, l’INPI ne peut pas vous renseigner sur ces conditions.
Étapes principales de la création d’une SARL
1. Préparer le projet : business model, étude de marché et business plan
Une fois l’idée d’entreprise choisie, plusieurs étapes sont nécessaires pour définir le projet d’une société. La première consiste à élaborer un business model. La deuxième étape est l’étude de marché, permettant de savoir si le projet envisagé est rentable ou non. Enfin, la préparation d’un projet entrepreneurial passe par l’élaboration d’un business plan et la recherche de financements.
2. Rédiger les statuts
- La rédaction des statuts constitue l’étape majeure des formalités de création d’une SARL.
- Les statuts traduisent de façon précise les règles de fonctionnement de l’entreprise et doivent respecter certaines dispositions prévues par la loi.
- Toutes les mentions obligatoires prévues par la loi doivent y être insérées et toutes les mentions utiles au fonctionnement de la SARL doivent y figurer.
- Si le gérant est nommé directement dans les statuts, il doit les signer en indiquant la mention suivante : « Bon pour acceptation des fonctions de gérant ».
- Si les associés fondateurs ont effectué des dépenses pour le compte de la future SARL, il convient d’incorporer dans les statuts un paragraphe traitant de la reprise des actes accomplis pour le compte de la société en formation et d’annexer la liste de ces actes.
3. Constituer le capital social et déposer les fonds
- Le capital social correspond à la somme des apports des associés fondateurs de la SARL.
- Les apports en numéraire doivent être libérés à hauteur d’au moins 20% de leur montant dès la constitution de la société.
- Le dépôt de capital social doit être effectué lors de la constitution d'une société sur un compte bancaire professionnel, chez un notaire ou auprès d’une autre personne habilitée.
- Une attestation de dépôt des fonds est délivrée après le virement et doit être jointe au dossier d’immatriculation.
- En principe, quand des apports en nature sont effectués, un commissaire aux apports doit être nommé afin d’établir un rapport sur l’évaluation des apports en nature.
4. Nommer les dirigeants
- Pour créer une société, il est important de nommer un ou plusieurs dirigeants pour qu'ils assurent la gestion de la société.
- La nomination peut être faite au moment de la rédaction des statuts ou dans un acte séparé.
- Le gérant doit être une personne physique majeure ou mineure émancipée, ne devant pas être sous tutelle ou curatelle.
- Le gérant peut faire partie des associés.
- Le gérant majoritaire d’une SARL est considéré comme travailleur indépendant (TNS) et est rattaché à la Sécurité sociale des indépendants (SSI), avec une protection sociale moins avantageuse que le régime général.
5. Publier un avis de constitution
- Avant l'immatriculation, il faut publier un avis de constitution de la société dans un journal d’annonces légales (JAL) ou un service de presse en ligne (SPEL).
- Le coût de la publication dépend du département et du type de société.
- Une attestation de parution vous sera remise par le journal d’annonces légales et doit être jointe au dossier d’immatriculation.
6. Constituer le dossier et immatriculer la SARL sur le guichet unique
Depuis l’entrée en vigueur du guichet unique, toutes les formalités d’immatriculation se font en ligne sur la plateforme du guichet des formalités des entreprises géré par l’INPI.
- Le dossier d’immatriculation doit comporter un exemplaire des statuts signés et datés, le formulaire M0 SARL (CERFA 11680) complété, la déclaration des bénéficiaires effectifs, l’attestation de dépôt des fonds, l’attestation de parution de l’avis de constitution, un justificatif du siège social, les copies des pièces d’identité des dirigeants et l’attestation de non-condamnation et de filiation du ou des dirigeants.
- En cas d’activité réglementée : joindre la copie de l’autorisation d’exercice, du diplôme ou du titre requis.
- La déclaration du registre des bénéficiaires effectifs (RBE) est obligatoire et doit être transmise en même temps que le dossier de création.
- La demande d’occultation de l’adresse personnelle des personnes physiques liées à la société peut être faite au moment de l’immatriculation.
7. Suivi du dossier, régularisations et paiement
- Après envoi, vous pouvez suivre l’avancée de votre dossier depuis votre tableau de bord sur le guichet unique.
- Si le dossier est incomplet, vous recevrez une notification et disposerez généralement d’un délai de 15 jours pour compléter le dossier ; des frais de régularisation peuvent s’appliquer.
- Le paiement des frais d’immatriculation peut s’effectuer par carte bancaire, par un compte de paiement INPI ou par délégation de paiement.
- Le paiement par carte bancaire marque la finalisation des démarches administratives.
Après l’immatriculation : formalités et conséquences
- Une fois la validation de votre dossier par l'autorité compétente, votre entreprise est immatriculée et vous recevrez un extrait Kbis ainsi que les numéros Siren et Siret.
- Ces informations sont inscrites au Registre national des entreprises (RNE) et transmises à la DGFiP et à l'Urssaf.
- Vous pourrez télécharger ces informations sur DATA INPI.
- Les fonds versés au dépôt du capital sont débloqués et accessibles après l’immatriculation de l’entreprise.
Comment immatriculer une SARL EURL ? 2019 2020
Coûts, délais et accompagnement
- La création d’une SARL implique des frais incompressibles : publication d’annonce légale, frais d’immatriculation et éventuellement honoraires de professionnels.
- Prévoyez un budget pour la rédaction des statuts (entre 1 000 et 2 500 € si recours à un avocat ou expert-comptable) et environ 150 € pour la publication de l’annonce légale, selon le département.
- Le délai total dépend de la rapidité de rédaction des statuts : en comptant la rédaction, le dépôt du capital et la publication de l’annonce légale, il faut prévoir entre 2 et 4 semaines en moyenne.
- Le délai d’immatriculation, une fois le dossier complet, est souvent de 3 à 7 jours ouvrés.
- Des services d’accompagnement (CCI, chambres de commerce, incubateurs, plateformes comme LegalPlace ou Easy Déclare) peuvent aider à gagner du temps et sécuriser les démarches.
Aspects fiscaux, sociaux et options
- La SARL est par défaut soumise à l’impôt sur les sociétés (IS) avec un taux standard (25 %), mais peut, sous conditions, bénéficier d’un taux réduit à 15 % pour une fraction du résultat.
- L’option pour l’impôt sur le revenu (IR) est possible mais limitée à une durée de cinq exercices.
- Le gérant majoritaire est affilié au régime des travailleurs non-salariés (TNS) et voit sa rémunération soumise à des cotisations sociales d’environ 45 % ; le régime offre une couverture sociale moins complète que le régime général.
Aides et financements pour les associés fondateurs
- Les associés fondateurs peuvent prétendre à différentes aides : ACRE (exonération partielle de cotisations sociales), ARCE (capital versé par France Travail équivalent à 45 % du reliquat des allocations chômage), NACRE (prêt à taux zéro et accompagnement) et prêts d’honneur à taux zéro.
- Des aides locales (régions, départements, communes) et des dispositifs d’accompagnement (France Travail, chambres de commerce, incubateurs) existent également.
- Pour convaincre banques et investisseurs, la rédaction d’un business plan est indispensable.
Points de vigilance et erreurs fréquentes
- Les erreurs les plus courantes concernent des statuts imprécis ou un partage du capital mal pensé.
- La moindre erreur dans les statuts peut conduire à des modifications ultérieures coûteuses ; il est conseillé de faire appel à un professionnel si nécessaire.
- Le choix du type d’apports (numéraire, nature, industrie) et la bonne évaluation des apports en nature exigent parfois l’intervention d’un commissaire aux apports, dont les honoraires varient selon la complexité (entre 500 et 3 000 € en fonction des cas).
Variantes, alternatives et cas particuliers
- L’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) suit les mêmes étapes que la SARL, mais pour un associé unique.
- La SARL de famille permet aux membres d’une même famille de s’associer et offre une option fiscale spécifique.
- La SELURL est une forme de SARL destinée aux professions libérales réglementées.
- La SARL est aujourd’hui concurrencée par la SAS, plus flexible, notamment pour l’entrée d’investisseurs et la transmission des actions.
Checklist synthétique pour la constitution d’une SARL
- Vérifier la réglementation applicable à l’activité.
- Élaborer business model et business plan, rechercher des financements.
- Rédiger les statuts en y intégrant toutes les mentions obligatoires et utiles au fonctionnement.
- Nommer le ou les gérants (dans les statuts ou par acte séparé).
- Effectuer les apports et déposer le capital (au moins 20 % des apports en numéraire libérés) et obtenir l’attestation de dépôt.
- Publier l’avis de constitution dans un JAL ou SPEL et obtenir l’attestation de parution.
- Constituer le dossier d’immatriculation et le déposer sur le guichet unique (M0 SARL, statuts signés, RBE, justificatifs, etc.).
- Payer les frais d’immatriculation et suivre le dossier jusqu’à réception du Kbis.
| Élément | Obligatoire | Remarques |
|---|---|---|
| Nombre d’associés | Oui (2 à 100) | Possibilité d’EURL pour 1 associé |
| Capital social | Oui (min. 1€) | Apports en numéraire, nature, industrie |
| Statuts datés et signés | Oui | Doivent contenir mentions légales obligatoires |
| Attestation de dépôt des fonds | Oui | Fourni par la banque ou le notaire |
| Attestation de parution JAL | Oui | À joindre au dossier |
Vous souhaitez une assistance personnalisée pour la rédaction des statuts ou la constitution du dossier ? Des conseillers et services spécialisés peuvent vous accompagner à chaque étape, depuis la rédaction du projet jusqu’à l’immatriculation définitive.
Lire aussi: Conseils de Financement par Anne Rousseau
Lire aussi: Boulangerie-Pâtisserie : Étude de cas SARL LA PAYSANNE
Lire aussi: L'œuvre de Marie Anne Lapierre
balises: #Sarl
