Devenir Auto-Entrepreneur en Espagne : Guide Complet des Démarches
Face à un marché du travail en pleine évolution, l'auto-entrepreneuriat s'impose comme une solution prisée pour créer sa propre activité tout en conservant une certaine flexibilité. Si le régime de micro-entreprise en France séduit par sa simplicité, le statut d’autónomo en Espagne offre une plus grande flexibilité sur certaines dépenses professionnelles. Si le régime de l'auto-entreprise est bien connu en France, son équivalent espagnol présente des particularités qu'il est important de comprendre, notamment pour ceux qui envisagent une activité transfrontalière ou un établissement en Espagne. Vous rêvez de devenir travailleur indépendant en Espagne ? Objectif Espagne est là pour vous guider à chaque étape de ce passionnant parcours entrepreneurial. Devenir autónomo en Espagne, c’est la porte d’entrée vers la liberté professionnelle, la flexibilité et l’intégration dans la vie locale.
Le Statut d'Autónomo : Qu'est-ce que c'est ?
En Espagne, le régime équivalent à l’auto-entreprise française est appelé « Autónomo ». L’autónomo est l’équivalent du travailleur indépendant ou freelance. Le statut « autónomo » en espagnol signifie qu’une personne physique effectue une activité régulière sans contrat de travail, représentant son revenu principal. Contrairement à la micro-entreprise française, il n’y a pas de plafond de chiffre d’affaires. C’est un statut idéal pour se lancer sur le marché espagnol ou pour démarrer une activité. Il se rapproche fortement du statut français d’autoentrepreneur. Il peut également bénéficier des services rémunérés de personnes tierces dans son activité. Ce statut juridique ne nécessite pas la constitution d’une société. Si c’est un statut idéal pour démarrer, évitez de l’utiliser pour des activités nécessitant des risques de production ou des engagements importants. C’est parfait pour les activités de consultant ou de free lance.
Avantages et Inconvénients du Statut d'Autónomo
Le régime de travailleur indépendant en Espagne offre plusieurs avantages attractifs pour les entrepreneurs. Tout d’abord, il procure une grande flexibilité dans la gestion de son activité, permettant aux travailleurs indépendants de définir leurs propres horaires et de choisir leurs projets en fonction de leurs intérêts et compétences. De plus, le marché espagnol offre un environnement dynamique et diversifié, avec de nombreuses opportunités de développement professionnel. Cependant, être travailleur indépendant en Espagne comporte également des inconvénients. Les charges sociales peuvent représenter un fardeau financier important, et les délais de paiement parfois prolongés peuvent impacter la trésorerie des entrepreneurs. De plus, la bureaucratie administrative peut être complexe et nécessiter une certaine adaptation pour naviguer efficacement dans le système.
Avantages
- Flexibilité dans la gestion de l'activité
- Marché espagnol dynamique et diversifié
- Pas de plafond de chiffre d'affaires
Inconvénients
- Charges sociales potentiellement élevées
- Délais de paiement parfois longs
- Bureaucratie administrative complexe
Les Conditions pour Devenir Autónomo
Pour avoir accès à ce statut, vous devrez être résident fiscal espagnol et vivre au moins 183 jours par an en Espagne. Pour travailler à votre compte, vous devez posséder le statut réside permanent en Espagne donc y vivre depuis plus de 183 jours, payer et y cotiser vos impôts. Il est rappelé que l’autoentrepreneur est responsable sur son patrimoine personnel.Pour pouvoir prétendre à l’obtention du statut indépendant vous devez :
- Exercer une activité commerciale de manière habituelle et indépendante
- Etre majeur
- Avoir la pleine jouissance de ses biens
Les Démarches Administratives pour Devenir Autónomo
Comment devenir auto-entrepreneur en 2025 ?
Travailler à son compte en Espagne, c’est une aventure excitante, mais qui demande de s’y retrouver dans la jungle administrative espagnole. En Espagne, en revanche, le processus est plus compliqué pour devenir "autonomo" et il est facile de commettre des erreurs. Il faut bien penser par exemple à faire "el alta" (la déclaration) de façon simultanée auprès des autorités fiscales et de la sécurité sociale des autonomos (RETA). Il est d'ailleurs conseillé de se déclarer autonomo vía les PAE, Puntos de Atencion al Empresario, qui sont non seulement des centres d'information bien utiles, mais qui peuvent aussi s'occuper de cette démarche.
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Voici les principales étapes à suivre:
1. Obtention du NIE (Numéro de Identificación de Extranjero)
Ce sésame est essentiel. Il s’agit de la toute première tâche à réaliser quand on souhaite lancer une activité professionnelle en Espagne en tant que Français. Le NIE est le numéro d’identification des personnes étrangères en Espagne. Pour créer son entreprise, il vous faudra en qualité d’étranger :Obtenir votre NIE, numéro d’identification d’étranger. Afin d’obtenir ce numéro, Il faudra réaliser la demande en ligne ici. Cependant, il est très difficile de décrocher un rendez-vous à Barcelone.
2. Déclaration d’activité à la Hacienda (Trésor Public)
Inscription auprès de l'Agencia Tributaria : L'équivalent espagnol des impôts et taxes.
3. Inscription au RETA (Régimen Especial de Trabajadores Autónomos)
En parallèle il faut que vous vous inscriviez au RETA « Regimen Especial de Trabajadores Autonomos ».
4. Licence d’activité
Vous devez par la suite demander une licence d’activité pour la création de votre entreprise auprès de la mairie de votre implantation. Pour l’exercice de votre activité, vous serez peut-être amené à louer ou acheter un local. Il vous faudra alors passer par la mairie afin d’obtenir une “licencia de apertura” (licence d’ouverture). Elle est obligatoire pour les activités recevant du public (boutique, restaurant, studio de yoga…).
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5. Autres Démarches
- Déposer le nom de votre société au registre central du commerce.
- Obtenir un code d’identification fiscale auprès des autorités
- Ouvrir un compte bancaire
- Définir vos statuts de société
- Prendre rendez-vous avec un notaire pour la désignation du ou des dirigeants et surtout pour la validation de vos statuts et des formalités déclaratives à l’inscription.
Lorsque vous serez passé par la case notaire et que l’ensemble des formalités sont conformes aux dispositions légales, vous pourrez commencer à travailler, embaucher. Toutes ces formalités prennent un peu de temps. La durée de la procédure oscille entre deux et trois mois, du début des formalités jusqu’à l’ouverture de votre entreprise. Il est conseillé de se faire accompagner dans ces démarches.
Fiscalité et Cotisations Sociales
Tout d’abord, il existe une différence fondamentale en termes de fiscalité : les travailleurs indépendants en Espagne sont assujettis à la TVA dès le premier euro de chiffre d’affaires, ce qui peut impacter leur trésorerie et leur compétitivité sur le marché. De plus, les charges sociales en Espagne sont souvent plus élevées que celles du régime de micro-entreprise en France, ce qui peut représenter un poids financier significatif pour les entrepreneurs. Il faut bien penser que cet autoentrepreneur n'aura droit à aucune déduction, ce qui est loin d'être un détail.
En Espagne, les auto-entrepreneurs doivent payer une cotisation mensuelle (« cuota de autonomo ») à la sécurité sociale. Depuis 2023, le gouvernement espagnol a introduit un système de cotisations progressives, basé sur les revenus réels de l’auto-entrepreneur. Ainsi, le mode de calcul des cotisations change au “réel”. C'est à l’autónomo d'indiquer à l'avance à la Sécurité sociale sa prévision de revenus annuels pour calculer ses cotisations, avec la possibilité́ d’ajuster six fois dans l’année. Désormais, la cotisation dépend du chiffre d'affaire et il existe 15 tranches de revenus.
En Espagne, tous les autonomos sont mis à la même enseigne et les impôts dépendront de plusieurs facteurs, dont les dépenses déductibles et le lieu de résidence. Enfin, sur les factures émises à des entreprises, le travailleur indépendant devra retenir 15% du montant de la facture (HT) au titre de l’impôt sur le revenu (7% l’année de la création et les deux suivantes). Si la majorité des clients sont des entreprises situées en Espagne (minimum 70% de la facturation), l'autonomo n’a pas d’autres déclarations à faire.
En ce qui concerne la TVA, encore une fois, en France c’est fait pour être simple: Ainsi, il y a une franchise de la TVA pour les services jusqu’à 36.000€ facturés et il n'y a donc pas de TVA à inclure sur la facture, mais cette franchise est uniquement sur le territoire national. Avec l’Espagne, on ne paye pas non plus de TVA. Par contre, il faut demander un numéro de TVA intracommunautaire, mais c’est très facile.
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A signaler enfin un point fondamental: alors qu'il est toléré en France de se déclarer autoentrepreneur et de travailler depuis l'Espagne, il n'en est pas de même avec l'Espagne. Une personne qui devient "autonomo" doit avoir sa résidence en Espagne, de même que son compte bancaire. De plus, si cette personne a reçu des aides de la communauté autonome où elle réside pour devenir autonomo, un changement de résidence aura des conséquences fâcheuses (devoir rembourser les aides perçues, par exemple).
Tableau Récapitulatif des Cotisations Sociales (Depuis 2023)
| Tranche de Revenus | Cotisation Mensuelle Minimum |
|---|---|
| Revenus les plus bas | 234€ |
| Exemple : Revenu net de 1.600€ | 299€ |
A signaler enfin que ceux qui deviennent autonomo pour la première fois (ou à condition qu'un délai de 3 ans soit passé) bénéficient d'un forfait (tarifa plana) de 80 euros par mois pendant un an, voire deux ans en fonction des revenus.
Conseils Utiles
- Faire appel à un gestor : Un gestor est un expert administratif et fiscal, souvent spécialisé dans l’accompagnement des indépendants étrangers. Son coût ? En moyenne 50-90 €/mois.
- Comprendre son statut : « Il faut absolument comprendre son statut économique et social dans son pays d’origine avant de venir travailler en Espagne : salarié, indépendant, micro-entreprise, SAS, etc. et son équivalence en Espagne. Pour cette phase, il est vivement conseillé d’être accompagné par un cabinet de conseil avec expertise de fiscalité française et espagnole. La raison ?
- Évaluer sa résidence fiscale : Dans le cas où on se lancerait en même temps que l’on s’installe en Espagne, il est nécessaire d’évaluer sa résidence fiscale pour l’année en cours de l’expatriation. La résidence fiscale à évaluer peut être complexe en fonction de vos intérêts économiques, du lieu où vous avez passé plus de 6 mois dans l’année, etc.
- Ouvrir un compte bancaire : Ouvrir un compte en banque en Espagne peut se transformer en un parcours du combattant. « Pour commencer, il est essentiel de choisir une banque agréée par l’État », préconise le consultant. Les banques en ligne et néo-banques, proposant des tarifs souvent plus attrayants, sont déconseillées lorsqu’un professionnel se lance en freelance, car étant non agréées, il est impossible d’y domicilier ses impôts et charges sociales. Il est également possible d’utiliser son compte personnel privé pour son entreprise, il est plutôt conseillé d’avoir deux comptes, professionnel et privé, pour pouvoir bien gérer sa trésorerie.
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